Bonjour, mon nom est J-F Lisée. Je suis anglophile.

Des questions qu'il ne fallait pas poser ?

Ce titre, véridique, est un message de bienvenue en forme de clin d’œil à notre blogueur invité, le chroniqueur Josh Freed de la Gazette, qui va dialoguer avec nos internautes, le temps que notre dossier spécial sur les Anglo-Québécois sera en kiosque.

Josh signe son premier papier: Bonjour, mon nom est Josh. Je suis anglophone. Ce titre est un gag en soi. Car il reprend la formule consacrée par les Alcooliques Anonymes où chacun se présente ainsi: « Bonjour, mon nom est XX. Je suis alcoolique ».

Josh nous fait donc un aveu, comme s’il était porteur d’une tare: être anglo au Québec. Ayant lu notre sondage, il en tire cette grande conclusion:

Le point important pour moi, c’est que les choses s’améliorent rapidement ici au Québec ; notre communauté anglophone évolue plus rapidement que beaucoup d’habitants du monde occidental.

Le Québec est un lieu fascinant et il nous a rendus, nous les anglophones, plus intéressants aussi. Je pense que, à l’image de mon voyage de la rue Deleppy à la rue De L’Épée, notre communauté a parcouru un long chemin au cours des années.

Mais c’est un voyage qui vient de commencer, et il faut que nous fassions tous preuve de patience, de générosité et d’empathie pour l’aider. Avec ça, je crois qu’on pourra construire une communauté anglophone forte dans un Québec francophone fort, un endroit où les deux solitudes ne feront qu’un.

Une capacité d’introspection ?

La réaction de Josh à notre sondage, comme celle de Jack Jedwab dans le magazine et celle de notre collègue Martin Patriquin lors d’une entrevue à Benoît Dutrizac ce jeudi midi est essentiellement celle-ci: vous nous reprochez encore quelque chose ? Sachez qu’avant, c’était pire. Et que maintenant, c’est beaucoup mieux !

Oui, oui. C’est vrai. Et c’est ce qu’on écrit en large et en travers. Mais la communauté anglophone est-elle capable d’introspection ? (Pas toute, c’est certain. Avant même de lire la première ligne du texte, le chroniqueur de la Gazette Don MacPherson avisait ses lecteurs de la gazouillosphère: « let the anglo-bashing continue » (que la victimisation des anglos continue!).

Il y a matière, à notre avis, à introspection. Car notre sondage décrit une réalité paradoxale : celle d’Anglo-Québécois nageant avec plus d’aise que jamais dans une réalité francophone. Un sur deux a un conjoint francophone. 80% se dit capable d’avoir une « conversation significative » en français et, de fait, la moitié passent plus d’une heure par semaine à parler français. Les deux tiers des enfants anglophones vont soit dans des classes d’immersion, soit à l’école française, comme les enfants de Josh.

Que demander de plus ? Rien, sans doute. Ou oui, pour citer Josh, un peu de « de générosité et d’empathie ». Si oui, a-t-on le droit de s’étonner qu’avec une telle connaissance du fait français, les Anglo-Québécois aient si peu de sympathie pour la cause du français. On ne leur demande ni de signer des pétitions ou de faire des manifs, ni de se joindre au MNQ ni même de voter PQ.

Seulement de répondre à une question de sondage: les francophones devaient-ils avoir le droit de travailler dans leur langue dans les grandes entreprises ? Est-ce si difficile de dire oui ?

Et pourquoi, parmi les majorité d’anglos qui disent non, y en a-t-il davantage chez les moins de 34 ans que chez les plus de 55 ans ? Davantage chez ceux qui sont nés ici que chez ceux qui ont émigré au Québec ?

La déception de l’anglophile

Selon le Petit Larousse, un anglophile est celui « qui a de la sympathie pour les Anglais, pour ce qui est anglais ». Je l’avoue, c’est moi tout craché.  J’ai toujours voulu bien parler l’anglais, suis allé l’apprendre en lavant de la vaisselle en Alberta et sur le campus de Glendon College ou je tentais de convaincre les jolies torontoises des bienfaits de l’indépendance et du socialisme.

Je ne me suis pas fait que des amis chez les souverainistes en affirmant qu’il ne fallait pas que le Québec soit aussi français que l’Ontario est anglaise et qu’au contraire, il fallait introduire comme objectif dans notre politique linguistique une triple sécurité : celle de la majorité francophone, de la minorité anglophone et des nations autochtones. Et qu’en cas de perte de masse critique, il faudrait intervenir pour la rétablir.

On me reproche encore d’avoir écrit le discours du Centaur de Lucien Bouchard au lendemain du référendum de 1995 (j’y citais Josh Freed — et M. Bouchard a mal prononcé son nom!). J’aggrave mon cas en affirmant ici que je l’ai non seulement écrit mais ai convaincu mon patron de l’opportunité de le tenir. En fait, j’aurais voulu qu’il y retourne chaque année !

En plus, j’ai écrit dans Sortie de secours en 2000 un long passage sur la nécessité de respecter l’identité canadienne des Anglo-Québécois après l’indépendance du Québec et de réfléchir à des aménagements en ce sens. J’étais d’ailleurs opposé aux fusions municipales à Montréal notamment par respect de l’identité des villes anglophones. Je suis un admirateur de Winston Churchill et de Tommy Douglas, un lecteur de Le Carré et de Margaret Atwood, j’écoute des séries britanniques et la CBC. Je me suis même dit favorable à ce qu’on nomme une rue en l’honneur de Mordecai Richler !

Pourtant, je suis favorable à la fusion des cégeps anglophones dans un réseau collégial francophone, à l’institution de la citoyenneté québécoise et à une politique de l’immigration beaucoup plus ciblée sur les candidats ayant le français comme langue d’usage au point d’entrée, à l’adoption d’une nouvelle loi 101 s’étendant aux petites entreprises, etc.

Je suis un cas. Je sais. Mais parce que je me déclare anglophile, je me sens autorisé à être optimiste (idéaliste?) quant aux relations entre le nouvel anglo et le Québec francophone, donc d’être déçu de ce que je trouve.

Pourquoi des gens qui ont appris le français, couchent avec un francophone, insistent pour que leurs enfants soient bilingues à 18 ans répondent-ils massivement non lorsqu’on leur demande s’ils se sentent, comme Québécois, un devoir quelconque de contribuer à préserver le fait français ? À leur place, il me semble, j’aurais dit: évidemment ! c’est ce que je fais ! J’ai appris le français, je couche avec un francophone et mes enfants l’apprennent !

Et pourquoi est-ce pire chez les plus jeunes ?

Il y a là une réticence à montrer de la sympathie et de la générosité envers les francophones que, de l’extérieur, je ne m’explique pas. Je cherche un anglo qui pourrait le faire. Mieux encore, je cherche un anglo qui s’en attriste avec moi. À l’aide…

Josh ???

