À quoi sert la police ?

La police est-elle vraiment efficace pour faire reculer le crime ? Certains en doutent. Le criminologue émérite Maurice Cusson fait le bilan de ce qu’on sait des méthodes, efficaces ou non, de lutte contre le crime, dans son nouveau livre « L’art de la sécurité ». Il en livre les principales conclusions dans une entrevue qu’il m’a accordée à Planète Terre:

[flv]https://67.227.132.140/flash_stream/vod/media/mp4/planete_terre_110603.mp4[/flv]

Les commentaires sont fermés.

Aujourd’hui la police sert à faire peur au monde (et à abattre des innocents sur la rue).

J’ai vu l’entrevue au Canal Savoir.

La police n’a pas à être dans la rue partout, elle est dans nos têtes dont la prison est son arme ultime.

La dissuasion n’a pas été inventé par la bombe atomique, la dissuasion policière est la base de la civilisation à travers le monopole de la force physique par l’État. La police est plus efficace que l’action religieuse des 10 commandements biblique pour faire régner l’ordre et la paix malgré la persistance de la mafia et d’un certain nombre d’actes criminels dans les sociétés occidentales.

La civilisation est une entreprise de domestication de l’espèce humaine par l’homme lui même quitte à entretenir le refoulement des pulsions agressives amenant son lot de problèmes psychosomatiques. De quoi enrichir et entretenir tout le système médical et hospitalier moderne! Parce que l’homme n’a pas trouvé dans le sport, la politique parlementaire ou dans la sublimation culturelle la capacité profonde de sortir du vécu des frustrations qui alimentent tout son système nerveux souvent très tendu de l’empêcher de ressentir la souffrance émotionnelle que des humiliations peuvent faire ressentir.

Des quartiers complets abandonnés à la pauvreté comme en France ou aux É.U laissent leurs traces et permet aux prisons de se remplir malgré la dissuasion policière. Ou autrement, des politiciens de droite comme Sarkozy ou Harper peuvent se servir de la valeur sécuritaire pour se faire élire en aggravant la disposition répressive du code pénal dans le cas de Sarkozy dans le domaine psychiatrique pas seulement criminel.

En ce qui me concerne, la connaissance du livre de Michel Foucault sur Surveiller et punir dans la civilisation occidentale à partir de la fin du 18ème siècle m’apparaît plus décisive pour la compréhension du monde occidental qu’une criminologie qui s’enferme trop dans des séries de statistiques. Tout comme N.Élias sur l’évolution des moeurs nommé par l’invité Cusson, ce genre d’approche est plus complète pour comprendre le rapport avec le crime et la violence dans notre civilisation occidentale.

PS: en terme de respect d’autrui, de la parole et de sa liberté, le blogue de J.F.Lisée semble se hisser parmi les cinq premiers au Québec. À condition bien sûr de retenir la leçon du langage combatif, élégant parfois ironique mais toujours poli développé dans la cour de château de Versailles!
Voici un sujet qui repose du cirque politique à Québec!

L’évolution dans la culture policière depuis la renaissance jusqu’à aujourd’hui semble se mordre la queue. En effet, aux USA on serait revenu à une culture de la force, issue du passé guerrier et des cow-boys qui se targuaient de liberté absolue, comme valeur dominante : on en saisit encore aujourd’hui les échos dans les pratiques policières qui sont plus que musclées.

Ce modèle aura essaimé au Canada et au Québec et les événements déplorables d’abus de force à l’endroit de citoyens ne présentant pas de danger pour eux et pour les autres se multiplient.

À chaque cas jugé par la population comme un abus des forces de l’ordre, c’est le système judiciaire qui se voit ébranlé dans son ensemble. De récente mémoire, les affaires Giganski, Villanueva et le profilage racial à Montréal auront secoué les citoyens.

Hier, les cas des Hamel et Limoges et la manière dont les suites sont données : policiers toujours non interrogés et non isolés, ne contribuent en rien à la transparence attendue.

Aussi, l' »expert » en entrevue hier à RDI avec AM Dussault faisait la démonstration évidente d’un biais. Pourtant il se présentait comme expert et il était présenté comme tel, alors que ses propos étaient nettement favorables à la partie policière.

Ces éléments contribuent à la méfiance grandissante de la population et à chaque fois que la population estime que justice n’est pas rendue dans le cas de bavures, réelles ou suppposées, on assiste à un recul de la démocratie et de la sérénité necessaires à la vie en société.

Les enquêtes devront donc être confiées à un organisme indépendant d’experts sans lien avec la police. Autrement, c’est la confiance envers l’institution judiciaire qui risque fort de ne pas se remettre de la présente crise de confiance.

La police est responsable, dans ses pratiques d’enquête sur elle-même et dans ses biais, de la perte de crédibilité qui lui est hautement préjudiciable.

Les plus populaires