Doit-on exercer notre liberté d’expression pour la conserver ?

Il est normal, après l’attaque contre Charlie Hebdo, que l’on se soucie du sort de la liberté d’offenser. Mais ne doit-on pas aussi réfléchir aux conditions d’un vivre-ensemble harmonieux ?

Photo: Kenzo Tribouillard/AFP/Getty Images
Photo: Kenzo Tribouillard/AFP/Getty Images

PolitiqueNombreux sont ceux qui ont tant bien que mal tenté, dans la dernière semaine, de condamner sans appel l’attentat contre Charlie Hebdo tout en conservant la prérogative de ne pas endosser les décisions éditoriales antérieures du journal.

Dans mon billet sur la question, j’ai répondu à ceux qui, dans les heures qui ont suivi le tragique assaut, soutenaient que ceux qui avaient dans le passé critiqué le choix de publier des caricatures du prophète Mahomet devaient se raviser.

Certains ont mal pris ce positionnement, allant parfois même jusqu’à arguer que de réitérer des doutes quant à la décision en 2006 de publier des caricatures du prophète revenait à «blâmer les victimes» et à déculpabiliser partiellement les meurtriers.

L’éditorialiste du Devoir Antoine Robitaille m’a accusé d’une telle ignominie, sans tenter de justifier son assertion, à Bazzo.tv. Il est revenu sur le sujet de façon alambiquée dans un éditorial :

Sans dire ouvertement que le magazine a tout compte fait provoqué l’attaque insensée qui a tué certains de ses principaux artisans, une mouvance tente de trouver un moyen terme entre la légalité (en France, la republication de ces dessins était permise) et une position «éthique» de retenue éclairée. Le droit permet cette publication. Le sens éthique aurait dû l’empêcher, plaident les tenants de cette mouvance. Nous ne sommes pas d’accord.

Remarquons ici le glissement : l’éditorialiste laisse d’abord entendre que la «mouvance» en question allègue implicitement que Charlie Hebdo a «tout compte fait provoqué l’attaque insensée», pour aborder ensuite la question du rapport entre l’éthique et le droit.

Pourquoi ce glissement ? L’auteur a-t-il réalisé en cours d’écriture que l’accusation ne tenait pas la route ? Tout le reste du texte porte sur la question incontestablement pertinente du statut du blasphème dans le droit.

J’ai, pour ma part, opiné que les expressions jugées blasphématoires par certains ne devaient pas faire partie des motifs permettant la restriction de la liberté d’expression.

Pourquoi l’accusation est-elle sans fondement ? Parce que débattre du bien-fondé d’un choix éditorial tout en défendant la liberté d’expression ne mène tout simplement pas à la conclusion que les victimes méritaient leur sort. Les assassins portent la responsabilité pleine et entière de leurs actes inhumains.

Je soupçonne que je n’aurais pas aimé du tout le film sur l’islam tourné par Theo Van Gogh, mais les provocations du cinéaste néerlandais n’excusent d’aucune façon son meurtrier.

De même, j’abhorre les points de vue négationnistes de la Shoah, mais je ne suis pas du tout certain que de les interdire soit justifié, et je suis absolument convaincu qu’on ne doit pas s’en prendre à l’intégrité physique de ceux qui maintiennent de telles positions immorales.

C’est la folie meurtrière et la turpitude de ceux qui tuent au nom de convictions religieuses ou politiques qu’il faut dans tous les cas blâmer, pas les victimes. (Avant qu’on me le demande, oui, je pense que le négationnisme est pire que la publication de caricatures offensantes du prophète islamique.)

Cela étant dit, qu’est-ce que cela signifie, de soutenir que la publication des caricatures était légale, mais déplorable d’un point de vue éthique ? L’éthique est, entre autres, le champ de la pensée humaine réfléchissant aux valeurs qui devraient orienter notre conduite individuelle et collective.

Du point de vue des valeurs en concurrence dans la décision de publier les caricatures, il m’a toujours semblé qu’il eût mieux fallu faire preuve de retenue. C’est un jugement de valeur sur une décision éditoriale — celle du Jyllands-Posten d’abord, et celle de Charlie Hebdo ensuite. Le débat démocratique ne se réduit heureusement pas à ce qui est légalement permis, et c’est le rôle des intellectuels et des autres citoyens engagés de prendre position sur les enjeux de société.

Ma critique de la publication des caricatures s’appuie sur une certaine conception du vivre-ensemble et des dispositions et attitudes que nous devrions manifester dans nos rapports avec nos concitoyens.

Nous vivons dans des sociétés hautement diversifiées, non seulement sur le plan des cultures, mais aussi des conceptions du monde et des visions de ce qui constitue une vie pourvue de sens. Des athées militants jusqu’aux conservateurs religieux, des citoyens dont les schèmes de croyances et de valeurs sont très contrastés doivent apprendre à vivre ensemble et à au moins se tolérer mutuellement.

C’est dans ce contexte que je considère qu’il est souhaitable que l’on fasse preuve d’empathie et de sollicitude par rapport à la situation et aux engagements de nos concitoyens, et que l’on fasse parfois preuve de retenue lorsque nos actes de langage blesseront ou offenseront certains d’entre eux.

Ou, du moins, il faut s’assurer que ce que l’on a à dire justifie d’exprimer des choses qui seront vues comme personnellement blessantes par d’autres — s’assurer, en quelque sorte, que le jeu en vaille la chandelle.

Ceux qui pensent que les médias écrits devaient publier les caricatures nous rappellent avec raison qu’il n’existe aucun droit de ne pas être offensé en démocratie. C’est vrai. Vivre dans une société démocratique et libérale signifie nécessairement qu’on sera exposé à des modes de vie, des valeurs et des comportements qu’on juge répréhensibles, grossiers et même parfois immoraux.

Père d’une fillette qui aura bientôt cinq ans, je suis souvent dégouté par l’objectification du corps de la femme dans l’espace public. Je peux militer pour une meilleure réglementation et, surtout, pour un changement des mentalités. Mais il faut aussi avoir la peau épaisse et tolérer ce qui nous indispose. C’est le prix à payer pour bénéficier de la liberté et de l’égalité démocratiques.

Je suis fortement convaincu qu’il faut pouvoir critiquer toutes les religions, et parler dans le blanc des yeux à leurs autorités. Même si je suis souvent en désaccord avec eux, ceux qu’on appelle les «nouveaux athées» contribuent à la réflexion sur le statut de la religion dans la vie moderne, et leur liberté d’expression doit être protégée.

Il faut, en particulier, être libre d’examiner de façon critique les différentes interprétations de l’islam, et encore plus de critiquer l’intégrisme et de dénoncer les appels à la violence, comme vient d’ailleurs de le faire Dalila Awada.

Mais lorsque le Jyllands-Posten a publié ses caricatures du prophète en 2005, je m’y suis opposé, car le contenu était vu comme fortement injurieux pour de nombreux musulmans et qu’il y avait des moyens plus respectueux d’interpeller les extrémistes.

Qui s’oppose à la satire lorsqu’elle vise les bourreaux sanguinaires de l’État islamique ? Ou al-Qaida ? Qui critiquerait une caricature de l’ayatollah Khomeini rigolant en lisant secrètement les Versets sataniques ?

«Un droit qu’il est préférable de ne pas exercer est-il encore un droit ?» demande Antoine Robitaille. Si on ne peut jamais l’exercer, non. Mais ce n’est pas ce dont il est question.

Il s’agit de faire preuve de discernement quant à la façon dont on devrait l’exercer. Cela demande plus d’effort que de s’en tenir à des maximes simples, du genre «on devrait toujours offenser si on le souhaite». Le raisonnement éthique ne se réduit pas à suivre des maximes aveuglément.