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« je tentais de convaincre les jolies torontoises des bienfaits de l’indépendance et du socialisme »

Mort de rire! Vraiment super votre gag de 15h15!

Ça aurait été plaisant d’avoir la question du sondage! Parce que, selon votre description éloquente…. Soit elle a mal été comprise, soit elle est mal rédigée!!! Soit les anglophone sont des tarés, mais je sais que ce n’est pas la 3eme!

Si on nous abolit nos cégeps, ce ne sera pas compensé par tous les discours « anglophiles » qu’on peut tenir par ailleurs. Ce ne sera guère mieux que le règlement 17 qui avait aboli le droit des Franco-Ontariens d’être éduqués dans leur langue.

Nier à la population le droit d’élire qui elle veut, surtout sur un critère de langue appelé faussement « citoyenneté », est profondément antidémocratique. Quand on sait que les Irlandais du Nord avaient le droit d’élire au Parlement des membres de l’IRA emprisonnés, la comparaison n’est pas flatteuse.

Et il y a plus qu’un léger côté orwellien à dire à un immigrant potentiel, « Oui, nous savons que vous maîtrisez parfaitement le français, mais est-ce que vous *préférez* le français? Non? Dommage pour vous alors! »

La France, au grand complet, est anglophile. Les Anglais achètent des terrains dans le Sud de la France pour s’y retirer pendant que les Français rêvent d’anglicisation. Le français et devenu une langue culturelle pendant que l’anglais est plus…universel, la langue des affaires et des communications.

Les Québécois anglophones qui ne savent pas le français sont handicapés culturellement pendant que les Québécois francophones qui ne savent pas l’anglais, sont handicapés culturellement, financièrement et autrement. Pas difficile à constater.

Sorry !

Je suis heureux d’apprendre que vous préconiser de tendre la main vers nos anglo après une victoire du oui. Peu importe ce qui adviendra, quitter le Canada demeure une image. On changera la carte, mais on ne changera pas le territoire!

Ca embrouille toujours un peu des doubles statuts de majorité et de minorité, que les québécois et les anglo-québécois vivent en parallèle. Nous devons tous les deux user de notre force acquise de la majorité avec sérénité, et nous défendre férocement du à notre statut de minorité.

Ne vous en faites pas, c’est un vieux réflexe de colonisé, le bwana viendra vite vous réconforter et si vous êtes reconnaissant, il enlèvera bien un ou deux maillons de votre chaîne …

on dirait que les anglos se prêtent au jeu de parlé français par obligation mais surtout pas par respect de la majorité que nous sommes dans leur canada majoritairemnt anglo…

Je l’ai écrit et je le répète : tant qu’au Québec il y aura des Québécois francophones, les rapports entre francos et anglos seront toujours d’abord basés sur un rapport de force.

Le dresseur de tigre ne survit dans la cage que parce qu’il sait que le tigre peut le dévorer.Ça n’empêche pas, toute fois, le dresseur d’aimer son fauve, au contraire.

« Un rat blanc à son congénère : J’ai tellement bien dressé mon psychologue que, chaque fois que je sonne, il m’apporte quelque chose à manger. »
[David Mercier]

Si je me fie à mon propre bilinguisme, je ne pense pas qu’apprendre une langue seconde augmente nécessairement l’affection pour le peuple ou la culture apprise. Au contraire même.
C’est en apprenant l’anglais, en voyageant à travers le Canada, en lisant les journaux canadians, en écoutant Don Cherry et en lisant Mordicai Richler, que je suis devenu anti-canadian.

J’imagine que la même logique opère pour les Anglos au Québec qui apprennent le français. Plus ils nous comprennent, moins ils nous aiment.

Les Anglos me font penser aux fédéralistes Québécois type gesca et ceux du plq. Pour eux le Québec est un endroit formidable mais il se doit de demeurer une province soumise à l’establishment Anglo.

Bien sûr le Québec est formidable ,fort possiblement une des sociétés les plus créatives au monde et ça dans tout les domaines.

Les anglos adorent vivre au Québec en autant que ce presque pays demeure une province.

Parce que leur allégeance première va au Canada et à la reine ils sont avant tout Canadians. Tant que le Québec demeure une province il y aura toujours ces deux solitudes.

Aussi je ne considère pas des types comme Brent Tyler,Don Macpherson,William Johnson.Howard Galganov comme étant nos amis…

Un bon ami à moi, qui est « angloquébécois de souche », se dit très favorable au projet souverainiste. Il est parfaitement bilingue (avec accent charmant) et dit aimer le Québec et se reconnaître dans ses valeurs social-démocrates, d’autant plus qu’elles n’existent plus dans le Canada d’Harper. Mais ne il ne voterait pas OUI au prochain référendum, dit-il, parce qu’il craindrait de ne devenir qu’une sorte de citoyen anglophone « toléré » dans un Québec-pays (qui après tout sera peut-être dirigée par une unilingue francophone).

Force est d’admettre que depuis René Lévesque, personne n’adresse sérieusement cette crainte sans doute justifiée des Anglos. Le discours souverainiste péquiste est avant tout identitaire (donc ni plus ni moins ethnique). Seuls André Boisclair et Gilles Duceppe, à ce que je sache, ont sincèrement parlé d’un projet de souveraineté « inclusif ».

Enfin, si on se fie au fait que 95% des anglophones ont voté NON au dernier référendum (comme 90% des allophones), on doit constater que l’invitation, si elle existe, ne se rend pas du tout.

Un projet de souveraineté 2.0 qui transcende l’identité franco-ethnique et qui vise aller chercher plus de 50% du vote anglophone et allophone, est-ce que ça se peut? J’espère que oui. Dans le Canada d’Harper, bien des non-francos attendent une invitation sérieuse à se joindre au projet, but what’s in it for them?

Any thoughts?

J’ai écouté l’entrevue avec Dutrizac dont vous étiez invité avec Martin Patriquin. Ce que j’ai retenu de cette entrevue c’est l’agressivité et la victimisation a peine dissimulée de Martin Patriquin face au sujet abordé, soit votre sondage des plus respectueux et des moins xénophobe envers la communauté anglophone et l’attitude des jeunes de cette communauté face a la réalité linguistique québécoise et surtout Montréalaise.

Je suis a même de constater que c’est absolument vrai que le nombre d’anglophones qui parlent français a augmenté de façon importante. Je suis musicien et il m’arrive de faire de la musique avec des anglophones du » West Island » de Montréal et la majorité de ceux –ci et même que parmi la clientèle de l’établissement majoritairement anglophone parlent un français correct et parfois très bien.

Le problème étant qu’un francophone comme moi qui visite un groupe d’ anglophones dans un quartier anglophone et dans un bar anglophone est très bien accepté quand il est bilingue ( comme moi ) et qui se mêle au groupe . Par contre je ne suis pas certain que ces mêmes anglophones, très sympathique en passant, se force beaucoup pour parler français dans des quartiers de Montréal et des banlieues majoritairement francophone quand ils s’y trouvent.

