Au prochain appel ou partie remise?

Les manifestations sont la partie visible d'un mécontentement... Photo: Robin Dumont / CC2.0

«Il n’y a pas de perdants ici, aujourd’hui. La crise sociale est derrière nous.»

Visiblement soulagée que le sommet sur l’enseignement supérieur soit enfin derrière elle, c’est en ces mots que la première ministre Pauline Marois y mettait fin.

Pour son gouvernement, cette opération très politique visait deux objectifs.

1) Profiter de la division des associations étudiantes pour livrer un enterrement de première classe au gel des droits de scolarité pour lequel leurs membres ont fait grève l’an dernier pendant près de six mois. C’est ce que j’appelais ici «le prix de la division».

2) Le PQ ayant promis ce sommet dès avril 2011 dans son programme, il enclenchait en même temps un processus qui, si le Québec est chanceux, pourrait, d’ici quelques années, renforcer la mission première des universités. Et je dis bien «si» nous sommes chanceux.  Cette mission étant d’être des institutions publiques vouées au bien commun et non seulement à celui d’individus prêts à «investir» dans leur éducation ou celui d’entreprises cherchant à y orienter la recherche et les programmes pour mieux servir ses propres besoins.

D’où la création à venir d’un Conseil national des universités et l’adoption d’une loi-cadre.

Malgré les compressions de 250 millions de dollars sur deux ans imposées aux universités, un lapin sortait également du chapeau du sommet : l’embauche d’ici 2018 de 1 000 professeurs. Or, 2018, c’est encore loin…

Pour lancer ce processus complexe, le gouvernement Marois accouchait d’un véritable organigramme de «chantiers», d’«assises» et de «groupes de travail». Cinq chantiers auront chacun leur mandat :

1) Préparation d’une loi-cadre sur les universités (rapport prévu pour le 30 août 2013);

2) Définition du mandat et de la composition du conseil national des universités (rapport prévu pour la fin juin);

3) Possible modification du mode de financement «par tête de pipe» des universités (rapport dû seulement en juin 2014, mais y aura-t-il eu élection d’ici là?…);

4) Optimisation de l’offre de formation et de l’accessibilité aux cégeps (rapport prévu pour 2014);

5) Bonification de l’aide financière aux étudiants (rapport prévu pour le mois de juin).

Le gouvernement se gardant l’entière marge de manœuvre politique, cette kyrielle de chantiers n’aura aucun pouvoir décisionnel. Quel que soit le fruit ultime de leur labeur, tout dépendra s’il servira ou non la volonté, la vision et les intérêts politiques du gouvernement du jour.

Qui plus est, comment fera-t-on pour scinder tous ces mandats alors que, dans les faits, ils sont reliés les uns aux autres?

Bref, comme je l’écris depuis longtemps – et je suis loin d’être la seule à partager ce point de vue -, de véritables États généraux mis sur pied par et pour la communauté universitaire dans son entier seraient nettement plus appropriés pour mener une réflexion aussi large qu’approfondie sur l’éducation supérieure au Québec.

***

Sur le plan stratégique, l’avantage pour le gouvernement de déléguer autant de travail à autant de «chantiers» est que tout se fera dans la discrétion, loin des caméras et des microphones…Bref, pour reprendre les paroles d’un professeur renommé croisé à la sortie du sommet : «l’an dernier, j’étais dans la rue. Cette année, j’assiste à un sommet. C’est une amélioration, mais on verra pour la suite des choses»…

Appelons ça, le côté plus nutritif du sommet. Ou du moins, la promesse d’une possibilité de se réinteresser enfin à l’éducation supérieure. Comme quoi, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, aura livré à sa première ministre un sommet «clé en mains».

Lâcher la proie pour l’ombre?

Le portrait est cependant plus mitigé dépendant de l’idée qu’on se fait de la politique et du politique.

En sacrifiant l’option du gel des droits de scolarité sur l’autel des sondages avec l’espoir d’y gagner quelques points en retour, Mme Marois remise pour de bon le carré rouge qu’elle portait au printemps dernier. Lundi soir, écoutant différents intervenants lui exprimer leur désaccord avec l’indexation qu’elle «proposait» tout en l’imposant, Mme Marois réussissait même à peine à camoufler son agacement.

