Actions de PKP : des solutions

Est-ce que vendre les actions de PKP dans Québecor équivaut à vendre l’entreprise à l’étranger ? Ou y a-t-il d’autres moyens d’y arriver ? Voici quelques réflexions… et des solutions.

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Photo : Graham Hughes / La Presse Canadienne

Il y a des solutions à tout, même aux problèmes complexes. Il suffit de vouloir s’y attaquer et de reconnaître qu’il y a un problème. La solution ne fait pas toujours l’affaire de tous, elle n’est pas nécessairement parfaite, mais elle existe.

Il en va de même pour le contrôle du géant médiatique Québecor par Pierre Karl Péladeau, nouveau politicien et candidat-vedette du Parti québécois.

Je l’ai déjà dit, son arrivée en politique est une excellente nouvelle — il faut des candidats de tous les horizons dans tous les partis — et une grosse prise pour Pauline Marois et le mouvement souverainiste. Sa présence bouscule le paysage politique québécois et aura des répercussions pendant longtemps.

Politique

Cela n’esquive pas la question éthique pour autant. Qui est bien réelle. Et il faut mettre les lignes partisanes exacerbées d’une campagne électorale de côté afin de trouver une issue de secours.

Je l’ai dit clairement dans un précédent billet, j’estime que Pierre Karl Péladeau devrait vendre ses actions pour éviter les apparences de conflit d’intérêts et les conflits d’intérêts potentiels. Un empire de presse n’est pas une entreprise comme les autres. Elle ne vend pas des souliers. Elle a des répercussions majeures sur le débat public, sur l’information que les citoyens reçoivent et utilisent pour prendre leurs décisions dans une multitude de domaines, ce qui inclut la politique. Et ce qui est le plus important : la confiance du public envers cette information.

En politique, l’apparence de conflit d’intérêts est aussi importante que le conflit d’intérêts potentiel. La politique n’est pas un métier comme les autres. Il impose des choix, parfois douloureux. Les hommes et les femmes qui tiennent les rênes de l’État doivent s’assurer de maintenir la confiance du public en posant les gestes appropriés.

Il ne s’agit pas de remettre en doute la qualité du travail des journalistes et cadres de Québecor, qui vont toujours faire de leur mieux, avec professionnalisme. Mais ils sont dans une situation difficile. Il seront accusés de complaisance envers le PQ (et le gouvernement, si le PQ l’emporte) certains jours, puis d’autres, d’être inutilement trop durs envers ce parti afin de prouver qu’ils ne sont pas sous influence. Deux situations perdantes.

Placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard, avec la directive de ne pas s’en départir, et avec l’intention de revenir à la tête de l’entreprise éventuellement, n’est donc pas suffisant.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), la plus grosse association du genre au pays, va dans le même sens dans un communiqué publié lundi.

Le jurisconsulte de l’Assemblée nationale et ancien juge en chef, Claude Bisson, ne croit pas non plus que M. Péladeau puisse se contenter de placer ses actions dans une fiducie sans droit de regard. «Quand vous êtes propriétaire d’une majorité d’actions, vous exercez toujours une certaine influence, ne serait-ce que morale, a dit M. Bisson à La Presse. Une entreprise de fruits en conserve, ce n’est pas la même chose.»

Le Commissaire à l’éthique, Jacques St-Laurent, qui pourrait avoir le dernier mot dans cette controverse, affirme que la fiducie est nécessaire, mais peut-être insuffisante. «Il n’y a pas de jurisprudence», dit-il. On est en terrain inédit et il pourrait devoir innover. Il va s’y pencher si M. Péladeau est élu.

Plusieurs personnalités souverainistes ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils affirment que forcer Pierre Karl Péladeau à vendre ses actions serait «excessif». «Un tel scénario déboucherait sans doute sur la perte de contrôle, par le Québec, d’un fleuron de notre industrie culturelle et par le fait même, du siège social d’une entreprise à l’importance vitale», écrivent-ils. Les signataires ajoutent que «des inquiétudes bien légitimes ont fait surface au sujet de l’indépendance des médias».