Patriquin nous a donné un exemple frappant de l’attitude d’un grand nombre d’anglophones Montréalais , paranoïaque , agressif , victime éternel et en ce qui concerne l’ entrevue avec vous chz Dutrizac , un manque de CLASSE flagrant quand il vous a traité de vieux nationaliste avec un dédain a peine dissimulé et un petit ton baveux qui nous démontre une incapacité a discuter de façon pragmatique quand il est question de la réalité linguistique du Québec . Les mêmes qui traitent les québécois d’émotif ?????

Bonjour M. Lisée,

Je pense que vous placer la barre un peu haute. Je comprends tout-à-fait que les anglophones ne se voient pas comme ayant un devoir de préserver le français. Et à mon avis, ils n’en ont pas. Oui, ils font le choix de parler le français et de le faire apprendre à leur enfant, mais il pourrait tout-à-fait faire le choix contraire. Je pense qu’il est plus efficace de les inciter à faire un choix en toute liberté que d’essayer leur créer un devoir.

Votre attitude anglophile n’est pas dominante dans le mouvement souvrainiste, au contraire, on retrouve beaucoup d’intolérances (comme des gens qui parlent de violence pour quelques minutes de chansons anglaises à la Saint-Jean). Je pense qu’il est inapproprié d’attendre que les anglos trouvent le français langue de travaille normal dans ce context.

D’accord avec la plupart de vos propos. La communauté anglophone serait une richesse pour le Québec dans l’éventualité (souhaitable) d’un passage au statut de pays souverain.

Mon explication personnelle du phénomène que vous déplorez est la suivante: les Anglos apprennent le français s’ils sentent que c’est indispensable pour vivre au Québec. Depuis une dizaine d’années (en fait, depuis la défaite de 1995), ce sentiment est en train de s’étioler. Ceci explique pourquoi les jeunes Anglos, qui n’ont pas connu l’époque du Québec revendicateur sur la langue, sont si indifférents face à l’avenir du français. Ils sont nombreux à pouvoir se débrouiller en français, mais il voient cette langue comme un boulet, comme un « prix à payer » pour vivre à Montréal. Si le français disparaissait complètement de l’espace public à Montréal, ils seraient bien contents, la vie serait plus simple pour eux.

Après tout, pour eux, Montréal n’est pas une ville d’un pays francophone, mais bien d’un pays anglophone, le Canada. Il ne faut pas se bercer d’illusions sur l’harmonie entre les deux communautés: il y a une bataille linguistique à Montréal, et les Anglos sont en train de la gagner.

Puisque vous avez demandé l’avis des anglophones, je vous donnerai le mien. J’ai choisi de déménager ici, je suis assez francophile et je me sens même pas mal dépaysé lorsque je retourne chez mes parents en Ontario. Pourtant, je ne me sens nullement Québécois. Pour ma part, la réticence à montrer de la sympathie et de la générosité envers les francophones comme vous dites découle de la notion bien ancrée dans une bonne partie de la société francophone ici que ma langue (que vous conviendrez sans doute en tant que francophone fait partie de l’identité) est quelque chose de toxique et détestable. Il est assez difficile de ressentir de la sympathie pour les francophones lorsque je me promène à Notre-Dame-de-Grâce et je vois les autocollants posés par la ville pour cacher les appellations anglophones « St. » « Blvd » etc. dans un quartier où 80 % des résidents parlent anglais à la maison. Il est assez difficile de ressentir de la sympathie quand l’idée qu’un groupe anglophone puisse chanter en anglais à la St-Jean suscite un tollé anglophobe ou lorsque je lis des chroniqueurs comme Gilles Proulx ou Richard Martineau se plaindre ouvertement qu’il y a trop de gens comme moi à Montréal. Dans le fond, ce que vous demandez, c’est que les anglophones québécois nient ce qu’ils sont, d’où le manque de sympathie de notre part. Qu’on le veuille ou non, il y a un grand composant anglophone à Montréal depuis plus de deux siècles. Le reconnaître comme un avantage et non le déplorer serait le minimum pour obtenir la sympathie des anglos.

« Les Québécois anglophones qui ne savent pas le français sont handicapés culturellement pendant que les Québécois francophones qui ne savent pas l’anglais, sont handicapés culturellement, financièrement et autrement. Pas difficile à constater. »-Gilles Bousquet

Tellement factuel, excellent commentaire.

De toute facon il y a des decennies que les Quebecois de souche ne font plus d’enfants. Le reste, c’est simplement mathematique et une question de temps.

Separation ou pas.

Pourquoi les anglos devraient-ils manifester de l’enthousiasme pour le Québec des francophones ? L’actualité ne cesse de nous ressasser notre médiocrité. La majorité de nos personnalités publiques sont déprimantes et sans envergure. Plusieurs de nos artistes se complaisent dans la facilité. Nous refusons de nommer nos limites et de nous améliorer. Nous ne nous projetons pas dans un futur dépassant trois ans. Et ceux qui font vraiment des efforts sont ostracisés, finissent par s’épuiser ou émigrent. Désolé, je dois être déprimé, ces jours-ci!

@ Edgar Pruviance

Vous écrivez : «Mais ne il ne voterait pas OUI au prochain référendum, dit-il, parce qu’il craindrait de ne devenir qu’une sorte de citoyen anglophone “toléré” dans un Québec-pays.»

Ma première réaction est de regarder autour de moi. Beaucoup de ma famille, des amis et de mes connaissances sont souverainistes et ils voteront OUI à un prochain référendum sur le sujet. J’écoute les ténors de la souveraineté. Jamais je n’ai entendu quoi que ce soit de leurs bouches qui justifie l’appréhension de votre ami. Je pense sincèrement que votre ami, sur ce sujet à tort. Il semble même un peu paranoïaque selon ce que vous en dites.

Ma deuxième réflexion est de me dire que, lorsque la souveraineté se fera, la réaction des francophones dépendra justement du comportement de nos citoyens anglophones.

Je me souviens très bien des années où le PQ accéda au pouvoir et celles de l,adoption de la loi 101. J’avais alors constaté combien les Québécois francophones étaient devenus subitement beaucoup plus tolérant, voire même moins revendicateurs. La plus grande assurance que le nouveau gouvernement était de leur bord avait réduit formidablement les tensions.

Je crois sincèrement que le même phénomène jouera lorsque le Québec accédera à la souveraineté.

«Ce que la chenille appelle la fin du monde, le Maître l’appelle un papillon.»
[Richard Bach]

Vous faites erreur monsieur Pruviance. Nonobstant le fait que votre ami anglo soit parfaitement sympathique, et il n’est pas le seul dans son genre, jamais l’invitation ne se rendra jusqu’aux autres.

