L’argument anti-austérité qui n’en est pas un

Le FMI aurait-il vraiment «conclu que l’austérité nuit à l’économie»? Pas tout à fait.

Photo: Raymond Roig/AFP/Getty Images
Photo: Raymond Roig/AFP/Getty Images

Au lendemain du budget, on revoit circuler sur les réseaux sociaux l’assertion selon laquelle «le FMI aurait conclu que l’austérité nuit à l’économie», ou autre formule équivalente.

C’est une phrase qu’on a beaucoup vue passer depuis un an, et que certains militants se plaisent à répéter pour attaquer les politiques d’austérité.

Certaines clarifications importantes s’imposent toutefois.

L’affirmation voulant que «l’austérité soit nuisible» est tirée de cet article, publié en janvier 2013 par les économistes Olivier Blanchard et Daniel Leigh, tous deux du FMI.

La première phrase de l’article, en caractères gras, sur la première page, indique que «This Working Paper should not be reported as representing the views of the IMF» (« Ce document de travail ne devrait pas être présenté comme représentant l’opinion du FMI »).

Or c’est exactement ce que tout le monde s’est empressé de faire, jusqu’à ce jour. Mais c’est un détail.

Plus sérieusement, l’article de MM. Blanchard et Leigh s’intéresse à une question économique précise: l’impact réel, par rapport à l’impact projeté, des politiques d’austérité sur la croissance économique.

Les auteurs concluent que, pour les premières années en particulier, cet impact est plus grand que prévu. Autrement dit, les gouvernements (surtout européens) qui ont adopté des politiques d’austérité savaient que celles-ci auraient un impact négatif sur la croissance économique, mais ils ont généralement sous-estimé cet impact, surtout à court terme.

C’est une donnée économique et politique très pertinente, qui mérite d’être discutée et portée à la connaissance de tous les ministres des Finances du monde.

Mais il ne faut pas travestir ou déformer la pensée des auteurs pour autant. Et à ce titre, le document de travail se termine sur un avertissement très clair:

«Finally, it is worth emphasizing that deciding on the appropriate stance of fiscal policy requires much more than an assessment regarding the size of short-term fiscal multipliers. Thus, our results should not be construed as arguing for any specific fiscal policy stance in any specific country. In particular, the results do not imply that fiscal consolidation is undesirable. Virtually all advanced economies face the challenge of fiscal adjustment in response to elevated government debt levels and future pressures on public finances from demographic change. The short-term effects of fiscal policy on economic activity are only one of the many factors that need to be considered in determining the appropriate pace of fiscal consolidation for any single country.»

En traduction française:

«Finalement, il faut insister sur le fait qu’une décision concernant la politique budgétaire appropriée exige bien plus qu’une évaluation de la taille de ses impacts à court terme sur la croissance économique. Ainsi, nos résultats ne devraient pas être interprétés comme un plaidoyer en faveur d’une politique fiscale précise, dans quelque pays que ce soit. En particulier, ces résultats n’impliquent pas que les politiques d’austérité soient indésirables. Pratiquement toutes les économies avancées sont confrontées à des défis budgétaires en réponse aux niveaux élevés d’endettement des gouvernements et des pressions à venir sur les finances publiques en raison des changements démographiques. Les impacts à court terme des choix budgétaires sur l’activité économique ne sont qu’un des nombreux facteurs qui doivent être considérés au moment de déterminer le rythme approprié de redressement fiscal pour un État en particulier.»

L’idée n’est pas ici de prendre parti pour le FMI ou ses économistes, ou d’attaquer les militants anti-austérité. Les questions en cause sont sérieuses. Elles sont ici pour durer, malheureusement. Et comme l’article de MM. Blanchard et Leigh le démontre, la réalité est souvent plus complexe et imprévisible qu’on le croit — qu’on soit de droite, de gauche ou de centre.

Mais personne n’est gagnant quand on déforme la pensée d’autrui pour servir ses a priori idéologiques.

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« Mais personne n’est gagnant quand on déforme la pensée d’autrui pour servir ses a priori idéologiques. » Belle leçon de morale, mais après avoir lu ce qui suit, on peut se permettre de rire un peu.

« Après nous avoir expliqué pourquoi les économistes du FMI n’ont pas vu venir la crise financière (par excès de croyance libérale), le Bureau d’évaluation indépendant du FMI vient d’évaluer les pratiques de recherche de l’institution. Il avance quatre critiques. Dont une dernière, très forte, puisqu’il y est question « d’ajuster » les résultats des travaux aux conclusions souhaitées ex ante. […]

