Avocasseries ou intérêt public?

Nous ayant laissés en décembre sur une liste intrigante de noms sortis du gratin politique et de la construction du Québec se rencontrant au très chic et privé Club 357c, il n’est pas étonnant d’en voir plusieurs se prendre d’une grande impatience devant cette «affaire Dumont».

D’autant que cette «affaire» aura monopolisé les premiers jours des premières audiences publiques de la commission Charbonneau de 2013.

Le manque crée l’impatience face à toutes procédures et débats d’avocats qui semblent ralentir la bonne progression des travaux.

Et donc, on se demande si la commission n’est pas en train d’entâmer sérieusement son capital de crédibilité en s’enfonçant dans ce que plusieurs appellent des «avocasseries»?

Mais est-ce vraiment que de simples «avocasseries»?

Ce mardi, sur les ondes de l’émission Désautels, j’avançais au contraire que nous assistions plutôt à un exercice d’intérêt public parce qu’il porte sur une question fort importante.

À savoir si des enquêteurs de la commission, pour obtenir cet aveu de «mensonge» de la part du témoin Martin Dumont, auraient ou non enfreint ses droits fondamentaux en lui promettant une «immunité totale» s’il leur disait la «vérité»? Ou encore, en lui laissant entendre que s’il ne leur disait pas la «vérité», Martin Dumont aurait pu se retrouver devant la police et des accusations graves? Ou encore, d’autres manières.

Ces questions, on en conviendra, sont sérieuses sur le fond des choses. Elles le sont aussi pour la crédibilité de la commission Charbonneau.

Récapitulons.

Martin Dumont est cet ex-organisateur d’Union Montréal, le parti de l’ex-maire Gérald Tremblay, qui, lors de son témoignage public livré en octobre dernier, accusait ce parti, entre autres choses, d’avoir eu des coffre-forts débordant d’argent comptant venant d’influents entrepreneurs en construction.

Il avait aussi parlé d’une rencontre passée où il alléguait que le maire Tremblay aurait été au courant de l’existence d’une «double comptabilité» à son parti – une «officielle» et une «officieuse» -. Le maire, laissa tomber Dumont, aurait alors dit que lui, il n’avait pas à savoir ça…

The rest is history, comme disent les Anglais.

C’était une véritable bombe politique. Non pas en soi, mais parce que, comme je l’expliquais ici, cette déclaration du maire était reçue comme étant «crédible» par de nombreux citoyens. Et ce, qu’elle ait été faite ou non pour vrai. Ce sur quoi j’insistais déjà en novembre.

«Crédible» parce qu’elle résumait à elle seule cette profonde impression d’un maire qui, pendant des années, se serait fermé les yeux face aux pratiques de corruption, de collusion et de gonflements de coûts artificiels qui se multipliaient à la Ville de Montréal. Sans compter le financement du parti et le rôle du crime organisé dans le processus d’octroi et d’obtention de contrats de construction.

Des pratiques que plusieurs témoignages à la commission Charbonneau avaient d’ailleurs déjà amplement étayées avant celui de Martin Dumont.

Bref, il était impossible d’inventer une meilleure phrase pour résumer l’ensemble de l’oeuvre à la Ville de Montréal.

Ce qui devait arriver est arrivé.  Le gouvernement Marois, comme de nombreux Montréalais, d’ailleurs, a littéralement largué le maire. Sa démission devenait inévitable et fut accueillie avec grand soulagement.

Gérald Tremblay devenait le plus gros domino à tomber sous l’effet Charbonneau.

Mais depuis, la «crédibilité» de certains aspects du témoignage explosif de Martin Dumont ont été remis en question – dont cette histoire d’une réceptionniste à Union Montréal qui lui aurait confessé son dégoût de s’être fait demander de compter un 850 000$ en argent comptant…

Parce que ces déclarations  entachaient des réputations, on entendait dire que la commission n’avait pas suffisamment vérifier et fait corroborer au préalable les dires du témoin Dumont.