La seule façon de s’en sortir, nous comme peuple, sans fermer la porte à ceux et celles qui veulent se définir comme Québécois, c’est de nous rassembler et d’exprimer un vote ethnique.

Un vote ethnique Québécois aussi groupé et fort que le vote ethnique Canadian qui ne se gêne pas pour s’afficher.

La preuve est faite. On croyait que le sens démocratique puisque tout le monde il est gentil, ferait en sorte que le vote se fractionerait chez les anglos comme il se fractionne chez les francophones.

On avait pas vraiment compris. Faut dire qu’on nous a tellement traités de raciste, et qu’on est assez caves qu’on l’a cru, alors fallait pas parler trop fort de nation…

Quelle connerie sans nom. Of course des anglos (zavez r’marqué j’espère, j’ai écrit «des»…) en grand nombre se définissent first and foremost as canadians. Just like John James Charest.

Comment voulez-vous dans ces conditions qu’ils s’identifient au Québec et au combat des Québécois et à la langue française? Faut pas rêver.

Quant aux Allos, la plupart pour ne pas dire la très grande majorité, et cela inclus un paquet de français, arrivent ici et émigrent au Canada.. Pas au Québec. Sauf quand ils arrivent ici par le coeur. Et alors ça dépend des convictions du ou de la conjoint..

Plusieurs immigrants se comportent en canadians parfois par peur d’être renvoyés d’où ils viennent.

Et d’une manière générale ils se fichent comme de leur premier biberon des états d’âme des Québécois de souche. Peut-on vraiment le leur reprocher quand notre propre gouvernement ne cesse de leur envoyer des messages équivoques?

Entendu comme slogan sur CHOM FM: « because we live here too ». Ça en dit long.Et que pense la plupart d’entre-nous quand on entend ce slogan? On pense « cabane de Westmount » et on lance un « pfffff! Les pauvres p’tits! » méprisant.
Je pense que la réaction des jeunes anglophones s’est développée en réaction à notre attitude (qui s’était développée aussi en réaction à une situation mais bon, c’est une roue qui tourne…). Si les seuls contacts qu’ils ont avec la majorité se fait par une vision qui caricature le militantisme des francophones (surtout le mouvement souverainiste), ils ne peuvent que développer un mépris évident. À quelque part, la vision de l’Autre, on l’a soit des médias(qui caricaturent souvent dans le populisme), soit de nos politiciens (qui abusent eux aussi des généralisations caricaturales) soit par une expérience personnelle. Et encore, retiendra-t-on les expériences normales et naturelles d’interaction avec l’autre ou retiendrons-nous les quelques fois où nous sommes tombés sur un militant imbécile qui ne sait rien de l’Autre que ce qu’il a entendu aux nouvelles?
On présente toujours la progression de l’anglais comme un danger. De l’autre côté, qu’est-ce qui était montré sur les canaux anglophones pendant la mini-crise sur l’unilinguisme de l’entraîneur du CH? Gilles Réhaume et son groupuscule, qui manifestait non pas pour un entraîneur bilingue, mais pour un entraîneur Québécois francophone tout court! C’est ça qui reste dans l’imaginaire, à la longue.
Établir les ponts avec la communauté anglophone sera très difficile. Il y plein de gens qui ont intérêt à ce que nous demeurons divisés. Imaginez seulement le contraire pour vous en convaincre: Si les anglos devenaient francophiles, le prochain référendum passerait au dessus de 50% avec un maudite grosse gang de +1 en bonus. Alors si un rapprochement semble s’effectuer (comme récemment avec la CAQ), soyez certain qu’il y aura une crisette en réserve pour être bien certain que ça tourne court.
C’est un peu comme les palestiniens et les israéliens. Dès qu’il y a une tentative de rapprochement, il y a soit un terroriste qui lance des roquettes sur des civils, soit un raid d’hélicoptères sur un camp de réfugié, avec comme résultat que le processus tombe à l’eau.
Il y a des gens qui profitent qu’on ne s’entend pas. Et c’est trop facile de mettre le feu aux poudres.

angloduplateau

On a vraiment pas besoin de votre sympathie.

Cependant, trouvez vous sympathique qu’une minorité ait deux universités,des hôpitaux,postes de radios,postes de télé,un parti,des journaux et même un parti politique(plq)?

Tout ça est à votre disposition ,au service de ce que je considère être la minorité linguistique la mieux traitée au monde.

On lit très souvent sur les blogues des interventions de jeunes francophones qui tiennent exactement les mêmes propos que vos jeunes anglophones. Les jeunes francophones ne tirent aucune fierté particulière de leur langue et de leur culture et cette attitude est partagée par un grand nombre de leurs aînés, comme les intervenants 5 et 18, qui ne souhaitent finalement que la folklorisation et en bout de ligne la disparition du fait français en Amérique.

Pour ces gens-là, parler français est perçu comme une sorte de tare génétique un peu honteuse, le francophone est un citoyen de seconde zone qui ne parle pas la langue des affaires, donc qui n’est pas employable. Il est évident que les tenants de cette mentalité donnent entièrement raison aux anglophones et que leur plus cher désir est de voir le français être supplanté par l’anglais sur l’ensemble du territoire québécois.

Ils sont d’abord motivés par leur fédéralisme et selon eux, la seule façon de se débarrasser des souverainistes et d’éradiquer ce qu’ils perçoivent comme le plus grand désastre qui pourrait affecter le Québec, passe par la renonciation à être ce que nous sommes. Aspirer à devenir semblables aux autres, leur apparaît comme le choix le plus avantageux. Ces autres, qu’ils perçoivent comme plus intelligents, plus compétents, plus performants et mieux adaptés à la vie sur une planète mondialisée.

Le nivelage par le bas et le désir de se fondre dans la masse, la honte d’être différent, cette perception que ce n’est pas un atout, mais une tare nuisible, la glorification et la surévaluation de la langue et de la culture de la majorité, ne sont que quelques-uns des très nombreux effets pervers du multiculturalisme.

Les plus grands ennemis de la langue et de la culture françaises ne sont pas vos jeunes anglophones, qui sont d’abord canadiens et pour lesquels le français est un plus, mais pas un indispensable. Les pires ennemis du fait français en Amérique sont les francophones eux-mêmes, peu enclins à la fierté, toujours prêts à renoncer à se faire respecter parce qu’ils perçoivent leur langue comme un handicap, préférant et de loin la langue des autres, considérée comme supérieure et plus payante.

Comme ils l’affirment eux-mêmes très ouvertement, ils attendent que la démographie fasse son travail et finisse par faire disparaître toute trace du français sur ce continent.

