Bourassa confirme l’appui des Québécois au NPD

Le président de la section Québec du NPD réplique à Stéphane Gobeil.

Après la vague orange, plusieurs Québécois se sont demandé si le NPD n’allait être qu’un feu de paille au Québec. À ce titre, la première élection partielle à se tenir sur le territoire québécois était un test pour notre parti.

Personne ne s’attendait à ce que le NPD remporte l’élection dans le château fort libéral de Bourassa. L’enjeu n’était pas seulement la victoire, mais aussi (et surtout) les appuis récoltés par chacun des partis.

À la dernière élection générale fédérale, les Québécois ont été séduits par Jack Layton. Certaines personnes — dont des bloquistes et des libéraux — ont osé dire que la mort de Jack signifiait la mort du NPD au Québec. Or, les résultats de lundi soir prouvent hors de tout doute que le NPD a su s’implanter dans la Belle province et consolider ses appuis.

Dans Bourassa, nous avons obtenu le même niveau d’appui que l’extraordinaire performance de 2011. Je ne vous cacherai pas qu’on aurait aimé causer la surprise et l’emporter dans ce bastion libéral. Mais réalistement, le simple fait de conserver notre niveau d’appui de 2011 au Québec, élection durant laquelle nous avons fait élire 58 députés québécois, est satisfaisant. Cela nous ouvre les portes du gouvernement en 2015.

Les libéraux nous ont reproché de les avoir attaqués. Mais la population de Bourassa avait le droit de connaître les faits: M. Dubourg a brisé son contrat avec les électeurs de Viau pour faire le saut en politique fédérale. Au passage, il a récolté 100 000$ d’argent public. En campagne, M. Dubourg a induit la population en erreur en faisant croire qu’il s’agissait de l’argent de son fonds de pension, une prime payée à partir d’une retenue sur son salaire. Or, il a été démontré depuis qu’il s’agit bel et bien d’argent public.

[Cliquez ici pour lire le billet de Stéphane Gobeil, «Élections partielles et NPD : chronique d’une déroute annoncée».]

Jack Layton lui-même n’a jamais hésité à présenter ses adversaires comme ils sont. Il l’a fait en 2009, lors de la circonscription partielle dans Hochelaga. Il a monté une campagne d’affichage dénonçant le fait que le bloquiste Daniel Paillé a travaillé pour les conservateurs, récoltant ainsi 750 000$. Il importe de montrer les politiciens tels qu’ils sont pour que la population fasse un choix éclairé.

Dans Bourassa, le NPD a présenté une candidate intègre. Stéphane Moraille ne voulait pas seulement être à l’écoute des citoyens de sa circonscription, elle voulait être une voix forte pour eux et agir pour changer les choses dans la deuxième circonscription la plus pauvre au pays. Quelques-unes des idées qu’elle a proposées, comme de renforcer le Code criminel pour mieux protéger les chauffeurs de taxi, sont là pour rester.

Ce que montre vraiment l’élection dans Bourassa, c’est que le vote des autres partis, verts comme bloquiste, s’érode. Avec le Québec qui maintient son appui au NPD, notre parti devient la seule vraie alternative possible pour défaire et remplacer les conservateurs de Stephen Harper en 2015.

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André St-Hilaire est le président de la section Québec du NPD.

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Sauf que vous trompez sur le fait que le NPD avait gardé le même niveau d’appui au Québec. Les chiffres sont très clair : Stéphan Moraille avait perdu avec une marge de 17% contre un inconnu, et Julie Demers seulement 7% contre un ex-ministre et le très populaire Denis Coderre en 2011, même si les pourcentages sont sensiblement pareil. Et avec la campagne sale mené par le NPD on peut comprendre pourquoi seulement 26% des électeurs ont exprimé leur droit.

Mononc_Serge a tout à fait raison. Alors que le Québec s’éloignait de l’éternelle opposition, il a parké son vote vers le « Bon Jack ». Le « Bon Jack » est mort alors les appuis redeviennent très chancelants. M. St-Hilaire peut présenter la situation telle qu’il le veut, mais il n’en demeure pas moins que ce qu’il écrit n’est que rhétorique et n’a rien de scientifique. Pire encore, il utilise la tactique de relancer le message vicieux sur la prime de départ de Dubourg. Or, Mulcair est parti avec la même indemnité en 2007 lorsqu’il a quitté le gouvernement de droite de John James. Que dire d’une telle chose? Heureusement pour lui, les libéraux n’ont pas joué cette vicieuse tactique. Mais ils n’ont pas besoin de le faire… le simple fait de diriger cette bannière très peu crédible est l’arme idéale pour les libéraux qui cherchent à se présenter comme l’alternative au gouvernement du Reform. Le NPD est cuit, il le sait, et c’est précisément pour cela que les staffers du parti (qui étaient des « bénévoles » – malgré leurs paychecks de la Chambre des Communes) ainsi que les dirigeants du parti ont réagi de manière aussi enragé face à la défaite et au speech de victoire de Justin Trudeau…