Qui plus est, j’ai l’impression que les personnes de confession musulmane tomberaient des nues si on leur disait que les médias se retiennent de critiquer l’islam et pratiquent l’autocensure. Les subtils Houellebecq et Zemmour manquent-ils de tribunes ? Comment oublier l’image surréaliste de Richard Martineau revêtant une burqa afghane à la télévision ?

Quand faut-il faire preuve de retenue au bénéfice de la coopération sociale ? Quand faut-il au contraire être irrévérencieux et insolent ? Nous ne pouvons l’établir dans l’abstrait.

Je persiste à penser que le Jyllands-Posten et Charlie n’ont pas contribué positivement au vivre-ensemble en 2005-2006, et d’autres personnes raisonnables soutiennent que l’injure et la moquerie étaient nécessaires. Cela fait partie du débat démocratique.

* * *

À propos de Jocelyn Maclure

Jocelyn Maclure est professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Il a publié, avec Charles Taylor, Laïcité et liberté de conscience (Boréal), qui a été traduit en plusieurs langues.

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Bonjour votre article blog est tellement long que j’ai décidé d’aller pelleter la galerie….. merci et continuer à penser ça fait maigrir……

Vous pelletiez ? Lisez maintenant !

Delfeil de Ton, 80 ans, est un des fondateurs de Charlie Hebdo. Dans le numéro spécial consacré à la tragédie de Charlie Hebdo, Delfeil de Ton raconte aux lecteurs ses souvenirs.

Il rappelle ce que son ami Wolinski (assassiné) disait en 2011 à propos de la publication du Charia Hebdo, des caricatures de Mahomet et de l’incendie des locaux de Charlie Hebdo: « Je crois que nous sommes des inconscients et des imbéciles qui avons pris un risque inutile. C’est tout. On se croit invulnérables. Pendant des années, des dizaines d’années même, on fait de la provocation et puis un jour la provocation se retourne contre nous. Il fallait pas le faire»

«Il fallait pas le faire dit Delfeil, mais Charb l’a refait, un an plus tard, en septembre 2012.»

Source: Le Monde, Polémique dans la famille Charlie Hebdo, par Ariane Chemin

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/14/polemique-dans-la-famille-charlie-hebdo_4556428_3224.html

Et puis?
C’est un point de vue!
Et puis après?

On a qu’à regarder et constater l’imbécilité primaire de cours d’école et le niveau d’expressions des Tweeter et des autres du genre pour se rendre compte que les réactions des extrémistes de toutes sortes attirent…que ceux qui se confortent dans leurs attitudes comme l’homme de la pré-histoire. J,ai l’impression qu’ils progressent…en plus!

La provocation pour la provocation, la réponse pour la réponse, l’un comme l’autre pour dominer à tout prix c’est très reptilien. On a qu’à voir comment ça se passe lors des divorces lorsque la vengeance est la priorité…numéro un comme certains veulent le préciser…alors que « la » priorité est par définition toujours numéro un.

Tant qu’à moi, d’un côté comme de l’autre, on utilise son temps à de la bouffonnerie inutile.

Sauf qu’il n’y a qu’un côté qui tue.
Ceux qui tuent sont des criminels point à la ligne.
Et ça, c’est indéfendable même par le moindre mot, voir la moindre lettre qui vise ou non à le faire et qui le fait.
Vous me provoquez et donc je vous tue. Réfléchissez un peu.

À la place de s’attaquer à des pousseux de graphite, fut-ce-t-il provocateurs, pourquoi ne mettent-ils pas leurs armes contre le thorax de leurs cousins de croyances qui ont enlevés des centaines de filles qu’ils obligent à adopter la croyance en (en qui déjà?) leur prophète, en en faisant leurs esclaves, en les violant et en les vendant ?
C’est vrai que pour eux, à part leur mère et leurs soeurs, leurs soeurs qu’ils dominent une fois mâle primitif et adulte, toutes les autres femmes ne sont que des putains.

Ceux qui manifestent présentement ici et là dans le monde contre la satire et les provocations d’une croyance en un prophète, au Pakistan et ailleurs et qui voudraient des lois internationales contre la liberté d’expressions qu’ils maquillent en insultes contre leur prophètes, ne disent mots contre l’oppression des femmes, voir aux viols des femmes en autant que ce ne soient pas leur mère et leurs soeurs.

Les extrémistes et les orthodoxes de toutes sortes sont à combattre sans limite dans nos sociétés. Et il faut, il faudrait, il faut rester vigilant et prendre garde de laisser des droits aux minorités religieuses qui s’accaparent au compte-goutte des libertés qui devraient être réservées à leurs sphères privées alors qu’ils veulent les imposer à toute la collectivité 24 heures sur 24.

Toutes les religions sont basées sur des croyances. Leurs prophètes, leurs exégètes, papes et dirigeants, ont une grande valeur pour ceux qui croient…point à la ligne.

La docteure qui me soignerait avec un foulard ne me dérange pas pantoute…si ce foulard est une pièce de vêtement.
Je ne veux pas qu’elle me touche si cette pièce de vêtement est un signe religieux et encore moins si elle le porte en respect à son Dieu, à un prophète. C’est de la bouillies pour les chats. Comment, quand et jusqu’à quel point mélange-t-elle son esprit et ses connaissances scientifiques lorsqu’elle doit me soigner avec ses croyances millénaires qui n’ont aucun fondement concret et aucun rapport avec sa profession?

Est-ce que je mérite la mort pour l’avoir dit?

Et pourtant je ne me prononcerais pas de cette façon en présence de plusieurs de mes voisins qui sont musulmans. J’aurais peur de le faire…même ici au Canada, au Québec.
J’aurais peur d’en faire autant, mais en critiquant les actions de plusieurs autres voisins qui sont juifs. Je n’aurais pas peur de me faire agresser ou même tuer, mais de me faire accuser d’être anti-sémites. J’ai déjà eu la visite d’un rabbin parce que je me suis plaint de recevoir un journal (aussi de propagande et religieux) juif en anglais seulement et non demandé, qui c’est introduit chez moi aussitôt que je lui ai ouvert la porte, sans demander et qui est venu voir si j’avais des signes anti-juif sur les murs ou visibles.

Est-ce acceptable?

Provocation que vous dites?
Qui est-ce qui fait de la provocation?
Qui est-ce qui veut la pensée unique, les femmes au service de l’homme le chef, et tout le reste?
Crois comme moi ou tu risques des représailles?
Crois ou meurt?

Charlie Hebdo et ce genre: très peu pour moi!
J’aurais aimé et j’aimerais dire en signe de solidarité que moi aussi je suis CHARLIE, mais déjà j’ai été trop lâche (l’histoire du rabbin) et je suis trop lâche pour exprimer tout le sens de ma pensée devant les inconnus…car j’ai peur ! J’ai vraiment peur !

Faire preuve de retenue pour éviter de froisser ou blesser ne peut réalistement s’accomplir que dans un rapport direct entre individus. Je peux reconnaître les susceptibilités de l’autre et faire en sorte d’éviter les écueils dans la communication. Mais dans la sphère publique, comme celle du journalisme, de la littérature, lorsqu’on s’adresse à un auditoire vaste et varié, les idées exprimées ne doivent pas être reçues et interprétées comme si elles m’étaient personnellement destinées. C’est le côté universel des écrits qui fait que c’est à chacun de les décoder selon ce qu’il est apte à comprendre. Ce qui m’insulte moi, peut en instuire un autre. Alors je suis d’avis que la communication publique doit rester libre de toute retenue, même gouvernée par l’éthique, car elle ne s’impose à personne en particulier. Tu n’aimes pas, tu ne lis pas et si tu lis, tu assumes.

L’exercice du droit ne peut faire l’économie du contexte. Le respect qui dicterait une certaine retenue, est une notion interpersonnelle qui encadre les rapports entre deux individus différents. Dans la diffusion publique des idées, la polémique est inévitable et même jusqu’à un certain point souhaitable pour casser des schèmes réducteurs et en proposer de nouveaux. Dans un monde où pullulent les préjugés, il faut parfois choquer pour éduquer.