J’ouvre une parenthèse ici : cette lettre est l’initiative de Gilles Duceppe, l’ancien chef du Bloc québécois, que j’ai souvent côtoyé à Ottawa lorsque j’étais correspondant parlementaire pour Le Devoir. Un homme rigoureux que j’apprécie beaucoup. J’ai été surpris de son changement de position sur les fiducies sans droit de regard.

En 2003, alors que le libéral Paul Martin s’apprêtait à devenir premier ministre du Canada, le Bloc québécois le talonnait pour qu’il vende son entreprise de transport maritime, la Canada Steamship Lines.

Paul Martin disait ceci en février 2003 :

«Je pense qu’il n’est certainement pas judicieux de décourager les entrepreneurs qui veulent faire une contribution à la vie publique. Ce qui est important, c’est de mettre en place les structures qui vont permettre à quelqu’un de faire sa contribution.»

La réplique de Gilles Duceppe, le 27 février 2003 :

«Paul Martin devrait choisir. S’il est si convaincu que ça, qu’il vende sa compagnie, il ne perdra pas d’argent en le faisant!»

Or, la Canada Steamship Lines prenait beaucoup moins de place dans la constellation économique canadienne que Québecor dans la société québécoise. Les ramifications de Québecor sont dans le sans-fil, l’édition, le commerce de détail, la distribution, le disque, les spectacles, les médias…

Une fiducie sans droit de regard ne garantit d’ailleurs pas l’absence de controverse. En juin 2005, le Bloc québécois voulait forcer les fils de Paul Martin, qui dirigeaient les affaires du premier ministre en son absence, à comparaître en comité parlementaire. Le Bloc et le Parti conservateur attaquaient Paul Martin sur le fait que les navires de CSL arborent un pavillon de la Barbade, l’un des rares pays auquel la loi canadienne sur les paradis fiscaux ne s’applique pas. Gilles Duceppe et ses troupes estimaient alors que cela permettait à l’entreprise d’économiser un million de dollars en impôt et 1,5 million de dollars en salaires par année.

Fin de la parenthèse.

Retour à nos moutons. Est-ce que vendre les actions de PKP dans Québecor équivaut à vendre l’entreprise à l’étranger ? Ou y a-t-il d’autres moyens d’y arriver ?

Voici quelques réflexions… et des solutions.

Québecor ne pourrait pas être acheté par un autre géant des télécommunications canadien — ni étranger d’ailleurs, puisqu’il y a des règles strictes sur la propriété étrangère de ces firmes au pays. Ottawa a bloqué Telus, en juin dernier, qui voulait acheter la petite entreprise de cellulaire Mobilicity, en difficultés financières. Le gouvernement fédéral souhaite accroître la compétition dans le secteur du sans-fil, pas la diminuer. Du côté médiatique, la fusion Bell-Astral a eu toutes les misères du monde à passer la rampe, et Astral était loin de la taille de Québecor. Le CRTC et le Bureau de la concurrence seraient sévères. La possibilité que l’un des géants des télécoms au pays puisse mettre la main sur Québecor est proche de zéro.

Pierre Karl Péladeau n’est pas l’unique propriétaire de Québecor. C’est une entreprise cotée en Bourse. Il possède 28 % des actions ordinaires et 74 % des actions à droit de vote. C’est pour cette raison qu’on dit qu’il est l’actionnaire de contrôle.

Entre conserver ses actions dans une fiducie sans droit de regard (et sans effet), et toutes les vendre en bloc au premier venu, à l’aveugle, il y a plusieurs avenues possibles.

