Avortement et la ministre Ambrose: ne comptez pas sur une démission

Lorsque la ministre fédérale de la Condition féminine, Rona Ambrose, s’est levée pour voter en faveur de la motion de son collègue qui aurait conduit à la création d’un comité étudiant la définition du début de la vie humaine, plusieurs ont sursauté. Parce que pareille étude, qui a été rejeté par la majorité des députés fédéraux, aurait inévitablement conduit à un débat sur les droits du fœtus et, par ricochet, sur d’éventuelles limites au droit à l’avortement.

Au-delà d’un court gazouillis sur les avortements sélectifs, Mme Ambrose n’a offert aucune explication pour son geste qui a provoqué une levée de boucliers sur la Toile et parmi les groupes de défense des droits des femmes. Des pétitions en ligne ont aussitôt commencé à circuler pour exiger sa démission, un appel repris par le Bloc québécois et la Fédération des femmes du Québec.

Ce n’est pas le cas de tout le monde. Au NPD, on désapprouve le vote de la ministre, mais on estime qu’il revient au premier ministre de décider de son sort et d’assumer les conséquences de cette décision. Le chef libéral intérimaire Bob Rae a rappelé qu’il s’agissait d’un vote libre et que chaque député, ministre ou non, pouvait voter en fonction de ses convictions personnelles.

Le problème est qu’on ignore ce que sont les convictions de la ministre. Est-elle contre le libre choix de façon aussi absolue que certains de ses collègues? On ne croit pas, mais on ne le sait pas. Favorise-t-elle la mise en place de certaines limites pour les avortements en fin de grossesse ou motivés par un désir de sélection du sexe de l’enfant? On ne le sait pas davantage parce qu’elle ne s’est pas expliquée. Or, ce devrait être un devoir de sa part étant donné la position qu’elle occupe. Son titre ne lui interdit pas de soulever des questions, mais il ne lui permet pas de les garder pour elle pour ensuite, sur ces bases, influencer l’évolution des politiques en place.

Quant à une démission, oubliez cela. Un premier ministre qui ne voit pas ce qui cloche à nommer ministre des Sciences une personne qui croit dur comme fer au créationnisme – ce dogme religieux voulant que le monde ait été créé en sept jours et qui rejette la théorie scientifique de l’évolution – ne sourcillera pas à conserver au poste de ministre à la Condition féminine une femme qui a des doutes sur la portée du droit à l’avortement.

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Je considère que, vivant dans un pays encore libre et qui n’est pas sous la botte des communistes et des musulmans extrémistes, madame Ambrose a droit à sa propre opinion À ce que je sache, elle ne fait partie d’aucun syndicat québécois ni de la fédération des femmes du Québec, où la pensée unique fait loi. Elle peut voter comme elle le veut.

Honte aux ayattolas féminins qui trouvent qu’elles seules ont raison et que leur moule convient à toutes les femmes. Chacun et chacune ont le droit de choisir sans être ostracizé(es).

D’accord, mais il faudrait un jour parler de « certaines limites pour les avortements en fin de grossesse ou motivés par un désir de sélection du sexe de l’enfant ». Nous devons trouver le courage et l’ouverture de le faire.

On a pas à connaître ses profondes convictions, elle a voté oui. Est-ce qu’on les a demandés aux hommes qui ont votés pour? À mon avis, elle aurait dû s’abstenir ou tout simplement voter non, par solidarité. Je ne vois pas pourquoi on blâmerait S.Harper de ne pas s’être prononcé afin de clore ce débat. La Cour Suprême a déjà statuée, je ne crois pas que les femmes qui font le choix de se faire avorter sont actuellement poursuivies en justice. On ne pourra jamais en venir à un consensus, il y a des croyances religieuses, des valeurs familiales, des pro-anti de tout acabit. Comment en arriver à faire la paix et le lien entre tous ces gens là.

Je crois que c’est impossible, alors est-ce qu’on peut leur foutre la paix à ces femmes et elles vivront avec leur décision, c’est leur corps.

En terminant, pourquoi réclamer sa démission? elle vivra avec sa décision et les conséquences de celle-ci. Les femmes ont fait des gains au fil des ans, faudrait pas avoir l’air de reculer en relançant ce débat parce que certaines personnes ne pensent pas nous. Personnellement, je ne me sens pas brimée parce qu’on tente de refaire le débat sur la viabilité du fœtus et sa reconnaissance d’être humain. Si on tente d’imiter les USA, qui ont des pro-anti sur tout.il faut se demander si cela fait partie de nos croyances?.

A remidqam je en accord avec votre commentaire. En ce qui me concerne elle avait le droit de voter comme le dictait sa conscience. Nous demandons à nos politiciens d’être honnête et lorsqu’ils le sont ont demande leur démission. Je préfère un politicien qui lors d’un vote libre comme celui-ci, que nos représentants vote honnêtement.