En d’autres termes, la crédibilité de la commission commençait à être remise en question. Et, de toute évidence, ses commissaires ont été très sensibles à la chose – la crédibilité, réelle ou perçue, étant le premier élément de la réussite d’une commission d’enquête.

Or, ce lundi, on apprenait plutôt que M. Dumont avait pris la commission par surprise lors de sa comparution en sortant des éléments qu’ils n’avaient jamais mentionnés en rencontres de préparation. Dont cette histoire de réceptionniste.

Bref, la commission n’avait pas vraiment omis de corroborer ces dires de M. Dumont avant son premier témoignage puisque ce témoin l’a prise par surprise, en direct, devant public.

Question de savoir s’il avait menti et question de tenter de lever cette impression d’une commission qui n’avait pas fait son travail correctement, Martin Dumont et son épouse furent convoqués par subpaena – un geste déjà lourd de sens pour tout témoin.

Or, ce fut plutôt une rencontre en privé, le 11 décembre, avec, entre autres, l’enquêteur Robert Pigeon. Une rencontre dont une partie seulement fut filmée. C’est lors de cette dernière que Martin Dumont finissait par dire qu’il avait «inventé» toute cette histoire.

Ouf…

Et c’est là, précisément, que la question des droits fondamentaux entrent en jeu.

Comme le rapportait La Presse, l’avocate de Martin Dumont, la très rigoureuse et déterminée Me Suzanne Gagné, «a tenté de faire invalider la déclaration vidéo de M. Dumont au cours de laquelle il reconnaît avoir menti. Pour y parvenir, elle a obtenu de pouvoir contre-interroger le directeur des opérations de la commission, le policier Robert Pigeon».

L’objectif de Me Gagné était clair : tenter de démontrer que l’«aveu» de mensonge de son client lui fut soutiré de manière à enfreindre ses droits fondamentaux. Ce faisant, elle demandait à la juge Charbonneau de ne pas tenir compte de cet aveu dans son rapport final. Ce qui, aussi, protégerait son client de problèmes judiciaires potentiellement graves.

À vrai dire, Me Gagné aura en effet réussi à semer le doute lors de son contre-interrogatoire serré de l’enquêteur Pigeon – une véritable pièce d’anthologie dans les annales des commissions d’enquête.

La juge Charbonneau reconnaîtra d’ailleurs elle-même après ce dernier que cet «exercice» aura été «utile» à la commission, alors que Me Gallant, le procureur-en-chef de la commission, prétendait quant à lui qu’il était «futile».

La distinction, ici, n’est pas mince.

Par contre, la juge refusera à Me Gagné de poursuivre sa démonstration en interrogeant son client, Martin Dumont, sa conjointe et son relationniste.

D’où l’annonce de Me Gagné que ce mercredi matin, elle portera cette décision devant la Cour supérieure pour tenter de la faire casser.

Le geste, ici, n’est pas anodin.

De toute évidence, Me Gagné est résolument déterminée à démontrer qu’il y aurait eu violation des droits fondamentaux de son client lors de cette interrogatoire du 11 décembre, dont une partie majeure ne fut même pas filmée.

Or, encore une fois, j’avancerais que son contre-interrogatoire de l’enquêteur Pigeon, a déjà amplement semé ce doute. Y compris, peut-être même, chez France Charbonneau elle-même. Qui sait?

Ce qui, en quelque sorte, sert en même temps un avertissement à la commission et aux enquêteurs à l’effet que les droits fondamentaux des témoins, sympathiques ou non, filous ou non, se doivent d’être respectés.

Le paquebot

Les commissions d’enquête d’envergure sont comme des paquebots.

On voudrait qu’ils voguent à la vitesse d’un petit bâteau sport. Or, la vastitude de leur mandat les fait plutôt avancer à la vitesse d’un paquebot.

