Anglicisation: qui gagne la course, les Français ou les Québécois ?

L’ami Christian Rioux a vécu une expérience malheureuse l’autre jour dans une entrevue où il vilipendait l’usage excessif de mots anglais en France. Il s’en est ouvert dans sa chronique du Devoir:

Français et Anglais, qui va lessiver l'autre ?
Français et Anglais, qui va lessiver l'autre ?

Tout allait comme sur des roulettes, jusqu’à ce que l’animatrice dégaine la question qui tue. «Alors, si le français se porte si bien chez vous, expliquez-nous pourquoi tant de jeunes Québécois chantent en anglais et pourquoi, dans le dernier film de Xavier Dolan, il n’y a pas une phrase sans un mot anglais?»

Le constat est aussi brutal qu’exact. Il me semble aussi qu’il y a une montée du nombre de mots anglais dont on saupoudre volontairement nos dialogues — à l’écran comme à la ville. Cela s’ajoute à la montée de la syntaxe anglophone, plus pernicieuse encore, qui déstructure notre langue de l’intérieur. Rioux nous avertit: « Qu’on se le dise, nous n’abuserons plus très longtemps les Français » car « ils ne sont pas plus sourds que nous quand ils débarquent à Dorval ».

Le militant du français correct Gaston Bernier lui a emboîté le pas dans le même journal en ajoutant ceci:

De méchantes langues ont parfois affirmé que si des artistes faisaient dans le franglais ou dans le joual, c’était qu’ils seraient bien en peine d’accorder les participes passés, de mettre une virgule ou un point-virgule à la bonne place, d’identifier un synonyme d’un mot qui vient d’instinct ou le mot français qui correspond à un mot d’origine anglaise implanté en sol québécois.

Il nous apprend même quelques mots au passage (à moi en tout cas) lorsqu’il décrit notre « doxa linguistique »:

conservatisme ambiant, inutilité des efforts (lesquels ne rapporteraient rien), psittacisme (répétition mécanique de mots ou d’expressions par un sujet qui ne les comprend pas) ou panurgisme (comportement selon lequel on agit pour faire comme tout le monde).

Je n’en disconviens pas et j’ai moi-même, il y a quelques années, encouragé la Fédération des journalistes à lancer un programme volontaire par lequel ses membres se faisaient corriger leurs erreurs par des terminologues par le truchement d’un courriel hebdomadaire personnalisé. Je souhaiterais que cette initiative s’étende au-delà de la seule faune journalistique.

Une différence de degré

J’estime cependant que si le français québécois souffre « d’en bas », de la langue telle que pratiquée au quotidien, le français de France, lui, souffre « d’en haut », de la langue telle que maltraitée par l’élite.

La différence entre le phénomène français et le phénomène québécois, ou du moins Une différence, est qu’ici, les institutions ont encore le réflexe de protéger le français alors qu’en France, elles succombent à l’appel de l’anglais et en répercutent le pouvoir d’attraction.

Par institutions, je pense autant aux tentacules de l’État qu’aux grandes entreprises. Comme je le notais ici l’an dernier:

La chaine d’alimentation Champion se rebaptise Carrefour Market, son concurrent Auchan affiche Simply Market et le Groupe Casino lance Leader Price. On savait qu’Air France avait renommé sa carte de fidélité Fréquence Plus en Flying Blue. On note maintenant que les aéroports de Lyon se sont rebaptisés Lyon Airports (mise à jour: avant que le Préfet n’intervienne et n’annule cette opération de rebranding qui aura coûté 200 000 euros en pure perte.)

Il a fallu l’action d’activistes pour que la région de la Vallée de la Loire renonce à s’afficher, même localement, sous le vocable Loire Valley. La Compagnie Française des Jeux (leur Loto-France) n’hésite pas à clamer dans ses pubs « J’ai la wiiin ! » et la Banque Nationale de Paris propose aux jeunes ses produits Ze Box et Naked Land. Je ne vous explique pas. Le patronat mène le bal. Son organisation nationale, le MEDEF, avait réuni ses états généraux l’an dernier sous le thème unilingue Go for Benchmarking ! et a consenti cette année à un thème bilingue : Vivement l’avenir/Ready for the future. C’est pourtant une rencontre ouverte aux seuls patrons français.

La ministre française de l’économie, Christine Lagarde, a reçu en 2007 le convoité prix de « La Carpette Anglaise », décerné par des défenseurs du français, pour avoir communiqué en anglais avec ses propres fonctionnaires – ce que font déjà de grandes entreprises de France avec leurs cadres. Et la ministre de l’éducation, Valérie Pécresse, l’a obtenue en 2008 en affirmant qu’elle ne militerait pas « pour imposer l’usage déclinant du français dans les institutions européennes », même pendant la présidence française de l’Union. En 2009, ce prix « d’indignité civique » fut attribué à Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid.

Pourquoi pas, a demandé un critique, "aioli forever" ou "boullabaisse country" ?
Pourquoi pas, a demandé un critique, "Aïoli Forever" ou "Boullabaisse Friendly" ?

Fin 2010, Marseilles a adopté un nouveau slogan: « Marseilles on the move ». En Savoie, on signale dans la station de Tignes l’ouverture d’un Bike Park qui offre aux Mountainbikers du downhill du free style, des jumps et un single track.

Si même les évêques français disent que Dieu est un américain, on est foutus!
Si même les évêques français disent que Dieu est un Américain, on est foutus!

Et la Conférence des Évêques de France est venue bénir la dérive en lançant en avril une campagne de pub où on voit le macaron: « Jesus is my boss ».

Les médias ne sont pas en reste. Je me suis amusé à relevé l’utilisation de l’anglais dans la seule titraille interne du numéro d’été du magazine Elle. Avec le make-up on a une Bonne note fashion, bien sûr. Des lunettes sont hot couture (je pardonne car il y a jeu de mots), on présente le mannequin Golonovanoff on holiday (autre jeu de mots), qui nous offre son Summer best ! La page Do it yourself explique le Short Patch, Step by step.  Il y a la page Beauty Bar, non loin d’une photo équestre de Sophie Marceau décrite comme une pretty amazone. Normal, car l’article est titré: Dreams are sa réalité.