Il est vrai que trouver un acheteur pour toutes les actions de Québecor de Pierre Karl Péladeau n’est pas simple. La valeur grimpe dans les dizaines de millions de dollars, voire les centaines de millions. Mais dans le monde des affaires, il n’est pas un cas unique. Un dirigeant d’entreprise qui veut prendre sa retraite ne vend pas nécessairement ses actions du jour au lendemain à des étrangers. Il prépare un plan de succession sur plusieurs années qui prévoit la vente de ses actions à certains moments précis, en fonction du marché. Le tout se fait de manière ordonnée. Pierre Karl Péladeau pourrait annoncer qu’il confie à un fiduciaire le mandat de se départir de ses actions d’ici cinq ans, selon un plan bien établi. Et envoyer l’important signal qu’il passe à autre chose dans sa vie.

Il peut décider de vendre un bloc d’actions au plus offrant, mais aussi d’en conserver une portion, mais bien moindre. Il peut transférer des actions à droit de vote à sa famille, à son frère ou ses enfants. Il peut céder certaines actions de contrôle à la haute direction actuelle qui mène la barque, notamment Robert Dépatie. L’important est que le 28 % et le 74 % baisse de manière importante sur une certaine période. Il ne doit plus être l’actionnaire de contrôle. Mais se rendre à zéro n’est pas une obligation. Il peut garder une portion des actions de l’entreprise que son père et lui ont bâti. Le Commissaire à l’éthique pourrait certainement le conseiller sur le niveau acceptable une fois la décision prise et annoncée.

Il pourrait même décider de vendre un bloc d’action ordinaire au Fonds de solidarité de la FTQ, pourquoi pas ? Il s’agirait d’un bon placement pour le Fonds, puisque Québecor est rentable, et la FTQ pourrait enfin avoir son mot à dire dans les relations de travail houleuses au sein de l’entreprise! Et qui sait, mieux accepter le saut de Péladeau au PQ… (Trop audacieux ? PKP a prouvé qu’il a de l’audace en se lançant en politique…) Je suggère le Fonds de la FTQ avec un sourire en coin, mais l’important est de comprendre qu’il y a des fonds de placements ou des entreprises au Québec qui peuvent acheter des actions de Québecor en provenance de PKP. Québecor est rentable, une large portion de ses actions peuvent trouver preneur au Québec, sans perdre le siège social, si c’est fait selon un plan établi.

Yvan Allaire et Michel Nadeau ont une autre idée intéressante. Dans une lettre ouverte publiée dans les journaux, les président et directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques affirment que la fiducie est «insuffisante» cette fois, en raison du caractère particulier de Québecor.

Ils écrivent :

«Une presse libre joue un rôle trop essentiel en démocratie pour que l’on tolère quelque menace ou anicroche à cette liberté, même si lointaines et ténues. Bien que M. Péladeau se soit engagé à placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard et de respecter le code d’éthique de l’Assemblée nationale, ces mesures sont insuffisantes. Elles conviennent aux situations habituelles lorsqu’un membre du gouvernement détient un patrimoine important ou des intérêts dans une entreprise commerciale oeuvrant dans une industrie autre que les journaux et la télévision. Par contre, l’obligation que certains voudraient imposer à M. Péladeau de vendre tous ses intérêts dans Québecor Media n’est guère plausible et se heurte à des obstacles bien réels.»

Michel Nadeau est un commentateur régulier à LCN et TVA. À l’époque, c’est lui qui a piloté l’aide de la Caisse de dépôt et placements du Québec à Québecor pour acheter Vidéotron. Les deux spécialistes estiment que l’une des solutions serait de changer la structure de l’entreprise.

Voici :

«Dans un premier temps, il conviendrait de regrouper les quotidiens, les magazines et TVA dans Groupe TVA, une entité déjà cotée en Bourse dont Québecor Media détient 51,4 % de participation économique (et 99,9 % des droits de vote). Ce transfert devrait s’effectuer à la juste valeur marchande. […] Pour financer la transaction, Groupe TVA émettrait de nouvelles actions ou effectuerait un placement privé de sorte que la participation économique de Québecor chuterait sous les 50 %. Les droits de vote détenus par Québecor dans Groupe TVA devraient être ramenés au niveau de l’intérêt économique de Québecor. Le conseil d’administration de Groupe TVA inc. serait dorénavant composé d’une majorité de membres indépendants.