Plus lente parce que portant un poids de faits à démontrer nettement plus lourd, elle apprend habituellement de ses erreurs et finit par s’ajuster en conséquence.

Il n’y a qu’à se souvenir de la commission Gomery sur le scandale des commandites, laquelle ne fut pas sans ses propres coups de théâtre et erreurs d’approche. Sans oublier un collier de témoins, disons, peu recommandables…

Peu à peu, elle s’est ajustée au fil des rebondissements.

À crier à la perte de sa «crédibilité» à chaque fois qu’une commission d’enquête rencontre un obstacle, commet une erreur ou se fait rouler dans la farine par un témoin, ne fera pas avancer le paquebot plus rapidement pour autant…

Rappelons ici qu’en effet, le mandat de la commission Charbonneau est tout simplement gargantuesque et d’une importance capitale quant à la gestion des fonds publics et son l’intégrité. Elle doit:

– examiner l’existence de stratagèmes et, le cas échéant, de dresser un portrait de ceux-ci qui impliqueraient de possibles activités de collusion et de corruption dans l’octroi et la gestion de contrats publics dans l’industrie de la construction incluant, notamment, les organismes et les entreprises du gouvernement et les municipalités, incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques;

– dresser un portrait de possibles activités d’infiltration de l’industrie de la construction par le crime organisé;

– examiner des pistes de solution et de faire des recommandations en vue d’établir des mesures permettant d’identifier, d’enrayer et de prévenir la collusion et la corruption dans l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction ainsi que l’infiltration de celle-ci par le crime organisé.

Le tout, en remontant sur une période de quinze ans. Et ce, sur demande de l’ex-premier ministre Jean Charest, lequel avait formulé cette demande dans l’espoir de voir la commission prendre au passage le PQ avec la main dans le sac de la corruption et de la collusion.

Bien franchement, à côté de ce mandat, celui de la commission Gomery faisait figure de passe-temps…

***

Il reste néanmoins que ce qui s’est passé ce lundi et ce mardi dans l’«affaire Dumont», est d’une importance certaine pour la suite des choses à la commission Charbonneau et pour son bon fonctionnement.

Si jamais il devait s’avérer qu’il y a eu violation des droits fondamentaux d’un témoin – aussi ratoureux soit-il -, la commission aura elle-même de sérieux ajustements à faire avec son équipe d’enquêteurs chevronnés.

Mais soyons prudents. Qui sait ce qu’il en ressortira vraiment de toute cette «affaire Dumont»… et d’autres encore à venir…

Lorsque cette «affaire Dumont» sera réglée, d’une manière ou d’une autre, il y aura encore du temps pour revenir au Club 357c, passer au palier provincial, au ministère des Transports, au financement des partis, à la mafia, etc…

Et, si j’ose persister et signer là-dessus, aussi, on l’espère, sur le scandale de plus en plus évident de la gestion du méga projet du CUSM sous la main financièrement baladeuse de son ex-patron, Arthur Porter, parti se sauver de ses responsabilités aux Bahamas.

Et qui sait? Peut-être qu’on pourra savoir aussi pourquoi la réceptionniste d’Union Montréal, Alexandra Pion, a refusé de compter l’argent comptant dans une «valise» à Union Montréal, dont on ne connait toujours pas le montant.

Mme Pion aura beau avoir répondu net que c’était parce que ça n’entrait pas dans ses fonctions, la commission aura dû creuser le sujet nettement plus en poussant le questionnement plus loin.

Surtout sur cette histoire de «valise» d’argent comptant remplie de billets de 20$ et de 50$ attachés avec des élastiques. En avait-elle vu d’autres, de ces «valises»? Était-ce pratique courante? Etc., etc..