Titre : «Doit-on exercer notre liberté d’expression pour la conserver ?»

La symétrie des deux phrases est trop belle pour ne pas répliquer par ce qui constitue, depuis sa fondation en 1915, la devise de l’hebdomadaire d’information satirique ‘Le Canard enchaîné »‘:

«La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas.»

Je crois donc être sur une pente savonneuse en compagnie du professeur Maclure. Pourtant, je veux bien ajouter une sorte de réserve, vu qu’il nous en conjure avec tant d’ardeur. Je me place, cependant, entièrement du point de vue de la satire, qui irrigue ma vie culturelle – qu’on appelle aussi la vie de l’esprit – depuis mon adolescence dans les années soixante-dix, quand grâce à nos postes de télé francophones (et certes pas anglophones), j’ai grandi avec la comédie à l’italienne, une forme de tragicomédie satirique populaire partulièrement corrosive et grinçante, un cinéma populaire qui faisait régulièrement sauter le box-office dans son pays, mais sans happy-end, et qui nous dépeignait le caractrère humain dans tout sa nâvrante turpitude, comme l’indiquent d’ailleurs des titres tels ‘Les Monstres’, ‘Les Nouveaux monstres’, ‘Affreux, sales et méchants’.

Pour être pleinement réussie, une satire demande bien des choses, mais notamment deux : l’équilibre et le savoir. Le savoir, c’est connaître sa cible. Ce qui rend les sketches anticléricaux de la comédie à l’italienne si jubilatoires, donc si redoutables, c’est leur diabolique précision. Des satiristes comme les scénaristes Age & Scarpelli, ils connaissaient ça, l’église catholique, je vous en fiche mon billet ! Et donc, c’est l’espèce de plausibilité goguenarde des pesonnages, fondée sur le sens de l’observation – connaissance du coeur humain certes, mais connaissance aussi du clergé, eh eh eh ! – qui leur donne tout leur sel vitriolique. Vittorio Gassman en curé dans ‘Les Monstres’ (1963), en cardinal dans ‘Les Nouveaux monstres’ (1978) a l’air plus vrai que nature ! Alberto Sordi dans ‘La fiancée de l’évêque’ (1976), en évêque coincé dans un ascenseur en panne avec l’irrésistible Stefania Sandrelli, tient tout un discours sur le libre arbitre pour justifier son péché de chair : encore là, c’est redoutable comme satire, parce que la scholastique, la rhétorique chrétienne/catholique, les auteurs connaissent bien ça, de toute évidence !

L’autre aspect, plus rare, est l’équilibre. Ce dont je parle n’a rien à voir avec la retenue : c’est plutôt de faire passer la satire avant les intérêts idéologiques, voire militants des auteurs – et donc ajouter de nouvelles cibles! Il s’agit de montrer au spectateur qu’on a une vision satirique de tout le monde, de l’humanité en général, et pas seulement des personnages qui font notre affaire. (C’est la grande faiblesse de Falaradeau avec ses Elvis Gratton). Ainsi dans la satire anticléricale ‘Miracle à l’italienne’ (1971), avec Nino Manfredi dans le rôle d’un « miraculé »., c’est évident que le catholicisme en prend vraiment pour son grade, mais bien sûr le personnage du pharmacien athée et socialiste (interprété par le regretté acteur américain blacklisté Lionel Stander) est tout aussi grotesque, dans ses harangues verbeuses sur les curés, que les onctueux pères qui ont élevé Manfredi coupé du monde jusqu’à sa trentième année….

La satire est un but en soi, ce n’est pas un mode d’expression tout à fait comme un autre. Pour l’athée, qui n’a d’autre alternative que la culture pour nourrir la vie de son esprit, vu que la religion est hors-jeu, la satire est même un nécessaire substitut aux discours de type « Misérable vermisseau » que tient régulièrement le Dieu des monothéistes, car elle permet de souligner les cruelles et nombreuses limites humaines… sans recours à une transcendance supra-humaine. De même l’humour noir, le macabre, depuis la ‘Modeste proposition’ de Jonathan Swift, peut être vu comme le substitut de l’humaniste athée aux liens secrets de la religion qui réconcilient l’homme avec sa mort.

Tout ceci pour dire que celui qui veut satiriser des imams ou des rabbins dans une société où les cultes correspondants sont minoritaires (et à plus forte raison dans un contexte où une certaine propagande à 360 degrés martèle la présomption de racisme attachée au fait même d’être French), celui-là s’il veut être un bon satiriste, effiace, jubilatoire, corrosif et tout et tout, doit bien sûr bien connaître ses cibles, au moins un peu de l’intérieur, potasser son Choulhan Aroukh, connaìtre la querelle sur le tombeau de Mahomet, les discussions à n’en plus finir sur l’interprétation de tel règlement du Talmud, de telle sourate du Coran. Ne serait-ce que pour bien attraper le style de ses personnages. Il aura avantage à connaìtre aussi quelques blagues de Giuffa, récits satiriques populaires qui passèrent de la tradition arabe à la traditiion sicilienne quelque part au 9ème siècle, à l’époque du colonialisme arabe en Sicile.

Je connais pour ma part une seule blague de Giuffa, racontée par Leonardo Sciascia dans un de ses livres (probablement ‘La Sicile comme métaphore’). Malheureusement, elle ne cible pas la religion, mais la magistrature, mais tant pis. Alors une fois c’est Giuffa – et Giuffa, c’est un peu l’innocent de service, l’idiot du village – qui s’en va trouver le juge pour se plaindre des mouches. Elles sont partout, elles me harcèlent, c’est affreux, vous devriez faire quelque chose. Riant dans sa barbe, le magistrat lui tient ce discours: « Par les pouvoirs qui me sont conférés, je t’autorise, toi Giuffa, lorsque tu seras en présence d’une de ces mouches, à lui asséner un grand coup à l’aide de ta main largement ouverte ! Et voilà, justice est rendue. »

C’est à ce moment précis qu’une mouche vient se poser sur la joue du juge. Et alors Giuffa fait comme on lui a dit, et vlan ! lui assène une baffe magistrale.

Les magistrats qui nous lisent vont, bien sûr, trouver ça « offensive » (offensant) et qui sait, peut-être se plaindront-ils à L’Actualité. C’est normal: toute satire est « offensive » par définition ! C’est son boulot, d’être « offensive »/offensante. La moquerie, la dérision est son commerce. Mais comme disait Gogol, conteur russe qui aimait bien se moquer de ses compatriotes, « Est-ce de ma faute si vos nez sont croches? » Donc, si on se met à admettre ne logique qui recommande de s’abstenir d’être « offensant », toute satire est condamnée par définition, dans sa notion même. La liberté de se moquer, depuis Aristophane et Juvénal (respectivement un Grec et un Romain qui n’y allaient pas de main morte pour fustiger les moeurs) en passant par Rabelais et Swift jusqu’à la comédie à l’italienne, est une formidable conquête de l’esprit humain à laquelle il n’est pas question de renoncer. Offensive this, offensive that… Eh oui chéri c’est ça, offensive tant que tu voudras, mais il nous faut cet instrument de l’esprit qui attrape l’Homme les culottes baissées, la main dans le sac.

