Après «La bataille de Londres», celle pour la vérité

Si les conservateurs veulent faire quelque chose de significatif pour promouvoir la connaissance historique, ils n’ont qu’à modifier la loi d’accès à l’information, notamment pour permettre aux historiens de faire leur travail.

Photo: Choi Jae-gu/AP Photo
Photo: Choi Jae-gu/AP Photo

PolitiqueDix-huit mois après la publication de La bataille de Londres, j’ai lancé la semaine dernière la version anglaise de mon livre, avec de nouvelles révélations sur la Cour suprême et son rôle durant le rapatriement constitutionnel, un chapitre de notre histoire que j’ai pu découvrir grâce à l’ouverture des archives britanniques.

Le livre a suscité beaucoup de controverses et commentaires, incluant une motion unanime de l’Assemblée nationale demandant au gouvernement fédéral de rendre publiques toutes les archives en sa possession portant sur le rapatriement. Malgré cela, Ottawa continue de faire la sourde d’oreille.

L’ironie de cette situation est que les conservateurs viennent de lancer des consultations pour ce qu’ils appellent leur « Plan d’action pour un gouvernement ouvert ». Ils y vantent leurs « efforts en vue de favoriser une transparence et une responsabilisation accrues ». Il est malheureusement difficile de concilier ces bonnes intentions avec la façon dont le gouvernement fédéral se comporte dans les dossiers touchant la loi d’accès à l’information. On n’envisage aucunement de moderniser cette législation, qui date de 1982, l’année même du rapatriement. C’est d’ailleurs grâce à elle qu’Ottawa est en mesure d’empêcher la divulgation d’archives sur un événement vieux de 32 ans.

Nos concitoyens seraient en droit de s’attendre à mieux de la part des conservateurs, eux qui insistent sur l’importance de notre histoire. Depuis quelques années, Ottawa organise une multitude de commémorations pour souligner certains événements de notre passé.

Il y a eu cette année le centenaire du début de la Première Guerre mondiale et le 75e anniversaire du début de la Deuxième Guerre mondiale. L’an prochain, ce sera le bicentenaire de la naissance de sir John A. Macdonald, le 50e anniversaire du drapeau national du Canada. En 2016, on aura notamment droit au 175e anniversaire de la naissance de sir Wilfrid Laurier, au 150e anniversaire des raids des fenians, au centenaire du droit de vote des femmes et au 75e anniversaire de la bataille de Hong Kong. Le tout culminera en 2017 avec le 150e anniversaire de la Confédération, le centenaire de la bataille de Vimy et de Passchendaele et d’autres encore.

L’histoire militaire et l’histoire politique ont été marginalisées depuis plusieurs années déjà dans notre pays. Les lacunes de nos citoyens en ces domaines sont nombreuses. Il est donc légitime et louable que le gouvernement fédéral agisse en la matière. Mais si les conservateurs veulent vraiment faire quelque chose de significatif pour promouvoir la connaissance historique, ils n’ont qu’à modifier la loi d’accès à l’information, notamment pour permettre aux historiens de faire leur travail.

Mentionnons ici que notre pays est l’un des pires au monde en matière d’accès à l’information, se classant derrière l’Angola, le Niger et la Colombie, selon le Centre pour la loi et la démocratie d’Halifax et Access Info, un organisme basé à Madrid. Concrètement, cela veut dire entre autres qu’il est très facile pour le gouvernement fédéral de ne pas divulguer des documents historiques pendant des siècles, et ce sans aucune autre forme de procès.

Un jour ou l’autre, tous les pays doivent faire face à leur passé, quel que soit celui-ci. En l’an 2000, alors qu’il était président, Bill Clinton a décidé de déclasser les archives sur le coup d’État de 1973 au Chili. Le général Augusto Pinochet s’était alors emparé du pouvoir par la force au détriment du président Salvador Allende. Une dictature cruelle avait alors renversé un gouvernement élu démocratiquement. Les milliers de documents rendus publics par l’administration Clinton ont démontré à quel point la CIA était intervenue en faveur de Pinochet. Voilà ce qui est arrivé. Les Américains doivent le savoir.

Si le gouvernement de M. Harper suivait ce dernier exemple, les Canadiens pourraient en apprendre davantage sur un épisode fondamental de notre histoire. Mon livre a suscité une enquête de la Cour suprême et de multiples commentaires. En ayant accès aux nombreux documents fédéraux toujours indisponibles, les historiens pourraient confirmer, infirmer ou nuancer mes propos. La recherche de la vérité pourrait ainsi se faire librement, sans que l’on doive livrer bataille pour l’obtenir.

