Assurance-emploi : la ministre Finley se défend de mentir. Incompétente, alors?

Il n’est pas question de s’acharner, mais impossible de rester muette devant les réponses constamment incorrectes de la ministre des Ressources humaines et du développement des compétences (?), Diane Finley, dans le dossier de l’assurance-emploi. Depuis plus d’une semaine, elle répond tout de travers aux questions incessantes des libéraux sur la valeur des revenus d’emploi que les prestataires ont le droit de conserver.

Elle s’est défendue hier d’être «menteuse», mais pour déclarer aussitôt que «sous l’ancien régime, on pouvait travailler à peu près un jour pour gagner 75 $, et après cela, chaque dollar gagné en travaillant était repris par l’assurance-emploi. Maintenant, si le chômeur travaille plus qu’un jour, il garde 50 % de son revenu. C’est beaucoup mieux.» Pardon?

Par le passé, le répètera-t-on assez, les prestataires conservaient le plus haut de ces montants : 75 $ ou une somme équivalant à 40 % de leurs prestations hebdomadaires. Une personne recevant 400 $ en prestations pouvait gagner jusqu’à 160 $ sans perdre un cent. Une personne recevant 300 $ pouvait engranger jusqu’à 120 $ sans pénalité.

C’est vrai que passé ces seuils, le prestataire perdait un dollar en prestation pour chaque dollar gagné. Mais avec le nouveau régime, tous les prestataires perdront la moitié de tous les dollars gagnés et ce, dès le premier. Il n’y a plus de montant plancher. Bel incitatif à accepter quelques heures de travail!

Or, c’était le but du programme original : encourager les gens à accepter des boulots à temps partiel, même pour seulement quelques heures, afin de conserver un lien avec le marché du travail. Là, en les privant de la moitié de leurs maigres gains, on les incite à refuser tout boulot qui n’offre pas un certain nombre d’heures.

La ministre refuse de reconnaître l’impact financier du changement qu’elle a apporté. Sa secrétaire parlementaire et elle persistent à déformer les faits et les chiffres. Il n’y a que deux conclusions possibles. Ou elles induisent délibérément la Chambre et les Canadiens en erreur, ce qui s’appelle mentir, ou elles ne connaissent pas leurs dossiers, ce qui s’appelle de l’incompétence.

Cela est inquiétant parce que Mme Finley est à la tête d’un des plus gros ministères fédéraux et elle est responsable des plus importants programmes de transferts aux particuliers, de la Prestation pour enfants à la Sécurité de la vieillesse en passant par l’assurance-emploi. Des programmes qui visent des millions de citoyens, souvent parmi les moins bien nantis et qui ne peuvent assumer les effets pervers de pareil cafouillage.

Laisser un commentaire

Tout à fait juste, votre billet.

Pourtant, cela aurait été si simple d’appliquer le plus avantageux des deux modes de calcul. Là, on aurait pu parler d’une véritable amélioration des incitatifs à accepter tout emploi, pas seulement des emplois à temps plein.

Merci et continuez votre excellent travail!

Cette ministre est une véritable incompétante qui semble être là sans le savoir. Par contre, ses réponses sont une véritable insulte à l’intelligence et aux travailleurs qui se font littérallement volés par ce gouvernement qu’on appauvrit sciemment, même si ces personnes ont payés des cotisations à l’assurance-emploi..