Résultat de ces opérations, les journaux et stations de télévision seraient, en droit et en fait, hors de portée de l’influence de M. Péladeau. Celui-ci, par contre, pourrait conserver son statut d’actionnaire de contrôle d’un groupe industriel dans les secteurs des télécommunications, du loisir et du divertissement, etc. Pour ce type d’entreprises, les règles en place suffisent à protéger l’intérêt public.»

Le nombre de fois où Pierre Karl Péladeau devrait se retirer du conseil des ministres parce que les discussions touchent un secteur où il a de gros intérêts financiers resterait important, mais il n’y aurait plus le mélange malsain du politicien — ministre ? premier ministre ? — qui possède le plus gros empire médiatique du Québec (35 à 40 % des parts de marché).

Que la structure de Québecor change ou qu’il vende une partie de ses actions, il y a des solutions. Elles sont complexes, c’est vrai, comme dans toutes les situations inédites. Mais le Québec a un talent créatif hors norme, et c’est encore le temps de le prouver. La santé du débat démocratique au Québec le vaut bien.

L’important à ne pas perdre de vue, c’est qu’il faut éviter le mélange explosif de la politique active (député, ministre, premier ministre…) et du contrôle des médias. Et si un jour, un autre entrepreneur médiatique se lance en politique, le modèle aura été trouvé. Je suis convaincu que Pierre Karl Péladeau peut devenir l’exemple à suivre dans ce domaine.

* * *

À propos d’Alec Castonguay

Alec Castonguay est chef du bureau politique au magazine L’actualité, en plus de suivre le secteur de la défense. Il est chroniqueur politique tous les midis à l’émission Dutrizac l’après-midi (sur les ondes du 98,5 FM) et analyste politique à l’émission Les coulisses du pouvoir (à ICI Radio-Canada Télé). On peut le suivre sur Twitter : @Alec_Castonguay.

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(1)

On dirait que le PQ est non seulement en campagne contre QS , ON … PLQ et CAQ mais aussi …

que beaucoup de journalistes sont eux meme en camapgne electorale … contre le PQ ….

Serieusement, c’est a se demander comment avec 68% d’appuie a la charte chez les franco … 47% d’appuie au PQ chez les franco … on se retrouve avec un tel desequilibre dans les medias.

—-

(2)

Je veux bien Lussier, je veux bien Alec, … je veux bien Simon jodoin …. je veux bien Chantal Hebert …. je veux bien toute la gagne de voir, de l’actualite, d’Urbania et de la presse …

Mais batard …

Personne le voit le desequilibre ….

On assiste a une discussion sur Quebecor et le journal de Montreal qui a l’offre de blogueur la plus varie en terme d’opinion … c’est de la demence ….

Pendant ce temps la … c’est quoi la diversite d’opinion dans l’actualite ? c’est quoi la diversite d’opinion a la presse ? C’est quoi la diversite dans les radio poubelles ….

—-

(3)

Et puis pour la vente d’action ….

Et puis tous ces bon journaliste et blogueux de d’autres empires qui ne demande que l’on destabilise Quebecor …..

Serieusement heureusement qu’il y a un autre empire que celui de sagard et des ses journaux a perte ….

——

(4)

Et puis si on s’interesse aux conflit d’interet ….

(a)

Serieusement …. ils sont ou ces journalistes … quand c’est le temps d’evoquer la presse. C’est pas juste que le patron est federaliste mais ca se reflete dans les editorialistes mais egalement dans tout ce qui est commentaire et meme dans les les questions de sondage.

Quand le PM va manger a sagard ou qu’on parle d’Helene Desmarais ou qu’on evoque aucunement certains evenement dans les editoriaux ou meme qu’en premiere page on evoque l’affaire Breton , l’affaire Duceppe ( qui ont fini en gros rien … ) ou le deal …

(b)

On le voit que meme la premiere page, les titreur sont mis a contribution a la presse ….