De toute évidence, sur cette question, son souhait était de passer illico à un autre appel.

Le problème est que l’an dernier, ce carré rouge, les élus péquistes l’ont porté. Beaucoup, longtemps et jusque dans l’Assemblée nationale. Lorsque des élus portent le symbole d’une cause au sein même d’un parlement, ce n’est pas rien.

Or, ce carré rouge représentait avant tout la principale revendication du mouvement étudiant : le blocage de la hausse de 75% imposée par le gouvernement Charest et le gel. Pas l’indexation.

C’est pourquoi, sur le plan politique, que l’on voit ou non cette indexation de plus ou moins 70$/année comme un compromis raisonnable, combien des étudiants risquent-ils tout de même de se sentir trompés? Sans compter leurs parents.

S’il était en effet clair que la première ministre souhaitait l’indexation, elle aura néanmoins créé de faux espoirs chez bien des étudiants et leurs représentants en insistant que tout serait sur la table du sommet. Même, le disait-elle encore au lancement de ce même sommet en novembre, la gratuité scolaire pourrait toujours y être «discutée».

En fin de sommet, Mme Marois lançait que «la responsabilité d’un gouvernement est de décider. Et j’ai décidé.». Vrai.

Or,  puisque gouverner, c’est trancher, la question se pose à nouveau. Si Mme Marois avait déjà «décidé» dès la campagne électorale que ce serait l’indexation, pourquoi avoir fait miroiter la possibilité de pouvoir mettre tout sur la table du sommet?

Pourquoi, si c’était déjà «décidé», ne pas avoir «tranché» dès après la prise du pouvoir?

Pourquoi? Parce que si le gouvernement avait procédé à l’indexation avant le sommet, aucune des associations étudiantes invitées n’aurait pu justifier auprès de ses propres membres leur participation à un exercice où la décision portant sur LA question pour laquelle ils avaient fait grève pendant des mois serait déjà prise officiellement.

Bref, pour préserver son sommet de tout déraillement possible, le gouvernement a fait le choix de maintenir l’illusion qu’il pourrait y avoir une réelle discussion au sommet sur cette question.

Ce faisant, le sommet aura joué le rôle classique de ce genre d’exercice. Ce rôle étant de faire avaliser par une grande réunion médiatisée entre élites une ou des décisions gouvernementales délicates politiquement, mais déjà prises dans les faits…

De leur côté, pour préserver l’appui crucial de leurs membres et leur capacité à participer aux processus de réflexion post-sommet qu’ils considèrent comme importants pour la suite des choses, les dirigeants des associations étudiantes présentes – FEUQ, FECQ et TACEQ -, ont semblé, eux aussi, faire un peu semblant de croire que la discussion serait vraiment ouverte. Ou encore, ont-ils cru à tort qu’ils pourraient, in extremis, faire bouger le gouvernement?

Seule l’ASSÉ – l’Association pour une solidarité syndicale étudiante – choisissait de boycotter le sommet justement parce qu’elle voyait que le sort en était déjà jeté sur les frais de scolarité.

Des séquelles encore invisibles pour le moment?

Or, on aura beau analyser chirurgicalement la «stratégie» de toute évidence politique et électoraliste se cachant derrière la décision d’attendre le sommet pour imposer l’indexation, pour ceux et celles qui se sentent aujourd’hui trompés, la mémoire de ce geste risque de leur être longue.

Alors que le «Printemps érable» avait provoqué une politisation et une conscientisation accélérées d’une partie importante de la population étudiante – au point même d’en amener plusieurs à voter à l’élection du 4 septembre -, quel regard jetteront-ils dorénavant sur les jeux de coulisses d’une certaine politique partisane?

Quel regard jetteront-ils sur le Parti québécois? Y verront-ils un parti «comme les autres» – un parti minoritaire cherchant à séduire suffisamment d’électeurs d’ici la prochaine élection pour remporter une majorité? Cette fois-ci, en optant pour une indexation plus populaire auprès de l’«opinion» publique?

Au cours des prochaines années, iront-ils voter? Ceux qui le feront, placeront-ils leur «x» à côté du nom du candidat du Parti québécois? Ou lui préféreront-ils celle ou celui de Québec solidaire ou d’Option nationale?