Avant même de questionner si madame la ministre de la condition féminine avant raison de voter pour ou contre, elle s’est tout simplement placé en conflit d’intérêt, elle est devenu juge et partie, s’est donc tout à fait approprié de démissionner. Si chaque député votait selon leur conscience et non un vote dans la ligne du partie, sa réponse devenait beaucoup trop personnel, qui visait directement sont ministère, il aurait été préférable pour elle, de s’abstenir et rester neutre, de cette façon elle conserve son opinion et n’est pas obligé de s’expliquer au journaliste, avec son vote « pour », elle pourra être continuellement talonné pour s’expliquer, plus que tout autre député, puisque ça vise directement son ministère. Elle s’est vraiment mit les pieds dans les plats en votant ainsi et donnant par la même occasion son opinion personnel, elle s’est vendu sur ses talents à gérer son ministère sur toutes les décisions, qui concerne les conditions de la femme.

Si on croit à la liberté d’expression, on ne devrait pas exiger d’une ministre qu’elle démissionne relativement à un vote libre. Chaque personne a ses convictions et vote en conséquence.

Cela dit, j’ai toujours trouvé très étrange le fait que des femmes s’opposent au droit à l’avortement. Rien ni personne ne contraint ces femmes à se faire avorter si elles ne le veulent pas.

Je veux bien que l’on permettre et même dans certaines circonstances que l’on subventionne l’avortement.

Mais si en 2012 pour défendre cette position il faut se faire accroire que la vie commence seulement à l’accouchement alors on est dans un monde totalement absurde, une hypocrisie monumentale.

Faut croire que les « bien pensants » se réclament de la science seulement quand ça fait leur affaire.

Je ne réclame pas qu’on mette en question le droit à l’avortement, mais j’aurai sans doute voté pour la motion pour des raisons scientifiques.

Et comme la ministre les bonzes de l’orthodoxie féministe voudraient m’excommunier….

Certes, son vote est étonnant, car sa profession lui demande de s’accorder avec le libre choix des femmes dans la société, mais sa seule explication appuie la lutte des femmes. Selon moi, il est entièrement nécessaire à établir les limites pour l’avortement à cause de la sélection du sexe. Venant d’une culture où l’on favorise les garçons au détriment des filles, je peux affirmer que l’avortement du fœtus féminin est un acte réel. Donc l’idée de restreindre l’avortement dans certains cas ne pourrait-elle pas aider la cause féminine

Je suis heureuse que vous ayez représenté les deux points de vue sur la question. Je dois avouer cependant que je trouve déplorable que tant de gens exigent la démission de la ministre, et je suis surprise que vous insistiez pour qu’elle divulgue ses convictions personnelles au monde entier.
Certes, il aurait été préférable que Madame Ambrose s’explique pour affirmer qu’elle ne s’oppose pas au libre choix des femmes ; mais je suis déçue que vous demandiez sa démission parce qu’elle ne l’a pas fait. Rona Ambrose est sans doute devenue ministre de la Condition féminine parce qu’elle représente les intérêts des femmes et défend leurs droits. Suppose-t-on maintenant qu’elle ait trahi les femmes du Canada parce qu’elle n’a pas expliqué son vote en faveur d’une motion qui ne touche même pas leurs droits ?
Vous avez souligné qu’on ne savait pas si Ambrose voulait que certaines limites se mettent en place pour les avortements en fin de grossesse ou motivés par la sélection du sexe, ni si elle était contre le libre choix de façon absolue. Justement ! On ne sait pas si elle est contre le libre choix, non plus si elle favorise la mise en place de limites pour d’autres raisons – si elle les favorise du tout, car la motion n’a rien à voir avec l’avortement ! Ne devrait-on pas donc lui accorder le bénéfice du doute parce qu’on ne sait pas, et parce qu’elle se doit d’avoir convictions en faveur des droits de femmes pour être parvenue à sa position actuelle ?

Il est vraiment triste qu’il y ait une telle réaction négative envers la décision de Mme Ambrose qui a choisi de voter selon ses convictions personnelles.
Ceux qui s’opposent cette décision, l’accusent d’avoir trahi toutes les femmes du pays. Toutefois, je ne pense pas qu’une position anti-avortement soit necessairement une position anti-femmes. Il faut que le ministre des femmes représente la grande diversité des femmes au Canada et la diversité de leurs opinions. Donc, je dois demander à ceux et celles qui croient qu’ils lutent pour le choix des femmes en condamnant Rona Ambrose si, en tant que femme, celle-ci n’a-t-elle pas son propre droit de choisir? Je pense que Mme Ambroise a montré le courage et l’intégrité en défendant ses convictions.
Cependant, j’approuve votre attitude de son explication de la situation. Même si elle a le droit de prendre sa propre décision, sa position officielle et son pouvoir d’influencer les politiques, lui impose de donner une explication suffisant aux personnes qu’elle représente. Je pense que Rona Ambrose a entièrement raison de remettre en question les lois sur le début de la vie, mais il faudrait qu’elle exprime publiquement les raisons derrière sa décision.

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