(c)

Et puis le gars qui a fait une pub avec la campagne en reprenant le slogan liberaux … lui meme contributeur et qui va s’assoir non seulement a Dutrizac et Paul Houde pour spinner … sans trop trop qu’on le questionne …

(d)

Et puis ils sont ou ce monde la … quand un blogueur fait un texte sur un sondage fouarreux a savoir que les quebecois veulent pas d’election qui est juste une bon gros spin bien gras …

Si c’etait pas une commande …

comment on peut couvrir la politique et faire un texte sur un sondage que le monde veulent pas d’election sinon que pour soit meme creer de la nouvelle et s’inviter dans le debat politique.

Encore une fois excellent texte. Les solutions suggérés offrent des alternatives permettant d’arriver au meilleur compromis pour tous. L’important est que ce dossier soit traiter avec sérieux dès le début, il ne faut pas attendre d’être mis devant des faits contrariants avant d.agir car il en va de la crédibilité de tous les démarches qui pourraient suivre pour tout le monde. Dans les cas de références, comme pour Berlusconi mais surtout pour Bloomberg à New York qui est un meilleur exemple, l’enjeu de l’élection et du mandat qui suivait était de combattre la corruption de mettre de l’ordre dans les finances de la villes et non pas de débuter un processus menant à la souveraineté d’une province. Bloomberg en homme d’affaire riche semblait hors d’atteinte à la corruption et son empire n’entraient pas directement en conflit avec le but principal de son mandat. Dans le cas de PKP c’est tout le contraire. Les souverainistes ont déjà perdu deux référendum et les sondages parlent de 39% de la population qui veulent la souveraineté. Comment alors changer cette lourde tendance? par une campagne médiatique importante car le 61% pour le « non » est beaucoup plus solide que les intentions de vote pour un parti actuellement. L’empire médias Québécor pourraient alors faire preuve de l’éthique et la neutralité la plus extrême, il y aura toujours quelqu’un pour remettre le tout en doute. La situation actuelle prouve la complexité de la chose, certain journaliste vont au front pour défendre leur éthique de travail, certaine personne crient alors qu’ils défendent déjà PKP. Même dans le Canada Anglais les journaux ne savant possiblement pas trop comment traiter la chose se sont retenus et n’ont pas énormément parler du tout. Certains vont donc voir dans ce geste qu’il épargne leur patron au lieu de crier haut et fort comme il l’auraient fait pour n’importe qui d’autre. Prendre ou ne pas prendre parti pour un côté sera alors jugé, la neutralité sera même jugé donc aucune situation n’est gagnante. Est-ce que PKP et les souverainistes veulent grainer ce boulet et courir le risque que tout leur démarche et ultimement leur résultats soient sans cesses contester et remis en doute. Ils devront alors sans cesse se battre pour défendre leur prise de position et geste au lieu discuter des vrai enjeux et impact de chaque geste.

PKP devaient réfléchir à tout cela avant de se lancer car sinon il fera preuve qu’il n’est pas le grand leader que certain voyaient en lui car tout cela était prévisible. La souveraineté, pour être reconnue par les autres états et même par les Québécois soit être mener dans le respect de tout les Québécois, dans un processus digne d’une grande démocratie que nous prétendons être et non pas à la sauvette, en précipitant les gestes dans un but ultime où la fin justifie les moyens. Tous les acteurs actuel et passé du parti Québécois pile sur leur idéaux et principes pour rentrer dans le sillon de PKP jusqu’à la ligue d’arrivée dans l’espoir d’arrivé au but ultime et ensuite revenir à la charge avec leurs propres idéaux. La voie que semble prendre le PQ est simplement de tout faire pour atteindre l’objectif sans travailler sur ce qui est vraiment important, à savoir les moyens pour que leur projet soit vraiment un succès et non simplement un rêve virant au cauchemar. Tout cela débute aujourd’hui avec la nécessité d’avoir des leader à l’éthique irréprochable, qui lave plus blanc que blanc, manifestement on en est loin!