Ce mardi, en entrevue à l’émission Désautels, l’ancien co-porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, soulevait précisément cette pierre.

Tout en reconnaissant que la grève avait apporté des gains à court terme – une bonification de l’aide financière et un gel d’un an -, il avançait néanmoins que le mouvement étudiant sans précédent du printemps dernier aura «contribué à mettre au pouvoir un parti qui est en train de le trahir».

Les mots sont durs et ne prennent pas suffisamment en compte la possibilité que certains de ses «chantiers» finissent par aboutir à quelque chose de constructif, mais ils soulèvent tout de même la réelle possibilité qu’une partie du mouvement étudiant et de ceux qui l’ont appuyé se sentent dorénavant floués par le nouveau gouvernement.

Après le prix de leur propre division qu’auront payé les associations étudiantes au sommet en se faisant imposer l’indexation, ce que soulève Gabriel Nadeau-Dubois sera-t-il à plus long terme le prix qu’en paiera à son tour le PQ pour avoir fait croire que tout serait sur la table du sommet?

Ce serait d’ailleurs une erreur que de penser que seules les manifestations, grandes ou modestes, permettront de prendre la mesure véritable des séquelles laissées par ce sentiment d’avoir été trompé.  Dans les sociétés démocratiques, les manifestations, lorsqu’il y en a,  ne sont en fait que la part visible d’un mécontentement sur une question donnée.

Il existe toujours aussi une part invisible, souvent plus large. Cette part se traduit d’autres manières, disons, moins spectaculaires. Incluant dans l’isoloir ou dans l’abstention.

En grève ou non, dans la «rue» ou non, les Québécois étaient et demeurent nombreux à appuyer un gel ou la gratuité scolaire de même que la vision sociale qui les sous-tend. Ils ne sont sûrement pas majoritaires, mais leur nombre n’est pas à négliger.

Les prochaines années sauront dire si depuis l’élection du 4 septembre, le PQ aura ou non lâché la proie de ces jeunes et de ceux qui les ont appuyés pour l’ombre d’un gain à plus court terme dans les sondages.

D’autant que ce sentiment de s’être fait avoir risque de s’ajouter à la déception causée par le premier budget du gouvernement Marois.

Optant pour des compressions majeures pour cause d’atteinte rapide du déficit-zéro, combien noteront qu’il refusait en même temps d’exiger des entreprises et des institutions bancaires qu’elles fassent un peu plus, elles aussi, leur «juste part»?

De voir aussi défiler depuis des mois devant la commission Charbonneau, tous ces filous qui, sans le moindre état d’âme et depuis longtemps, se plongent goulûment la main jusqu’au coude dans la jarre à biscuits des fonds publics, ne fera rien non plus pour les convaincre que l’«argent» manque pour vrai dès qu’il est question des services publics. Incluant pour les universités, la qualité de l’enseignement, l’embauche de profs et enfin, pour en assurer la plus grande accessibilité possible…

***

Les frais de scolarité ne sont pas qu’une question «comptable»…

Si la longue grève de l’an dernier portait sur le blocage de la hausse radicale imposée par le gouvernement Charest et pour le gel, ce qu’on oublie souvent est que les divers scénarios de frais de scolarité reposent surtout  sur des «modes d’organisation sociale différents» – pour reprendre les mots du nouveau recteur de l’UQAM. Et donc, sur des visions différentes de ce que devrait être l’université québécoise au XXIe siècle.

Pour le gouvernement Charest, sa hausse découlait de sa vision plus individualiste de l’université. Vues comme un «investissement» personnel, les études supérieures doivent donc être soumises, à l’instar d’autres «services», au principe de l’«utilisateur-payeur». C’est ce que les libéraux appelaient payer sa «juste part».

Pour le mouvement étudiant, le gel ou la gratuité, participe d’une vision plus collective du savoir universitaire. Si ce savoir est un bien en soi pour l’étudiant, c’est parce qu’il l’est avant tout pour la société dont il est membre et à laquelle il pourra contribuer toute sa vie et pas seulement en termes d’argent.

