Blackface de Trudeau : 76 % des Canadiens prêts à tourner la page

La proportion d’électeurs qui se disent indifférents à la controverse ou qui acceptent les excuses de Justin Trudeau et sont prêts à passer à autre chose grimpe même à 80 % chez les minorités visibles, selon un nouveau sondage d’Abacus Data.

Photo : La Presse canadienne

À quel point la controverse sur les agissements passés et les déguisements de Justin Trudeau va-t-elle influencer le vote des Canadiens? La poussière commence à retomber et il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Mais nous avons des débuts de réponses.

L’image de Justin Trudeau a été clairement touchée, il y a un effet «blackface» dans les intentions de vote, mais si on se fie aux coups de sonde réalisés après la publication des photos, ça ne semble pas avoir coulé la campagne libérale.

  • La maison de sondage Recherche Mainstreet a mesuré une baisse des appuis au PLC de 2,9 % à l’échelle du pays.
  • La société Abacus Data montre un fléchissement d’un point des libéraux au pays, ce qui n’est pas statistiquement significatif.
  • Angus Reid, qui accorde un peu plus d’avance que les autres firmes au Parti conservateur depuis des mois, a mesuré une baisse du PLC de 3 points, mais aussi une baisse de 1 point du Parti conservateur.
  • Dans le cas de Nanos, l’avance des conservateurs sur les libéraux a même fondu de 5 à 1 % pendant la controverse.

Il n’est pas inhabituel que les sondeurs n’affichent pas des résultats identiques — c’est pourquoi ça prend plusieurs sondages pour se faire une idée — mais ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas, pour l’instant, de variations majeures dans les intentions de vote. Ça bouge, mais il n’y a pas de chute de cinq ou dix points. On reste dans la marge d’erreur. Ce sera à suivre dans les prochains jours, car d’autres sondages vont s’ajouter pour préciser le portrait.

Abacus Data a creusé davantage les effets de la controverse.

D’abord, l’épisode blackface de la campagne a atteint tout le pays. Pas moins de 87 % des Canadiens en ont entendu parler. À peine 13 % ne savent pas de quoi il en retourne et l’on peut parier que cette tranche peu informée de l’électorat n’ira probablement pas voter en grand nombre.

Parmi ceux qui sont au courant de la controverse, 42 % affirment que ces photos ne les dérangent pas du tout, 34 % soutiennent que ça les dérange, mais acceptent les excuses de Justin Trudeau et sont prêts à passer à autre chose, et 24 % des électeurs jugent que le comportement passé de Justin Trudeau est inacceptable, offensant, et accentue l’impression négative qu’ils ont du chef libéral.

En tout, c’est donc 76 % des Canadiens qui affirment être prêts à passer l’éponge ou qui acceptent les excuses de Trudeau. Dans le cas des 24 % restants, le sondage Abacus montre que les deux tiers de ces répondants sont des électeurs qui votent déjà pour le Parti conservateur.

Parmi les minorités visibles, la proportion d’électeurs qui se disent indifférents à la controverse ou qui acceptent les excuses de Justin Trudeau et sont prêts à passer à autre chose grimpe à 80 %.

Prenons ensuite le groupe d’un électeur sur quatre qui juge les agissements de Trudeau inacceptables et inexcusables. À l’intérieur de ce 24 %, seulement la moitié (12 %) des électeurs affirment que cette controverse peut influencer leur vote.

Dans cette tranche de 12 %, lorsque le sondeur leur a demandé s’ils préféreraient un gouvernement libéral ou conservateur le soir du 21 octobre, la majorité (57 %) souhaiterait que ce soit un gouvernement dirigé par Justin Trudeau qui l’emporte. Dans une course à deux très serrée, le chef du PLC peut donc espérer rapatrier une portion de ces déçus.

L’image de Justin Trudeau a souffert de cette controverse, puisque Abacus a mesuré une baisse de quatre points des impressions positives du chef libéral et une hausse de trois points des impressions négatives. Une variation de sept points. Près de 49 % des Canadiens ont une impression négative de Trudeau et 31 % ont une impression positive. S’ils persistent, ces chiffres devraient inquiéter la campagne libérale. Le risque que des libéraux déçus restent à la maison le jour du vote augmente à mesure que Justin Trudeau paraît moins emballant.

Mais là encore, la controverse n’a pas eu un impact démesuré comparativement aux autres chefs. Pendant la dernière semaine, tous les autres chefs ont également subi une baisse d’appréciation personnelle. Les images d’Andrew Scheer (-4 points), de Jagmeet Singh (-5 points) et d’Elizabeth May (-9 points) se sont détériorées. Personne ne semble très inspirant pour l’instant aux yeux des électeurs. Il faut dire qu’il reste encore un mois à la campagne et trois débats des chefs.

Une donnée du sondage Abacus méritera d’être suivie d’ici la fin de la campagne : celle sur la préférence des électeurs quant à la couleur du gouvernement dans les provinces les plus importantes en nombre de sièges. Si la course demeure serrée jusqu’à la fin, bien des gens pourraient vouloir voter stratégiquement pour barrer la route à un parti.

Or, en Colombie-Britannique (58 %), en Ontario (55 %) et au Québec (56 %), les électeurs souhaitent un gouvernement libéral, plutôt que conservateur.

Le sondage Abacus Data a été mené en ligne du 18 au 22 septembre — la controverse sur le blackface a éclaté le 18 — auprès de 1929 Canadiens représentatifs de la population. Un échantillon aléatoire de cette taille aurait une marge d’erreur de 2,3 % 19 fois sur 20.