L’ennemi est donc à l’intérieur même de la demeure, c’est là qu’il faut le chercher. Et il trouve des complices parmi la petite gauche épaisse, celle qui monte aux barricades, dès qu’on mentionne le mot identité, dès qu’on ose, par exemple, se scandaliser qu’on nous fasse manger halal sans notre consentement. Ceci étant automatiquement considéré comme une forme larvée de racisme. Au Québec, avoir une identité est en soi un racisme, dès que cette identité est celle de la majorité.

Il ne fait pas bon au Québec prétendre à des droits à titre de majorité, nous ne devons pas être un peuple et avoir des droits, nous devons nous taire et vouloir se faire respecter équivaut à racisme. Cette honte nationale à être différent se traduit de mille et une façons, nous sommes un peuple aplati et tristounet, le rouleau compresseur est à l’œuvre et j’ai bien peur que nous soyons très mal équipés pour éviter d’être écrasés et délayés. Nous n’avons ni le courage, ni la vaillance, ni la conviction, ni la fierté qu’il nous faudrait pour relever la tête, trouver notre propre voie et faire entendre fièrement et sans honte notre propre voix.

L’ennemi est dans la demeure, ne le cherchez pas ailleurs.

Selon la DG de l’OLF, six Québécois francophones sur dix répondent en anglais quand on s’adresse à eux dans cette langue.

Quand les Québécois francophones cesseront d’être des carpettes marquées «Welcome», les Anglos les respecteront peut-être davantage.

Le bwana est-il venu à votre rescousse ? Étonnant tout de même qu’après votre candide aveu, les anglophiles continuent à se liguer contre vous. Il faudrait peut-être rabaisser le niveau de votre discours pour éveiller leur sympathie ?

Je suis plutôt fataliste en matière de langue.

De tout temps, la survie des cultures et des langues dépend essentiellement du nombre. Vous êtes majoritaires, vous survivez; vous êtes minoritaires, vous êtes appelés à disparaître.

Le Québec, hélas, n’échappera pas à cette donnée fondamentale.

Denys Arcand en a lui-même fait allusion dans « Le Déclin de l’empire américain » par le concept de la loi du nombre.

Les Québécois francophones ont l’originalité d’être situés dans une dynamique à la fois majoritaire (territoire québécois) et minoritaire (Canada) et doublement minoritaire en ajoutant la dimension nord-américaine.

Ajoutez-y quelques autres éléments comme la loi 101, celle-ci diluée plus d’une fois par la Cour suprême et appelée à être franchement piétinée par les impératifs de la « bonhommie moderne » du « vivre ensemble » (au détriment de votre identité) et du néo-libéralisme (« soyez modernes: parlez la langue des communications! »), et les chances sont minces pour un avenir en français au Québec.

Accomodement vôtre!

@Jean François Côté

Vous en oubliez, pas deux universités, mais trois. Sans compter des CÉGEP et un réseau complet d’éducation publique subventionné, des écoles privées subventionnées, des écoles passerelles légalisées pour leur permettre d’acquérir une clientèle et de nourrir leur système d’éducation subventionné ou faire indirectement ce qu’ils ne peuvent faire directement, le loisir de faire affaires avec l’État dans leur langue où qu’ils soient sur le territoire, une métropole qui parle plus leur langue que celle de la majorité et une belle brochette de colonisés francophones de service toujours prête à monter aux barricades à leur place.

De très très loin la minorité la mieux traitée sur la planète.

Merci M. Côté pour votre générosité envers les anglos. Vous l’avez pas nommé, mais ils ont même le droit de parler anglais dans leurs maisons! C’est eux qui ont construit leurs propres institutions de santé, des universités, des écoles, etc. Les radios, les télés, les journaux ne sont pas un droit que nous avons si généreusement accordés. Ceux ci sont des commerces qu’ils ont le droit de fonder et de soutenir. Votre langage est le langage d’une idéologie totalitaire pas d’un démocrate.

@inukshuk:

« De tout temps, la survie des cultures et des langues dépend essentiellement du nombre. Vous êtes majoritaires, vous survivez; vous êtes minoritaires, vous êtes appelés à disparaître. »

Si ça peut vous rassurer, les Arméniens en Turquie et en Russie, les Grecs sous l’empire Ottoman, les juifs, les Ukrainiens et les Polonais, pour ne nommer qu’eux, ne vous ont pas écoutés. Ils ont su préserver leur culture malgré l’occupation de leurs territoires, souvent pendant des millénaires. La communauté Juive a été particulièrement tenace et a fait la preuve que, en prenant conscience de son identité, on pouvait survivre aux pires horreurs et traverser l’histoire.

Devant l’indifférence crasse du ROC et le ‘’Quebec bashing‘’, il est de bon ton pour un jeune anglo d’ici de répondre non à la question du sondage : « les francophones devraient-ils avoir le droit de travailler dans leur langue dans les grandes entreprises? » Qui s’assemble se ressemble.

Nos Anglophones vont, majoritairement, finir par réaliser, s’ils ne le réalisent pas déjà, que les bilingues, au Canada, particulièrement au Québec, sont SUPÉRIEURS aux unilingues. Difficile d’affirmer le contraire.

Complément de commentaire : Difficile, presque impossible, à un unilingue de se présenter à la chefferie d’un parti politique FÉDÉRAL. Même au provincial, faut, quand même, tenter de baragouiner in tit peu l’autre langue.

lahamus

Honnêtement je crois que vous n’avez rien compris.

Tout ce que je veux démontrer est que c’est une minorité qui est choyée par la vie.

Ils ont même un premier ministre élu démocratiquement à leur service.

Je vous le dit, ils sont la minorité linguistique la mieux traité au monde.

Mais ils ne sont jamais contents car ils en veulent toujours un peu plus…

@Linda Hart

Mais où étiez-vous chère dame au pseudonyme anglophone?

Vos opinions péquistes vous empêchent de voir clair. Les anglophones ne sont pas la minorité la mieux traitée sur la planète. Grâce à leur pétrole, les Émiratis ne travaillent pas fort, et importent toute la main-d’oeuvre dont ils ont besoin.

Ici, je pense que les autochtones, qui bénéficient des mêmes services que vous et moi mais ne paient pas d’impôt ou de taxes de vente s’ils vivent et travaillent dans leurs réserves, sont les mieux traités de notre système.

Monsieur Bousquet !

Vous devriez parler a votre chef Pauline Marois qui en arrache beaucoup » in english » avant de faire la morale aux autres . Tout commme madame Harel ! Certains dinosaures du mouvement souverainiste devraient aller se reposer .

Et c’ est un indépendantiste comme moi qui vous le mentionne !

@ Pierre Kiroule # 26

« Selon la DG de l’OLF, six Québécois francophones sur dix répondent en anglais quand on s’adresse à eux dans cette langue. »

Et nos dretteux passent leur vie à dire que les Québécois ont horreur de l’anglais et ne savent pas le parler.

Bien sûr qu’en général ceux qui accusent les autres de ne pas savoir parler anglais sont incapables de s’exprimer en anglais. Ils font donc de la projection.