D’où l’importance, dans une société se voulant plus équitable, d’assurer une plus grande égalité des chances entre les individus. Pour ce faire, on retire l’obstacle financier tout en payant pour le réseau universitaire par une fiscalité plus progressive où les entreprises seraient aussi appelées à y contribuer plus leur «juste part».

Quant à une hausse plus modeste, disons, une indexation, elle s’inscrit quelque part entre les deux. Mais en s’ajoutant aux «dégels» qui s’accumulent en fait depuis les années 90, cette vision est tout de même plus proche du principe de l’«utilisateur-payeur» tout en étant nettement moins «brutale» dans ses effets que la hausse des libéraux.

On voit donc que ces choix ne sont pas strictement d’ordre budgétaire. Ce sont surtout des choix politiques. Certains diraient même idéologiques.

Et chacun de ces choix s’inscrit dans une vision distincte du savoir, de la mission universitaire, de ce que constitue ou non une éducation de «qualité» et des finalités que devraient avoir la création de la richesse, autant individuelle que collective.

Or, malheureusement, ce débat de fond, tel qu’il se dessine dans le contexte du nouveau siècle et tel qu’il devrait comprendre aussi les niveaux primaire et secondaire, n’aura pas encore eu lieu dans la société québécoise. Avec ou sans sommet.

Alors, on passe au prochain appel ou est-ce seulement partie remise?…

 

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Il est pourtant pas nécessaire d’avoir fait des études universitaires pour comprendre qu’une politique d’accès aux études supérieures limité aux seuls enfants de familles fortunées est néfaste au développement social, culturel et économique de la collectivité entière.

« La bêtise est nettement supérieure à l’intelligence car toute l’intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu’un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d’intelligent. » de Philippe Geluck

Merci pour votre analyse et votre vision…il n en reste pas plusieurs avec votre intelligence..
Faut pas cesser d écrire et de réfléchir.

L’utilisateur payeur, est un choix idéologique, c’est le choix du PQ, moins prononcé que celui de la CAQ ou des libéraux mais dans la même veine. Le PQ n’est plus un parti social démocrate, c’est un parti a tendance conservatrice, un parti de centre droite,avec une dirigente qui viens de la classe ouvrière mais dont les racines sont déterrées depuis son accession a la classe des privilégiés. c’est aussi un parti comme les autres qui attire les parvenus, ceux qui se serve d’une situation sociale dans laquelle une société se trouve pour accéder eux aussi a la classe des privilégiés. Léo Blouin en est un parfait exemple et bientôt cela sera le moment de la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins. La récupération par le système des élites étudiantes par un parti politique n’est pas une affaire nouvelle au Québec. Donc, il ne faut pas penser que les associations qui se sont rangées et qui ont acceptées a l’avance que les dés étaient pipés dans ce sommet, surtout les dirigeants étudiants n’ont pas de vu a long terme sur une place au sein de l’élite politique. Quand je dis que cela n’est pas nouveau la récupération des dirigeants étudiants par les partis politique, je pense aux Landry, Cournoyer,Charron, Charest et autres. Les fiers a bras de l’éducation deviendront les futur fier a bras de la politique. Ils berneront les futurs générations comme les générations passées l’ont été.

Le tableau n’est si clair que Mme Legault semble l’affirmer quant elle écrit «au gel des droits de scolarité pour lequel leurs membres ont fait grève l’an dernier pendant près de six mois.»

À mon souvenir toute l’agitation étudiante s’en prenait d’abord à l’augmentation décrétée par Charest et son gouvernement. Je suis loin d’être convaincu que si Charest avait, tout de go, proposer une certaine d’indexation ou avait « plier » au moment opportun pour proposer l’alternative de l’indexation, l’ampleur du printemps érable aurait été le même. En clair je pense que Charest a créé un incendie qui s’est avérée incontrôlable. Et il en a payé le prix.

Le temps nous dira si nous devons parler de division au sein des associations d’étudiants ou si nous devrions plutôt par parler de distorsion dans notre perception de la réalité étudiante due à l’hyper militantisme de ceux qui sont aujourd’hui reconnus sous le vocable ASSÉ. Ce qui était bon hier l’est-il toujours aujourd’hui, maintenant que Charest et son augmentation ont été neutralisés ? Poser la question est sans doute y répondre.