On parle souvent du cas de Paul Martin, mais plus récemment il y a eu celui du chef de cabinet du gouvernement Harper Nigel Wright. Directeur général d’Onex Corporation, une entreprise au chiffre d’affaire de plus de 20 milliards, comptant 140 000 employés et œuvrant dans un large éventail de secteurs économiques, le risque de conflit d’intérêts était élevé. Pourtant, la commissaire à l’éthique ne s’opposa pas à son embauche; encore un poids deux mesures. Et à la différence des Wrigth ou Desmarais de ce monde qui exerce dans l’ombre leur influence sur le politique, PKP s’y applique de la façon la plus noble en passant par le processus démocratique d’une élection. Ce dernier ensuite, s’il est élu, pourra être confronté, questionné à l’Assemblée nationale et devra rendre compte au peuple. Un gage de transparence beaucoup plus grand que les opérations faites en sous-main par les fédéralistes, pensons justement au rôle de Wright dans le scandale du Sénat.

— Désolé si mon texte est long, le sujet méritait qu’on s’y attarde un peu.

Je ne voudrais en aucun temps partir de polémique avec qui que ce soit ; si ce n’est, je dois avouer que l’ensemble des solutions qui sont proposées, me semblent peu adaptées au cas de du Groupe Québecor ; quoique certains aspects que se trouvent exposés, soient à considérer, notamment les solutions avancées par messieurs Yvan Allaire et Michel Nadeau qui offrent en théorie une solution équilibrée financièrement parlant, bien que peu compatible selon moi avec la structure actuelle de cette entreprise, sa diversification, comme la réalité des médias qui pour survivre doivent bénéficier d’une image forte, surtout dans le contexte évolutif technologique du moment.

Si je partage l’idée du réaménagement du capital avancée par messieurs Allaire et Nadeau, je ne partage pas leur montage en partition des actifs de Québecor en deux entités distinctes. Voici quelques pistes que j’aimerais présenter ici :

Dans le cas le plus favorable, il conviendrait d’abord d’établir une répartition de tous les métiers du groupe puis vendre chaque divisions séparément ou certaines par regroupement. Ainsi on pourrait définir plusieurs pôles tels : vente-commerce-édition-librairies qui pourrait trouver preneur, un pôle transport de données (câble, TV, Internet, etc.) un autre preneur ; un pôle presse-portails-contenu (archives) un troisième, un pôle télévision-medias-sports-spectacles un quatrième ; et ainsi de suite.

Dans un bon français, cela s’appelle un démantèlement ou plus pragmatiquement une restructuration comme le précisent messieurs Dallaire et Nadeau ce qui permet d’avoir des entités séparées quoique pouvant néanmoins partager certains aspects de synergie commune (regroupement le cas échéant en holding).

En termes intelligibles et clairs, ce n’est pas le gros paquet d’actions possédées par monsieur Péladeau qui pose problème mais bien la survie et je serais tenté de dire l’âme même de l’entreprise qui dans cette situation se trouve mise à mal en raison de la défection de son patron. Car, le problème de l’actionnariat actuel pose simultanément celui de la structure même de l’entreprise. Nous sommes ici dans un modèle entrepreneurial que certains penseront non sans raison qu’il est désuet, puisque copié d’un type patriarcale où l’entreprise est directement et essentiellement liée et incarnée par son seul dirigeant, cela nonobstant depuis Pierre Péladeau.

Donc, si vous voulez que le boss se départît de ses parts, c’est toute l’entreprise qui doit réviser sa culture et ses orientations. Ainsi donc, il devient incontournable de la démanteler et de la vendre. Ce qui signifie qu’avec le concours du CRTC ou bien pas, cette entreprise devrait le cas échéant changer purement et simplement de propriétaire(s). Ce qui quoiqu’il en soit requière du temps et l’adoption d’une stratégie intermédiaire.

