Après cette crise, la vraie crise…

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Tout chaud en librairie.

Résumons-nous : si on réussit à réduire d’au moins 50% nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 — ce qui est gigantesque —  nous aurons une chance sur deux d’éviter un réchauffement de plus de 2 degrés, au delà duquel le coût humain du réchauffement deviendra catastrophique. Un chiffre: un milliard de réfugiés climatiques dans le siècle.

Et si ce n’était que ça. Au cours des 20 prochaines années, les terriens extraieront du sol autant de matières premières que pendant toute l’existence de l’espèce. En ce moment, nous consommons 30 % de ressources de la planète de plus que le maximum permettant d’assurer un développement durable. D’ici 2030, ce sera 100% de plus. Donc 100% de trop.

Pour faire en sorte que le Titanic collectif sur lequel nous voguons évite le gigantesque iceberg qui bouche presque tout notre horizon, aucune demi-mesure ne suffira. Il faut mettre en cause le mécanisme même de l’organisation de notre société: le capitalisme. Ce n’est pas une mince affaire. Faut-il le quitter, le dompter ou le dépasser ? C’est la question à laquelle je m’attaque dans ma contribution au livre collectif Imaginer l’après-crise, qui vient d’arriver, tout frais, en librairie. Un thème auquel je reviendrai régulièrement dans ce blogue, c’est promis.

Les mordus peuvent consulter la Table des matières ou lire l’Avant-propos. C’est pas pour nous vanter, mais un de nos coauteurs s’appelle Lionel Jospin !

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J’aimerais bien voir la définition du terme « réfugié climatique », ainsi que la marge d’erreur du nombre de ces « réfugiés ». J’ai fortement l’impression que ce terme mélange réfugiés réels et personnes déplacées à l’intérieur d’un même pays.

Quand on déplace le quartier St-Maurice de Thetford-Mines, pour cause d’expansion d’une mine, les déplacés ne sont pas des réfugiés. De même, si Miami doit être déplacée vers Orlando, pour cause de montée de l’océan, ces déplacés climatiques ne sont pas des réfugiés climatiques.

Comme le sous-entend le premier paragraphe de M. Lisée, il faudra bien accepter un certain réchauffement climatique. Cette acceptation a d’énormes bénéfices potentiels pour le Canada. Elle pourrait être notre bouée de sauvetage existentielle: nous empêcher de retomber dans l’ère glaciaire qui nous guette à moyen-terme.

L’adage « qui n’avance pas risque de reculer » s’applique fort bien au Canada. Canada: si tu ne te réchauffes pas, tu risques de refroidir, et si tu refroidis, tu risques de retomber dans ta 31ème ère glaciaire depuis 3 millions d’années.

En tout cas, on est pas encore obligés de semer les nuages pour qu’il neige, comme on l’a fait cette semaine à Beijing !

En passant, cher Docteur Laughrea, doit-on se réchauffer pour être sauvés au Canada – ne peut-on pas tenter de garder notre climat comme il est ?

Le texte de Monsieur Lisée montre bien le défi économique auquel nous serons confrontés pour rencontrer la demande en ressources énergétiques. On parle toujours du réchauffement climatique mais on parle peu du défi économique que la croissance de la demande représente : il coûtera de plus en plus cher pour extraire les produits du pétrole. On se souvient qu’il y a trente ans, l’extraction des sables bitumineux. L’extraire du fonds des océans coûtera encore plus cher. Allez jetter un coup d’oeil sur la courbe de croissances des prix au chapître History de ce lien wiki:

http://en.wikipedia.org/wiki/Oil_prices

Elle ne cessera pas de grimper.

Malheureusement, je crois que notre façon de penser, cette tendance générale à percevoir avec légèreté le réchauffement climatique comme préoccupation secondaire après l’économie (particulièrement chez les pays émergents), nous amènera jusqu’au pied du mur avant qu’une réflexion comme celle que vous amenez puisse réellement s’imposer dans notre société. Puisque les conséquences ne sont pas encore assez sévères et que l’être humain n’aime pas envisager d’avoir à abaisser volontairement ses conditions de vie, la minorité éclairée est condamnée à faire cavalier seul pour encore un bon bout de temps. Même la plupart des gens conscientisé n’en font pas assez. Pensez seulement à l’empreinte écologique laissée par les voyages en avion ou encore simplement l’utilisation de l’automobile, c’est terrible.

Quant à cette hypothèse sur l’évitement de l’ère glaciaire, je crois qu’il serait prétencieux de laisser l’être humain tenter de régler (ou dérégler) un mécanisme naturel existant depuis des millions d’années à son simple profit. Lorsqu’on parle de réchauffement, on parle aussi d’un fort possible dérèglement des courants marins et conséquement de menaces graves concernant l’écosystème. On ne peut pas seulement envisager la situation du point de vue du Canada. Il me semble assez suicidaire de tenter de jouer à Dieu sans en savoir toutes les conséquences à priori.