@ lahamus

« C’est eux qui ont construit leurs propres institutions de santé, des universités, des écoles, etc. »

Ce que vous avez écrit est complètement faux.

Les soins de santé, les universités, les écoles et les CEGEP sont financé par le gouvernement du Québec donc majoritairement par des francophones.

@ Jean-François Trottier,

Je veux bien vous croire. Par contre, les Arméniens ont survécu en Turquie et en Russie parce qu’ils avaient – et ont encore – une sorte d’État à leur image. Les Grecs, quant à eux, ont une culture plus que millénaire comprenant des épisodes de colonisation du bassin méditerranéen en plus de l’empire éphémère mais réel d’Alexandre le Grand ! Les Juifs, en ce qui les concernent, sont connus pour leur capacité à s’entraider.

Mais pour contre-balancer le tout, il y a l’exemple Kurde. Ce peuple est actuellement écartelé entre la Turquie, la Syrie et l’Iran. Peu d’amis, en fait. Et ils survivent au milieu d’une série de revers politiques et de mini-pogroms dont un concocté du temps de Saddam Hussein et d’Ali le Chimique!

Vous avez semé le doute, Jean-François. 😉

La question linguistique à Montréal a été archi-analysé, et le débat continue. Je n’ai rien à y ajouter.

Toutefois, dans le grand dossier de l’Actualité sur ce sujet, on fait état d’une statistique qui m’interpelle autrement plus.

Selon Statistiques (2006), 24.6% des anglophones détiennent un degré universitaire (Bac. ou plus). Pour les francophones, c’est 15.3%.

La communauté anglophone détiendrait donc une avance de 60% (24.6/15.3) sur la communauté francophone.

C’est dramatique! Comment expliquer cela?

Est-il possible de rétablir une certaine équité à ce niveau?

Bon, les anglos, les jeunes en particulier ne trouvent pas ça ben grave que l’anglais s’installe comme langue universelle.

Secret de polichinelle, bon nombre de jeunes francophones non plus.

En fait, les chercheurs francophones ne publient presque plus jamais en français, bon nombre de talentueux musiciens francophones ne veulent que des paroles en anglais,

Ça me désole au plus haut point. Je pense aussi qu’on peut être anglophile ET avoir une estime de soi collective. Son absence détruit notre identité.

Autrefois, on avait des colonisés qui se sentaient obligés de plaire à leurs maîtres (les anglophones). Maintenant, on a des gens qui n’ont plus de sentiment d’appartenance à une société québécoise qui adoptent la langue universelle qu’est devenue l’anglais.

Quand je voyais mes parents lire le Sélection du Reader’s Digest, ça me fâchais, parce que c’était en bonne partie de la propagande vantant les mérites de la culture américaine.

Lors d’une réunion qui se tenait à Ottawa, on parlait de l’accessibilité des applications Web. Tout y a passé, sauf les détails culturels.

Les aveugles, les sourds, oui, mais en anglais.

@inukshuk
@Jean-François Trottier
Ces exemples sont mauvais. Ces peuples ou peuplades ont survécus à cause de leur isolement. Le village et le bout de leur champ étant plus souvent qu’autrement leur horizon géographique. Les Canadiens-français ont survécu également pendant 400 ans grâce a leur isolement relatif par rapport au reste du continent. Les conditions ont changées maintenant. Voyez ce qui se passe au Tibet, croyez-vous que les Tibétains vont résister encore longtemps à l’envahisseur chinois ? Pourtant ils ont survécu pendant des millénaires. Si on ne comprend pas cela, aussi bien discuter avec son répondeur.

Que vous soyez anglophile, monsieur Lisée, cela ne me surpends pas. Pour toute personne instruite ou intello du Québec – même souverainiste-, c’est le plus normal qu’il soit… Combien de gens n’aimeraient aller ailleurs dans des environnements 100 % anglophones pour devenir »parfaitement bilingue »…I mean, sans accent (des émules, quoi)… Et pour ceux qui le sont moins, combien ne s’épattent devant des plus jeunes qui ont réussi pareil exploit (moi, la première)…À quoi bon, si l’on travaille en français au Québec…ou non(?) Sincérons-nous, et enseignons cette langue seconde dès le plus jeune âge…Au lieu de remplir la blogophère des questions sans réponse…:-)

Pour avoir travaillé une grande partie de ma vie en anglais, pour avoir entendu souvent des propos racistes, mais aussi pour avoir connu des anglophones lucides qui insistaient pour me parler dans leur français laborieux et qui ne toléraient pas que je « switche » en anglais, mais encore pour avoir entendu des allos mépriser la Fête nationale et refuser de s’identifier comme Québécois même s’ils étaient nés ici, pour avoir été témoin de situations complètement aberrantes comme celle d’une vieille dame atteinte d’Alzheimer et « acceuillie » dans un hôpital anglophone de Montréal sans pouvoir communiquer dans sa langue pendant des mois, aggravant sérieusement son état et accélérant la progression de sa maladie, pour, encore aujourd’hui, entendre ces incessants larmoiements de cette « minorité la mieux traîtée sur la planète », j’en ai conclu que malgré les efforts presque insolites de certains, nous devons passer à nos affaires, placer nos efforts où ça compte et tendre à faire comme eux en votant à 90-95% pour notre avenir à nous. Oui… nous.

Les anglophones du Québec ne sont pas une minorité, ce sont les Québécois qui sont minoritaires, au Canada, et en Amérique du Nord.

@ Jacques B.

« Les Canadiens-français ont survécu également pendant 400 ans grâce a leur isolement relatif par rapport au reste du continent. Les conditions ont changé maintenant. »

Suis d’accord aussi avec ce point de vue. On sous-estime beaucoup à quel point notre survivance a eu un lourd côté passif fait d’isolement géographique en particulier.

Même si les commentaires de JF Trottier me font réfléchir, je reste encore un sceptique.

Pour que le français survive au Québec, il faut une masse critique d’individus qui y croient. Les Grecs ont survécu en raison de leur histoire glorieuse et du sentiment profond de former un peuple. Les Juifs sont aussi habités de grandes convictions. J’imagine qu’il en est de même pour les Kurdes et les Arméniens.

Maintenant, il faudrait savoir si les francophones sont prêts à faire des efforts pour faire survivre le français. Pour le moment, je ne saurais dire…

Je trouve désolant que les commentaires de l’intervenant AngloduPlateau, très pertinents à mon avis, aient passé presqu’inaperçus alors que semblent se répéter les mêmes vieilles rengaines par nombre d’autres intervenants jusqu’ici.

Je suis d’avis qu’il y a bel et bien eu du progrès du côté des anglophones ces dernières décennies quant à l’apprentissage du français. Mais s’attendre à ce qu’ils soient orgasmiques face à la marginalisation légiférée de leur langue ? Douteux, à mon avis.

