Au revoir Yves Bolduc, et surtout, merci pour tout

Il y a des gens qui traversent le ciel de notre vie comme des soleils qui éclairent tout sur leur passage. Pour les humoristes, Yves Bolduc était l’un de ces soleils, dit Mathieu Charlebois.

PolitiqueYves Bolduc, le politicien, nous a quittés ce matin.

Yves Bolduc s’est distingué à toutes les étapes de sa carrière, autant en tant que ministre de la Santé propriétaire d’un fast-food qu’en tant que médecin à temps plein avec un passe-temps de député de l’opposition. Mais c’est en tant que ministre de l’Éducation sans compréhension de son rôle qu’il a vraiment pris son envol.

Au panthéon des grands artisans de la langue au Québec, il y a La Bolduc et ses chansons, et il y a maintenant, à ses côtés, LE Bolduc et ses… ses… mais qu’était-ce, au juste ?

Yves Bolduc maniait la langue avec l’aisance d’un manchot qui jongle avec quatre scies mécaniques. Les mots, les phrases et les idées étaient taillés en pièce, réassemblés et transformés en une sorte de poésie surréaliste qui confrontait l’auditeur à ses attentes en matière de sens.

«A-t-il vraiment dit que les enfants n’en mourront pas ? Vient-il de parler de fouille à nu respectueuse ?» De son nuage, au paradis de l’absurde, Ionesco l’écoutait en applaudissant.

Grand athlète, il quittait chaque point de presse d’un bon pas, malgré le pied qu’il avait systématiquement dans la bouche.

Quand il a déclaré «Nous ne prônons pas la scolarisation à l’école», il était dur de savoir s’il venait de faire un lapsus ou non. Après tout, il venait d’annoncer qu’il avait réglé le problème d’une école juive illégale… en autorisant l’école à ne pas suivre le programme.

Il y a des gens qui traversent le ciel de notre vie comme des soleils qui éclairent tout sur leur passage. Pour quelqu’un dont le travail est d’écrire de l’humour politique, Yves Bolduc était l’un de ces soleils. Le citoyen en moi est heureux, parce que l’Éducation au Québec mérite mieux. Beaucoup mieux. Mais le comique, lui, est en deuil. À l’intérieur de moi, c’est un peu comme cette reprise triste de la chanson Happy :


On imagine la réaction de Philippe Couillard quand Yves Bolduc lui a appris la nouvelle. «Non. Je ne peux pas l’accepter. Reste, Yves», répondit peut-être mollement et sans conviction le premier ministre. Qui sera donc son successeur, qui sera le cinquième ministre de l’Éducation depuis 2010?  Mon idéalisme rêve d’un Paul Gérin-Lajoie. Mon défaitisme s’attend à un Sam Hamad.

D’ici là, Yves Bolduc retournera à la médecine, où il pourra prendre plein de nouveaux patients et peut-être empocher 215 000 dollars en bonus (*). La vie est une belle roue qui tourne.

Au revoir, Yves. Tu vas nous manquer au niveau de la politique.

(*) Ça, ce serait en plus de sa prime de départ de 155 000 dollars, qu’Yves Bolduc a l’intention de garder même s’il quitte à peine plus d’un an après l’élection. Yves Bolduc aura été Yves Bolduc jusqu’à la toute fin. C’est admirable.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. On peut aussi, lire ses anticritiques culinaires sur le blogue Vas-tu finir ton assiette ? et le suivre sur Twitter :@OursMathieu.

 

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Mouah ha ha!!! C’est excellent. On voit bien que le terreau était fertile pour le chasseur-cueilleur d’humour!

THE FRIENDS…. pourraient bien conseiller à M. Couillard de mettre un autre banquier à la direction du Ministère de l’éducation et cela, malgré certains méchants qui tentent de nuire à un effort de Privatisation à la mode, de type Utilisateur-Payeur :

» Je ne suis pas une PME : vademecum » ( http://voir.ca/normand-baillargeon/2012/06/06/je-ne-suis-pas-une-pme-vademecum/ )

L’Éducation véritable, celle qui élève le potentiel d’épanouissement de tout HUMAIN, est un des derniers remparts à une Démocratie réelle.

Pas une éducation servile qui ne sert qu’à modeler un outil de travail ( le travailleur ) à son utilité dans l’entreprise, tout en le convaincant que c’est l’ultime façon de pouvoir s’acheter du bonheur , ici et maintenant….

Pourquoi bien on éduquerait un travailleur à avoir une pensée libre et critique ???? En plus cela pourrait l’inciter à s’intéresser à son rôle de citoyen et de mieux comprendre les enjeux politiques…..