Puis vient la section La plus belle pour aller clubber qui présente les styles Glam Rock, Chic Sixties, Rodeo Style et Disco Girl. Non, je n’ai pas fait de cherry picking, c’est la liste complète, 100% angliche.

L’assaut anglophone est moins complet dans la section salades: 2/8 seulement avec La plus light et La plus veggie. On se reprend dans la section Vie privée avec Boostez votre créativité, Addict au régime, puis Coeur de pirate dévoile Mes cantines healthy à Paris. Tout ça sur 134 pages, et je vous ai épargné les termes utilisés dans les pubs Glamour.

Mon argument est le suivant: on trouve tout plein d’anglicismes au Québec, y compris dans la communication des médias, des publicitaires et entreprises et des institutions. Mais le niveau atteint aujourd’hui en France provoquerait un haut-le-coeur immédiat chez les responsables québécois de ces institutions.

Et si vous croyez que cette mode au tout-à-l’angliche ne concerne que les Parisiens, voyez la photo envoyée cet automne par l’alertinternaute Claude Bédard. Elle vient d’une rue commerçante de… Bordeaux.

Qui gagnera la battle ? le français ou l'angliche ?
Qui gagnera la battle ? le français ou l'angliche ?

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Quoi, le français serait une langue qui évolue et emprunte des mots étrangers! Horreur et Damnation! Je serais plus inquiet si le français empruntait surtout des mot au swahili ou au finlandais…

Quant à moi, si chacun de nous ne faisons pas d’effort, nous seront tous perdants. Il faut avant tout transmettre à nos enfants l’amour et le respect de leur langue maternelle.

J’ai l’absolue conviction que la qualité « francophone » (l’appartenance d’un collectivité à la langue française) tient à la compétence langagière collective, au savoir-dire qu’on a ou qu’on n’a pas, dans le rue ou au sein des institutions, plus qu’aux emprunts terminologiques qu’on fait à l’anglais ou toute autre langue (les emprunts syntaxiques sont infiniment plus toxiques). De ce point de vue, je crains que le Québec soit en recul donc en danger, tant dans les rues qu’au sein des institutions, et que la France ne l’est pas. J’y ai vécu près de 2 ans il y a 12 ans (et par mes enfants, je fréquentais les autres enfants et leurs parents), j’écoute TV5 (on y entend certes les « institutionnels » mais aussi parfois la rue). Je crois que c’est un cas de « yinkawèronwébin »… Par comparaison, notre vocabulaire est rudimentaire, notre syntaxe simpliste (quand elle n’est pas carrément défectueuse). Ça va mal à la shop… et ça s’entend. Le roi est nu.

Article très intéressant. Merci. Il faut continuer le combat et renforcer les lois linguistiques au plus vite.

Ecoutez-vous OD? Judith vient de Rimouski. On jurerait qu’elle a été élévée dans le West Island!

La Collection? Y’a une fille qui vient de l’Outaouais. Une phrase en anglais, une phrase en français. On jurerait qu’elle a été élévée à St-Boniface

Go West young girl

La région de la Loire participe à la mode à l’anglais en France. Comme mentionné dans l’article, la plupart des super marchés y sont identifiés par des expressions à l’américaine.

Près d’une autoroute, dans un dépanneur appelé là bas boutique, j’ai lu ça ayant pris la photo:
-Boutique, tabac, presse.
Sandwich, café, toilettes et NURSERY-. Le mot garderies est ringard, minable en France tout comme celui de courriel, le mot mail s’imposant ne laissant que rarement place à courrier ou courrier électronique.

Effectivement avec relativité que des mots occasionnellement comme sandwich puissent s’imposer c’est o.k par contre des expressions complètes en anglais ou de tenter de remplacer des mots français existant cela n’est l’expression que d’une influence indue d’une langue impérialiste. L’inconscient humain prend l’empreinte de l’impression de forces ou d’un pouvoir incontestable en pratiquant le clonage culturel. Or, c’est de cette manière que le subconscient humain capitule devant la marque d’une puissance considéré faussement comme imbattable.

Le Québec lui connaît une situation qui ne peut lui permettre de faire de la fantaisie gratuite comme en France. C’est pourquoi la loi 115 doit être aboli parce que des raisons sociales en anglais nous en aurons encore davantage imposés de l’extérieur et par le gouvernement à Québec si l’anglais s’impose par la démographie. Une situation que la France ne connaît pas.

La chanson s’exporte. Depuis les années soixante dix notre fra^çais se porte de mieux mieux malgré la quantité fulgurance d’immigrants et d’émigrants qui arrive et ne disent pas un mot français. On continue de laisser nos québécois francophones le plus unilingue possible. On devrait imposer de l’immersion en français dans toutes les écoles et donner plus de cours d’anglais a nos francophones pour qu’ils soient compétitif sur le marché du travail. Les français nous ont toujours regardé de bien haut dans cette matière ne nous laissant pas le droit de créer du vocabulaire approprié a notre réalité. Ils prétendent parler français en prononçant avec un accent français des mots anglais. Ils ont toujours eu la prétention de toute inventer. Qu’en est-il du AIRSARKOONE? Des français qui chante en anglais il n’y en a pas?? EH! bien s’ils n’ont pas le talent de faire des carrières internationales on ne va quand même pas les imiter. Qu’en est-il des italiens, des espagnols, des allemands est-ce que leurs langues sont en danger? Est-ce qu’on ne devrait pas imposer les cours d’immersions au primaires et laisser les gens vivre après et mettre notre argent dans le développement de nos transports et d’entreprises coopératives régionales et d’entreprises nationalisées pour éviter que les job et les profits s,en aille ail ne veut pas devenir locataire des lieux il va falloir se les approprier et arrêter de laisser les étrangers venir faire la pluie et le beau temps. J’y tient au français mais a quel prix, qu’on me serve en français et que nos gens soient vraiment compétitifs dans le marché de l’emploi m’importe plus que de protéger la langue au point ou nos gens restes unilingues et de peuvent qu’être du cheap labor parce que dans un contexte de mondialisation les entreprises exigent l’anglais plus que le français et le bilinguisme. Les français n’ont tant qu’à moi désormais plus de leçons de français à nous donner. AIRSARKOONE, c’est vraiment le genre de chose qu’on ne verra pas ici.