J’arrête ici mon analyse. Le billet de Mme Legault étant assez exhaustif sans doute je continuerai plus tard son analyse.

«La jeunesse n’est pas une maladie incurable.»
[Jacques Poulin]

Comme je le note, bloquer la hausse était le cri de ralliement du mouvement étudiant pendant la grève unissant toutes les associations en jeu – FECQ, FEUQ, TACEQ & CLASSE.

Mais le gel était aussi la solution préconisée. Pour la plupart d’entre elles, c’était un gel pour stopper toute nouvelle hausse. Pour la CLASSE, le gel, qu’elle défendait aussi pendant la grève, était considéré dans une perspective à long terme menant à la gratuité.

Même une fois élu sous la bannière du Parti québécois, l’ex-président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, aura continué, pour un bref temps, à défendre cette même option du gel qu’il prônait à la FECQ.

Quelques références en vrac parmi d’autres:

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2012/05/01/004-proposition-fecq-feuq-etudiants.shtml

http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201209/10/01-4572514-la-classe-reprend-la-lutte-pour-la-gratuite.php

http://www.ledevoir.com/societe/education/349007/le-fosse-reste-entier

http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/education/201205/31/01-4530616–cetait-le-gel-ou-rien-.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4519921_article_POS5

http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201209/21/01-4576507-droits-de-scolarite-une-indexation-acceptable-selon-leo-bureau-blouin.php

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201302/08/01-4619935-martine-desjardins-les-lecons-de-la-crise-etudiante.php

http://www.feuq.qc.ca/spip.php?article294

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201302/24/01-4625013-le-sommet-est-voue-a-lechec-selon-gabriel-nadeau-dubois.php

http://journalmetro.com/actualites/national/66526/la-classe-repond-a-quebec/

Comme le dirait René Lévesque : « Ce sera pour la prochaine fois! »

Que son âme repose en Paix!

« Quand on sait, on fait! » Pierre ELLIOT-TRUDEAU
« Quand on sait pas, on enseigne! » René LéVESQUE

je ne crois pas que la gratuité universitaire soit une utopie. Je pense même qu’elle pourrait être souhaitable.

Mais pas à n’importe quel prix ni sans prendre toutes mesures nécessaires. Aujourd’hui, en 2013, je ne crois pas que la société québécoise soit en mesure d’offrir tout de go la gratuité pour les études universitaires. Mais je pense que pour un gouvernement qui serait dédié à instaurer la gratuité scolaire, des mesures seraient à prendre en vue d’y aboutir dans quelques années.

D’un autre côté il y aussi une éducation à faire au sein de la population afin que le train de mesures nécessaires pour réussir à instaurer cette gratuité. Autrement la résistance au changement sera trop importante et aucun gouvernement ne pourrait y parvenir, même en y laissant sa peau.

Parmi les questions à régler, il y aura encore le sous-financement des universités ainsi que où trouver les fonds nécessaires pour réussir à amener à 0$ le coûts des études universitaires ?

Tant que ces questions n’auront pas de réponses sérieuses, il faudra temporiser.

« S’efforcer de se convaincre soi-même de la vérité qu’on a entrevue est le premier pas vers le progrès; persuader les autres est le second. Il en est un troisième, peut-être moins utile, mais fort enviable néanmoins, qui est de convaincre ses adversaires. »
[Louis Pasteur]

Je connais plusieurs étudiants qui étaient en grève contre la hausse de 82% du PLQ. Je ne crois donc pas que le carré rouge symbolisait la gratuité ou le gel pour tout le monde.

Seb # 8 a raison de souligner que les manifs de 2012 ont permis d’éviter une hausse de 82 %. N’oublions pas que c’est essentiellement cette hausse qui a mis le feu aux poudres. N’oublions pas non plus que la crise ainsi engendrée volontairement par Charest ne l’a pas du tout servi comme il l’espérait traitreusement. D’ailleurs, comme l’avait prévu Mme Legault, on a assisté à un réel effet boomerang.

Mais ceci étant dit, il reste que le problème de la gratuité universitaire et celui du financement des universités restent entiers.

Les études les plus sérieuses montrent hors de tout doute que c’est toute la société qui profite d’un haut niveau d’enseignement disponible à tous, pas seulement les diplômés.