Entre Vous et moi, voulons-nous vraiment cela ? Pour QUI se pourrait bien être utile ???

Je crois que nous allons devoir y réfléchir sérieusement dans un très proche avenir, à moins que cela aussi ne soit OCCULTÉ par la terrible menace à notre sécurité nationale. VITE ! VITE ! ALLO LA POLICE….

Si Yves Bolduc se sera avéré ce « soleil » qui faisait la joie des humoristes et des caricaturistes, ceux-ce ne seront pas en reste… Selon les dernières prévisions, Sam Hamad serait de retour! De deux choses l’une: ou bien Philippe Couillard n’a vraiment rien compris de ce qui mine la confiance des citoyens envers les politiciens ou bien les membres du gouvernement élu ressemblent à un troupeau de picouilles parmi les quelles il devient difficile de choisir celle qui fera le moins de dommage!

Ah là, je vais utiliser ma liberté d’expression comme vous utilisez la vôtre sans vraiment me gêner. Ce que je fais si rarement. Quel papier, texte, torchon stupide et ignoble. Qu’avez-vous fait de si NOBLE pour la société monsieur Charlebois, et qu’avez-vous dit de si INTELLIGENT pour vous gargariser des bourdes de ceux qui se lancent dans l’ARÈNE HUMAINE pour essayer de faire AVANCER un projet. Si vous avez l’humour, WAW, de dire qu’ « Yves Bolduc maniait la langue avec l’aisance d’un manchot qui jongle avec quatre scies mécaniques », pourquoi je ne serait pas autorisé à dire que vous
maniez VOS LECTEURS avec une telle inintelligence qu’on croirait lire un ADO en crise à qui il a été retiré les clés de l’auto après un accident. Croyez-vous vraiment qu’on ne sent pas la vengeance du petit écrivain Web et Twitter à qui il va manquer un os à ronger. En tous cas, j’utilise encore ma liberté de penser pour me distancer d’une telle réflexion. Et comme j’aimerais qu’on se rende compte, une bonne fois, que notre pensée et notre réflexion deviennent de plus en plus prisonnières et esclaves des opinions faciles de ces dits journalistes qui étendent leurs opinions et leur état d’âme sur des
feuilles À COMMENTER (et de leur côté, le plus possible, bien sûr).

Je n’aurais su mieux dire, M. Si simple. Bravo, votre liberté d’expression est aussi importante que celles des humoristes ou journalistes qui ne se gênent pas pour ridiculiser les personnes en autorité alors que personne ne sait comment eux ou elles auraient réagi étant placé dans la même situation.
Cvi

Pour paraphraser Nixon en 1962, « We won’t have Bolduc to kick around anymore! »
Je prédis qu’on va s’en ennuyer. Antoine Robitaille surtout! Hamad n’est pas de taille.

Votre titre me fait penser au « so long and thanks for all the fish » que les dauphins laissent comme message, alors qu’ils quittent la Terre juste avant sa destruction dans The Hitchiker’s Guide To The Galaxy. Dans ce roman un peu délirant, les dauphins sont en réalité des entités multidimensionnelles et la forme de vie dominante sur la Terre.
J’espère que vous ne comparez pas le « bon » Dr Bolduc aux dauphins!

Si je me réjouis du dêpart de Yves Bolduc, votre n’est rien d’autre qu’un CHEAP TRICK.
Êvotez de consommer avant de publier.

Le clown triste a manqué sa sortie. Il restera dans la mémoire collective comme un Ministre qui n’avait pas sa place à l’Éducation et qui a été un mauvais choix du PM qui, en lui refusant la Santé, a voulu lui donner un prix de consolation. Ce ministre dis-je restera dans la mémoire collective comme une personne cupide qui a accumulé deux fois plutôt qu’une une prime déraisonnable pour la prise en charge de patients, plus une prime de transition alors que dans sa profession de médecin cette transition sera automatique. Mais il y a plus : il impose aux contribuables québécois une dépense de plus de 600 000 $ pour la tenue d’une élection partielle.

Se pourrait-il, lorsqu’il est question d’argent, que l’éthique, le jugement et le discernement ne soient pas dans l’ADN des LIbéraux. Que l’on se rappelle l’argent placé par le PM dans un paradis fiscal et la prime déraisonnable reçue par le Ministre de la santé lorsqu’il a quitté sa Fédération.

Lors d’une entrevue dans le cadre de son volume « La Fin des Vaches sacrées », Claude Castonguay signalait l’importance de ne pas nommer un médecin comme Ministre de la santé en raison des conflits d’intérêts et de la forte tentation de faire adopter des dispositions dont il pourra profiter une fois sortie de la politique. Ce qui comprend des mesures pour avantages la médecine du secteur privé.