Avant de faire la morale aux français, il faudrait peut être encourager les québécois à bien parler pour être compris.
Les médias d’une certaine époque ont ensencé le joual des Belles-Soeurs de Michel Tremblay au dépend d’une langue articulée comme celle de Marcel Dubé ou Claude-Henri Grignon.
Même chose pour les profs dans les écoles.
Il faut surtout pas bien parler car ceci fait : snob ? parti de notre identité ? Pourquoi ?
Mario A Leblanc

Votre démonstration est une amusante pirouette intellectuelle, sauf que… Elle ne démontre rien du tout. La comparaison n’est pas pertinente et vous tapez à côté de la plaque.

Les « anglicismes » que vous dénoncez en France sont utilisés exclusivement par des marques et des entreprises, comme slogans destinés à vendre des produits. Ces marques s’imaginent que coller à la mode anglo-saxonne leur donne un côté « cool » et moderne ». Si vous connaissiez mieux la France, vous sauriez qu’ils ne sont jamais entrés dans le langage courant.

En revanche, les « anglicismes » utilisés au Québec le sont dans un contexte totalement différent : c’est bien M. tout-le-monde qui les a créés et qui les emploie, sans même avoir conscience de dénaturer le français. Il les emploie dans la vie de tous les jours, à l’école, à l’université, à la télévision, il les emploie même dans la presse et dans la littérature.

Ainsi, un québécois continuera à « canceller » un rendez-vous mais à manger des « hambourgeois », ce qui, du point de vue de l’orthodoxie linguistique, est une aberration.

Les anglicismes font partie de la langue et de la culture québécoise, au même titre que la Poutine.
Les anglicismes en France n’existent que dans le marketing. Vous n’entendrez JAMAIS un professeur les reproduire (contrairement au Québec !) La population y reste hermétique, ce qui est normal : elle n’est pas bi-culturelle, et se fiche totalement de ce qui est inscrit sur les panneaux de réclame. Ces panneaux ne l’influencent pas. Simplement, elle est assez sûre de sa langue pour que cela ne fasse pas débat.

« Je n’en disconviens pas et j’ai moi-même, il y a quelques années, encouragé la Fédération des journalistes à lancer un programme volontaire par lequel ses membres se faisaient corriger leurs erreurs par des terminologues par le truchement d’un courriel hebdomadaire personnalisé. »

Si je ne m’abuse, la Société Radio-Canada a longtemps publié à l’interne des cahiers où étaient relevées les erreurs parues en ondes et les correctifs suggérés par les grammariens et terminologues. J’ai eu la chance d’en feuilleter quelques uns et je regrettais que ce genre de publication ne soit pas accessible au public. C’était très constructif et plus à jour que les travaux de M. Gérard Dagenais.

Quant à l’exemple français et la responsabilité de leur élite, j’ai toujours pensé que l’élite française a été responsable de bien des errements dans l’histoire de cette nation, à tout le moins à partir de la Révolution. Ces errements se sont même répercutés jusqu’en Nouvelle-France, alors que Louis XV nous a largués pour les Antilles (traité de Versailles) et a manqué à l’appel, quelques années plus tard, au moment de la Révolution américaine. C’est l’historien Marcel Trudel qui rappelait dans « Mythes et réalités de l’histoire du Québec » que le Roi ne voulait même par récupérer l’ancienne colonie en échange de sa contribution à l’émancipation de États-Unis d’Amérique.

Comme quoi, l’histoire se répète…

Il y a trop longtemps que je n’ai pas mis les pieds en France pour en parler « de visu »; je ne commenterai donc que pour le Québec.

Pourquoi nos élèves ne maîtrisent pas au moins deux langues à leur sortie de l’école secondaire québécoise ?
Serait-ce si compliqué de faire en sorte que nos petits/tes Québécois/es francophones et anglophones puissent maîtriser au moins 2 langues dont le français à leur sortie du secondaire V? Quant aux allophones et aux autochtones, ils / elles auraient en prime leur langue maternelle.
Ça pourrait stimuler les plus vaillants à apprendre une troisième ou une quatrième langue, pourquoi pas?
La maîtrise d’une langue s’acquiert par un séjour minimal – je suggère 3 mois – dans la société unilingue de la langue à maîtriser. Comme le besoin crée l’organe, dans ce sens, le moins de compromis ou d’accommodements possibles sera l’idéal à viser et surtout à atteindre.
Échanger entre nos écoles francophones et anglophones les professeurs dont la langue maternelle est l’anglais et le français selon le cas, car des profs dont la langue seconde ou tertiaire n’est pas le français ou l’anglais, risqueraient, malgré toute leur bonne volonté, de diminuer la qualité de leur enseignement linguistique autant que culturel; en effet une langue, c’est un mode de penser doublé d’un héritage culturel différent qui se transmet par osmose avec le contenu grammatical, écrit et verbal approprié.
Pour faciliter l’intégration culturelle autant que linguistique des groupes d’élèves, pourquoi ne pas leur faire passer en alternance un trimestre dans une école anglaise et l’autre dans la française avec interdiction complète de parler, pendant cette période une autre langue que celle de l’école fréquentée : récréations, corridors et repas inclus ?
De VRAIS « Anglos-anglophiles » pour l’anglais et de VRAIS « Francos-francophiles » pour le français, rien de moins!
Mon exemple pour terminer : À 24 ans (1964), sans savoir un mot d’espagnol au préalable, j’ai appris les bases de cette langue en 4 mois intensifs, i.e. 6 heures/jour, 7 jours et soirées / semaine, ratio = 1 professeur / 3 élèves.

André/Andrés, le joyeux retraité de « Mazatlán, la Perle du Pacifique »

honorable :
novembre 14, 2010 à 17:11
(…) Je serais plus inquiet si le français empruntait surtout des mot au swahili ou au finlandais…

– – – – – – – – –

Pourquoi ?

@Lecteur assidu

Êtes-vous en train de nous dire que les publicitaires français sont cons au point d’utiliser des expressions qui laissent leurs clientèles cibles complètement froides devant leurs messages ? Vous ne trouvez pas ça pour le moins bizarre?