La température a monté d’un degré au 20e siècle pis on n’a pas vu un seul réfugié climatique. Pis nous on continue à se les geler icite, dès la fin d’octobre.
En fait la population mondiale a plus que doublé et on a pratiquement enrayé la famine (mais pas la malnutrition).
Vive le réchauffement de la planète.

Chère Mme King, je considère qu’au Canada, il serait préférable de nous concentrer sur la lutte à la pollution, ce qui inclut les polluants à effet de serre, sans considérer que l’oxygène (O2, fondement de la vie animale), le gaz carbonique (CO2, fondement de la photosynthèse, c.-à-d. de la vie végétale) ou l’eau (H2O) sont des polluants.

En s’attaquant, par exemple, aux polluants à effet de serre, on fait d’une pierre 2 coups : on lutte contre la pollution (très consensuel) et on montre sa collaboration envers les prophètes de malheur du réchauffement climatique (peu consensuel au Canada) tout en refusant de mettre dans le même panier polluants à effet de serre et CO2.

Bien sûr, je suis en faveur d’une lutte libre et personnelle contre une augmentation indue de la quantité de CO2 dans l’atmosphère, que ce soit en mangeant végétarien, en se livrant à des activités de reforestation, en modérant ses déplacements autres qu’à pied ou en bicyclette. Mais sans en faire de cauchemars ; sans faire la morale aux autres ; sans faire peur à la population canadienne à grands coups de clichés comme trop le font présentement ; sans se donner des quotas à la Kyoto qui risquent de toute manière de se révéler mensongers ou irréalistes.

Bon ça y est, j’ai succombé après la lecture de l’avant-propos et j’ai commandé ma copie.

D’accord avec notre cher professeur Laughrea, mais ses suggestions ne changent rien au nœud du problème qui est de répondre à une demande mondiale croissante pour des ressources énergétiques toujours plus difficiles et plus risquées à extraire – et donc de plus en plus dispendieuses. Ça prend beaucoup d’argent et des perspectives de profits élevés. On peut s’attendre à une forte concurrence pour le capital. Je crains plus une forte poussée inflationniste, et les hausses des taux d’intérêts, que le réchauffement climatique. Réinventer le capitalisme sonne aussi science-fiction que d’assurer la survie de l’espèce humaine sans rapports entre les hommes et les femmes. J’aimais bien les assises du plan vert : taxer la consommation et baisser les impôts, donc encourager l’économie d’énergie et la production verte et libérer le capital de l’imposition. Je ne suis pas étonnée de lire des économistes conservateurs ici et aux Etats-Unis se prononcer aujourd’hui en faveur d’une taxe sur le carbone. Si le consommateur ne paye pas le prix, le gouvernement le refilera aux contribuables, ce qui coûte toujours beaucoup plus cher.

M.Lisée,
Il est dérisoire de penser que les individus seuls peuvent changer le cours des choses, puisque le système capitalisme, pour performer se doit de promouvoir la surconsommation. Je crois que le système compte sur le fait que pour avoir une influence sur ce dernier, les consommateurs auraient l’obligation d’engager des actions tous ensemble dans la même direction …ce qui est impensable sans la complicité des gouvernements…Je dirais même que maintenant que les économies mondiales sont toutes inter-reliées, tous les gouvernements des pays développés auraient l’obligation de légiférer vers un même objectif pour avoir un impact quelconque sur le capitalisme…Il est donc absolument nécessaire que les gouvernements travaillent tous de concert pour modifier les règles du jeux telles qu’on les connait.Tout un défi.
Il est trop tard à mon avis, pour espérer que les gens en viennent à responsabiliser leurs consommations dans le but premier de sauver la planète. Les gens sont trop (con)centrés à combler leurs besoins individuels qui n’a que pour limite leur crédit.
Les gouvernements n’ont donc plus le choix d’influencer la consommation en passant par une réforme du capitalisme; et quel meilleur moyen que de:
1. Promouvoir le travail ( en diminuant très largement les impôts sur les revenus – à un niveau suffisamment bas pour éliminer le marché au noir et suffisamment grand pour créer un sens de responsabilité fiscal tout au plus.) J’estime ce niveau à un max de 25 % aux 2 niveaux de gouvernement.
2. Et par contre, remplacer ce manque à gagner par un niveau plus opportun de taxes sur la consommation ( en taxant celle-ci à différents niveaux , et sur tous les produits et services sans exception –)
3. Promouvoir la consommation propre ( en contrôlant au minimum le niveau de taxation sur la consommation verte)
4. Pénaliser la consommation polluante ( en taxant davantage celle-ci )
Le problème est que sans la coordination du gouvernement, cette approche est impensable…
Le problème est que les économistes du gouvernement sont convaincus que le système de taxation présentement en vigueur est le meilleur en place et n’envisage aucun changement. Pis encore, on pense que transférer les points d’impôts en tps/tvq feraient ralentir l’économie car on se dit convaincus que pour chaque 1.00$ réduits en impôts… seulement ,30sous seraient dépensés en consommation…le reste serait donc utiliser à d’autres fins, soit rééquilibrer leur dette…wow ! quel concept néfaste…pour l’économie.
J’aimerais bien compter sur vous pour me renseigner à propos de ces études pour en comprendre les fondements…car je me suis toujours demandé pourquoi aucun groupe de pression n’a jamais réussi à créer un débat sur cette question. Un doute m’envahie.
Je crois qu’il est plus facile pour les gouvernants de se complaire dans la facilité en ne changeant pas trop les règles de gouvernances, car le changement remet en question tous nos repères…ainsi que les rapports de force entretenus pour fins de …réélection.
Rappelons – nous cependant que le défi ne tient plus à maintenir une économie florissante année après année, mais plutôt à repenser notre manière de développer nos économies sans en dilapider nos ressources pour ainsi assurer un avenir à nos enfants.
Est-ce trop demander ?