Il est par ailleurs curieux d’entendre le premier ministre Philippe Couillard clamer haut et fort que lui-même et son gouvernement entendent participer pleinement aux commémorations du 150e anniversaire de la confédération. Comme les autres formations politiques québécoises, les libéraux souhaitent obtenir toute l’information sur le rapatriement constitutionnel. Devant la fin de non-recevoir d’Ottawa dans ce dossier, le gouvernement libéral devrait minimalement boycotter les commémorations de 2017 pour manifester son mécontentement. Il en va de la dignité du Québec et de ses intérêts.

* * *

À propos de Frédéric Bastien

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.

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Notre pays est un des pires au monde, une vraie dictature digne de Pinochet… Boo Hoo! L’Halloween approche.. Harpeuur le vampire! Au secours!

L’information est contrôlée et les libertés civiles des citoyens canadiens sont brimées..

Il faut sonner l’alarme à l’international! Il faut que l’on sache combien la vie des victimes de ce régime totalitaire étouffent.

Et pendant que Frédéric poursuit dans sa démagogie, le Messie en devenir se sert de la Charte des droits et libertés canadiennes pour s’attaquer à l’illégalité de la motion de François Legault.

PKP qui joue le martyr! Il veut nous faire pleurer.. Une chance que le ridicule ne tue pas!

L’immaturité 101…

A propos de PKP ,………………… soyons honnête……….. il y a beaucoup d’hypocrisie………beaucoup……..ouvrons les yeux…………………….. être pour la vertu et la pratiquer !!!!!!!

Ben oui, si on est pas aussi pire que Pinochet, ça ne vaut pas la peine d’essayer d’avoir mieux. C’est beau votre appelle au moindre effort et à la médiocrité.

L’érosion de l’accès à l’information mène souvent justement à une dictature et l’exemple du Chili que vous donnez est plutôt pertinent. Comme le dit le texte, il a été démontré le rôle qu’y a joué la CIA et les États-Unis dans le renversement du gouvernement Allende et cela a été rendu possible entre autres par le détournement de l’information. Dans ce cas, ce n’était pas l’accès mais plutôt la manipulation de l’information mais on joue dans les mêmes platebandes et votre héros Harper a certes l’étoffe de quelqu’un qui abuse non seulement de limiter l’accès à l’information vraie, voire même scientifique, mais aussi de quelqu’un qui manipule l’information pour tromper le public – vous en êtes en exemple éloquent.

La vraie histoire, celle par les véritables historiens, on ne la connaît pas souvent car les autorités ont souvent tendance à la manipuler à des fins de propagande politique. D’ailleurs regardons un événement historique comme la bataille des Plaines d’Abraham: selon les vainqueurs ce fut un succès et une libération alors que pour les vaincus ce fut une défaite amère et le commencement d’une longue occupation militaire de la Nouvelle-France. Les autochtones ont aussi une perception très différente de l’histoire que celle de la société dominante qui voulait les « civiliser » alors que pour eux, ce fut une longue agonie. C’est ça que votre cher Harper fait: il manipule l’histoire à des fins politiques pour justifier le militarisme des conservateurs. L’accès à l’information permettrait au moins aux historiens de tenter de remettre les choses en perspective, avec équilibre, selon les faits réels.

Cela fait presque dix ans que les Conservateurs entendent renforcer la transparence, être responsables et rendre des comptes devant la population. Hors, c’est plutôt le contraire qui s’est produit lorsque toute l’information dans toutes sortes de domaines a été plutôt distillée au compte-goutte.

Alors, je serais surpris que ce nouveau « Plan d’action » donne les résultats escomptés.

Au chapitre des commémorations. Je ne sais pas si ce gouvernement parle plus qu’il n’associe vraiment toutes les canadiennes et les canadiens aux valeurs historiques. Il suffit de se rappeler des commémorations de la Guerre de 1812. Et je trouve dommage qu’on ne suscite pas plus auprès de toute la population le goût de l’histoire que je tiens personnellement en grande estime pour resserrer les liens entre les gens et toutes les générations.

Ce qui est encore plus vrai dans un pays comme le nôtre qui reçoit beaucoup d’immigrants.

Je trouve effectivement qu’il est important de permettre aux chercheurs et aux historiens de toutes obédiences de pouvoir obtenir l’accès à toutes les archives. Je trouve effectivement que c’est dommage qu’on ne mette pas auprès des chercheurs plus de facilités.

Néanmoins, s’il y a un point avec lequel je ne vous suis pas du tout en accord avec vous. Je vous cite : « Il est par ailleurs curieux d’entendre le premier ministre Philippe Couillard (…) le gouvernement libéral devrait minimalement boycotter les commémorations de 2017 pour manifester son mécontentement. Il en va de la dignité du Québec et de ses intérêts. »

Je pense quant-à-moi tout le contraire. Qu’il est important envers et contre tout que le Québec prenne sa place en tous temps et tous instants dans le Canada. Je pense que c’est notre intérêt à tous et ma dignité — fort heureusement — ne s’en trouve pas « pantoute » affectée. J’appuie à cet effet entièrement monsieur Couillard sur son intention d’être membre à part entière de cette commémoration.