Il me semble que lorsqu’on dépenses des millions pour une campagne publicitaire on tient à se faire comprendre et à influencer. En publicité « that’s the name of the game ! »

Si les Français trouvent ça « cool » de se faire parler en anglais, vous croyez qu’ils n’essaieront pas de paraître eux-mêmes « cool » en utilisant l’expression anglaise qu’ils trouvent « cool ». À d’autres SVP !

Même à la Télévision de Radio-Canada, nous entendons de façon courante des analystes politiques s’exprimer en anglais avouant ne pas connaître la traduction française d’une expression ! Il faudrait bien que notre Société d’état donne aussi l’exemple….

Cette croissance de l’anglichemanie en France reluque l’exponentiel.

Mais, revenons à NOS moutons: quand nos journalistes apprendront-ils (elles) à distinguer le féminin du masculin ?

À « tous » les fois que je syntonise Radcan j’entends ce genre d’horreur à répétition. Et si ce n’était qu’aux sports ! Mais non, c’est dans « toutes » les domaines.

C’est à pleurer ! Radio-Canada !

Baulu, Bergeron, Archambault… où êtes-vous ?

La différence avec la France, c’est qu’ici, c’est l’ignorance et l’incompétence qui reluquent l’exponentiel.

Je suis de plus en plus irrité de constater la place hégémonique que prend l’anglais un peu partout, même là où, à mon avis il ne devrait surtout pas.

Ainsi, il y a quelques semaines, à l’émission L’Univers de… présentée à Radio-Canada, l’invité était Louis Morissette. Or, sur une dizaine ou une douzaine (j’oublie le nombre exact) de chansons tirées de l’univers de M. Morissette, deux seulement étaient en français. Si Radio-Canada veut présenter des chansons en anglais sur une base régulière qu’il s’amalgame à CBC.

C’est la dernière fois que j’ai regardé cette émission. On ne m’y reprendra plus.

Au Québec nous ne sommes pas dans une position pour se piquer d’utiliser, par pur snobisme, plein d’expression anglaise.

Enfin, je suis d’accord avec ceux et celles qui trouvent que sur ce plan, nous régressons.

Parlant du respect de la langue française, il serait bon de rappeler que selon l’Office québécois de la langue française, si nous parlons des personnes nous écrirons par exemple : « Les Françaises aiment bien Céline Dion.» ou «Les Québécoises aiment bien Céline Dion.»

Donc en parlant des personnes, du peuple du pays, nous devrions utiliser la majuscule.

La référence : http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=1361

Salutations,

AL

@ Stéphane Venne: je suis en parfait accord avec vous!
@ Lecteur assidu: Totalement faux! J’ai vécu plus de 6 mois en France. On va faire son « shopping » au « drugstore » avec le « car »… Les exemples sont quotidiens. Vous n’avez qu’à écouter la radio (sur internet), vous allez bien vous rendre compte que les anglicismes sont partout.

Parlons et écrivons le français le mieux possible entre francophones et avec ceux et celles qui le parlent et le comprennent.

Abaissons le nombre d’immigrants reçus au Québec de 55 000 à 25 000 annuellement.

Sélectionnons, lors de la prospection et de la sélection d’immigrants, les ressortissants des peuples de culture gréco-latine et/ou qui démontrent par leurs choix de vie une ouverture réelle aux valeurs occidentales, et qui, en plus de d’accepter inconditionnellement de s’intégrer aux valeurs québécoises et aux critères existants d’immigration, ont une connaissance fonctionnelle du français ou s’engagent formellement à l’apprendre rapidement en suivant les cours de français offerts gratuitement aux immigrants et non francophones résidents et dont les valeurs socioculturelles, clairement affichées, sont compatibles avec les valeurs de la majorité actuelle des québécois.

Donc, essayons le plus possible de protéger et de perpétuer l’usage du français au travail et de le favoriser même dans la vie privée,

mais reconnaissons que l’anglais est devenue la langue de communication internationale partout dans le monde; et acceptons de ce fait de l’enseigner intensément à nos jeunes de façon à ce qu’ils maîtrisent aussi bien l’anglais que le français dès la fin du cycle d’éducation primaire, en le prolongeant d’une année si nécessaire.

Lexique Anglais / Français pour anglophones désireux de comprendre le francophone moyen.

C’est drôle mais c’est triste en même temps.

Anglais Québécois

Excuse me! Scuzez
I don’t believe it. Ben wéyon don
What’s new? Pi
Check that out. Garsa
Look at her Gar ladon
Look at him Gar lédon
Do you believe me? Tu me crétu?
Do you think I care? Quesse tu veux ksam fasse?
Only Yinque
With that? Aickssa?
Me and You Moé pi Toé
I’m going to yell at him. M’a y parler dans l’casse
I’m going to beat him up M’a ty crisser’n’volé
You’re kidding me! Vadontoé !
You must be joking Vadontchié !
I was scared. Jé eu a chienne
Get out of there Aute toé d’la
What are you doing? Kessék tufai?
I ‘m spaced out Chudanlune
Right there. Drette la
Don’t go out of your way Bawde toé zempa
Let’s say Metton
Can you believe it? Tatu d’ja vusa
Hurry up Anweille !
It looks that way. Sadlair asah
I tell you Chtedi
I am so confused Chtout fourré
I am so tired. J’cogne dé clous
Look at that guy. Chek moé lédon
A lot of trouble Un chârdemarde
I’m in trouble. Chudanmarde
It’s because Stacose
Anyway Antéka
That’s enough. Stacé
See you later. Motte woère talleur
Relax! Cammtoué !
Damn Viarge
She’s crying A braille
Make believe S’fairacraire
This is it Datsitte

Je ne sais pas ce qui est le plus alarmant entre l’institutionnalisation de l’anglais en France, ou bien l’utilisation courante au Québec de phrase telle que « t tu genre in love? ». Cet exemple est tiré de l’émission Occupation Double, qui, à mon avis, représente bien le niveau général du français parlé au Québec- à l’écran comme à la ville.