Une solution, que j’avais esquissée dans l’article précédent sur le même sujet — laquelle n’est pas incompatible avec ce qui précède-, serait que la CDPQ qui est un partenaire essentiel et de longue date de monsieur Péladeau, qu’elle agisse soit en fiduciaire soit simplement en repreneur de l’ensemble de ses actifs, ce qui dans un premier temps équivaut à une quasi-nationalisation. Dans un deuxième temps, cette disposition transitoire a pour avantage, d’assurer un actionnariat solide tout en consolidant la survie des intérêts québécois, comme cela permet de voir venir les choses. Par ce transfert d’actifs, cela libère complétement monsieur Péladeau de tous risques de conflits d’intérêts quels qu’ils soient.

Mentionnons pour mémoire que BCE (Bell) est actuellement contrôlée par Teachers, la caisse de retraite des enseignants de l’Ontario. La CDPQ, tout comme son mandat est habilité à compléter de telles opérations, d’autant — rappelons-le — que Michael Sabia est l’ex-PDG de BCE. Donc l’expertise est là !

Tout dépendant du mandat qui dans ce cas serait confié à la Caisse. Certains aspects juridiques sont à finaliser. Il reviendrait aux gestionnaires de déterminer eux-mêmes et selon les besoins, les conditions de revente partielle ou totale des actifs. La Caisse pourrait de cette façon, mettre sur pied un nouveau directoire (qui pourrait être en partie ou en totalité composé des directeurs actuels), puis définir les orientations du groupe avec sa stratégie d’avenir afin d’assurer la pérennité et le développement de cette entreprise dans le temps.

Car avec ou sans Péladeau, la survie de Québecor et des intérêts financier à long terme du groupe dépend aussi des horizons de développement de cette entreprise sur les 20 prochaines années. Dès à présent cette question est posée.

Suivant le montage, la Caisse pourrait se reposer sur cette structure en vue de pourvoir à la continuité et la stabilité de l’entreprise, ce qui permettrait de définir paisiblement, les orientations du groupe tout en recrutant de nouveaux partenaires financiers prêts à s’engager dans son développement. Monsieur Péladeau perdrait certes le contrôle financier de cette entreprise — mais pas tout — puisque les dispositions du montage pourraient lui garantir un pourcentage des nouvelles actions émises incluant une part d’actions privilégiées en compensation des actions cédées. Après un éventuel passage dans la vie politique, cela lui ouvrirait le cas échéant à nouveau les portes d’un Conseil d’administration de la nouvelle entité.

Ainsi, le principal intéressé se verrait entièrement désengagé de toute forme de responsabilité et de toute forme de conflits d’intérêts par le transfert de ses actifs dans cette nouvelle société, dont il ne serait pas l’ex-patron, ses intérêts financiers seraient néanmoins préservés et probablement à terme bonifiés, la survie et le développement de cette firme seraient assurés.

Finalement pour moi, la meilleure solution de toutes, serait que le principal intéressé ne remporte pas l’élection à Saint-Jérôme. Ainsi pourrait-il reprendre le contrôle de son propre agenda, se prendre tout le temps de penser à son avenir et à sa succession. Quitte pourquoi pas, à être candidat lors d’une prochaine élection ou lors d’une partielle d’ici quelques temps.

L’apparence d’indépendance des médias est évidemment primordiale en Démocratie. Et je suis certain, comme vous le dites, que des solutions équitables existent…

Il faut aussi prendre garde que cette question ne servent pas principalement à SABOTER les accomplissements d’un homme par des opportunistes qui sont toujours à l’affût d’un bon coup financier. Ou à masquer un effort qui servirait surtout à affaiblir un adversaire politique ou même commerciale.

Sachons reconnaitre les NOUVEAUX acteurs qui seront soudainement pris de » DÉMOCRATITE AIGUE « ….