Et du temps, il y en aura sûrement puisque la date prévue pour le dépôt du rapport final de la commission – le 19 octobre prochain – est maintenant aussi probable qu’un Carnaval de Québec sans Bonhomme…

 

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Analyse très juste, avec une perspective plus large des imbroglios de la CEIC. Sans dire que la crédibilité de la CEIC manque de crédibilité, on peut regretter 1) que Me Gallant n’arrive pas à la cheville de Me Gagné, 2) que la CEIC semble avoir un cheminement et un développement argumentaire mous depuis ses débuts, 3) qu’elle ait surestimé la crédibilité du témoin Dumont (pour certaines allégations extravagantes non contre-vérifiées), 4) que son contre-interrogatoire du 11 déc. ait aussi manqué de cohérence juridique et … éthique! Bref! La CEIC doit se botter le derrière et devenir plus sérieuse ou demander plus de ressources (Me Suzanne Gagné, peut-être ? 😉 ).

Excellent article Mme Legault.
Le problème avec l’attitude du public c’est que le public est habitué d’avoir du sensationnalisme et demande des nouvelles croustillantes chaque jour, avec possiblement une grosse tête qui tombe (démission de maire corrompu) régulièrement. Ou du moins c’est l’impression que ça donne.

La commission Charbonneau n’est pas une fiction ou une téléréalité qui doit s’adapter aux demandes du public pour avoir des cotes d’écoute élevées. C’est un exercice sérieux et dont les procédures au plan judiciaire doivent être impeccables.

Des accusations formelles au criminel suivront probablement les audiences. Il serait dommage que les accusés s’en tirent sans mal à cause de vices de procédures ou d’irrégularités dans l’obtention des témoignages.
Tout processus judiciaire est complexe et long.

Moi, ce qui me désappointe et même me consterne le plus, c’est que Pauline Marois et son J.-F. Lisée (Monsieur 13 mois!) aient utilisé le premier témoignage de ce scélérat pour exiger la démission de Gérald Tremblay et ce, sans AUCUNE CORROBORATION de ce témoignage.

Ils ont agi comme comme de petits potentats de république de bananes et maintenant, loin de s’excuser devant le peuple, ils s’enfoncent encore un peu plus dans leur déconvenue en prétendant hypocritement qu’ils n’ont jamais demandé la démission en question alors que tout le Québec avait clairement compris le contraire.

Non mais quels félons.

Quand on pense qu’ils nous dirigent…

Vite que vienne Philippe Couillard!!!

Votre partisannerie “tout ce que fait le PQ est mauvais” vous aveugle M. François 1, la PQ ne pouvait exiger la démission de M. Tremblay qui n’était au courant de rien, rien, rien, selon LUI.

Les vedettes du PQ pouvaient suggérer, demander poliment mais jamais exiger, ils n’en avaient pas simplement le pouvoir.

M. Tremblay a démissionné, selon LUI, parce que tous ses proches collaborateurs avaient trempé dans des affaires dont IL ne se rendait même pas du tout compte qu’elles existaient à Montréal.

Si M. Tremblay se sent encore tellement « innocent », il pourrait se présenter, de nouveau, comme maire de Montréal à l’automne.

Des le début du témoignage de M. Dumont j’ai douté. Ce « faiseur d’images » utilisait trop de « one liner » pour étayer son récit. Et l’ensemble des journalistes de « savourer » chacun et d’en faire des manchettes fracassantes. J’ai meme cru pendant un moment qu’il préparait une campagne a la mairie (apres tout il a manifesté beaucoup d’intéret pour la politique active); faut dire qu’il jouissait a ce moment d’une grande crédibilité et surtout de NOTORIÉTÉ, le plus difficile pour un candidat. Maintenant je ne comprends juste pas pourquoi il a fait tout cela; par besoin de jouer au héros. La seule chose qui demeure est que je DOUTE toujours de la véracité de son témoignage.

De mon point de vue, il me semble tout à fait souhaitable que la notion de témoignage sous serment prenne ici tout son sens.