Lecteur assidu a entièrement raison. Je suis expatrié à Paris depuis 2 ans et même s’il y a une horde d’anglicisme dans la pub et le marketing, il faut dire qu’une petite minorité est utilisée dans le langage courant. Lorsque je travaillais à Hull (maintenant Gatineau) la plupart des réunions ou des conférences téléphoniques se passaient en anglais même si la majorité ou la totalité des participants étaient francophiles. Par contre en France, jamais cela ne se produirait.

Aussi, les français sont plus à l’abri de l’anglais que québécois étant donné leur niveau d’anglais si mauvais.

Petit ajout…

Je ne veux pas défendre l’utilisation des anglicisme chez les français ou diminuer la situation, mais j’ai l’impression qu’on essaie d’utiliser la situation française pour prétendre que la situation n’est pas si grave au Québec. Ne vous y trompez pas, le français est plus menacé, et de loin, au Québec qu’en France.

Je reviens tout juste d’un voyage en Corse et je confirme que ce n’est pas seulement Parisien comme phénomène. Assez mou comme technique de vente…

Ja suis allé à Paris à plusieurs reprises et malgré le fait que nos cousins utilisent quelque fois des anglicismes dans leur façon quotidienne de parler (week-end, shoppoing, etc.), je peux vous certifier que le Français moyen maîtrise la langue française beaucoup mieux que les Québécois (t’sé j’veux dire, comme que, ‘stie, etc.).

La faute? Difficile à dire… Peut-être aux parents? Aux éducateurs? Au ministère de l’éducation lui-même avec ses compétences transversales? Aux Québécois eux-mêmes qui ne semblent pas beaucoup de soucier de la qualité du français parlé et surtout écrit?

Le fait demeure que la loi 101 a eu pour effet de diminuer la qualité de notre langue comme l’avait prédit Pierre-Elliott Trudeau!!!

La question essentielle me semble être: Vaut-il mieux parler français avec des mots anglais (comme en France), ou parler en utilisant la syntaxe anglaise avec des mots français ou franglais (comme au Québec)?
Permettez-moi d’ajouter que le français parlé et écrit de plusieurs citoyens dont ce n’était pas la première langue, et qui se sont donné la peine de l’apprendre, et pas seulement au québec, est très souvent de bien leilleure qualité que ce que l’on entend de la part de Québécois « pure laine ».

J’habites la France depuis près de deux années. L’anglicisation du vocabulaire usuel est bien ancré. À la fin de la journée du vendredi, on ne souhaite pas « Bonne fin de semaine » mais bien « Bon week-end » par exemple.

Bonjour,
La très grande majorité des Français de l’Hexagone écrivent et parlent un français impeccable et se permettent des fantaisies, souvent par ironie face au conservatisme de Marianne et le plus souvent par snobisme comme balancer quelques mots en anglais ou en allemand, un peu comme les Parisiens et leur verlan, un clin d’oeil au puristes. Mais que dire de la créolisation de la langue de Molière dans la société qui se pense distincte ? Depuis longtemps que je m’évertue d’affirmer que le joual devrait être inclus dans la Loi 101 comme danger encore plus grand pour la langue française que l’anglais qui sert surtout d’épouvantail à la frange des nationalistes québécois.
En effet, qui ne se souvient pas des Insolences du Frère Untel ou Monsieur Jean Paul Desbiens accrocha le grelot et choqua par le fait même ceux qui se prétendent les défenseurs de la culture et de la langue française. Ayant fréquenté le milieu intellectuel pendant plus de 40 ans en ayant pleins d’amis et de connaissances qui sont de maudits français, entre nous, mais qu’est qu’ils peuvent se bidonner les cousins de l’Hexagone en entendant le dialecte, toute cette créolisation que leurs descendants ont fait subir à cette langue belle ? En écoutant des québécois parler entre eux, très souvent j’ai entendu des français avec leur accent typique murmurer : Kossé qui dise icitte ?
En outre, qui ne se souvient pas de cet essai de Monsieur Georges Dor paru en 1996 qui fit baver de rage les nationalistes québécois avec : Anna braillé ène shot… Les nationalistes québécois n’ont pu accepter qu’un nationaliste comme eux puisse affirmer que 80 % des québécois meurent avant d’avoir dit JE dans toute leur vie en utilisant CHU…..Chu dont écoeuré, chu dont tanné, chu dont fatiké….Et oui, en se pétant les bretelles en hurlant, en clamant haut et fort qu’ils sont les protecteurs de la langue française et rien de moins contre les méchants anglophones.
Un autre essai de Monsieur Georges Dor fit du bruit mais pas trop fort car certains sont plutôt gênés d’en parler soit : Ta mé tu là…
Finalement, quoi dire si ce n’est que faut-il en rire ou en pleurer ? Dans cette société plus que distincte, on ne s’enfarge surtout pas dans les fleurs du tapis à grands coups de tabar…. que même une de mes connaissances s’est permit d’ouvrir un casse croûte sur la rue Duluth il y a une dizaine d’années en le nommant : EL TACO DEL TABARNACO……Pas besoin de vous dire que la très grande majorité de sa clientèle sont des étudiants de McGill. Que l’on cesse de pointer du doigt la langue anglaise et que le pure laine se regarde dans son miroir au lieu de s’admirer le nombril ! La langue française que nous devrions tous parler et écrire a été créolisée par le bon vieux joual du pays qui se distingue indépendamment des régions ou la plupart parlent le MENEU-MENEU tandis que d’autres régions s’expriment dans le CHAOUIN et le MAGOUA….Certains ont sûrement pensé à tout cela car comment CULTIVER et faire PROGRESSER le NATIONALISME quand tu as des mots pour le décrire et le NOMMER ? Au plaisir, John Bull.

Comme dit monsieur Venne, les emprunts syntaxiques sont pas mal les plus toxiques. Il n’est pas rare d’entendre des québécois tout à fait francophones utiliser des expressions comme : faire du sens, faire des décisions et autres expressions stupéfiantes.

Utiliser des exressions anglaises en France et au Québec c’est en effet très différent. Mais au-delà de la fantaisie et d’un certain snobisme, le fait par exemple que certains ministères français commenceraient à fonctionner en anglais, comme celui des finances où Christine Lagarde exigerait (c’est documenté) que les mémos qui lui parviennent soient en anglais, ça en dit long sur pas mal de choses.