Contre l’imprégnation « politcally correct » qui est partie des campus américains au début des années quatre-vingt-dix, qui ressemble à un bon vieux puritanisme mais pourrait en fait être autre chose de plus sinistre, je propose comme antidote ce principe en hommage aux satiristes Mario Monicelli et Paolo Virzì: Personne n’échappe à la moquerie toscane. Quand tout le monde est logé à la même enseigne – par exemple tous les cultes et non-cultes – eh bien, ça aide à faire passer l’amère pilule…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce texte n’est pas un modèle de fluidité stylistique ni de limpidité argumentative! Cela dit, j’aimerais poser une question simple à son auteur. Si, au nom de l’éthique (qui par le discernement doit dépasser la sphère étroite du droit), même dans une société historiquement non musulmane (comme la France laïque et républicaine), les médias doivent faire preuve de « retenue » pour ne pas offenser les musulmans et mettre en péril l’ « harmonie sociale », pourquoi alors ces mêmes musulmans ont-ils le droit de ne pas faire preuve de retenue en affichant publiquement, comme fonctionnaires de l’État par exemple, des signes religieux ostensibles qui offensent les autres citoyens non musulmans du pays qu’ils habitent? L’argumentation de l’auteur confine à une position intenable. Les musulmans ont le droit de dire à des médias non musulmans de faire preuve de retenue pour ne pas les provoquer, mais en retour les citoyens d’un pays non musulman n’auraient pas le droit d’exiger la même forme de retenue chez les musulmans quant à leur façon d’exprimer leurs croyances religieuses, même si celles-ci heurtent leurs valeurs fondamentales (notamment par rapport à l’image de la femme qui s’en dégage)! Si l’auteur de cet article relit avec un peu de sens critique les articles qu’il a écrits dans l’Actualité, il constatera que la marge d’acceptabilité morale qu’il laisse à ses concitoyens québécois dits « de souche » est assez mince. Mes amis, moralise-t-il, il vous faut accepter sans chigner, au nom du respect de droits « fondamentaux », l’affichage ostentatoire des croyances religieuses de ceux que vous avez généreusement accueillis chez vous, et en retour, ceux qui vous imposent ces signes ostentatoires contre vos valeurs auront AUSSI le droit de restreindre votre droit « fondamental » à critiquer ces croyances religieuses à l’aide de caricatures. Décidément, selon cette vision, les droits « fondamentaux » sont loin d’être également partagés! En plus, poursuit cet auteur avec une « logique » implacable, si vous en avez marre de ce pays nommé Canada où la Tour de Pise des droits penche toujours du même bord, sachez par ailleurs que les fédérations, surtout si elles sont canadiennes, ont une moralité supérieure aux États nations unitaires, surtout s’ils sont québécois… Hum hum! Vous voulez rire de moi ou quoi?

Doit-on exercer notre liberté d’expression pour la conserver ?
C’est une question idiote.

À quoi sert la liberté d’expression si on ne l’utilise pas ?

Comme le disait Charb: « la libre expression n’est pas assez utilisée par ceux qui ont les moyens de s’en servir ».

La liberté d’expression n’existe pas vraiment.
On censure quotidiennement non seulement ce qui est jugé vulgaire, mais aussi tout ce qui déborde de la rectitude politique.
On censure aussi, à bien des endroits ce qui n’est pas permis de penser. La pensée permise est de plus en plus pointue. Nous risquons tous de finir comme Dieudonné, mis derrière les barreaux parce qu’on a dit ce qu’il ne faut pas.

On peut aussi constater que la pensée unique progresse et que tous ceux qui en dérogent sont rapidement étiquetés d’extrémiste, de fasciste, de raciste, de xénophobe, d’islamophobe, d’antisémite, d’intégriste laïc, d’américaniste primaire, et aussi du génial étiquetage de « complotiste » ou « conspirationniste ».

Avec cette liberté d’expression devenue en grande partie impossible, tout débat est aussi devenu impossible. L’étiquetage coupe court à toute discussion. Il n’y a plus d’argumentation sérieuse, il n’y a plus d’écoute respectueuse et véritable, il n’y a que des dialogues de sourds et des confrontations de clans. L’insulte et l’attaque personnelle remplacent le respect et l’écoute attentive

Les faits ne peuvent plus être amenés comme argument, ce sont les visions et non les faits qui sont jugés plus crédibles.

De plus avec la constante utilisation des Twitter et Cie, la pensée se réduit à du 144 caractères. Le cliché rapide, stupide, souvent démagogique, déloge toutes les nuances. Le gris n’existe plus, il n’y a que le blanc et le noir, les bons et les méchants. C’est la guerre constante des clans.

Les intellectuels discourent comme des convertis aveuglés par leur assurance.
Il n’y a plus d’intellectuels, il n’y a que des « experts » ! Experts mon c… !

Serge Charbonneau
Québec

Avant de faire référence à quelque chose, mieux vaut bien connaître cette chose.

M. Maclure aurait avantage à voir le film de Théo Van Gogh, Soumission, et surtout de lire l’autobiographie de Ayaan Hirsi Ali, Ma vie rebelle (un livre que je recommande fortement).

M. Maclure parle de positions « immorales » !
«… ceux qui maintiennent de telles positions immorales.»

Dieudonné est peut-être « immorale » à ses yeux !
Tout comme Éric Zemmour.
Tout comme Marine Le Pen !

Lorsqu’on en est rendu à voir ce qui est moral et ce qui ne l’est pas dans les mots et non dans les gestes, cela devient, à mon sens, très dangereux.

On peut nous mettre sous les verrous tout comme Dieudonné, parce que nous sommes jugés immoraux. Dans certaines religions, on lapide ceux et surtout celles qui sont jugées immorales.
Dans notre société, on les étiquette, on les stigmatise, et on leur interdit de s’exprimer.
De plus, n’allez pas défendre ou simplement «comprendre» ceux qui sont jugés « immoraux », « dictateurs » ou même « terroristes ». Vous devenez rapidement complice par association et vous méritez vous aussi le sort qu’on leur réserve.

Je comprends difficilement cette profession de foi dont M. Maclure se sent le besoin d’exprimer. Il dit «Avant qu’on me le demande, oui, je pense que le négationnisme est pire que la publication de caricatures offensantes du prophète islamique.» !!!

Comme s’il fallait constamment répéter et répéter et répéter ce dont toute personne doit être convaincue. Quiconque déroge de cette solide, totale et surtout incontournable conviction est bon pour la chambre à gaz.

M. Maclure tombe dans la sauce confuse lorsqu’il met de côté le sujet principal, la liberté d’expression, pour enfourcher le superbe cheval du vivre ensemble. Cette autre incontournable conviction dont tout le monde DOIT être absolument persuadé disant que la diversité est richesse immense et inépuisable. Vraiment, c’est vouloir de façon un peu démagogique mêler les cartes et brouiller les esprits.
«..que l’on fasse parfois preuve de retenue lorsque nos actes de langage blesseront ou offenseront certains d’entre eux.
Ou, du moins, il faut s’assurer que ce que l’on a à dire justifie d’exprimer des choses qui seront vues comme personnellement blessantes par d’autres »

Selon M. Maclure, une certaine catégorie de gens serait plus sensible que la moyenne et devrait avoir un traitement spécial afin de ne pas les froisser.

On peut parler de retenue pour ne pas « blesser » les croyances d’autrui, mais la retenue n’est qu’hypocrisie. Et l’hypocrisie est un baril de poudre pouvant exploser à tout moment.

Mieux vaut dire franchement ce que l’on pense et donner libre cours à toute la liberté d’expression. Lorsque les choses sont claires, on se respecte mieux ou on s’affronte clairement avec la lumière d’une plus grande compréhension au bout du tunnel. L’hypocrisie est bien plus dangereuse que la franchise.

M. Maclure me donne l’impression d’être comme un chien fou qui coure après sa queue et change d’objectif en fonction de ce que son regard croise.
Il est le père d’une fillette de 5 ans et est agacé par «l’objectification» (!) du corps de la femme.
Il y a aussi la nouvelle notion des nouveaux athées et de la supposée honorable poursuite de la jolie Dalila Awada pour qui le voile ne serait que très peu religieux et surtout coquetterie. Finalement, M. Maclure ramasse un peu tout ce qui à ses yeux est moral et ce qui ne l’est pas. Il est pour la liberté d’expression, mais on a l’impression qu’il comprendrait si on légiférait pour limiter le discours des immoraux.

