Après les Cégeps, l’Université

Dans la grande série « le lancer du pavé »

Le lancer du pavé. (Illustration de l'excellent site français d'info mediapart.fr)
Le lancer du pavé. (Illustration mediapart.fr)

j’ai résumé devant la caméra des jeunes du PQ ma proposition, formulée notamment dans Pour une gauche efficace,
pour le financement des Universités via un paiement différé,
par les diplômés qui deviennent ensuite de hauts salariés.

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16 commentaires
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Et dire qu’une simple loi exigeant le respect du droit de travailler en français dans tous les emplois au Québec et de l’illégalité d’exiger une langue autre que notre langue nationale québecoise règlerait entièrement le problème linguistique .
Franciser le Québec pan par pan est une perte de temps car c’est l’emploi qui est le moteur d’anglicisation là ou les fédéralistes et les colonisés bilinguisés détruisent notre droit de vivre en français.
L’imbécilité linguistique des Québecois est unique au monde

Pour ce qui est de la gratuité universitaire , mieux vaut établir l’obligation de travailler au Québec sans avoir à rembourser ou de rembourser si une personne veut payer des impôts hors Québec et faire payer doublement ceux qui refusent de travailler au québec en français .
Nous devons cesser de financer notre anglicisation et notre destruction.

Cet universitaire est bien d’accord avec l’idée. Va falloir que je lise votre texte avant de me prononcé définitivement.

Je dois dire que personnellement ce que j’aimerais voir régler avant les frais c’est les méthodes d’évaluation universitaire. Où plutôt l’absence de méthode. Car, avec égard pour les professeurs qui font leur possible, l’évaluation à l’Université c’est de la b*llsh*t: le système des lettres, l’absence d’évaluation par rapport à la moyenne (même les écoles primaires en ont!), l’évaluation par rapport aux autres groupes suivant le même cour, l’absence d’évaluation de l’écart-type, etc.

Bref, le système universitaire gagnerait à adopter un indicateur plus proche de la fameuse cote R du cégep que d’utiliser un système de dinosaure. Au pire ils feront des niveaux de côte R auquel ils attribueront des lettres si c’est ce qui leurs faut, mais de grâce épargner ce système de con.

Il y a juste un problème avec cette proposition : elle ne fonctionne pas. L’assiette fiscale des futurs diplômés est beaucoup trop petite pour offrir un financement supplémentaire intéressant.

À moins que vous ne souhaitiez également taxer les « vieux » diplômés dont je suis ?

Plus de détails ici : http://www.pabsta.qc.ca/fr/textes/publications/ipu

@Pier-André
Excellent papier, Pier-André. Mais il faudrait refaire la simulation. Il faut prendre le coût réel du bac en théologie (ou en sc vétérinaires). Tu divises par trois. Cela te donne la somme que le vétérinaire devra rembourser lorsque son revenu dépassera 75 000. Tu divise alors la somme par douze, car il la remboursera sur douze ans. Pour savoir si on atteint la somme de 400 ou 500 millions par an dont ont besoin nos universités, il faut faire l’évaluation en vitesse de croisière: quatre à six cohortes pleines (pour calculer les maîtrises et doctorats), arrivant à leurs salaires élevés après quatre ou cinq ans sur le marché du travail. Il faut décompter tous les étudiants qui décrochent et ceux qui n’auront pas de haut salaires, malgré leurs études post-secondaires. Allez Pier-André, à ton fichier excel…

M. Lisée, nul besoin de refaire le calcul ou de s’acharner sur excel. Ce que je présente dans le texte est une borne supérieure (la meilleure des situations, si vous voulez). Si vous introduisez les facteurs auxquels vous faites référence, les montants récoltés ne peuvent que diminuer. Je borne cette somme à 41 millions de dollars pour 1% du revenu imposable (alors imaginez si c’est au dessus de 75 000$).

Et je ne parle même pas de diminution en absolue de cette assiette fiscale (démographie, quand tu nous tiens…)

Je suis pour une gauche efficace. Je suis aussi pour une gauche qui sait compter.

@Pier-André
C’est que je n’aborde pas le problème du côté de l’assiette fiscale, mais du côté d’un accord contractuel. Il ne fait aucun doute que 100% des médecins formés au Québec auront la capacité de rembourser les 33% du coût réel de leur formation. Idem pour les ingénieurs, dentistes, vétérinaires. Probablement idem pour la moitié des avocats (dont le coût de formation est faible). Mais tu n’es pas obligé de faire le calcul. Et depuis quand tu m’appelles Monsieur ?

M. Lisée, je vous ai toujours appelé Monsieur et/ou vouvoyé depuis aussi longtemps que je me souvienne. C’est une marque de respect envers les personnes plus vieilles (sans vous offenser), mais aussi une marque de respect pour votre contribution intellectuelle et politique. Voilà pour les fleurs (et votre âge).

Maintenant, je vois difficilement comment discuter de financement des universités sans parler… de financement des universités ! Pour parler d’argent supplémentaire, il faut parler de combien on peut récolter et donc, de revenus fiscaux.

Je semble comprendre de votre dernier commentaire que votre argument se situe plutôt dans une idée de contrat social ou de « rétablir » une « justice » plutôt que de moyen de financer les universités.

Dans ce cas, je vous accorde volontier qu’un diplômé gagne, en moyenne, un millions de dollars de plus qu’une personne qui ne va pas au CÉGEP (pendant toute sa vie active). Cependant, environ 60% (ok… 57,3%, ici pour les détails : http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/publications/SICA/DRSI/BulletinStatistique38_f.pdf), de ce gain supplémentaire va déjà à l’État. Bref, l’État profite davantage du financement de l’éducation (et je n’ai aucun problème avec ça, d’autant plus qu’il absorbe une partie du risque). Côté justice, c’est hypothétiquement douteux.