Quant à nous ici, quand nous cesserons de nous plaindre et que nous exigerons (pas demander, exiger)le renforcement de nos lois linguistiques pour établir dans que le français soit véritablement la langue de communication ça sera déjà un pas en avant.

Et quand au plan individuel nous ferons de même au quotidien, le message sera compris, et les choses changeront.

Même si il y a des français qui utilisent quelques expressions anglaise. At the end of the day, les français s’expriment quand même environ 50 fois mieux que les canadiens français en général.

Les particularismes se multiplient dans tous les pays de la francophonie. Ajoutés aux accents, il devient difficile de bien se comprendre en français en dehors des milieux intellectuels et des instances internationales où tout le monde à peu près parlent un français respectant, toujours à peu près, le vocabulaire et surtout la syntaxe et la grammaire. Pour les autres, il faut s’adapter. L’italien, le français, l’espagnol, le portugais, le roumain, le créole sont issus du latin, la langue impériale et véhiculaire pendant une quinzaine de siècles, on peut donc s’attendre au pire pour le français avec l’américain, nouvelle langue impériale. Il suffit de voyager dans de nombreux pays pour s’en rendre compte. Partout on peut survivre en anglais. Jusqu’au XIXème siècle, la langue de la diplomatie internationale était le français. Quand on pense qu’un pays officiellement bilingue anglais/français, a laissé ouvrir des Jeux Olympiques sur son territoire en bannissant le français, la blessure est plus profonde qu’il n’y paraît déjà. C’est mal parti et c’est terrible.

@François 1

Vous écrivez :«Le fait demeure que la loi 101 a eu pour effet de diminuer la qualité de notre langue comme l’avait prédit Pierre-Elliott Trudeau!!!»

Là vous venez de dire une énormité. Votre affirmation mérite un peu plus d’explication. Sinon on devra encore la prendre comme une autre provocation de votre part. Quand et où Trudeau a-t-il commis cette stupidité? Citez vos sources ou alors taisez-vous.

«La provocation, quand elle est travaillée et qu’elle est voulue, n’a pas grand intérêt.»
[Max Monnehay]

À tous les détracteurs du français québécois.

La plupart avez sans doute vu le film Bienvenue chez les cht’is. Même ceux qui se cachent derrière de minables pseudonymes l’ont probablement trouvé drôle et ne se sont pas, comme Jean Taureau, amusé à tout ridiculiser.

Le français du Québec s’explique historiquement comme le français de la Métropole d’ailleurs. S’en moquer et le ridiculiser c’est aussi viser les locuteurs, ce qui, à mon sens est méprisable et démontre une réaction de colonisé.

Le français québécois a positivement évolué au cours des dernières générations. C’est évident qu’il est encore loin de la perfection. Mais pour corriger cette langue, il faut d’abord l’aimer et respecter ceux et celles qui l’utilisent, même mal.

L’anglicisation a été et continue d’être un réel danger. Il faut la combattre avec ardeur et vaillance. Les faux-culs ne sont pas ici d’un très grand secours.

«Les hypocrites, comme les abeilles, ont le miel à la bouche et l’aiguillon caché.»
[Jacques Delille]

@ Richard Aubé : J’ai vécu plus de trente ans en France. Pas 6 mois.
Ce que vous dites est faux. En France, on va faire ses « courses » en « voiture » au « supermarché ». Personne, PERSONNE, en dehors de quelques jeunes urbaines branchouilles, ne va faire son « shopping » au « drugstore ». Vous véhiculez de fausses idées !

En matière de langue comme dans les autres domaines, l’ÉDUCATION est la clef du succès. En effet, l’important est que chaque personne ait accès à tous les niveaux de langue, les distingue, les maîtrise et puisse en jouer selon les divers contextes. Par exemple, si les petits Québécois n’entendent ni ne pratiquent jamais la variété soutenue du français (termes précis et syntaxe correcte), ils seront limités aux seuls registres populaire et familier.

Afin de faciliter cet apprentissage du français soutenu, qui nous fait le plus défaut, je crois, tout le monde doit pousser à la roue.

Premièrement, les parents doivent faire des efforts pour prêcher par l’exemple vis-à-vis de leurs enfants. Ceux-ci apprendront dès lors qu’on ne s’exprime pas de la même façon dans toutes les circonstances.

Deuxièmement, les enseignants ont souvent à suppléer à l’indigence du langage parlé à la maison. Ils doivent servir de modèles, mais comment peuvent-ils y arriver quand ils ne maîtrisent pas eux-mêmes le niveau soutenu de leur langue (à l’oral comme à l’écrit)?

Troisièmement, les professionnels de la communication ne doivent pas se contenter de racoler leurs destinataires en ne recourant qu’aux niveaux de langue populaire et familier, mais faire oeuvre d’éducation en utilisant le plus souvent possible une langue châtiée.

Quatrièmement, nos gouvernants doivent prendre tous les moyens possibles afin de promouvoir la qualité du français dans la sphère publique. Ce n’est certainement pas avec des moyens comme la Loi 103 qu’on s’engage dans la bonne direction !…

Dans notre contexte nord-américain, l’anglais nous met à mal et nous pose des défis constants. Nous avons donc besoin de chérir notre langue, d’être aux petits soins avec elle et de la protéger. La maîtrise de l’écrit et de l’oral, dans toute leur richesse et leur complexité, doit s’imposer comme l’objectif premier de tous les Québécois. Après ça, nous nous comparerons aux Français…

Faut-il vous rappeler que la France fait partie de l’Union Européenne et qu’avec les compagnies d’aviation « Low Cost » le tourisme international fut-ce de un ou deux jours s’est sensiblement développé puisque vous pouvez effectuer un voyage aller retour de 2.000 KM pour l’équivalent de 200 CAD !!

Les commerçants de Bordeaux (ou autres villes) par exemple choisissent d’attirer et d’informer la clientèle en deux langues (Les langues principales de l’Union). Merci de leur pardonner de ne pouvoir faire leur publicité dans les 23 langues officielles de l’Europe !

Je vous remercie de faire la même étude à propos des autres 21 langues pratiquées dans l’Union Européenne.

Consultez les revues des autres pays et vous verrez ce que le véritable mot Anglicisme signifie.