Bien que je ne puisse citer des textes et des sources spécifiques, il appert que les grandes entreprises, surtout celles s’appuyant sur la haute technologie, préfèreront s’installer là où elles pourront trouver une main d’œuvre la plus éduquée et nombreuse.

Il y a aussi le facteur de stabilité. Une population plus instruite, avec un taux de « diplômation » plus élevé aura tendance à avoir globalement de meilleurs revenus et à être plus satisfaite. Une telle société aura, semble-t-il, une plus grande stabilité que celle où les disparités sont plus grandes et plus nombreuses.

Si nos politiciens agissaient en tenant compte de ces tendances, les chances seraient plus élevées que leurs décisions auraient un horizon plus lointain que simplement leurs propres réélections.

«Les élections, ce n’est que de la poudre aux yeux. Les partis changent, mais à l’intérieur, derrière les portes fermées, ils s’entendent et distribuent des rôles.»
[Alice Parizeau]

@seb

Le carré rouge n’a toujours signifié qu’une chose : l’annulation de la hausse décrétée par l’ancien gouvernement. D’ailleurs, ça ne pouvait pas signifier le gel ou la gratuité, parce que les associations étudiantes n’ont pas toutes la même position sur le sujet.

@ Denis Drouin (# 7):

Il faudrait que vous nous expliquiez en quoi la « gratuité scolaire » à l’université améliorerait le bilan et la qualité de ces mêmes universités québécoises.

Au primaire, au secondaire et au CEGEP, c’est GRATUIT POUR TOUS et voyez le bilan!

Taux de décrochage scolaire effarant, lenteur aberrante et absurde des étudiants à décrocher leurs diplômes dans le temps requis, résultats décevants des étudiants même une fois diplômés à un tel point que plusieurs de nos universités se plaignent publiquement de l’extrême faiblesse des étudiants qui leur sont imposés par le système « gratuit », diplômes sans valeur, etc…

Bref, la « gratuité » n’apporte rien de positif. RIEN! Sauf que les subventions aux universités québécoises sont basées sur la quantité d’étudiants qu’ils accueillent. Rien d’autre et pour se faire, elles n’hésitent pas à tripoter la cote « R » pour en augmenter le nombre.

D’ailleurs, combien de Québécois ont RÉELLEMENT décidé de ne pas aller à l’université à cause des frais de scolarité (ridiculement bas!) au Québec? Combien?

AUCUN et j’en suis assuré et vous l’êtes également mais vous ne l’avouerez jamais car ça va à l’encontre de votre croyance ésotérique. Ailleurs, dans même Canada où vit le Québec, les frais universitaires sont beaucoup élevés (double et même triple) et contrairement à votre évangile, les locaux débordent…

Nos frais scandaleusement bas sont au final une subvention AUX RICHES! Bravo!

Les meilleures universités AU MONDE facturent des frais de scolarité très importants (la qualité plutôt que la quantité…vous connaissez?) mais en contrepartie, ils offrent des bourses d’études aux étudiants les plus méritants et les plus valeureux!

Si c’est possible à Oxford, Cambridge, MIT, etc. pourquoi n’est-ce pas possible au Québec?

Un diplômé de Harvard a-t-il plus de chances que celui de l’UQUÀM? Poser la question est y répondre n’est-ce-pas?

Bonjour,

Contrairement à l’année dernière, le mouvement étudiant semblait totalement à bout de souffle ou bien serait ce la logique qui frappa de plein fouet les étudiants en face de ce gouvernement du Parti Québécois qui dans sa gouvernance démontre une nette tendance de droite. Tout comme ces coupures de 150 millions dans le Ministère de l’Éducation.

En terminant, partie remise ? Pas tout à fait car le Parti Québécois vient de faire la démonstration d’avoir eu un vrai « visage à deux faces » comme c’est son habitude. Et si quelques étudiants ne s’en doutèrent guère, l’évidence saute maintenant aux yeux. Le Parti Québécois semble avoir oublié sa pauvre Cause dans tout ça en se mettant pour une méchante mèche à dos le « futur » qu’incarne cette masse estudiantine. Avec plaisir, John Bull.