Al-Qaida central et ses groupes affiliés : un bref état des lieux

Al-Qaida — qui est active, en ce moment, en Afghanistan et au Pakistan — s’est considérablement affaiblie depuis 2001, résultat de la lutte contre le terrorisme menée par les États-Unis dans la région. L’organisation est-elle devenue un simple label ? 

En prélude à la conférence «Qu’adviendra-t-il de l’Afghanistan au-delà de 2014 ?», qui se tiendra le jeudi 30 janvier et qui est organisée par la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), voici un bref aperçu de l’organisation al-Qaida et de ses groupes affiliés.

Al-Qaida — qui est active, en ce moment, en Afghanistan et au Pakistan — s’est considérablement affaiblie depuis 2001, résultat de la lutte contre le terrorisme menée par les États-Unis dans la région.

L’usage des drones a notamment permis d’éliminer de nombreux leaders du groupe. L’utilisation de cette technologie demeure toutefois sujette à caution, comme le révèle l’un des récents rapports d’Amnesty International, qui fait part de victimes civiles. Il est à noter que le groupe est dénommé al-Qaida central (AQC) par les observateurs pour le distinguer des branches affiliées, qui se sont rattachés à lui au fil du temps et qui s’activent dans différentes sous-régions.

La plupart des analystes s’accordent pour considérer qu’AQC relève à présent davantage d’une nébuleuse, d’un réseau, ou encore d’une vision idéologique commune qui peut tisser des solidarités entre les membres — plutôt que d’une organisation réellement structurée et capable de planification et d’opérationalisation.

Au cours des dernières années, la montée en puissance des groupes affiliés a renforcé cette tendance, et l’on constate que les ordres et les directives donnés par Al-Zawahiri — le leader d’AQC — se révèlent rarement précis. Par ailleurs, dans les cas où le chef d’AQC donne des ordres directs et clairs, il n’est pas sûr qu’on lui obéisse, ou alors qu’on ne le fasse que partiellement.

Par exemple, les tensions étaient fréquentes entre Oussama Ben Laden et Al-Zarqaoui, leader d’al-Qaida en Irak (AQI) mort en 2006. L’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le groupe qui a succédé à AQI, désobéit aussi présentement aux ordres d’Al-Zawahiri.

Ce dernier a demandé en vain aux leaders de l’EIIL de se retirer de Syrie et de se concentrer sur l’Irak. Par sa volonté de s’imposer dans le théâtre syrien, l’EIIL entretient également des relations tendues avec Jabhat al-Nosra, groupe jihadiste syrien affilié à al-Qaida.

Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), présent dans l’espace sahélo-saharien, semble quant à lui être très autonome et ne s’est vraisemblablement affilié à AQC qu’au nom d’un impératif de survie. AQMI n’entretient qu’un faible contact avec la «direction» du groupe.

Enfin, la difficulté de qualifier les groupes jihadistes responsables de l’attaque du consulat américain de Benghazi, le 11 septembre 2012 — à savoir : appartiennent-ils ou non à al-Qaida ? illustrent l’ambiguïté de la nature du groupe.

Organisation ou label ? Al-Qaida est vraisemblablement à la croisée des chemins. Néanmoins, sa réalité sociopolitique tend de plus en plus vers la simple labellisation.

 

Adib Bencherif

Chercheur en résidence, Observatoire sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord

Chaire @RDandurand @UQAM

Suivez-le : @AB_analyst

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Il est étonnant d’écrire ce billet en se basant sur de pures spéculations et les « observations » d’autres observateurs anonymes. Sans trop s’attarder là-dessus, une simple question: s’il est vrai qu’Al-Qaida s’est affaiblie en Afghanistan, pourquoi alors les Américains négocient avec ses leaders leur sortie du pays? Et voilà une « observation » qui fait rire: « AQMI n’entretient qu’un faible contact avec la «direction» du groupe »!!! Comment l’auteur le sait-il? A-il-des contacts au sein de la « direction » du movement ou parmi les membres de son conseil d’administration?!!!

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