À pleurer

Le dernier paragraphe de ce texte – à lire – de Laura-Julie Perreault, de La Presse, sur les causes de la famine en Somalie fait frémir.

Pourquoi les pays donateurs ont-ils autant tardé? À cette question, François Audet, qui oeuvre au sein de divers organismes humanitaires depuis 15 ans, offre une réponse quelque peu cynique. «Il y a plus de gains politiques à faire quand on donne à manger à ceux qui ont faim qu’en les nourrissant avant qu’ils aient faim. La prévention, politiquement, ce n’est pas payant.»

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La Somalie a été le théâtre de toutes sortes d’affrontements depuis sa décolonisation. Ces guerres intestines ont été ponctuées par des périodes de sècheresse qui produisent la famine et favorise la propagation de maladies comme le choléra.

Pourtant bien que ce pays soit confronté à la déforestation et l’érosion des sols qui en résulte. Il dispose de suffisamment de terres arables pour nourrir sa population. Peu de terres ont cependant des systèmes d’irrigation et les récents conflits n’ont pas arrangé la chose. Qui plus est on cultive peu de céréales et on ne produit pour ainsi dire pas de fruits, légumes et légumineuses, la population locale préférant l’élevage alors que les animaux meurent, ne peuvent pas être nourris en période de sècheresse et ne servent plus même à l’alimentation des habitants.

Qui plus est la position géographique de la Somalie à l’entrée du Golfe d’Aden est une position très propice pour profiter des biens faits de la marine marchande (au lieu de servir de repère pour les pirates), sans compter les possibilités de développement touristique associé à cette façade maritime exceptionnelle.

Ce pays dispose aussi de ressources minières inexploitées ou sous-exploitées, il a des réserves de gaz naturel et pétrole. Ainsi ces territoires ont tout ce qu’il faut pour faire entrer des devises étrangères, acquérir les produits qui manquent, se doter d’une politique agricole adaptée à la réalité du temps présent et parvenir progressivement à assurer la subsistance malgré les contraintes climatiques.

À la place de quoi, on préfère la guerre, faire de la population des otages, acheter des armes qu’on donne même aux enfants. Rendre la mort par le sang plus glorieuse qu’une longue vie dans la paix. Il est bien réel qu’il y a urgence de venir en aide auprès des populations qui souffrent ; même à ce chapitre nous ne savons pas comment l’argent collecté grâce à la générosité des populations sollicitées sera utilisé et s’il parviendra à aider vraiment ces personnes qui nécessitent tant.

L’histoire de l’humanité a été marquée de toutes sortes de sacrifices humains qu’on ne devrait jamais ni cautionner, ni tolérer. Pourtant cela se produit encore et l’article de Laura-Julie Perreault montre bien que tant qu’on ne se dotera pas d’une politique mondiale destinée à régler les problèmes globaux de la planète, cette planète sera encore et encore confronté à l’insoutenable.

Tant que les politiciens des pays riches dont nous faisons partie, établiront leur degré de générosité en fonction de visibilité politique, les pays pauvres continueront de crever de faim. Comment les gras durs de ce monde peuvent-ils laisser faire avec ce qui se passe sous leurs yeux en Somalie et dans beaucoup d’autres pays avec une telle indifférence? Au fait, y a-t-il du pétrole en Somalie? A pleurer en effet. Qui se souvient du Biafra, pour ne donner qu’un exemple? Et l’histoire se répète, se répète……. Comme être humain responsable, que puis-je faire autre que des dons aux ONG reconnus qui ne semblent avoir aucune influence sur la situation sinon ressentir un sentiment d’impuissance indescriptible?