Enfin, dernière critique, la plus forte (page 17). 62 % du staff interrogé pour l’exercice, déclare qu’il vaut mieux que les résultats des analyses avancées soient dans « la ligne » de l’institution. Dans des entretiens réalisés sur place afin de prolonger les réponses au questionnaire, plus de la moitié des économistes sollicités confirment qu’on leur a demandé, ou bien qu’ils connaissent un collègue à qui on demandé (sic) « d’ajuster » leurs résultats pour qu’ils soient compatibles avec la ligne du parti. Plus les publications sont médiatisées, plus le degré d’interdiction de points de vue dissidents est élevé (de fait certains documents comme les « Staff Discussion Notes », n’ont pas hésité, surtout depuis 2008 il est vrai, une période hors du champ de l’enquête, à déclarer, notamment, que les contrôles de capitaux peuvent être efficaces, que les régulateurs financiers doivent être proactifs et intrusifs vis-à-vis des banques privées, qu’il faut gérer les coûts humains et sociaux des crises pour éviter les dérives politiques, qu’une taxe sur les transactions financières est possible et une sur les banques souhaitable, etc.). Certains ajoutent que l’auto censure est de ce fait largement pratiquée. Quand économie rime avec idéologie… »

Source :
http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2011/07/08/que-vaut-la-recherche-des-economistes-du-fmi/

http://www.alternatives-economiques.fr/–nbsp-imf-performance-in-the-run-up-to-the-financial-and-economic-crisis-nbsp—imf-surveillance-in-2004-07-nbsp–_fr_art_1079_53486.html

Devant l’inévitable, certaines gens sont prêtes à croire n’importe quelle théorie, comme celle de l’anti-austérité, qui peut leur permettre de continuer à vivre la tête bien enfouie dans la vase.

Sûr que l’austérité fait mal, surtout à court terme. Demandez aux Grecs. Mais c’est un mal nécessaire après avoir vécu au-dessus de ses moyens pendant 50 ans et même plus. C’est la seule façon de fournir aux générations futures un avenir plus prometteur.

L’économie est certes une science humaine mais c’est aussi une science mathématique. En d’autres mots toutes les prévisions économiques reposent sur des calculs. Nous savons que les dépenses et les investissements produits par l’État ont un effet sur la croissance du PIB ou sa décroissance. Ici dans ce cas, c’est le « multiplicateur fiscal ». Aussi ce multiplicateur est-il calculé suivant une formule ésotérique pour le profane mais qui se vérifie dans le temps.

Ce multiplicateur (soit dit en passant) est employé dans le calcul de la croissance projetée par le gouvernement lors du récent dépôt du budget de la province. Il aurait donc tout intérêt à être exact si le gouvernement entend supporter la croissance tout en réduisant l’accroissement de ses dépenses tout en équilibrant le budget.

— Les propos suivants peuvent être colligés par les annexes de la page 39 et les pages suivantes du document de messieurs Olivier Blanchard et Daniel Leigh :

Ce multiplicateur ou si on préfère ce taux de multiplication était en moyenne de 0,5 sur trente ans entre 1978 et 2008 dans les pays membres de l’OCDE. En revanche entre 2008 est 2012 ces variations du taux ont oscillées suivant les pays entre 0,9 et 1,7. Ainsi si les dépenses ou les revenus de l’État baissent de 1 milliards par exemple. En temps normal l’impact négatif sur la croissance du PIB sera en moyenne réduite de 500 millions. Si les revenus ou les investissements de l’État augmentent de 1 milliard, la croissance sera bonifiée de 500 millions environ.

En période de crise. Si le multiplicateur fiscal réel pour une année est de 0,9 ; dans ce cas 1 milliard de compressions (politique d’austérité) auront un impact négatif supérieur, ici 900 millions de baisses potentielles du PIB.

S’il appert que le coefficient dépasse 1, cela signifie que tout dollar théoriquement épargné, coûte dans la pratique plus cher en termes de croissance économique que le dollar économisé. D’où dans ce cas l’échec de l’austérité.

À noter qu’il ne faut pas confondre « austérité » avec « rigueur » ; un budget rigoureux doit tenir compte de la capacité de financement des payeurs de taxes.

— En conclusion, la problématique se simplifie-elle suivant les termes suivants : J’ai un œuf et une poule et plusieurs bouches affamées à nourrir. Que dois-je faire, sacrifier l’œuf ou la poule ? Ou bien me faire prêter de l’argent par un banquier (par exemple le FMI) pour pourvoir élever plus de poules pour nourrir ma famille, puis vendre au prix du marché les œufs produits en sus, ce qui fait au terme de l’exercice rouler l’économie et enrichi les banquiers (soit dit en passant) lorsque le remboursement du prêt s’en trouve honoré.

À noter encore que rembourser ses dettes est vertueux puisqu’en réduisant les facteurs de risques, cela en principe a pour avantage de réduire les taux d’intérêts.

Après tout, tout est dans le choix ! Et nous en disposons !

Pas besoin d’être économiste , on ne peut dépenser plus que l’on reçoit indéfiniment , la solution augmenter les revenues , taxes etc or quand cette avenue dépasse déjà le bon sens ,il reste juste à couper et la plus on attend plus ça fait mal .
La lourdeur des administration publique à tout les niveau est faramineuse en plus on s’offre des services sociaux toujours croissant

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