Andrew Scheer peine à creuser l’écart dans les sondages

Malgré une session parlementaire difficile pour les libéraux de Justin Trudeau, les conservateurs ne semblent pas être parvenus à se détacher dans les intentions de vote. Au Québec, le PLC profite de la division du vote et se maintient nettement en tête.

Photo : La Presse canadienne

La Chambre des Communes ajournera sous peu la dernière session parlementaire de la 42e législature fédérale. À moins d’un imprévu majeur au cours de l’été, la Chambre sera dissoute à la fin août ou au début septembre et le pays entrera dans une nouvelle campagne électorale. Les Canadiens iraient alors aux urnes le 21 octobre pour élire leur prochain gouvernement.

Nous ajoutons les sondages suivants à la projection fédérale Qc125:

La liste des sondages fédéraux se trouvent sur cette page. Voici la projection fédérale Qc125 du 9 juin 2019.

Projection du vote populaire

Le Parti conservateur du Canada conserve la tête avec une moyenne de 34,0%. Malgré une session parlementaire difficile pour les libéraux de Justin Trudeau, les conservateurs d’Andrew Scheer ne semblent pas être parvenus à creuser l’écart. Comme nous le verrons plus bas, le PCC demeure toujours en tête de la projection de sièges, mais cette avance ne peut certainement pas être qualifiée de confortable.
Le Parti libéral du Canada maintient son niveau de support à une moyenne 31,9% au pays, nettement sous son résultat de 39,5% en 2015. La glissade des libéraux dans les sondages qui s’était amorcée cet hiver semble s’être stabilisée, particulièrement au Québec et en Ontario où les appuis au PLC tiennent le coup (ce qui n’est pas le cas dans les Provinces de l’Atlantique ou dans l’Ouest canadien).

Le Nouveau Parti démocratique n’aura pas donc pu profiter des largesses des libéraux au cours de la dernière session parlementaire à Ottawa. Ses appuis se maintiennent à une moyenne de 16,2%, un niveau qui semble être le plancher pour le parti de Jagmeet Singh. Néanmoins, il est important de souligner que les derniers sondages locaux de la firme Recherche Mainstreet mesurent des niveaux d’appuis extrêmement bas (Markham-Stouffville, Vancouver-Granville, Oakville) pour le NPD. Dans les dernières élections québécoises et albertaines, la plupart de ces sondages locaux avaient touché la cible et, en fait, avaient visé plus juste que les sondages provinciaux. Ce sera donc à surveiller.

Le Parti vert du Canada grimpe à nouveau et se trouve maintenant à une moyenne nationale de 11,2%.

Projection de sièges

Avec les niveaux d’appui ci-dessus, le Parti conservateur du Canada remporte en moyenne de 151 sièges par simulation, plaçant ce parti comme favori – de justesse – dans la projection de sièges. Rappelons que 170 sièges sont requis pour remporter une majorité à la Chambre des Communes.



Le Parti libéral du Canada remporte une moyenne de 138 sièges, dont environ une centaine au Québec et en Ontario. Le PLC obtient aussi des appuis significatifs dans les Maritimes et en Colombie-Britannique, mais ils sont présentement insuffisants pour répéter la victoire de 2015.

Selon les données actuelles, le Parti conservateur remporte le plus grand nombre de sièges dans 57% des 250k simulations effectuées par le modèle fédéral Qc125. Le PCC dépasse le seuil de la majorité dans 25% des simulations.

Malgré qu’il ne soit pas actuellement le favori, le Parti libéral est toujours dans la course. Il remporte le plus grand nombre de sièges dans 42% des simulations.

Il y a égalité entre le PCC et le PLC dans 0,7% des simulations.

Au Québec

Au Québec, le PLC profite de la division du vote et se maintient toujours en tête du peloton, avec une moyenne de 38,7%. Le PCC, fort de ses appuis principalement dans la région de Québec et Chaudière-Appalaches, se classe deuxième avec 21,2%.

Le Bloc québécois se maintient près de son niveau de 2015 avec une moyenne de 17,3%. Le Bloc demeure compétitif principalement dans les régions du 450 et de l’Est du Québec.

Voici la projection de sièges au Québec avec les intervalles de confiance de 95%:

Rappelons que le PLC a remporté 40 sièges au Québec en 2015. Les conservateurs en avait recueilli 12 et le Bloc, 10. Il semblerait donc, selon les chiffres actuels, que ce soit le PLC qui profite le plus de la chute du NPD.

* * *

Bien malins (et téméraires?) sont ceux et celles qui prétendent pouvoir prédire avec confiance et certitude le résultat du scrutin d’octobre prochain avec les données actuelles. La montée récente du Parti vert du Canada dans les sondages commence à brouiller les cartes, particulièrement dans les Maritimes et en Colombie-Britannique – deux régions cruciales à la réélection de Justin Trudeau.

Pour Andrew Scheer, malgré les efforts qu’il investit afin d’améliorer son français, les appuis du PCC au Québec semblent figés à peine quelques points au-dessus des niveaux de 2011 et 2015 (sous Stephen Harper). Certes, le PCC domine l’Alberta et la Saskatchewan, mais comme il est à égalité statistique avec le PLC en Ontario, le PCC aura besoin d’une forte performance au Québec afin d’atteindre le seuil de la majorité.

Les derniers sondages avant la pause estivale devraient être publiés sous peu. Nous pourrons ainsi mesurer l’humeur politique des électeurs avant la saison des piscines et des barbecues.

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S’il est patent que les Verts progressent lorsqu’en même temps le NPD régresse. Il n’en reste pas moins que les intentions de votes des électeurs restent encore extrêmement bipolarisées. Le grand perdant entre tous restant encore le parti de Maxime Bernier. On voit mal comment son mouvement de « réveil national » puisse lui donner le contrôle du Parlement ou même la balance du pouvoir advenant un gouvernement minoritaire.

Ce que nous savons cependant, c’est qu’usuellement aucun parti ne détient le pouvoir s’il n’obtient une majorité en Ontario. La discutable performance de Doug Ford pourrait ou devrait apporter des dividendes au PLC. D’autant que les électeurs ontariens sont quelque peu ambivalents, pouvant voter alternativement pour les libéraux ou les nouveaux démocrates.

Malheureusement Jagmeet Singh pourrait faire les frais de cette polarité quoique le NPD pourrait très bien avoir la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire quand globalement c’est Justin Trudeau qui en sortira gagnant.

Le PCC doit aussi pouvoir démontrer qu’il ne va pas retomber dans les travers de l’ère Harperéenne qui fut par bien des égards une véritable plaie pour le Canada. Avant de retourner voter pour les conservateurs, j’y repenserai certainement à deux fois.

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