Il est extrêmement important que la juge Charbonneau indique clairement que lorsqu’il est sous l’empire du serment, un témoin ne peut pas mentir. Je crois que c’est ce qui est en cause ici.

Les journalistes qui recueillent des témoignages se doivent de corroborer à d’autres sources ces témoignages car leurs témoins ne sont pas sous serment.

Mais dans une court de justice quand un témoin est assermenté nous devons prendre pour acquis qu’il dit la vérité. Le travail des enquêteurs, à postériori du témoignage,est de vérifier si le témoin devrait être accusé d’un crime lié à son témoignage.

Donc la juge Charbonneau fait maintenant un travail important et nécessaire. Elle envoie aux futurs témoins le message que la Commission Charbonneau n’est pas le lieu pour les règlements de compte ni pour mousser sa propre image.

Si elle n’est pas extrêmement ferme sur cet aspect, plus aucun témoignage n’aura de valeur.

«La vengeance déguisée en justice, c’est notre plus affreuse grimace…»
[François Mauriac]

@ François 1 # 3

N’êtes-vous capable, pour une fois dans votre vie, d’apporter une réflexion qui ne ramène pas toujours et immanquablement aux misères des souverainistes et des péquistes versus la grandeur et la vertu nécessairement intrinsèquement présentes chez vos Libéraux ?

Le fait est que de l’argent circulait dans une valise et dans un coffre fort. Que ce soit 850,000 ou 25,000 $ cela n’a aucune importance.La secrétaire qui travaillait au bureau du parti union Montréal ne l’a pas dénié. le Québec a été soumis a une décennie de corruption de toute sorte, ce n’est pas parce qu’un témoin ne dit pas toute la vérité que la corruption n’a jamais existé. d’autres témoins ne diront pas probablement toute la vérité. il y certain journalistes qui sont a l’affut de la moindre défaillance de la commission pour la remettre en question ou contester sa crédibilité.Votre questionnement Madame Legault sur la non poursuite de l’interrogation de Madame Pion est très pertinente.
Plusieurs personnes pensent que la juge Charbonneau a voulu punir M.Dumont. Madame Charbonneau devrait se rappeler qu’elle n’est pas la en temps que juge, mais comme commissaire d’une commission d’enquête. Quand a Maître Galant si il a manqué en se réjouissant trop vite des déclarations de Dumont, et bien qu’il prenne sa pilule. La juge Charbonneau semble vouloir accommoder tout le monde, si elle continu comme ça la commission va finir en queue de poisson. La commission Charbonneau n’est pas un tribunal d’inquisition et ou les commissaires et les procureurs sont la pour faire avancer leur carrière comme ce fut le cas avec la commission Cliche.

La Commission a perdu beaucoup de crédibilité aujourd’hui. Martin Dumont a peur cela se voit et Alexandra Pion aussi. Ce sont des témoins mal protégés par la Commission Charbonneau. Croyez-vous qu’après son premier témoignage, Martin Dumont n’a pas été contacté? Il a témoigné contre Miliotto bras droit de l’un des plus puissant chef de la Mafia Rizutto. On dirait une bande de ti-gars à la Commission et tous les commentateurs emboitent le pas. Martin Dumont veut tout simplement ne pas être crédible pour sauver sa peau. Alexandra Pion aussi. Ils travaillaient dans la caverne des chacals. Ils en savent beaucoup plus et ils connaissent le pouvoir de leurs anciens patrons.

Dumont ne peut pas, ne veut pas, ne sera pas crédible. Il doit sauver sa peau. Quand les témoins agissent comme Dumont dans les cas de la Mafia, c’est qu’ils ont eu un message.

Jacques H. Grenier

Malgré le témoignage relativement croyable de Monsieur Dumont M.Tremblay devait démissionner pour cause d’aveuglement volontaire.

Malgré que le maire Tremblay ait été sympathique tout le long de sa carrière de maire, il avait perdu depuis longtemps toute crédibilité face au problème de la corruption.