Serge Charbonneau
Québec

Ma mère m’a toujours dit :
Si tu ne vaux pas une risée tu ne vaux pas grand chose.

Pour moi toutes les personnes, groupes ou institutions pour lesquelles cette affirmation s’applique ne méritent aucun respect. Tolérer leur colère injustifiée est simplement de la lâcheté.

» car le contenu était vu comme fortement injurieux pour de nombreux musulmans »

tout comme ne pas porter le voile…
tout comme se promener seul si on est une femme…
tout comme…
Que direz-vous à votre fillette pour justifier ces obligations de plaire?
Que ceux qui représentent Allah tuent si on est pas d’accord avec eux, vous lui donnerez en exemple Charlie Hebdo, Raïf Badawi et bien d’autres.
Qu’elle doit laisser son chandail favori au taxeur de sa classe et se taire lorsqu’on lui dit de se la fermer?

Ceci dit, la liberté c’est comme du papier de toilette si tu t’en sers pas bien…tu te salis les mains!
Mais la liberté n’inclus pas le droit de tuer si on pense autrement.

Plus qu’un choc de religion, c’est un choc de culture, d’endoctrinement qui se prolonge hors des pays musulmans.
Une non acceptation de vie occidentale.

Bon, il faut commencer par quelque part. Je critique toutes les religions, qui sont l’opium du bon peuple, puisque toutes les guerres ont été causées par des fanatiques qui ne respectent pas les droits des autres. Un être intelligent n’a pas de hargne à l’égard des humains qui ne pensent pas comme lui. Il ne les tue pas. Si les musulmans s’intégraient là où ils vont vivre, il n’y aurait pas de problème. En outre, les bons musulmans devraient crier haut et fort qu’ils sont contre les islamistes et les barbares. Enfin, il ne faut pas tenter de comprendre ou d’excuser les barbares. Il faut les incarcérer et les passer en justice. Et cette justice doit se donner de meilleurs moyens pour mener des procès rapidement. Nous avons tous l’obligation de sortir de nos maisons et de nous exprimer en faveur de la liberté d’expression.

Les «Hara-Kiriens» qui ont fait mes beaux dimanches à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix sont essentiellement les mêmes personnes qui ont été l’objet de la vindicte de cette frange armée. À l’époque, et s’agissant des religions, le Dieu des Chrétiens constituait la cible préférée de Hara-Kiri. Que de fois y ai-je puisé quelque sophisme pour faire enrager l’une ou l’autre de mes trois tantes religieuses avec mes questions de potache. Il faut se rappeler qu’à l’époque, le Québec travaillait fort pour finir de se sortir du bénitier. Hara-Kiri ne faisait pas partie des lectures obligatoires des personnes qui, comme mes tantes nées au début du siècle, avaient intégré en profondeur les notions religieuses.

Personne ici pour alors proposer que l’on interdise H-K dans les kiosques, que l’on ferme ou, pire encore, que l’on brûle lesdits kiosques ou que l’on en décapite les proprios. Paradoxalement, c’est en France que l’on a coupé les ailes à H-K. au moment du décès du Général à cause d’une «Une» irrévérencieuse, ce qui a mené à la création de Charlie.

Malgré les circonvolutions préparatoires et propitiatoires auxquelles vous vous êtes livré et par lesquelles ont passé vos réflexions éthico-philosophiques, il n’en demeure pas moins que l’impression durable que vous me laissez est que vous venez, très habilement j’en conviens, de blâmer les victimes.

Ce qui est éthique pour vous peut ne pas l’être pour moi, et ceux qui accusent les victimes sont les mêmes que ceux qui disent que si je porte une jupe trop courte et qu’on me viole, eh bien c’est ma faute. Et puis il y a le côté intégration de l’immigration. C’est aux nouveaux arrivants de s’adapter à leur nouveau pays, et non vice versa. Dans le context actuel, la laïcité doit s’appliquer à tout.

Si je comprends bien, un pays démocratique devrait accepter de se faire dicter ses lois et règlements par une religion. Si un diktat religieux t’interdit de dessiner Mahomet alors le monde entier ne doit pas le faire. C’est que semble croire le Canada anglais, les États-Unis et le Royaume-Uni, lorsque la télévision et les journaux refusent de publier la une du Charlie Hebdo. Belle notion de la liberté, alors qu’on envoie nos soldats se battre et certains mourir au nom de la liberté.
Voilà où mène le multiculturalisme. Une vraie démocratie ne peut être que laïque.

Bravo et merci M. Maclure d’enfin émettre une opinion dissidente au coeur du désolant consensus québécois.

Sans l’ombre d’un doute, la tuerie visant Charlie Hebdo constitue un acte terroriste indéfendable et une attaque en règle contre la liberté de parole au coeur des sociétés occidentales. Cette barbarie doit être dénoncée, et l’engagement unanime de notre civilisation envers la liberté d’expression doit être réaffirmé. La plupart des médias l’ont d’ailleurs fait, des deux côtés de l’Atlantique, et plus loin encore.

Plusieurs journaux québécois (et le National Post) ont ressenti le besoin d’en faire plus et de republier les caricatures à l’origine des menaces contre Charlie Hebdo, au nom de la solidarité et de la liberté d’expression. Dans un élan digne des Pineault-Caron, Marie-France Bazzo est même allée jusqu’à qualifier de “stupéfiante” et “incompréhensible” la décision des médias canadiens de diverger du consensus québécois et de ne pas publier les dessins offensants.

N’en déplaise aux adeptes de la pensée unique, il existe cependant une interprétation moins grossière des principes en jeu, que votre billet expose très bien.

Personne ne conteste le droit strict qu’avait Charlie Hebdo de publier des caricatures jugées offensantes ou islamophobes. Si la liberté d’expression existe, c’est avant tout pour garantir à tous le droit de tenir des propos qui dérangent et qui mécontentent. Personne ne cherche à retirer une once de culpabilité criminelle et terroriste à ceux qui ont perpétré le massacre de la semaine dernière.

Mais, contrairement à ce que plusieurs chroniqueurs et éditorialistes québécois semblent croire, à l’instar de George W Bush et sa pensée binaire, s’opposer aux terroristes et défendre la liberté d’expression ne signifie pas qu’il faille endosser les actions de Charlie Hebdo, notamment en republiant ses fameuses caricatures. Charlie Hebdo avait le droit d’insulter les musulmans qui, entre autres, considèrent blasphématoire de représenter leur prophète. Mais était-ce vraiment un exemple à diffuser et célébrer, même après la tragédie?

Si les dessins au coeur de l’affaire avaient été offensants pour les Noirs, et l’attentat perpétré par des défenseurs radicaux des droits des Noirs, nos médias québécois auraient-ils reproduit des caricatures racistes pour témoigner de leur engagement envers la liberté d’expression? Auraient-ils, pour les mêmes raisons, diffusé et endossé des caricatures sexistes ou antisémites? Si l’attentat avait été mené par le FLQ contre le National Post, en réponse à son “Quebec bashing” récurrent, aurait-on vu Le Devoir et La Presse titrer “Nous sommes le National Post” et republier, par solidarité, ses chroniques méprisantes à l’endroit du Québec? Il est permis d’en douter.

Les nombreux médias canadiens et internationaux qui ont dénoncé les attentats sans republier les caricatures incendiaires n’ont pas choisi de blâmer les victimes pour leur sort. Ils ont simplement fait porter leur sens critique sur tous les aspects de l’affaire, incluant sur la décision intentionnellement provocatrice et méprisante de Charlie Hebdo d’insulter un grand nombre de musulmans. Il va de soi que personne ne mérite de mourir pour une décision stupide, mais celle-ci n’a pas à être célébrée non plus.

