À qui profite le mythe de l’étude secrète?

Les élus d’Union Montréal ont le sens du drame et des effets de cape, à n’en point douter. Lorsqu’il a été question de l’étude secrète de 2004 sur la collusion pour la première fois, cet automne, ils ont pris leur air le plus interloqué pour affirmer, le cœur sur la main, qu’on leur avait caché l’existence de cette bombe faisant état de l’existence d’un marché fermé à Montréal, avec des coûts gonflés de 30 à 40 %. Le maire Gérald Tremblay n’en savait rien, mais alors rien! «On a trahi ma confiance», dira-t-il dans son discours de démission.

Le vaudeville est maintenant terminé avec le témoignage de Serge Pourreaux à la commission Charbonneau. D’un ton calme est détaché, cet ex directeur des approvisionnements à la Ville de Montréal a expliqué comment l’administration Tremblay-Zampino a torpillé la lutte à la collusion. «Ç’a été un putsch», a-t-il dit.

L’étude de 2004 était tout, sauf secrète. M. Pourreaux se souvient très bien de l’avoir présentée à Gérald Tremblay, au président du comité exécutif, Frank Zampino, et à George Bossé et Sammy Forcillo. Le document était le fer de lance d’un chantier d’optimisation qui a mobilisé M. Pourreaux jusqu’à son départ précipité en 2006. En centralisant tous les appels d’offres au sein d’une direction stratégique des approvisionnements, la Ville espérait faire des économies annuelles d’environ 50 millions. Le maire était tout simplement emballé, se souvient M. Pourreaux.

D’autres l’étaient moins. Le directeur du Service des infrastructures, transports et environnement, Yves Provost, a fait «de l’obstruction systématique» car il craignait «la perte de pouvoir» sur l’octroi des contrats qu’entraînerait cette réforme. Selon l’analyse de M. Pourreaux, Yves Provost a fait des pressions sur Frank Zampino pour stopper net le chantier, en janvier 2006. Terminée, la lutte à la collusion.

Pourquoi donc entretient-on encore, à l’hôtel de ville, le mythe de l’étude secrète? Le maire Michael Applebaum et le Contrôleur général, Alain Bond, ont jugé l’opération de camouflage si grave qu’ils ont transmis le dossier à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). M. Bond a dit qu’il avait dû «chercher à l’aveugle» pour retrouver l’étude enfouie dans une salle de classement du 4e étage, à l’hôtel de ville.

Deux témoignages indépendants contredisent le Contrôleur. Le responsable de l’accès à l’information à la Ville a mis une journée avant de retrouver le fameux rapport, à la demande de la conseillère Elsie Lefebvre. Lorsqu’il a pris connaissance de l’émoi que suscitait l’étude cet automne, M. Pourreaux a appelé son ancienne secrétaire pour lui dire où se trouvait l’étude. Il semble que les hommes de confiance du maire Applebaum ont cherché a cherché partout, sauf au bon endroit.

L’actuel directeur général de la Ville de Montréal, Guy Hébert, était le patron de Serge Pourreaux lorsque l’étude de 2004 a été commandée. M. Hébert a dit cet automne qu’il n’avait pas été impliqué dans le suivi de l’étude car il avait été muté à d’autres fonctions. M. Pourreaux affirme pour sa part que Guy Hébert, Robert Abdallah (l’ancien dg) et lui étaient les trois porteurs du chantier d’optimisation.

Et les trois ont été mis sur une voie de garage. Robert Cassisus de Linval a fortement suggéré à Serge Pourreaux de prendre sa retraite. Robert Abdallah a baissé les bras devant la double collusion politique et administrative qui a eu raison du chantier d’optimisation, pour quitter la Ville en mai 2006. Et Guy Hébert a été promu à la direction générale de Ville-Marie, l’arrondissement du maire dont il était le protégé. Il a ainsi pu faire ses classes et apprendre les rudiments du poste qu’il convoitait, celui du plus haut fonctionnaire de la Ville de Montréal.

Le mythe de l’étude secrète protégeait tant bien que mal l’ex maire Tremblay et son équipe des critiques face à leur incurie. Et il donnait à Guy Hébert, nouvel homme fort à l’hôtel de ville, un rôle à la pleine mesure de ses ambitions.

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Une personne crédible et directement impliquée dans la réalisation de cette étude dit avoir présenter son rapport au maire Tremblay et ce dernier dit que cette étude lui a été caché. Encore une fois c’est la parole d’une personne contre celle du maire; j’imagine que les enquêteurs seront en mesure de retracer la convocation de la réunion au cours de laquelle M.Pourreaux a fait sa présentation au maire et à son bras droit M.Zampino et le maire aura à s’expliquer.

Il devient de plus en plus évident que c’est le crime organisé qui contrôlait la plus grande partie des projets d’investissement de la ville, que des joueurs clés de la ville y compris le maire étaient au courant de ça et ne faisaient rien pour que ça change ou se faisaient mettre des bâtons dans les roues par le mafioso de service (Zampino) lorsqu’ils tentaient de redresser la situation.

Un ancien DG crédible rapporte à la Commission qu’il avait la perception que la ville était bicéphale : le maire Tremblay était le monsieur Quoi (quoi faire, quoi prioriser) et monsieur Zampino le monsieur du Comment (comment réaliser les projets), on peut donc prédire que le maire Tremblay va servir de cette façon de faire dessin administration pour répéter qu’il ne savait pas, que Zampino l’a trahi… Bla, bla, bla. Mais le grand responsable de cexqui se passait à la ville c’est le maire, trop facile de se cacher derrière les membres de son équipe.

M.Pourreaux a aussi mentionné que le Gouv du Québec qui absorbe 30% des coûts des projets d’infrastructure de la ville de Montréal avait toute les données en main depuis toujours pour détecter les surcoûts systématiques des projets de la ville de Montréal. Donc l’administration de la ville de Montréal pratiquait l’aveuglement volontaire mais le Gouv du Québec aussi. Si les seuls qui pouvaient réellement faire que les choses changent (les politiciens) n’ont rien fait le moins qu’on puisse dire c’est que l’intérêt public n’était pas leur priorité comme il devait, pire on peut croire qu’ils faisaient en pleine connaissance de cause le jeu des fraudeurs de l’État. Pas surprenant après coup que les politiciens aient déployé autant d’énergie à refuser et ensuite à retarder la Commission d’enquête.

Tous des menteurs au plus haut degré ces fonctionnaires grassement payés à frauder les contribuables de Montréal.Que justice soit rendue et avec sévérité.

C’est évident que pour une grande parti de la population que la corruption dans la fonction publique était autant présente dans la société québécoise que l’harassement sexuel des enfants de coeur servant de messe.

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