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Ce que l’épisode « face brune » démontre dramatiquement, c’est que nous avons jusqu’à présent une campagne électorale bien « plate » et quand on en vient à trouver Yves-François Blanchet spirituel et intelligent, ce n’est pas qu’il ne soit pas effectivement spirituel et intelligent, c’est essentiellement que nous n’avons pas grand-chose à nous mettre sous la dent.

Alors il ne faut pas s’étonner outre-mesure que les médias se jettent tels des bêtes affamées sur quoi que ce soit qui soit en apparence un peu croustillant. Et pour l’électeur moyen, ce qui reste à mâcher du banquet ne vaut pas la peine d’être signalé.

Nous sommes très loin et de plus en plus loin de ces époques emblématiques où les électeurs vibraient sous les harangues des tribuns qui se succédaient au lutrin. Vivaient des moments intenses d’exaltation au cours desquels les gens éprouvaient ce sentiment d’écrire l’histoire et de faire la différence au moment du vote.

Désormais, nous avons deux solitudes. Celle de ceux qui sont en charge et qui n’écoutent pas. Cette masse de ceux qui ne décident pas et qui n’entendent plus. Existe-t-il un dialogue de sourd plus protubérant ?

De fait, dans quatre semaines exactement le blackface ne sera pas la grosse affaire au bout du crayon. Néanmoins, l’«air» du ‘gars’, lui, le sera encore. C’est-à-dire, la confiance qu’il inspire ou pas. Sinon, l’espoir ou l’«amour»… Ces trois, jadis « vertus théologales », demeurent encore ce sur quoi l’on se base, essentiellement, pour ses choix les plus importants.

Qu’est-ce que s’est écrié François Legault, en effet, à l’annonce de l’avènement au pouvoir de son parti l’an dernier? Il l’a spontanément attribué à la quête ou une manifestation d’«ESPOIR».

Il pourrait, voire il devrait en être de même au fédéral le 21 prochain. Sur la table? Il y a gros. L’avenir du monde. Rien de moins.

Aujourd’hui, colère gretane planétaire. Et sonnerie d’alarme du père de l’assurance santé québécoise. Mais qui dit (le plus) vrai au fait: des Steven Pinker, pour qui ç’irait de mieux en mieux sur Terre; ou ces jeunes femmes pour qui ç’augure si mal et pour qui nous, humain.e.s, faisons tant de mal, qu’elles renonceraient a priori à engendrer, comme en accord ainsi avec cet inédit philosophe, David Benatar, qui a résumé la chose mieux que quiconque d’autre dans le titre d’un de ses livres: « Better Never to Have Been: The Harm of Coming into Existence » ?

Bref, la présente campagne électorale n’est guère censée se prêter aux niaiseries, bagatelles, platitudes, insignifiances ou frivolités «ordinaires». Ah, certes, comme a déjà dit l’actuel premier ministre, on peut sûrement changer le monde avec un sourire… Mais certainement pas avec cela seul! Ledit sourire devra être assorti d’actions intelligentes, cohérentes, innovatrices, réformatrices, correctrices, préventives et respectueuses, tant d’environnements physiques ou naturels, qu’humains, sociaux, communautaires, culturels, informationnels, artistiques, patrimoniaux… Car il n’y aura jamais de véritable « Économie », à terme, en laissant ou faisant déliquescer ou se désagréger ces derniers.

L’affaire Blackface est un peu pathétique et ça me rappelle l’histoire de celui qui crie au loup quand il n’y en a pas et qui n’est pas écouté quand il y en a… On traite de raciste à peu près tout ce qui n’est pas de couleur ou qui se peint de couleur sans se demander ce que veut dire le mot raciste. Est-ce qu’on parle de pogrom ? de camps d’extermination ? de génocide ? On trivialise tellement le mot qu’il finira par ne plus vouloir rien dire.

Quand au PM sortant, il y a bien d’autres sujets qui nous font perdre confiance dans ses capacités à diriger le pays. Les promesses brisées, surtout celle sur la proportionnelle que Trudeau a admis n’avoir jamais voulu mettre en œuvre quand il l’a faite… ça n’inspire pas confiance… Ce n’est pas tout, il y a l’affaire très sérieuse de SNCL où le PM a sans vergogne tenté d’influencer le Procureur général pour favoriser ses amis sous le prétexte de sauver des emplois… Le cafouillage international sous son administration ne devrait pas passer inaperçu non plus et l’escalade avec la Chine sous le prétexte d’appliquer la règle de droit laisse songeur alors que son administration ne se gêne pas pour appuyer un dictateur au Honduras et tente de renverser un autre dictateur au Vénézuéla… de quoi j’me mêle ? Il aime les déguisements au point de se rendre ridicule en Inde sans parler de l’invitation faite à un individu soupçonné d’être un terroriste à un banquet encore en Inde…

Ceci dit, que reste-t-il aux électeurs ? Andrew Scheer ? On a vu pendant plusieurs années le désastre que les néo-conservateurs peuvent infliger à notre pays, est-ce qu’on veut sauter de la poêle à frire dans le feu ? Faudrait aller voir ailleurs car si nous sommes très nombreux à en avoir assez du tandem PLC-PCC, on peut changer les choses. C’est probablement le seul pouvoir que nous avons comme citoyens de ce pays, alors pourquoi on ne l’utilise pas ?