Ce sont des nuances qui semblent avoir échappé à un grand nombre de médias et de commentateurs du Québec, à moins qu’ils ne considèrent que le mépris et les insultes envers les musulmans soient acceptables et dignes de célébration.

Comment peut-on imaginer en 2015 qu’un groupe religieux interdise au monde entier de faire des caricatures sur sa religions. Si tous les journaux du monde libre avaient publier les caricatures du Jyllands-Posten, le carnage au Charlie Hebdo ne se serait probablement produit. Par quelle vue de l’esprit peut-on condamner la barbarie au Charlie Hebdo et ajouter mais …

Les musulmans du monde sont, à mon avis, majoritairement très offensés et blessés par les caricatures de Mahomet, à répétition, dans le journal Charlie Hebdo. Offensés qu’on écrive que le coran c’est de la « merde », offensés de voir leur prophète dessiné tout nu, et toutes les dégueulasseries du genre.

Bien entendu, un acte n’est pas immoral simplement parce qu’il y a des gens qui souffrent. Il l’est, pour moi, si cette souffrance est gratuite, qu’elle ne sert à rien sauf qu’à faire souffrir. Est-ce que ce journal est utile à quelque chose?
Ce que je veux dire c’est : si il y a des mots qui font mal mais qui sont dits de bonne foi et qui sont nécessaires pour avancer la réflexion, ils peuvent être dits. Mais si ces mots, ou ces dessins, font mal, mais qu’ils ne font pas de bien en contrepartie, quelle est l’utilité? à mon avis, les caricatures de Mahomet, celles que j’ai pu voir de mes yeux, ne passent pas le test des 3 passoires : http://www.chezmaya.com/cartesvirtuelles/sagesse/Socrate.htm

Je voudrais ajouter une précision à mon dernier commentaire. Je ne crois évidemment pas que cela doit être illégal, mais je trouve que c’est faire preuve de manque de sagesse, de la part de Charlie Hebdo, de faire dans la provocation comme ils font avec les musulmans. On peut être tout à fait en désaccord avec les agissements d’une personne sans pour autant souhaiter que ces actes soient interdits par la loi. La loi est une chose, la morale et le jugement en est une autre.

Comme le dirait probablement le sage boudhiste Thich Nhat Hanh, Charlie Hebdo a « arrosé les graines négatives » des musulmans en faisant ce qu’ils font. Et ceux qui ont perpétré le massacre ont arrosé les graines négatives de tout le monde.

Donc, si vous porter une jupe un peu courte et vous vous faites violer. Est-ce parce que vous manquez de jugement et que vous faites de la provocation ?

«Doit-on exercer notre liberté d’expression pour la conserver ?» Oui, nous devons l’exercer mais malheureusement c’est souvent compris dans un sens unique. Par exemple,

— affirmer qu’on n’est pas 100% Charlie Hebdo, qu’on a des réserves sur cette « unanimité » exprimée, est suspecté de soutenir les assassins par les tenants de la liberté d’expression à géométrie variable

— sur le site de Radio-Canada on n’a pas publié mon commentaire disant qu’en première ligne de la manifestation de Paris « Je suis Charlie » se trouvaient de chefs d’états sanguinaires et des criminels de guerre. J’en ai nommé un chef, pour exemple (celui du pays qu’on ne peut jamais nommer…). Commentaire désactivé.

— «Je suis Charlie Coulibaly» qui peut s’expliquer de plusieurs façons sans pour autant faire l’apologie du terrorisme mènera peut-être Dieudonné en prison.

— Des jeunes Français refusent de faire la minute de silence. C’est leur droit le plus strict. Voyez la critique qu’ils suscitent.

On pourrait multiplier les exemples qui démontrent que la liberté d’expression bonne et souhaitable pour les uns est « criminelle » pour les autres.

Revenons à la publication des caricatures de Mahomet. Ceux qui choisissent de NE PAS publier exercent leur liberté d’expression. Si on peut parler, on peut AUSSI se taire.

Je suis en total accord avec vous, Marie de Montréal.
Et la liberté d’expression c’est aussi ne pas avoir peur de signer ses opinions.

Serge Charbonneau
Québec

Ceux qui choisissent de ne pas publier exercent leur liberté d’avoir peur et de se plier aux exigences d’un groupe religieux. Dieudonné tient des propos racistes et antisémites, Charlie Hebdo fait des caricatures sur toutes les religions, sur tous les partis politiques, sur tous les extrémistes et sur tous les cons.

« Ceux qui choisissent de ne pas publier exercent leur liberté d’avoir peur »… de déplaire à tous ceux-là qui, de l’autre côté du mur les critiqueront. sans aucun ménagement.

Vous écrivez: « Mais lorsque le Jyllands-Posten a publié ses caricatures du prophète en 2005, je m’y suis opposé, car le contenu était vu comme fortement injurieux pour de nombreux musulmans et qu’il y avait des moyens plus respectueux d’interpeller les extrémistes. »
Vous vous trompez sur le 2e élément de votre opinion: les dessins de Mahomet n’ont jamais eu pour but « d’interpeller les extrémistes ». Je ne vois où vous êtes allé chercher ça.
Quant à ce qui reste de votre justification, « contenu…fortement injurieux » pour de nombreuses personnes croyantes, il s’agit du coeur même du dessin de caricature: exprimer par des représentations picturales fortes et exagérées des idées qui sont parfois blessantes et offensantes pour un grand nombre de personnes (les femmes en tant que femmes, les hommes en tant qu’hommes, les gais, les lesbiennes, les Nord-Coréens, les catholiques, les juifs, les riches, les pauvres et, aussi, les musulmans), pour les tourner en dérision, pour en rire. Je préfère, de loin, un « vivre ensemble » où toutes les idées et dessins circulent ouvertement et librement, quitte à en offenser plusieurs (sous la seule limitation du discours haineux), à un « vivre ensemble » qui rend intouchables et indessinables certains symboles tenus pour sacrés par un groupe de personnes. À quand la caricature d’une Jésus-femme ensanglantée nue sur sa croix? Oui, du sang, des seins, un publis! À quand la fatwa de la Curie romaine?

Les explications et rationalisations entendues depuis la tuerie contre Charlie Hebdo nous permettent de voir, pour ce qu’elle est, la laïcité soi-disant ouverte, à la base du point de vue de M. Maclure et autres tenants de cette position qui ajoutent toujours le «mais» après avoir dit «Je suis Charlie».
Cette forme de laïcité veut faire reconnaître dans l’espace civique – où se gèrent les liens entre les citoyens- la validité de lois religieuses. Ainsi CBC nous dit qu’il ne faut pas reproduire des images de Mahomet parce que l’islam l’interdirait. Veut-on nous dire que CBC obéit aux lois religieuses maintenant? Pourquoi une société devrait-elle respecter des lois de l’une ou l’autre des religions? Seuls les musulmans pratiquants sont concernés par les «obligations» musulmanes tout comme seuls les catholiques pratiquants sont concernés par les «obligations» catholiques.
Dans une société vraiment laïque, le contrat social entre les citoyens reposent sur des lois civiles; pour leur part, les croyants sont libres de suivre les prescriptions de leur religion dans leur vie personnelle. La laïcité «ouverte» veut au contraire permettre aux lois religieuses de déborder dans l’espace civique. C’est le contraire d’une société laïque. Comme le dit très bien Christian Rioux ce matin dans Le Devoir, commentant cette vision plutôt anglosaxonne, «Ici, ce n’est pas le peuple souverain qui instaure un espace laïque où les citoyens sont égaux, mais les religions qui négocient la paix sociale avec le prince. »

Je connais un peuple qui a produit ses terroristes, ses propres « idiots de conviction » parce qu’on l’accusait d’ignorance, de soumission aux curés, de n’être capable que d’obéissance, d’être nul en gestion et de parler une langue bâtarde. Quand ces super cons ont amené Radio-Canada à lire leur manifeste suintant de haine pour cause d’humiliation nationale, tous les intellectuels patentés de la nation ont applaudi à tout rompre. Sus aux anglais !
Un parallèle pourrait être tracé avec les musulmans de France. Comme eux, les québécois auraient-ils accueilli sereinement, en pleine crise, au nom de la liberté d’expression, des caricatures absolument choquantes se riant non pas même de leur religion (ils n’en étaient plus là), mais de leurs idoles et de leurs moeurs? Sans doute pas sereinement, mais je pense qu’ils auraient laissé passer…
Ironiquement, je ne crois pas que les journalistes du Devoir, héritiers des humiliés exacerbés de la nation, auraient été aussi calmes. Sauf que le Canada anglais, en ces jours tragiques de 1970, se retenaient pour ne pas jeter de l’huile sur le feu…

Bonjour Mr Maclure

Alors que la mode actuelle est de déclarer haut et fort que la liberté d’expression doit être conservée, vous appelez à un certain savoir-vivre pour défendre une certaine auto-censure.