M. Dumont n’a pas joué de rôle déterminant. Il fut au mieux la goûte qui fit déborder le vase. Avant cette dernière goûte il y eu des litres d’eau précurseurs.

Dernière heure:

Une entente est intervenue entre Me Suzanne Gagné, avocate de Martin Dumont, et le procureur de la commission Charbonneau, Me Gallant, ce dernier annonçant que la commission renonce à utiliser la déclaration assermentée du 11 décembre de Martin Dumont sur vidéo et la retirera de ses dossiers et donc, de sa preuve.

Bref, Me Gagné a «gagné» quant à son objectif qui était de «protéger» son témoin des effets possibles de cette déclaration obtenue, soutient-elle, en violation des droits fondamentaux de M. Dumont.

En effet, dans la réalité des choses, en retirant cette vidéo de ses dossiers, la commission semble donner raison à Me Gagné.

En fin d’après-midi, en point de presse, Me Gagné déclarait que la diffusion publique de cette vidéo à la commission aura néanmoins causé des dommages et un «tort considérable» à son client, Martin Dumont. À suivre…

Ce qui confirme également que les démarches de Me Suzanne Gagné, tel que je l’avançais dans ce billet, étaient en effet d’intérêt public et non pas, comme on l’entendait beaucoup dire, de simples «avocasseries»…

M. Lalonde vient de témoigner à la Commission, dans un sens qui donne beaucoup de crédibilité au témoignage de M. Dumont sauf, peut-être, pour l’affaire des 850 000 $ d’un coup sec.

Si effectivement le témoignage de Dumont risquait d’être entaché d’irrégularités, il vaut sans doute mieux ne pas en tenir compte surtout si d’autres témoignages viennent corroborer le sien. Ce que fit celui de Mme Pion. Il n’en reste pas moins que des valises de cash se promenaient ici et là.

Dumont doit maintenant respirer un peu mieux car son avocate lui a sans évité quelques mois de prison. Je trouve qu’il a été sauvé par la peau des fesses sur des technicalités.

Je pense que Me Galland a bien fait d’annoncer que le témoignage contesté, mais pas nécessairement faux, ne sera pas tenu en compte par la Commission Charbonneau. D’une part ledit témoignage aurait pu nuire aux travaux de la commission, surtout à l’étape des conclusions. Mais nous devons admettre que la décision d’exclure ce témoignage démontre l’intégrité et la valeur morale de Mme Charbonneau.

D’autre part, les prochains témoins comprendront, s’ils entendent mentir lors de leurs témoignages, qu’ils navigueront dans des eaux très dangereuses et qu’ils pourraient bien ne pas avoir la même chance que Dumont.

Bref, les enjeux sont suffisamment importants pour la société qu’il faut permettre à la Commission Charbonneau de regarder sous chaque pierre tout en prenant TOUTES les précautions pour qu’à la fin de ses travaux personne ne puisse raisonnablement mettre en doute ses conclusions.

Bien sûr il y en aura toujours pour affirmer que c’est blanc quand c’est noir. Nous en connaissons tous. Il y en a même quelques uns qui s’amusent régulièrement à jouer ce jeux ici-même sur ce blogue. Les habitués les connaissent très bien.

«On a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort.»
[Raymond Devos]

Bonjour,

Bien sûr, tous ceux qui firent des affaires au Québec comprendront ma situation. Tout en étant depuis longtemps en affaires, en sachant compter tout en jouant avec deux comptabilités, soit celle officielle et « l’officieuse », il y a des fois que l’on oublie que les Ministères du Revenu dont celui du Québec ont « des employés qui savent aussi compter en étant des C.A. soit des Comptables Agréés, comme on dit, ça s’adonne.

En effet, avec des Revenus qui obligeaient alors un numéro de TPS et de TVQ, alors qu’au Québec, des déclarations mensuelles devaient être produites avant le 15 du Mois à l’époque, quelle job était ce d’avoir deux comptabilités, soit celle officielle et la plus importante qu’était l’officieuse.