> a-t-on le droit de s’étonner qu’avec une telle connaissance du fait français, les Anglo-Québécois aient si peu de sympathie pour la cause du français. On ne leur demande ni de signer des pétitions ou de faire des manifs, ni de se joindre au MNQ ni même de voter PQ.

Mais que leur demande-t-on, finalement? Qu’est-ce qu’un anglophone « idéal », à votre avis ? Étant moi-même jeune fédéraliste bilingue, je suis beaucoup moins porté à sympathiser avec les Vigiles et Dutrizac, et Lisée de ce monde sur les questions linguistiques que les Gendron et Bernier. Je vois aussi dans ce billet une continuation insidieuse et honteuse de la chasse aux anglophones qui font rage dans nos médias québécois ces derniers mois.

> Seulement de répondre à une question de sondage: les francophones devaient-ils avoir le droit de travailler dans leur langue dans les grandes entreprises ? Est-ce si difficile de dire oui ?

Posons cette même question à l’envers aux francophones. Serions-nous portés à dire oui ? L’existence même de notre législation linguistique est la preuve même du contraire. Les vagues de manifestations enclenchés par des groupes séparatistes extrémistes pourtant si facilement offusqués lors du moindre épisode du « non-respect » de la loi doit peser lourd dans le psyché de milliers d’anglophones.

> Et pourquoi, parmi les majorité d’anglos qui disent non, y en a-t-il davantage chez les moins de 34 ans que chez les plus de 55 ans ? Davantage chez ceux qui sont nés ici que chez ceux qui ont émigré au Québec ?

Une majorité de jeunes anglos que je connais font partie de la génération post-101 et sont pour la plupart bilingues, très souvent s’exprimant éloquemment dans la langue de Molière. Je soupçonne qu’il s’agisse de l’expression d’un ras-le-bol généralisé de ces jeunes anglophones qui se sentent toujours les cibles d’un contingent de francophones nationalistes peu importe leurs efforts.

> J’ai toujours voulu bien parler l’anglais, suis allé l’apprendre en lavant de la vaisselle en Alberta

Je vous lève mon chapeau… mais vous ne trouvez pas ça un peu triste que vous n’ayez pas pu (ou songé à) perdre votre accent ici-même à Montréal où il y a des centaines de milliers de locuteurs d’anglais qui eux se seraient fait un plaisir fou de vous aider dans votre démarche?

> je me déclare anglophile, je me sens autorisé à être optimiste (idéaliste?) quant aux relations entre le nouvel anglo et le Québec francophone, donc d’être déçu de ce que je trouve.

Attention de ne pas tirer des conclusions trop faciles. Entretenez-vous avec des jeunes anglophones Québécois et vous comprendrez que leur enjeu n’est finalement pas si différent de celui des jeunes francophones Québécois. Nous voulons tous deux des emplois, nous sommes de plus en plus branchés sur le monde. L’heure est au bilinguisme accru non seulement à Montréal, mais partout en province et au pays.

> Pourquoi des gens qui ont appris le français, couchent avec un francophone, insistent pour que leurs enfants soient bilingues à 18 ans répondent-ils massivement non lorsqu’on leur demande s’ils se sentent, comme Québécois, un devoir quelconque de contribuer à préserver le fait français ?

Parce qu’ils trouvent l’idée même d’avoir à « préserver » une langue qui ne peut se tenir en vie que par des moyens artificiels dépassée. Peut-être croient-ils, tout comme un nombre grandissant de jeunes francophones Québécois d’ailleurs, qu’il on devrait laisser aux anthropologues la chance de faire leur travail, tout comme on devrait laisser aux gens ordinaires la liberté de vivre et laisser vivre.

Il y a déjà une première victoire de la «communauté» anglophone. On appelle anglophone des allophones ou fils (filles) d’allophones anglicisés. Ainsi les anglophones sont aussi ces néo-anglophones. Ce qui prouve que les anglophones réussissent parfaitement à acculturer une bonne partie des néo-québécois. Cela a été très bien décrit et prédit par Charles Castonguay dans ses études sur le pouvoir d’attraction de l’anglais qui dépasse et de beaucoup la proportion d’anglophone au Québec et sur l’île de Montréal. Ma lecture de la dernière enquête de Statistiques Canada montrait qu’un partie des anglophones vivait uniquement en anglais. Une des forces de l’anglais est que son usage correspond à des salaires plus élevés dans sa sphère d’influence. Pour un jeune immigrant passer à l’anglais c’est aussi passer dans un milieu social plus aisé où les pouvoir financier s’exerce. Il ne s’agit pas d’une attraction linguistique mais d’entrer dans un réseau de contacts et interpersonnel qui mène à un certain succès social. Il ne faut pas oublier que beaucoup de compagnies ont une charte fédérale et qu’elles échappent au contrôle de la loi 101. Il existe donc un espace de plus en plus grand où l’on peut échapper complêtement aux dictats de la loi 101 et où on peut fonctionner en Anglais. Dans ce milieu, la culture québécoise n’existe pas. Ce qu’il faudrait faire c’est étuder ces mécanismes de mobilité sociale non pas avec des sondages et des statistiques mais étudier réellement ce réseau et son fonctionnement. Il est très clair que Montréal n’est plus une vllle francophone mais une ville Bilingue malgré les grands discours de son maire. Et Québec est en voie de devenir une grosse province bilingue. Tous les sites WEB sont traduits en anglais et tous les systèmes de réponse automatique ont leur option anglaise. Les jeunes néo-québécois que je connais sont parfaitement bilingue et passent entre eux de l’anglais au français dans la même phrase., Mais le français n’est pas leur langue privilégié. Leur langue de consommation culturelle est l’anglais et ils consomment de la culture américaine. À ces jeunes gens de l’ouest de l’île j’ai parlé du film du jeune anglo-québécois qui traite de la vie des bilingues dans l’Ouest de l’île. Ils ne savaient pas de quoi je parlais. Toute cette aventure ne favorise aucunement la culture canadienne, elle n’est qu’un immense gaspillage d’énergie et un appauvrissement culturel terrible.

@Jacques B
Les Juifs ont vécu “isolés”? Ils étaient présents en Allemagne, en France, en Italie… Ils ont été minoritaires partout et ont survécu. Comment ça se fait?
Mon exemple des Grecs n’était pas bon? Depuis quand la Grèce est-elle isolée! Leur capitale était le coeur de l’empire Ottoman!
L’Ukraine, c’est en plein coeur de la Russie et ils ont subi l’immigration de millions de Russes par Staline. Gadon, ils ont survécu. Et la Pologne, c’était **isolé**? En plein coeur de l’Europe? Come on!
Le Canada Français, avec Montréal, deuxième port des Amériques au début du siècle, était “isolé”? Ok, Montréal est bilingue, puis le reste est francophone. C’est quoi le gros changement avec avant? Ah oui, on se faisait dire à cette époque là aussi qu’on était dû pour disparaître.
Alors bon, la fatalité, très peu pour moi. Ça fait 150 ans qu’on se fait dire le même message.