Vous n’avez pas tout à fait tort. Présentement, sur certains réseau sociaux, comme Facebook, où il n’y a pratiquement aucune censure: des gens, des jeunes, peuvent dénigrer leur compagnes et compagnons de classe. Certaines photos et vidéos qui mettent leurs collègues dans l’embarras sont publiées. Avec une liberté d’expression excessive, on arrive à la provocation, au harcèlement et, parfois, les gens qui sont soumis à ces commentaires en arrive à se suicider.

Alors, vous avez raison quand vous dites que la liberté d’expression va parfois trop loin.

Dun autre côté, il n’est pas toujours évident de savoir quand est-ce qu’on doit censurer. Il m’est arrivé souvent de choquer des personnes autour de moi quand j’ai abordé un sujet qui est tabou pour eux, alors que je ne le savais même pas. D’autres fois, j’ai carrément voulu les critiquer face à leurs tabous.

Corrigez-moi si je me trompe, mais pour l’Hebdo Charlie, les caricatures sont parues en 2005, et les réactions des groupes islamistes ne semblent s’être faite qu’en 2011. Ces caricaturistes vivaient en France, un pays où la liberté de critiquer et d’insulter est beaucoup plus grande qu’ici au Québec. Et même ici, notre liberté est plus grande que dans le reste du Canada, et surtout plus grande qu’aux États-Unis, où les gens sont facilement poursuivis pour diffamation.

Je suis sûr que les gens de pays ou on doit faire très attention à ce qu’on dit, je suis sûr que ces gens condamneront plus facilement la publication de caricatures de Muhammad (Mahomet). Ça dépend de la morale, et cette morale varie d’une région à l’autre, et avec le temps. Il n’y a pas de morale universelle.

De plus, même certaines remarques, qui n’offusquent presque personne, vont parfois insulter quelques personnes ici et là, de sorte que, si on veut vraiment empêcher les insultes, il va falloir arrêter de parler. Même là, ce ne sera pas suffisant, parce qu’un regard, ou même juste un vêtement, peut insulter l’autre.

Je pense que, d’une part, on devrait censurer davantage sur les réseaux sociaux comme Facebook. Les insultes que certains écrivent, de façon anonyme, n’ont pas leur place en société. D’un autre côté, on doit aussi garder une certaine place à notre liberté d’expression, même en caricature, parce que parfois on n’a pas d’autre façon de faire réfléchir les gens que par la dérision.

Quand j’étais petit et qu’on se moquait de moi, mes parents disaient: «si tu ne vaux pas une risée, tu ne vaux pas grand chose». Ce principe n’est plus populaire de nos jours, mais peut-être devrait-on y revenir, et développer notre confiance en soi, celle qui nous permet de passer outre aux quolibets.

Quant aux religions, surtout celles qui promettent l’enfer à ceux qui ne les suivent pas, je pense qu’on doit continuer de les critiquer vertement. On ne doit pas se laisser pousser en enfer sans réagir. Parce que ne rien dire, c’est en même temps leur laisser le champ libre pour qu’ils nous considèrent comme indigne d’être considérés en tant qu’être humain capable de réflexion. Et ça, ça doit cesser.

Les dieux de ces religions religiocentristes (quand ce n’est pas ethnocentristes) sont carrément odieux lorsqu’ils promettent l’enfer éternel aux non-croyants. On doit se battre contre ça… Notre dignité est en jeu.

Toutes les religions doivent être vertement critiquées, incluant les religions dites laïques.
Critiquer vertement, cela devrait pouvoir dire exprimer son désaveu ou ses convictions propres, attendre la réponse, écouter attentivement, puis répondre de manière constructive à chacun des arguments, en tentant d’aller si c’est possible, vers un terrain d’entente, ou, à défaut, en clarifiant ses désaccords. En France, on ne discute pas avec les croyants musulmans, on ne les critique même pas, on les catégorise, on les fiche, on les tient à distance, on les « dévoile », on les éduque et on les encadre. C’est un long monologue où les musulmans n’ont rien à dire. Minoritaires et absents des médias, des chapelles intellectuelles, des lieux de pouvoir, ils ne disposent pas de moyens efficaces leur permettant de se faire entendre. Le pire, c’est qu’on les blâme sans cesse de ne pas se manifester!
Le débat entourant Charlie Hebdo; ont-ils eu tort, auraient-ils dû, se fait sans les musulmans, pourtant citoyens à part entière de la République. Les intégristes ne sont pas toujours ceux que l’on pense.
Je suis athée, mais je n’en fais pas une religion.

C’est être tellement convaincu d’avoir raison, de croire au communisme, à la Nation, au socialisme, au complot de la CIA, au pouvoir de la gucosamine, au danger des compteurs d’Hydro-Québec, que l’on refuse de collaborer, d’échanger, d’entendre d’autre arguments que les nôtres. Pas besoin du Bon Dieu pour avoir l’esprit religieux, le sentiment d’être élu par la grâce ou un savoir particulier.

L’éthique me fait chier quand elle permet de dire qu’on peut rire de Marx, mais pas de Mahomet !

Charlie Hebdo : chercher à comprendre pour éviter les pièges. Un loooong texte de Grégoire Lalieu qui mérite d’être lu .

Il commence ainsi:

« Quel rapport entre la découverte du pétrole, le rire de Nasser, la guerre d’Algérie, la révolte des banlieues et l’attentat de Charlie Hebdo ? Aucun si l’on s’en tient au registre émotionnel et au discours sécuritaire qui ont fait suite à l’attaque du journal satirique. Pourtant,…………. »

Et voici ses intertitres:

L’islamisme réactionnaire contre le nationalisme arabe
Le jihad en Syrie, pas à Paris
Comment l’islamophobie a gangrené la France
Charlie Hebdo : des gauchistes anars ou des réacs islamophobes ?
Le choc des civilisations ou la lutte des classes ?

Je ne comprends pas qu’un professeur d’université, même s’il ose se prétendre philosophe ou professeur de philosophie, puisse se montrer si peu critique et rapporter des erreurs. Car tant la caricature que le blasphème ne font pas partie des fondamentaux de l’Islam. Ce sont des ajouts relativement récents, comme pour les catholiques le sont les dogmes de l’infaïbilité papale et de l’immaculée conception. Ce qui est interdit dans les religions abrahamiques, c’est l’idolâtrie et les représentations de Dieu. Comment d’ailleurs le représenter, il ne s’est jamais montré! Voir l’excellent article du Vif.be sur le sujet à http://focus.levif.be/culture/livres-bd/non-le-coran-ne-condamne-pas-les-representations-de-mahomet-oui-mais/article-normal-361759.html

Au lieu de lire Charles Taylor, Monsieur Maclure devrait lire la fable « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf » de Jean de la Fontaine. Cela lui éviterait peut-être de faire la morale à ses concitoyens à partir d’arguments creux et de prémisses fausses…

Pourquoi les musulmans lisent-ils Charlie Hebdo ? Pour se sentir offensé par des caricatures, il faut d’abord les regarder. Et les pages d’un magazine ne s’imposent pas à nous. Libres à chacun de les lire ou non.