Je tiens un journal, et voici quelques notes prises au lendemain de la comparution de P.K.Péladeau à la Commission parlementaire sur l’amphithéâtre de Québec, le 2 juin 2011: On a fait état de dépenses et de revenus, mais sans colonnes ni chiffres conséquents et en ignorant totalement les coûts de financement. Bête à pleurer. Le plus choquant était de voir ces députés des deux grands partis s’agenouiller avec des airs de faux prélat, glousser, ricaner avec le grand entrepreneur national adossé à la Caisse de dépôt, filer doux devant le maire, mais employer soudainement des mots durs avec une fermeté insoupçonnée devant les opposants, notamment l’ancien directeur général de la Ville de Québec, l’empêcheur de tourner en rond dans cette affaire. C’est qu’il a eu le mauvais goût d’évoquer Berlusconi dans le sillage du grand entrepreneur des médias québécois. Pour les québécois déjà câblés sur la médiocrité incarnée, tout ce baratin c’était du latin et pour moi, une pantalonnade. Les seuls vrais démocrates dans cette enceinte, depuis des semaines, sont les quelques indépendants qui siègent au Parlement. Le reste n’est qu’un attroupement de moutons peureux, ou de potiches vides.
En effet, l’obséquiosité, la soumission peureuse des députés devant le roi des médias était palpable. M. Péladeau doit absolument se départir de ses actions dans ce secteur.

Une option que je n’ai pas vu est celle-ci: au lieu de vendre ses actions, M. Peladeau pourrait accepter de laisser ses avoirs en fiducie apres avoir quitter la politique. Ainsi son influence par crainte de représaille lors de son retour a la vie privée serait grandement diminué. Sa laisserait quelques années (2-5 ans) pour temporiser son influence.

La sortie de PKP n’a pas l’air de marcher fort…fort…parce que la Marois tente ce matin de « recentrer » le débat sur l’élection et non sur le séparatisme ET PKP ne parle plus du « pays » qu’il veut semble-t-il léguer à ses enfants mais d’économie…

De plus, dans la région de Québec, le Parti Libéral du Québec a 8 points d’avance sur le PQ ET la vaste majorité des citoyens de notre Capitale Nationale ne veulent PAS d’un référendum. Et en plus, la CSN qui veut se mêler à la campagne CONTRE PKP!!!

Je crois que la Marois a fait une GROSSE erreur avec PKP.

« Comme l’affirmait la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, les journalistes de Québecor ne sauront que trop bien que M. Péladeau reste l’actionnaire de contrôle et que, du jour au lendemain, il pourrait donc redevenir leur patron. » Les journalistes manquent de rigueur ici. L’actionnaire de contrôle chez Gesca, ce sont les Desmarais et ils sont toujours là. Si les journalistes craignent le retour éventuel du patron chez Québécor, imaginez leur situation chez les journaux de Gesca. En plus, Gesca impose une ligne éditoriale très stricte à ses éditorialistes et à ses chroniqueurs et à la mise en page alors que Quebecor ouvre ses pages à des chroniqueurs d’horizons divers : de gauche, de droite, fédéralistes et souverainistes. Il est fort probable que les journalistes en grand nombre de Gesca n’ose pas dénoncer leur situation à la fédération par peur du patron. Mais compte tenu que Gesca est un quasi monopole, il est de l’intérêt public de casser sa ligne éditoriale et de l’obliger à accueillir des chroniqueurs et éditorialistes autres que fédéralistes (et libéral).

Je dirais que tant que le législateur n’imposera pas des règles obligeant une certaine équité dans le traitement de l’info de la part des quasi monopoles de presse que sont Gesca et Quebecor et ceci au niveau de la mise en page, des éditorialistes et des chroniqueurs, PKP devrait garder son contrôle. Car le jour où les fédéralistes prendront le contrôle de Quebecor, ce sera fini la politique d’ouverture actuelle et tous les chroniqueurs seront remerciés assez rapidement. Le danger est là et la fédération des journalistes n’en parle pas