Côté financement, c’est certainement erroné.

@Pier-André
OK. Tu permets que je te tutoies ? Le fait que les hauts salariés paient plus cher d’impôt que les autres tombe sous le sens. L’impôt sert, en plus du financement des services publics, à corriger les inégalités induites par le marché dans les échelles salariales. Cependant il y a un problème de justice à imposer à un même niveau le haut salarié qui a atteint ce niveau de salaire grâce à, pour l’essentiel, l’investissement que l’État a mis en lui en lui payant ses études, et à imposer également le décrocheur du cégep qui est devenu haut salarié grâce à son talent, son ingéniosité, son esprit d’entreprise, mais qui n’a aucunement reçu un investissement public dans ses études. Qu’il soit imposé avec un taux marginal élevé, soit. Mais que son voisin devenu riche grâce à l’État rembourse spécifiquement les deux tiers (j’ai écris le tiers, mais je voulais dire les deux tiers) de ce que l’État a mis en lui. Voilà une mesure de justice.
AIlleurs sur le continent, ce paiement se fait à l’avance, ce qui exclut de l’enseignement supérieur les plus défavorisés, crée un endettement massif ne profitant qu’aux banques et pénalise aussi ceux qui, malgré cet investissement social, ne deviendront pas de hauts salariés.
Dans ma proposition, l’État prend le risque et investit, puis récolte seulement s’il y a de beaux fruits.
jf

Le haut salarié scolarisé doit, lui aussi, son succès à son travail! Merci au sipport de l’état mais enlever le mérite individuel est un peu spécieux comme approche… Je suis d’accord avec Pier-André, le gain serait ibfime du point de vue fiscal, serait nuisible du point de vue social, et serait probablement ingérable.

J’aime que telles propositions soient ainsi avancées. J’aimerais tant en comparer une dizaine pour ensuite choisir ou peut-être les bonifier entr’elles.

Ne pas laisser au seul circuit restreint des politiciens à régler de tels problèmes, car souvent ils sont peu créatifs. Et, malheureusement les journalistes y vont souvent de critiques d’après-coup.

A première vue et à mon avis, l’idée de demander à la génération www de s’engager et de s’engager pour 20 ans, m’apparait contraignant pour ces futurs citoyens à mobilité plus grande. Aussi, les associations de professionnels sauront déplorer *la diminution* de salaire, souvent déjà inférieure au Québec..

Merci beaucoup et réitérez!!

Désolé mais selon Statistique Canada, la hausse des frais de scolarité n’est pas un facteur d’exclusion des plus défavorisés.

L’écart entre les taux de participation aux études universitaires observés pour les familles à revenu élevé et à faible revenu a persisté entre 1993 et 2001, sans toutefois varier de façon significative.

Pourtant, de 1993 à 2001, les frais moyens d’inscription à un programme universitaire de premier cycle sont passés de 2 023 $ à 3 577 $, soit une augmentation de 77 %.

Super intéressant ton programme de financement, à condition que ça soit limité à des formations pour lesquelle il existe des emplois. Il faut mettre une échéance dans le temps, et financer qu’une formation par individu et que ça soit pancanadien. Car comme chacun le sait un parcours est plus riche s’il se fait dans plusieurs institutions (bacc, maitrise et doc).

L’important dans ce débat est de cesser de financer au Québec des médecins des ingénieurs et des professionnels pour l’Ontario l’Aberta et les USA et ceci peut se faire en faisant payer les étrangers et les colonisés anglicisés du Québec qui s’instruisent quasi gratuitement au Québec puis vont enrichir les impôts hors Québec .
Nous payons leur instruction nous devons exiger remboursement ( à l’avance sous condition)s’ils ne travaillent pas au Québec .
Cessons de payer bêtement
Les anglos sont 8% et récoltent près de 30% des investissemt universitaires gouverne-mentaux

M. Lisée, vous pouvez me tutoyer.

En ce qui a trait à l’équité horizontale (le « riche sans diplôme » vs le « riche avec diplôme »), une telle analyse tiendrait la route si ce n’était pas à l’avantage du sans diplôme. L’éducation est le moyen pour la plupart des gens (e.g. moyenne) de s’enrichir et donc de hausser l’assiette fiscale (ou de réduire la charge fiscale, si vous préférez l’équivalent de droite) : moins de chômage et moins longtemps, moins d’aide sociale, etc. En conséquence, une police d’assurance (e.g. : un régime universel) constitue une amélioration pour tous. Bref, le gain marginal en « justice » est inférieur au coût marginal.

Évidemment, sur le plan strictement politique, c’est plus difficile de convaincre des sceptiques de ça. Mais la justice perçue n’est pas une mesure adéquate, si vous voulez mon avis, puisqu’elle peut rapidement se transformer en tribunal populaire…

Mais je (on) s’égare. Outre une forme de « justice percue » sans fondement, redéfinir un contrat sans apporter d’argent au financement se résume à un célèbre titre d’une pièce de Shakespeare : beaucoup de bruit pour rien.

Sur la question des frais de scolarité, il me semble que l’attention devrait plutôt être centrée sur le fait que l’accès des enfants des milieux moins favorisés n’est toujours pas chose réglée au Québec.

Il a été bien démontré que le sous financement des universités québécoises ne serait pas réglé avec une hausse des droits de scolarité, sauf à recourir à un choc tarifaire majeur et socialement inacceptable.

Voir ma contribution sur le débat: http://www.oikosblogue.coop/?p=2155