Avortement : Justin Trudeau, cible d’une campagne coup de poing

Bien que le Parti conservateur ne soit pas associé à cette campagne, il profite de l’appui des groupes anti-avortement.

PolitiqueLe chef libéral Justin Trudeau savait qu’il s’attirerait les foudres des groupes opposés à l’avortement quand il a, il y a un an, imposé à tous ses candidats et députés de défendre le libre choix. Le tonnerre est tombé ces dernières semaines sous la forme de cartes postales sanguinolentes.

Alors que les militants anti-avortement convergeaient jeudi vers la colline du Parlement pour leur rassemblement annuel, le groupe Campaign Life Coalition (CLC) expédiait des centaines de cartes postales à des électeurs de circonscriptions clés des régions de Vancouver et de Toronto.

La CLC espère en distribuer un million dans une vingtaine de comtés d’ici le début de la campagne électorale, et ce, au coût de quelques centaines de milliers de dollars.

Ces cartes sont tout simplement dégueulasses. On y voit une photo de Justin Trudeau aux côtés d’un fœtus ensanglanté. Au verso, on trouve un embryon et autre fœtus découpé en morceau, accompagné d’une mention disant qu’un vote pour M. Trudeau «est un vote pour ça». Impossible pour ceux qui les reçoivent d’éviter ces images : les cartes ne sont pas dans des enveloppes.

La coalition dit vouloir éduquer les gens sur l’envers du libre choix en matière d’avortement. Mais les cartes sont si brutales qu’on peut douter de leur supposé effet pédagogique. Elles risquent plutôt d’avoir l’effet opposé et, même, d’agir comme repoussoir tant le message est grossier et simpliste.

Tous les citoyens interrogés dans les médias à leur sujet ont dit être choqués, révoltés, dégoûtés. Une Torontoise qui a voté conservateur en 2011 a même dit que cette campagne pourrait l’inciter à voter pour Justin Trudeau.

Lorsque les premières cartes ont été envoyées à Vancouver, à la fin avril, la députée conservatrice Wai Young avouait être elle-même troublée par cet envoi.

Justin Trudeau est le seul visé par la CLC. Il n’est pourtant pas le seul chef à ne pas vouloir légiférer en matière d’avortement. Même le chef conservateur Stephen Harper répète qu’il n’en est pas question.

La coalition répond que le NPD est pour le libre choix depuis toujours, et que Stephen Harper n’interdit pas à ses députés de s’opposer publiquement à l’avortement et de voter en conséquence.

Bien que le Parti conservateur ne soit pas associé à cette campagne, il profite de l’appui des groupes anti-avortement. La CLC et d’autres organisations se sont impliquées dans une centaine de courses à l’investiture conservatrice dans l’espoir de faire élire des candidats qui partagent leurs vues. Ils prévoient aussi militer pour eux en vue du scrutin d’octobre prochain.

La CLC, qui souhaite la recriminalisation de l’avortement, a lancé sa campagne anti-Trudeau en mars dernier. En plus de l’envoi de cartes postales, elle a prévu une campagne téléphonique, des conférences et du travail de terrain.

Quant à Justin Trudeau, il n’affiche aucune inquiétude. «Je suis parfaitement à l’aise avec le fait que les Canadiens sachent que le Parti libéral défend sans équivoque le droit des femmes», a-t-il réagi mercredi.

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Merci Mme Cornellier pour tracer ce parallèle possible engtre un groupe anti-avortement et le Parti Conservateur. Allons-nous avoir prochainement un article traitant de la position des syndicats qui veulent utiliser l’argent de leurs membres pour défaire les conservateurs?

Faites-le vous-même l’article.

Bien du plaisir.

En passant, la job d’un syndicat est de défendre ses membres. Les conservateurs chrchent les problèmes…et les trouvent.

Oui, et aussi le sans-gêne des conservateurs qui utilisent votre argent (j’imagine que vous payez vos impôts et vos taxes) et le mien pour se faire de la pub électorale… Le gouvernement Harper ne s’appelle plus à juste titre le gouvernement du Canada car il ne gouverne que pour sa base et ses poches!

C’est tragique.

Les gens (surtout de la gauche, comme d’habitude) qui sont pour l’avortement sont les mêmes qui sont contre la peine de mort…

Allôôôôô?

Les gens qui sont contre l’avortement se disent « pour la vie ». Cependant, lorsque l’avortement sécuritaire et légal n’est pas accessible, les femmes qui veulent se faire avorter (il y en aura toujours) doivent recourir aux charlatans et en meurent souvent. Mais la vie des femmes, ce n’est certainement pas celle qu’ils défendent. La seule vie qui les intéresse, c’est la vie intra-utérine. Une fois le bébé né, « c’est arrange-toi mon ti-gars/ma tite-fille. Pis si t’en arrache et que tu deviens criminel, on t’attend au détour, après tout, ta vie, elle ne nous intéresse plus depuis que tu es né. »

C’est vrai qu’au fond c’est assez cohérent, hein?

Effectivement , ce sont ceux qui sont contre l’avortement qui sont pour la peine de mort!

La logique des biens pensants et attention…certains tuent pour lutter contre l’avortement!

C’est tragique, vous avez bien raison M.François 1 !

Ouais bon, c’est les conservateurs qui disaient que justin voulait que même les bébé fument du pot. Bref, aussi sérieux que certains clowns sur ce blogue.

Ah les ratoureux! Ils utilisent les fonds publics à tour de bras pour se faire de la propagande et maintenant ce sont les groupes de pression qui font de la pub électorale, à l’abri de la loi! Ils n’ont vraiment aucune limite et manipulent le machiavélisme avec brio! Auraient-ils vraiment peur de perdre la prochaine élection? L’usure du pouvoir et la corruption semble leur coller à la peau de plus en plus…

Le CLC fait exactement @ Justin Trudeau ce que les syndicats veulent faire aux députés conservateurs et Steven Harper! C’ est un tiraillement de l’ opinion publique et qui va avoir le dernier mot! Pour l’ électeur le moindrement érudit c’ est de l’ enfantillage!

Les groupes anti-avortements font ici une publicité trompeuse.

J’ai été surpris par l’allégation de cette publicité anti-avortement à l’effet qu’on peut avorter au Canada pendant les 9 mois de la grossesse. C’est légalement vrai. Cependant, pour les 3 dernier mois, c’est seulement dans les cas ou la vie de la mère est en danger ou lorsque le foetus est gravement malformé. Ces avortements tardifs peuvent être payés par le système de santé, mais se font aux États-Unis.
»La politique de l’Association médicale canadienne est de prendre en charge les avortements, sur demande, seulement jusqu’à 20 semaines. »
http://www.arcc-cdac.ca/fr/postionpapers/23_Invention-avortement-naissance-partielle.pdf

voir aussi http://www.arcc-cdac.ca/fr/postionpapers/22_Avortements_tardifs.pdf sur ce sujet (site de la coalition pour le droit à l’avortement au Canada)
»La politique sur l’avortement de l’Association médicale canadienne définit l’avortement comme l’interruption effective de la grossesse jusqu’à 20 semaines de gestation (AMC, L’avortement provoqué, 1988). Au Canada, 90% des avortements sont effectués au cours des 12 premières semaines de grossesse; un peu plus de 9% des avortements ont lieu entre 12 et 20 semaines de gestation. Il y a seulement 0,4% d’avortements qui ont lieu après 20 semaines de gestation. Ces derniers sont considérés comme des avortements tardifs.

On rapporte aussi dans ces documents les batailles juridiques au Canada et aux États-Unis, avec entre autre la reconnaissance ou non du statut de personne au fœtus.