À la veille du débat des chefs: coup d’oeil sur les commentaires dans la presse anglophone

Chaque semaine, dans le Devoir, je fais une revue des commentaires parus dans la presse anglophone de l’extérieur du Québec. À la veille des débats des chefs, peut-être serez-vous intéressés par ce que les éditorialistes et commentateurs pensent des positions du Parti québécois en matière de laïcité. C’est cinglant. Il y aurait eu davantage à écrire, en particulier sur la politique linguistique du PQ, mais je manquais de place. Je crois cependant que l’occasion va se représenter. Bonne lecture en cette journée de relâche de la campagne.

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Il est si difficile de distinguer laïcité de l’état et de ses représentants par rapport à la laïcité de l’espace publique? A-t-on parlé d’éradiquer le visage des religions dans cet espace? Non. On parle du personnel de l’état à tous les niveaux qui doivent être neutre. Si quelqu’un veut occuper un poste dans l’appareil de l’état il doit accepter cette règle. Pas de croix, de turban, de hijab, de burka, de kipa, aucun signe qui vous identifie comme d’une religion ou une autre. C’est du racisme? C’est xénophobe? J’ai pas compris quoi au juste?

Quelqu’un peut m’expliquer pourquoi cette incohérence du ROC, d’un coté leur critique constante sur tout ce qui nous différencie d’eux et de l’autre la manie qu’ils ont de mettre des bois dans les roues du Québec lorsqu’il envisage de se détacher de la fédération ?

@ Michel Lasalle, je ne sais pas pour toutes les religions mais pour ceux/celles qui pratiquent l’islam, un(e) musulman est toujours d’abord un(e) musulman, avant d’être une personne, un père, une mère, un employé, un voisin, et s’il décide de porter un ou des signes extérieurs pour le prouver il se sentira l’obligation de le(s) porter de façon non-discontinue (!). Ça leur sert aussi par ricochet à « toiser » les musulmans qui n’affichent aucun signe. J’ai déjà vu du mépris dans le regard de certains pratiquants à l’égard de ceux-ci. Ils n’ont donc pas le choix de porter leurs signes distinctifs. En tout temps, même là où « même-le-pape-y-va-seul.

Le langage a ses vertus quoiqu’il relève quelquefois du gargarise. Ainsi on se gargarise de mots comme on se gargariserait avec un bain de bouche et plus ceux qui se gargarisent sont verbaux moteurs et plus on assiste à une avalanche de gros mots : racistes, xénophobes, intolérants et j’en passe.

Sur le front de la laïcité, on ne fait pas nécessairement tellement beaucoup mieux. Ainsi on trouve des ayatollahs de la laïcité – parfois même confondue avec l’athéisme – lesquels nous déclinent le mot comme s’il s’agissait d’une nouvelle certitude destinée à supplanter toutes les croyances.

Comme si la lumière c’était la laïcité, comme si l’obscurantisme c’était la religion.

Pas plus tard qu’hier, j’entendais un journaliste d’une télévision populaire parler de « confession » juive. Hors le terme de confession vient du latin : reconnaître son erreur ou sa faute, ce qui par extension signifie déclarer ou avouer son péché. Pourquoi parle-t-on encore en 2012 de confession juive et pas de confession bouddhiste, musulmane, sikh ou brahmane qui sont considérées à juste titre comme des religions ?

On voit bien que malgré la laïcité, le langage et donc les gens qui utilisent leurs langues respectives ont encore des préjugés. Ce n’est pas sur les fronts de la laïcité, de l’intolérance ou de la xénophobie qu’il faut se battre, c’est bel et bien sur celui du langage préconçu. À ma connaissance, la meilleure façon de combattre efficacement ce mode de dire, passe en premier lieu par la pratique universelle d’une communication réussie.

Une société évoluée qui communique bien est une société qui marque des points.