Ne soyez pas obtus, les Québécois, si votre continent ne véhicule que deux langues officielles, la France et l’Europe à laquelle elle appartient s’enrichi de ce multilinguisme et de cette interculturalité. Autant elle adopte des termes anglais, autant elle adopte des mots italiens, tchèques, allemands, …
C’est ça l’ouverture d’esprit !!!

Le fait que le gouvernement Charest n’offre plus, comme c’était le cas sous les précédents gouvernements, de cours de français et d’immersion en français permettant aux immgrants et même aux citoyens résidents qui ne parlent pas français, pourquoi pas (?), d’apprendre un français parlé et écrit correct,

démontre bien que John James Jean Charest poursuit toujours, très assiduement, sa mission de noyer et d’éteindre graduellement le fait français dans la région de Montréal et dans les autres régions du Québec le plus rapidement possible.

C’est pour cette seule raison, j’en suis certain, qu’il a fait augmenter le nombre d’immigrants accueillis annuellement au Québec à 55 000 et que les fonctionnaires du Ministère de l’Immigration du Québec ont pour consigne, non écrite mais pour consigne qu’ils doivent quand même appliquer dans tous les cas, de ne pas s’attarder à vérifier la capacité des immigrants reçus de s’exprimer dans un français fonctionnel. Il semblerait même que la capacité de s’exprimer en français d’un grand nombre d’immigrants ne soit pas vérifiée du tout.

Culturelle et politique, fondée sur les rapports de forces, l’anglais n’en a plus pour longtemps à dominer le monde.

Dès le 1er juillet 1997, le lendemain du départ du Prince Charles de Hong Kong, la Chine décrétait que le Mandarin est désormais la langue des communications et du commerce en Extrême Orient et que le Français redevenait langue diplomatique, à cause de sa clarté et de la précision de son propos, face à l’Anglais connu pour son ambivalence dangereuse pour l’interlocuteur qui connaît mal cette langue.

Surprenant de voir comment l’Australie a introduit dans ses programmes l’enseignement du français et encore plus surprenant de voir que le Français est très présent aux États Unis chez les élites.

En Europe continentale, la progression continue de l’Allemagne, devenue première puissance en Europe, compte pour beaucoup dans la pénétration de la langue allemande en Europe de l’Est jusqu’en Russie, à mesure que se pansent les plaies de la seconde Guerre mondiale.

À l’ouest, l’Allemand est encore très répandu en Alsace, Lorraine et Bourgogne. Ailleurs, il est possible pour les touristes allemands de se faire servir dans leur langue.

Au Québec, je cite seulement le cas de Saint Henri,dans Montréal, quartier de mes origines dans lequel j’habite toujours. Au cours des années trente, malgré les pressions des employeurs, la langue française a résisté malgré le fait que tout le monde ou presque devait parler anglais pour vivre. Identitaire, non seulement le Français a survécu: il s’est amélioré et s’améliore constamment, grâce au courage des femmes. Quartier ouvrier gentrifié, je demeure étonné d’entendre tant de gens qui s’expriment bien et sans anglicismes.

L’état du français, langue d’État s’il en est une, s’améliore continuellement chez nous. Cette présence indispensable est un gage d’avenir.

JRMS

Les 55 000 immigrants reçus au Québec annuellement
ne sont pas tous qualifiés pour accéder rapidement au marché du travail, loin de là.

De plus, les membres de leur famille, souvent nombreux, non nécessairement qualifiés pour trouver un travail au Québec, qui ne parlent pas forcément le français et qui ne le parleront probablement jamais et qui sont accueillis automatiquement sans plus d’exigences autres que les liens de parenté, viennent rapidement grossir le nombre de personnes qui vivent longtemps et souvent indéfiniment à la charge des québécois tout en contribuant de façon permanente à noyer le fait français dans leur milieu d’accueil.

Les droiteux et les pourfendeurs complexés du Québec sont tenaces dans leurs mensonges.

« Les résultats de la campagne PISA 2006 font apparaître une détérioration de la situation du système scolaire français (en France) » (OCDE)

Savoir lire selon les tests PISA de l’OCDE en 2006.

1. Corée du Sud 556
2. Finlande 547
3. Hong Kong 536
4. Canada 527
5. Nouvelle-Zélande 521
6. Irlande 517
7. Australie 513
8. Liechtenstein 510
9. Pologne 508
10. Pays-Bas 507
11. Suède 507

La France n’y figure même pas (Les USA non plus) et nos complexés Québécois affirment que les Français ont un bien meilleur langage que les Québécois et une bien meilleure maîtrise de la langue. Suffit de lire les forums français (en France) et d’avoir vu la ligue d’improvisation pour constater que les Français font piètre figure à ce sujet. Il faut dire aussi qu’au PISA le Québec est un des meilleur au Canada.

C’est aussi valable en science et en mathématiques et c’est une raison pour laquelle le Québec se tire bien d’affaire avec la crise actuelle.
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Pour le joual, moé et toé étaient des mots employés par le « Roy » de France. Les québécois ayant été déconnecté de la France pas les Anglais le vieux Français est resté au Québec pendant que les snobs de la révolution française ont chaviré la langue française.

Il y en a qui devraient suivre des cours de joual avant de nous faire la morale è ce sujet.

« Les bleds de froment » est une expression française dans les vieux contrats Québécois et encore employé en France aujourd’hui.

« bleds de froment « et « froment ». Évidemment nos pourfendeurs du Québec savent tous ce que ces mots veulent dire.

Il est à noter que 60% des Québécois maîtrisent l’Anglais et 20% de plus se débrouillent dans cette langue ce qui en fait le pays (province pour les fédéraleux) le (la) plus bilingue au monde.

Il n’y a pas à dire, les Québécois maîtrisent la langue.

J’aimerais dire aussi qu’employer une expression syntaxique anglophone comme « faire du sens » n’est pas pire qu’employer l’expression ou mot « week-end », parking et shopping pour faire du snobisme au départ et devenir exclusif aujourd’hui.

En fait les Français courent après l’Anglais pour se mouiller et les Québécois trempent dedans malgré eux. Toute une différence.