Cela dit, je ne vois pas l’utilité de publier ce genre de caricatures dans la plupart des média occidentaux. C’est une provocation inutile et gamine. Encore une fois, ceux qui tiennent à voir ce genre de caricatures n’ont qu’à se procurer les magazines spécialisés.

Ensuite, si l’on veut critiquer une religion ou une autre, le recours à une argumentation logique et cohérente est infiniment préférable à de petits dessins coquins.

Donc, je suis pour la liberté d’expression. Mais je ne suis pas Charlie. Charlie traite tout le monde de con parce qu’il est con lui-même.

(0)

« Il s’agit de faire preuve de discernement quant à la façon dont on devrait l’exercer. Cela demande plus d’effort que de s’en tenir à des maximes simples, du genre «on devrait toujours offenser si on le souhaite». Le raisonnement éthique ne se réduit pas à suivre des maximes aveuglément. »

Quand les philosophes auront des propos de meme sur les croyances et confession religieuse elle meme, plutot que de la complaisance je pourrai pretendre que ca sonne sincere …

D’ici la … je ne peux m’empecher de penser que celui qu l’ecrivais devait fort probablment s’etouffer de rire …

Serieusement les religions sont les niaiseries qui font le plus dans les maximes simples et maximes qu’on suit aveuglement …

Et le comble qui rend le tout d’une ironie etrange … c’est que le coeur du probleme ici c’est justement des croyants qui prennent les propos d’un soi disant prophete a a la lettre et qui veulent imposer a tout le monde leur maxime simple visant a ne pas representer le prophete …

(1)

« «Un droit qu’il est préférable de ne pas exercer est-il encore un droit ?» demande Antoine Robitaille. Si on ne peut jamais l’exercer, non. Mais ce n’est pas ce dont il est question. »

C »est exactement ca la question …

Contrairement a ceux qui utilisent la langue pour induire en erreur disons… c’est evident que la question c’est ca. Mais une autre question pourquoi des philosophes de facto nous disent que la question serait pas ca …

J’ai honte a mes philosophes …

(2)

On en revient a 1984 et la novlangue …

« mais je ne suis pas du tout certain que de les interdire soit justifié »

Cette phrase en bout de compte conclut sur le vide … et est malhonnete … le blogueur pourrait etre tout a fait en accord avec le fait de les interdire et la prononcer tout de meme ….

J’ai honte a mes philosophes …

(3)

On en revient a 1984 …

« Doit-on exercer notre liberté d’expression pour la conserver ? »

Ici on dirait la guerre c’est la paix …. la haine c’est l’amour … etc …

En fin de compte j’en ai d’autre …

Doit on exercer nos droit pour les conserver ?

Doit on exercer notre liberte de conscience pour la conserver ?

J’ai honte a mes philosophes …

(4)

« Ou, du moins, il faut s’assurer que ce que l’on a à dire justifie d’exprimer des choses qui seront vues comme personnellement blessantes par d’autres — s’assurer, en quelque sorte, que le jeu en vaille la chandelle. »

On en revient a une conception de la liberte d’expression qui nous ramene en arriere …

Du type village ou tribu …

J’ai honte a mes philosophes …

(5)

Pis les arguments de peur en novlangue … mais c’est tant mieux j’ai mon decodeur …

« Quand faut-il faire preuve de retenue au bénéfice de la coopération sociale ? Quand faut-il au contraire être irrévérencieux et insolent ? Nous ne pouvons l’établir dans l’abstrait »

Si vous riez des dieux des autres … en represaille ils vont « diminuer votre cooperation sociale »

ajout

———————

(1)

Qu’on permette a des gens d’adherer a toutes sortes d’idees … niaiseuses … meme au peril de leur vie comme les ateliers de sueur … ou la hutte de chez pas quoi …

Au peril de de leur sante pour des adeptent de la biologie totale … ou meme inutile en utlisant des produits homeopatiques si ca leur chante …

ou meme au peril de leur esprit en ce qui concerne les sectes et divers mouvement et confessions religieuses avec pratique englobante …

ou meme de perte financiere en regard de la voyance ou autre niaiserie …. et a nouveaux certaines sectes qui demande du money money ….

C’est un affaire ….

Et sur le fond … malgre mon amour de mon prochain, ma volonte de sauver pierrejeanjacques de lui meme est limite …

On peut pas faire plus « liberale » de notre societe liberale …

—-

(2)

Par contre mon gros gros probleme c’est que la religion se transmet au depart par les enfants et leur endoctrinement …

En limitant leur liberte de conscience …

Pour moi c’est un probleme insurmontable …

(3)

Maintenant … mon gros probleme maintenant ….

C’est qu’on viendrait m’imposer un crime de blaspheme …

Certains sortent les gros bras …

Mais d’autres plus subtil vise a instrumentaliser les tribunaux et en faire un espece de crime haineux alors que sur le fond le subterfuge est visible …

Et d’autre vise dans le font a utiliser une method du type village et tribu … l’opprobe populaire …

Celui qui emettrait un propos juge po fin … se ferait faire les gros yeux … et on le jugerait lui comme niochon ayant ete a l’encontre du dogme du vivre ensemble . En faisant un truc de moeurs, un crime de lese majesties … ou l’autocensure se ferait parce qu’on me ferait les gros yeux …

(4)

Je vais le dire clairement …

Ma liberte de conscience jy tient et les pas content … c’est leur batard de probleme …

Mon point de vue d’anti theiste est le suivant.

Les livres saint sont non seulement faux, les temoignages mystiques supercheries et manipulation. Nos confession religieuse s’en prenn aux plus faible soit les enfants en les endoctrinant … et certaines sectes qui font du porte en porte … aux personnes ages …. et personne seules , sinon pur d’autres on vise les conversion de gens en grose crise existencielle et en burn out de ceci ou cela ….

Mais sur le fond ces livres soi disant saint et soi disant prophetes ….

Ils n’ont rien d’inteligible, dintelligent a dire sur le monde, l’univers … non seulement leur cosmologie m’explique pas la nucleosynthese et autres phenomenes fascinant mais sont meme faux de quelques milliards d’annees pour certaines …

Point de vue droit … ils sont simpliste, revenchard, vindicatif et discriminatoire, vision simple du bien et du mal … et surtout ces codes manque l’ampleur intellectuel, de nuance et leur chatiment souvent cruel et ridicule. Ces codes ne valent en rien code civil, criminal, chartes malgre leur trop grande impecfection.

Ensuite ils constituent de la tres mauvaise litterature … tres mal ecrit … et histoire peu interessante … pis on dirait que dieu parfois prend de la drogue dure et divague …

De tous les points vue ils constituent une perte de temps et je considere qu’il vaut mieux de lire autre chose pour le peu de temps qui nous est donne sur terre ….

(5)

Et au final je me reserve le droit de rire des croyances et des opinions … de pierrejeanjacques avec autant d’avidite que ceux ci s’y mettent pour decreter le reel, et la verite ….

Et ca concerne aussi ceux qui sont fondamentalistes et integristes dans leur pratique …

« Doit-on exercer notre liberté d’expression pour la conserver ? »

OUI!

OUI !

TRÈS OUI!

Pas besoin de lire un texte pendant 15 minutes pour le savoir.

Qui va à la chasse perd sa place.

Si quatre milliards rient de Mahomet tous régulièrement l’affaire deviendra banale sera mis aux oubliettes par ces religieux.