Ainsi, en raccourci, le 30 Avril de 1993, n’ayant pas toujours été un ange au « niveau fiscal », la Sûreté du Québec mandaté par le Ministère du Revenu vinrent me saisir plus de $ 125,000.00 en argent du Dominion qui dormait dans une voûte de banque. Du bel argent au « noir » car le Ministère du Revenu du Québec me pogna « par mes achats ». Ainsi je peux affirmer, preuves à l’appui en ayant vécu cette situation que $ 125,000.00 dollars n’entre tout simplement pas dans une mallette ou bien « attaché case » dans le jargon. Ayant plus ou moins un ou deux milliers de $ 20.00 dollars dans le lot, le reste était tout simplement en billets de cent dollars en grande majorité avec des piles de billets de $ 50.00. Je peux en parler aujourd’hui car ma situation fiscale est réglée depuis longtemps.

Par ailleurs, cette « tranche de vie » pour affirmer haut et fort que $ 850,000.00 dollars dans un attaché case, c’est totalement impossible. Car mon $ 125,000.00 de « bel argent noir à l’époque » aurait empli deux ou trois mallettes en ayant un ou deux milliers de billets de $ 20.00. Et comme à la gang, nous savons bien des choses, demandons à Monsieur Gilles Bousquet d’émettre son opinion, lui qui oeuvra toute sa vie dans le système bancaire…..

Finalement, toute cette foire d’empoigne vient de tuer la crédibilité de la Commission Charbonneau. Car à priori, c’est un bon « show » que les québécois veulent, du sensationnalisme à outrance, un bon show de TIVI pour s’étourdir de la morosité ambiante. Et comme chantait mon ami Plume en face de sa porte de shed rue St André près de Roy : Et ceux qui sont en tabarnak, y viendront me voir à l’entracte, on est « ben ouvert » à vos commentaires, si vous payez le cognac, gnac, gnac, gnac….. Bien à vous, John Bull.

Vienne le jour où l’un de ces menteurs sera condamné à 15 ans de pénitencier pour parjure. Cela lancerait un signal. 🙂

@ joseelegault (# 14):

Comme vous avez raison mais il y a pire: le ministre qui pilote actuellement un règlement pour tenter d’éviter que ce genre de fraude et de corruption ne se reproduise est le même personnage (J.-F. Lisée en l’occurance…) qui, il n’y a pas si longtemps, refusait ouvertement de croire devant plus de 1 million de téléspectateurs Québécois et Québécoises, à TLMEP, qu’il y avait corruption au Québec.

Un brin mal placé pour piloter un tel dossier non?

Certains pseudonymes sur ce blogue font-ils un job de promotion du gangstérisme en défendant l’indéfendable ?

EX: Peut-on emplir de billets de banque la valise d’un directeur du financement d’un parti politique en coupures de 1,000.$, 100.$ et 50.$ totalisant 1, 2 et 3 millions $ ? La réponse est OUI.

Mise en garde: Les pseudonymes participant aux blogues peuvent taire l’identité de possibles gangsters, salariés de partis politiques, mercenaires, etc.

Je suis dans la même réflexion que M.Jacques Grenier. Nous sommes dans une commision d’enquête où frayent des gens très dangereux. Pour quelqu’un comme M.Dumont il est exactement le genre de personne à se mettre les pieds dans les plats avec ce genre d’individus. Maintenant il est obligé par je ne sais qui de corriger le tir.
Qui paie cette avocate qui doit couter un bras. Qui a embauché cette avocate pour sortir M. Dumont du pétrin dans lequel il est.
Attention je pense que ce M. Dumont en a dit beaucoup et peut-être trop.
Je pense qque la commission n’a pas fini de se retrouver devant des témoignages qui dépassent la fiction.

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