@inukshuk:

C’est sûr, il y a des particularités à chaque peuple mais c’est vrai, tout le monde autour semble haïr les Kurdes. Ça doit motiver à rester soudé!
Il y a des peuples qui ont disparu mais je note aussi que plusieurs sont pas mal plus mal en point que nous. On a évidemment nos dangers mais je me demande combien d’Alain Dubuc on a eu dans notre histoire pour nous dire que tout allait mal peu importe la situation, et qu’on était inévitablement destiné à disparaître, etc… Alors bon, quand je lis des commentaires comme celui de Jacques B., j’ai tendance à sauter.
Le nombre compte sûrement, mais on a quand même une frontière bien définie, une loi 101 et notre propre zone administrative. Faudrait pas sous-estimer aussi notre pouvoir d’intégration: Serge Fiori, Pierre Curzi, Marina Orsini, se sont des italo-québécois qui font partie de notre culture.
Le cas plus drôle que j’ai entendu: un gars qui s’appellerait Kevin Brown et qui ne parlerait pas un mot d’anglais. Paraît aussi qu’il n’ose pas suivre un cours parce que les gens vont rire de lui! Comme quoi, tout est possible…

« “Les Canadiens-français ont survécu également pendant 400 ans grâce a leur isolement relatif par rapport au reste du continent. Les conditions ont changé maintenant. ”

Relatif avec quoi?

Un de mes ancêtres, un québécois, qui à vécu de 1630 à 1699 à traversé l’Atlantique 7 fois.

Les Québécois ont toujours su ce qui se passait en dehors du Québec. Ils ont même participé à la libération des américains et peuplé ce pays.

« Il y a des peuples qui ont disparu mais je note aussi que plusieurs sont pas mal plus mal en point que nous. » (Kevin)

Pourtant les Romains étaient le peuple le plus puissant et le plus étendu de l’Europe. En général et c’est à mon avis, c’est la décadence qui affaiblit les peuples. La France y est passée l’Angleterre aussi et les États Uniens sont engagés dans cette voie.

Le Québec est présentement à l’antagonique de cette situation. En quelque sorte c’est un pays émergeant. C’est le grand temps de faire des affaires avec la Chine et bien d’autres.

Youlle,

L’isolement dont il a été question concerne surtout les suites de la Conquête jusqu’aux années Duplessis. Cela veut dire l’enclavement du Québec dans l’ensemble canadien. Pas de politique étrangère autre que celle d’Ottawa. Et les distances à cette époque ne se parcouraient aussi rapidement qu’aujourd’hui. Les liens avec la France, je crois, étaient fort ténus. Au total, le Québec était effectivement « isolé » du reste du monde, malgré le St-Laurent et un accès à la mer.

Avec la mise en place d’un véritable État avec des sociétés de développement (les années ’60), le Québec s’est inscrit dans la modernité. Le « libre échange » et les communications modernes font le reste. Comme quoi, l’isolement n’est plus le même. Nous sommes maintenant dans le « village global » avec ses bons et ses moins bons côtés.

@ inukshuk #54

« L’isolement dont il a été question concerne surtout les suites de la Conquête jusqu’aux années Duplessis. Cela veut dire l’enclavement du Québec dans l’ensemble canadien. »

C’est un sujet d’intérêt pour les Québécois dans le sens qu’il faut se rappeler.

« Les liens avec la France, je crois, étaient fort ténus. »

Vous avez raison. Après la conquête si ma mémoire est bonne les Anglais ont interdit le commerce avec la France. Donc les liens coupés avec la France ont grandement influencé les Québécois. Non seulement les Québécois ne pouvaient plus faire de commerce avec la France, mais aussi peu après il y a eu la Révolution française et les snobs de la révolution ont grandement modifié la langue.

Vu que nous étions coupés de la France, la langue n’a pas changée ici et les Québécois qui étaient réputés pour avoir un meilleur langage que les Français, sont devenus des gens qui parlaient un mauvais Français du jour au lendemain parce qu’ils ont gardé leur langue, la vieille, celle du Roy.

Malgré tout, les Québécois n’étaient pas complètement isolés. Ils avaient des liens étroits avec les Américains. C’est peut-être dû au fait que plusieurs sont allé se battre aux côtés des Américains et des Français pour la libération des Etats-Unis malgré l’interdiction de l’église.

« Avec la mise en place d’un véritable État avec des sociétés de développement (les années ’60), le Québec s’est inscrit dans la modernité. »

Ce qui a le plus isolé les Québécois c’est l’église catholique. Dans les années 60 les Québécois ont laissés tomber l’église. Cette libération à permis aux Québécois de se mettre au monde et de se faire connaître sur la planète.

Mais il en reste encore un bout à faire de cette libération.

Pendant que certains veulent réécrire la Loi 101 et mettre de l’avant une approche légaliste, plusieurs de nos artistes font beaucoup d’efforts pour nous entrer de force des chansons en anglais.

La Loi n’y fera rien, les franco, les allo et anglo ne se promènent pas avec la Loi vissée dans le front. Ils regardent ce qui se passe vraiment dans notre quotidien.

Quel exemple nous donnons quand les leaders d’opinion que sont les artistes coulent ainsi le français, quel exemple pour nos jeunes…

Sans négliger la Loi donnons le bon exemple… et rendons le français désirable et sexy…

=

@ Youlle (# 52):

« Un de mes ancêtres, un québécois, qui à vécu de 1630 à 1699 à traversé l’Atlantique 7 fois. Les Québécois ont toujours su ce qui se passait en dehors du Québec. Ils ont même participé à la libération des américains et peuplé ce pays. » (sic)

Et tout ça SANS la loi 101!!!

La loi 101 est donc inutile et surtout, elle donne aux Québécois un sentiment de fausse sécurité qui fait en sorte qu’ils négligent leur langue.

Il faut l’abolir comme au temps de vos ancêtres.

Vous avez trouvé la façon de soulever la poussière encore une fois, de re-brasser la même vieille m*, jusqu’à plaquer une grenouille sur la couverture, et vous osez jouer à la vierge offensée? La situation demeurera toujours une grossière injustice tant et aussi longtemps qu’une loi (la ‘101’) aura besoin d’une clause pour la protéger contre le gros bon sens. J’ai 68 ans; il me reste peut-être une bonne dizaine de belles années à vivre. Puis-je compter sur vous, monsieur Lisée, pour nous laisser vivre en harmonie, côte à côte, anglophones, francophones, sans qu’on se sente utilisés par les politicos, les blagueurs, les blogueurs, et les reste des fomenteurs de troubles? J’en doute, mais je me devais de vous le demander.