Analyse des sondages : le PLQ trône au sommet, mais son avance est précaire

Philippe Couillard pourrait très bien hériter du poste de premier ministre, mais une victoire péquiste est tout aussi facile à envisager.

Photo: Jacques Boissinot/La presse canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La presse canadienne

PolitiqueLes derniers sondages indiquent que le Parti libéral du Québec (PLQ) aurait réalisé des gains importants depuis le début de la campagne. La majorité péquiste qui semblait presque acquise au moment du déclenchement est en péril; si les libéraux poursuivent leur lancée, ils pourraient retrouver la majorité qu’ils ont perdue en 2012. Ce ne sont toutefois pas les péquistes qui ouvrent la voie à Philippe Couillard. La cote de popularité du Parti québécois demeure stable. C’est plutôt la Coalition avenir Québec qui cède sa place aux libéraux.

Selon la moyenne pondérée de ThreeHundredEight.com, le PLQ a pris les devants dans les intentions de vote avec 39,4 % des appuis, contre 34,3 % pour le PQ, 13,7 % pour la CAQ, et 9,3 % pour Québec solidaire. Les libéraux auront toutefois à creuser l’écart qui les sépare du PQ s’ils veulent s’assurer de former le prochain gouvernement. Si le PQ profite d’une plus grande marge de manœuvre, c’est grâce à sa popularité auprès de l’électorat francophone (40,5 % contre 30,6 % pour les libéraux), ce qui leur confère un net avantage dans les régions.

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Les sondages régionaux laissent croire que le PLQ serait en mesure de gagner 62 sièges contre 57 pour le Parti québécois. Si l’on tient compte de la marge d’erreur historique des sondages, cela donne un intervalle d’environ 52 à 71 sièges pour les libéraux, et de 49 à 67 sièges pour le PQ. Philippe Couillard pourrait donc très bien hériter du poste de premier ministre, mais une victoire péquiste est tout aussi facilement envisageable.

Une percée dans la couronne de Montréal est essentielle aux succès du PQ, puisque la dégringolade de la CAQ dans la région favorise surtout les libéraux. Le PQ a réussi à conserver son avance dans les intentions de vote, avec 39,3 % contre 36,8 % pour le PLQ et 14,6 % pour la CAQ, mais un revirement plus prononcé à l’avantage du PQ pourrait assurer une majorité à l’Assemblée nationale. Quelques sièges dans les régions, particulièrement dans la Mauricie et l’Estrie, sont également en jeu, bien que le nombre total de sièges en jeu soit plus petit qu’ailleurs.

Comment les libéraux pourraient-ils s’approprier les sièges qu’il leur faut pour former le prochain gouvernement? C’est sans doute auprès des électeurs de la CAQ que le PLQ a les meilleures chances de faire des gains, mais ce groupe devient de plus en plus petit. Actuellement, le Parti libéral récolte 49 % des appuis à Montréal, contre 28,1 % pour le Parti québécois. À Québec, il s’agit de 34,1 % pour le PLQ, 29,7 % pour le PQ, et 23,5 % pour la CAQ. Si M. Couillard est capable de trouver plus d’appuis dans ces deux grands centres urbains, il pourrait gagner l’élection.

Quant à la CAQ, selon les prévisions, elle ne devrait gagner que quatre sièges. François Legault doit se démarquer dans la deuxième moitié de la campagne pour sauver les meubles. C’est à Québec que le parti a les meilleures chances de gagner des sièges. Entre décembre et février, la CAQ récoltait entre 29 % et 35 % des appuis dans la région. Cependant, aucun des plus récents sondages ne leur donne plus de 23 % des appuis dans la capitale nationale. Dans la couronne de Montréal, où le parti a fait des gains importants en 2012, l’effondrement est total. Même François Legault est en grand danger de perdre son siège.

La campagne va assez bien pour Québec solidaire. La candidature de Pierre Karl Péladeau aurait vraisemblablement poussé des électeurs progressistes vers QS. Le parti de gauche avait récolté 6 % du vote en 2012. Une augmentation à 9,3 %, comme le prédisent les sondages, serait donc importante. Cependant, QS sera presque assurément privé d’un troisième siège. Les gains de QS sont surtout à l’extérieur de la métropole, où leur taux d’appuis demeure faible. Sur l’île de Montréal, QS récolte 9,9 % des appuis, soit un résultat inférieur par rapport à 2012. Québec solidaire sera sans doute compétitif dans les comtés de Laurier-Dorion et Sainte-Marie-Saint-Jacques, mais le parti doit faire mieux pour prendre ces deux sièges, surtout dans un contexte où la popularité du Parti québécois augmente de façon significative sur l’île de Montréal depuis 2012.

Les chefs ont tous des défis importants à relever dans la deuxième moitié de la campagne. Pour Françoise David, c’est la continuation de la croissance de son parti depuis sa fondation. Pour François Legault, la survie de son parti est en cause. Et dans les cas de Pauline Marois et de Philippe Couillard, le résultat même de l’élection pourrait être en jeu.​

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Les Libéraux sont en avance et ce n’est pas le débat des chefs d’hier soir qui va leur nuire.

Je pense que cette avance se consolidera avec le temps et qu’au final, de plus en plus de Québécois verront clair dans le petit jeu des péquistes et qu’ils sauteront dans le « bandwagon » Libéral ce qui fera en sorte que nous aurons un gouvernement Libéral majoritaire et ENFIN une paix référendaire pour 4 à 8 ans AU MOINS!