En France il n,y a pas un seul médias anglophone au Québec 60 % des médias sont unilingues anglais
La mode des mots anglais c’est autre chose

@ Yannick Simard:

« Bon week-end… »

Même chose ici même au Québec où cette formule est utilisée ad nauseam à la radio et à la télévision…

@ Denis Drouin:

1- La qualité de français utilisé par les « gens ordinaires » est lamentable au Québec lorsque comparée à celle utilisée par les Français moyens (chauffeurs de taxi, employés de magasin, fonctionnaires, etc.). Écoutez certaines émissions de télévision ou de radio ou rendez vous en France et vous serez en mesure de constater la même chose. Je suis allé là-bas et croyez-moi, ça m’a sauté aux yeux. Pourquoi? Ils n’ont pas le loi 101 et de compétences transversales, EUX! D’où mon deuxième point:

2- La loi 101 surprotège la langue française et comme tout produit (la langue est un produit comme un autre) secouru exclusivement par l’État, les gens qui l’utilisent, sachant que le rejeton est dorloté et materné, ont une nette tendance à devenir indolents et à « dormir sur la switch », réduisant d’autant leur vigilance et la qualité du produit en souffre indéniablement. Nos ancêtres, qui étaient bien entendu loin d’être aussi éduqués que nous ne le sommes, nous ont confié cette langue qui a pourtant réussi à traverser des siècles SANS loi 101. Serions-nous faiblards, médiocres et comateux à ce point que nous ne pourrions en faire autant? La loi 101 NUIT définitivement à la qualité de notre langue!!!

@ Yannick Simard (excusez, avec un peu de retard) : En France, week-end et fin de semaine n’ont pas la même valeur.
La fin de semaine c’est, vendredi ou samedi: » On reporte ça en fin de semaine ». Mais : que faites-vous pour ce week-end? c’est que faites-vous samedi/dimanche? That’s it (puisque c’est le sujet). Tenez bon, encore un ou deux ans…

Cette question aurait été posée il y a deux ans que je n’aurais pas hésité à proclamer la France grand gagnant de ce piteux trophée. Mais à écouter quotidiennement les divers communicateurs, animateurs et animatrices, comédiens et comédiennes, journalistes et autres figures médiatiques et publiques, je constate que les Québécois bataillent fort pour damer le pion aux Français sur le terrain de l’anglicisation. Ici, et inéluctablement en France, ce n’est pas seulement le vocabulaire qui est touché; ce sont aussi les structures de la langue, et donc de la pensée. La pensée, la parole et la communication s’appauvrissent si elles ne peuvent s’élaborer dans des structures cohérentes. Combien de fois dans une journée entend-t-on dans les médias de ces phrases approximatives, mal tournées, non claires, phrases dont on est obligé de se faire une reformulation pour en comprendre le sens? Même nos politiciens, pour la plupart, ne parviennent pas à s’exprimer avec les mots qu’il faut dans une langue correcte et de façon claire. Il arrive que nos élus nous fassent déshonneur lorsqu’on leur fait l’honneur d’une tribune publique à l’étranger et ici. Par exemple, il devrait aller de soi que le ministre de l’éducation s’exprime dans un français correct. Bien parler ne veut pas dire utiliser un vocabulaire hermétique ni modifier son accent; l’accent d’un groupe est la musique particulière que celui-ci met sur les mots de la langue commune. D’ailleurs, un Québécois d’aujourd’hui subjugué par la culture française modifie peu son accent, comparativement au colonisé des générations précédentes; il fait une pierre deux coups en parlant franglais comme le Français colonisé qui s’ignore! Le Québec aura beau se donner des lois pour protéger la langue française, tant que les communicateurs, les figures médiatiques et les politiciens ne se feront pas une «première priorité» (ici j’emprunte un pléonasme cher à notre premier ministre)de la bien posséder et de la bien parler, il sera difficile de convaincre les élèves, et leurs parents, de la nécessité de fournir les efforts pour bien maîtriser le français afin de réussir et de s’accomplir. Surtout lorsqu’ils constatent que le jeune joueur de poker qui vient de décrocher la cagnotte à Las Vegas s’exprime de manière plus articulée que certaines des personnes de métier qui le questionnent. D’autre part, la maîtrise de l’anglais n’est pas à remettre en cause. Le français et l’anglais ne sont pas des langues antagonistes, mais elles sont deux langues différentes. Le fait d’abâtadir notre propre langue ne nous rend pas plus compétents pour en parler une autre.

Je pense que les québécois sont bien partis pour gagner cette course.De plus en plus de terme anglais sont employés dans les médias, autant dans les téléromans que dans les bulletins de nouvelles. Et à mon avis, c’est une honte. Je pense que si l’on se veut défenseur de la loi 101, nous devrions nous attaquer sérieusement à ce problème. Mes chez nos élus, le franc¸ais laisse à désirer: à « Tout le monde en parle », la ministre Normandean parle de faire du « cash ».
Un peu plus de rigueur, s.v.p.

Cette semaine aux nouvelles je voyais le PM de la Grèce qui donnait des informations sur la crise économique qui sévit dans son pays… et il le faisait en anglais…

…le pouvoir de nivellement de l’anglais est un phénomène qui affecte à peu près toute la planète… faut se le dire… et le pire c’est que ce ne sont pas nécessairement les anglophones qui le veulent. J’ai vu un article de linguistes américains qui déploraient la disparition des langues dans le monde.

En fait, tout le monde semble se donner comme objectif de vouloir parler en anglais.

Pour mieux se comprendre ? Ça reste à voir…

Ne nous y trompons pas. Ce débat est typiquement québécois et à mille lieux des préoccupations actuelles des français. Il s’agit ici de faire une comparaison qui n’a pas de sens puisque les français ne vivent pas dans la peur de perdre leur langue. L’objectif plutôt de se rassurer sur le sort du Québec par le raccourci régulièrement utilisé : « Regardez en France ils sont pires que nous! »
L’étymologie montre que nombres de mots ont fait des allers retour entre la France et l’Angleterre. Je prendrai juste l’exemple connu du mot utilisé couramment en France « parking » emprunté à l’anglais qui lui même vient de notre bon français « parc ».
A bon entendeur. Je vous salut bien bas amis québécois!