Bonjour, M. Lizée

Je me présente Bernard, propriétaire et
chercheur d’un centre de production et recherche en agro-foresterie
biologique.(www.boisbr.com)

Je n’ai malheureusement pas vraiment le temps d’écrire de livre comme
vous pour l’instant puisque je consacre mon temps a la
recherche dans mon centre de recherche.

Le constat qui m’a poussé il y a quelques années a fonder mon centre de
recherche est le suivant: bien que plusieurs personnes se disent avec des
valeurs en ligne avec le développement durable, les moyens technique pour
y arriver sont sous-développés.

Comme le développement des moyens technique est quelques choses
d’incompressible temporellement, il est préférable de commencer par la
d’ici a ce que les gens est la volonté de les appliqués. Car bien sur au final ce qui donne un résultat ce n’est pas les bonnes intentions, mais les actions adéquates a la situation.

Je ne sous-estime la gestion du changement que cela suppose et les deuils de notre
mode de vie qui sont en fait des freins au changement sociaux. L’incertitude et la peur paralyse beaucoup de gens. Il y a aussi la difficulté de se changer soie même sans contrainte tangible. Puisque pour comprendre la réalité actuel cela demande des connaissances en sciences pures, sciences appliquées et science humaines. Finalement cela demande des changements en profondeur des perceptions et des comportements ce qui n’est pas dans l’habitudes de tous, surtout quand il s’agit de se restreindre.

Il serait cependant bon de mettre en perspective que si les conditions de vie deviennent insoutenables, plus rien d’autre n’a d’importance.

Malheureusement personne n’a vraiment le courage pour le moment dans le
monde politique de dire les choses tel quel sont : soit que les changement
sont difficile, nécessaire et bien sûr que nous avons une merveilleuse
occasion de créer quelques choses de nouveau. Les efforts pour se
changement paraîtrons démesuré pour la plupart des individus d’ou la nécessité de trouvé des solutions facile a faire co-opter par les individus et basé sur une argumentation solide. Tout en prêchant autant que possible par l’exemple, particulièrement de la part des leaders sociaux de tout acabit et démontrer que c’est possible.

J’ai bien aimé votre entrevue a radio-canada.

Je dois dire que votre intervalle de 10 ans pour changer de direction m’a
bien plus quoique que je crois plus a un horizon de 5 ans pour être
réaliste et laissé un léger temps de mise en place.

Je crois outre cela qu’après la crise, il y aura une autre crise qui
j’espère ne dégénéreras en conflit sociaux ou en psychose collective
comme dirait C.J. Jung. La meilleure façon d’éviter cela, est d’éviter un changement trop brusque en l’introduisant de manière progressive le plus tôt possible. Plus ont attendra comme collectivité pour commencer à faire les changements nécessaires. Plus ont aura des risques qu’une grande part de la société trouve la marche trop haute et que cela dégénère de manière incontrôlable. Dépêchons nous a fabriquer une valve de sécurité pour prévenir l’explosion du presto.

A l’aube de Copenhag j’espère que nos leaders feront preuve de maturité et sortiront de leur dynamique. Si tu ne sort pas le premier de la chambre a gaz, je ne sors pas. Mourrons tous étouffés c’est bien mieux, personne aura perdu la face ou quoique ce soit d’autre.

J’aimerais vous laissé sur cette phrase que je crois très pertinente de M. Ghandi : Il y a assez sur cette terre pour tous, mais il n’y sûrement pas assez pour la gourmandise de seulement quelques’uns.

Au plaisir de recevoir vos commentaires

Cordialement

Bernard Rochon

P.S. difficile de résumer et nuancer un sujet aussi complexe en si peu de
mot. Je serai heureux d’en discuter plus abondamment lors d’une rencontre ou
une autre forme d’entretient