À la lecture de cet article, je suis totalement terrorisé de demeurer au Canada et je vous demande d’ouvrir un dossier à l’ONU, à l’UNESCO et à l’OTAN et ça urge!!!

De plus, vous devriez de ce pas envoyer une missive à tous les pays civilisés de cesser de vouloir nous imiter et nous citer comme un modèle de contrôle des finances publiques…

Quand on pense que Burger King vont s’établir ici… Sont malades ou quoi?

SAUF QUE selon le « Reputation Institute », un organisme bicéphale basé à New York et Copenhague (oui…oui… le Copenhague du Danemark, pays scandinave!!!) le Canada arrive PREMIER POUR LA 3e ANNÉE CONSÉCUTIVE en ce qui a trait à la réputation internationale des pays!

http://www.antagoniste.net/2013/07/01/le-canada-de-stephen-harper/

Voilà qui tranche avec l’opinion de nos chroniqueurs qui voudraient bien nous faire croire que le Canada est devenu un paria sur la scène internationale…

Oh…j.allais oublier, l’étude que je vous fournis gracieusement date de 2013, or, l’article que vous nous donnez en référence date de…2013, soir un an plus tôt…

De plus, je suis surpris que vous ne disiez mot sur le fait que PKP REFUSE CARRÉMENT de rencontrer les journalistes et s’entête à faire de la petite politique sur son Facebook, évitant soigneusement les questions embarrassantes des chroniqueurs…:

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201410/21/01-4811293-pkp-je-nai-pas-a-repondre-aux-questions-des-journalistes.php

La peur vous tenaille-t-elle?

J’imagine par contre d’ici votre empourprement s’il fallait que le gros méchant « Harpeur » fasse la même chose. Mais…bon…dans certains milieux, ça fait « in » de « blaster » Harper, surtout qu’il n’est pas le propriétaire d’un empire médiatique, lui…

« Oh…j.allais oublier, l’étude que je vous fournis gracieusement date de 2013, or, l’article que vous nous donnez en référence date de…2013, soir (sic) un an plus tôt… » Est-ce une faiblesse mathématique ou un autre signe de votre mémoire défaillante. Il faut se relire parfois.

Mauvaise touche…mais je vous crois quand même suffisamment intelligent pour avoir clairement compris la signification de la chose, surtout si vous avez pris la peine d’aller voir l’article soumis en lien.

En effet, c’est pour cette raison que j’ai écrit qu’il fallait se relire. Quand on fustige ceux qui possèdent un diplôme de « science molle pas de maths », c’est une erreur qu’on ne laisse pas passer sans y mettre son petit grain de sel.

… Une bonne réputation ne veut pas dire qu’on fait tout bien. Pour y aller avec une exagération, les meurtriers et violeurs ont souvent une très bonne réputation dans leur communauté!

Julie…

Comparer la réputation de notre pays, le Canada à celle de meurtriers et de violeurs…

Sacram…!

Intéressant de voir le fanatisme des conservateurs de Harper. Le Reputation Institute fait des évaluations pour les compagnies pour trouver les pays les plus capitalistes et où les investissements sont les plus faciles et favorables… Évidemment, le Canada est en première place avec Harper au timon – on n’a qu’à constater par exemple que la majorité des minières mondiales sont établies au Canada parce que les lois y sont parmi les plus laxistes au monde et qu’elles peuvent abuser des droits humains dans les autres pays sans être importunées au Canada. C’est une réputation mais loin d’être la bonne…

Je ne sais pas si vous voyagez de temps à autre ailleurs qu’au petit Québec mais je le fais assez régulièrement et mon passeport Canadien a fait en sorte que j’ai toujours été bien reçu et traité avec énormément de respect PARTOUT où je suis allé. Partout!

Et personne, ABSOLUMENT PERSONNE ne m’a jamais tenu de propos déplacés au sujet du fait que le Canada est un pays où la démocratie serait gravement menacée à cause de l’attitude de notre Premier ministre ou autre balivernes de la sorte. Qui plus est, des dizaines de milliers de personnes qui proviennent d’autres pays civilisés entreprennent des démarches longues et compliquées à chaque année juste pour…venir vivre ici, au Canada de Stephen « Harpeur »… Et c’est sans compter ceux qui risquent leur vie (les exemples pullulent) pour avoir le privilège de jouir de notre pays.

La réputation internationale de notre pays, le Canada est incroyablement enviable et nous devrions TOUS en être fiers et heureux.