Brexit, Trump et le pire de nous

Bien plus que les risques de crise économique, le plus apeurant du monde post-Brexit, ce sont les dérives du citoyen ordinaire.

Des manifestants réunis lors d'une manifestation anti-Brexit à Trafalgar Square à Londres, le 28 juin 2016. (Photo: Paul Brown/REX/Shutterstock)
Des manifestants réunis lors d’une manifestation anti-Brexit à Trafalgar Square, à Londres, le 28 juin 2016. (Photo: Paul Brown/REX/Shutterstock)

Les spécialistes étaient unanimes: le Royaume-Uni qui quitte l’Union européenne, c’est pas mal la pire idée depuis le car surfing et la bière à la lime. Une recette menant à la catastrophe tellement impossible à rater qu’on la dirait prise sur le site de Ricardo. «Brexit bouilli à l’anglaise, dans sa sauce de crise économique», voilà qui est à la hauteur de la mythique gastronomie britannique.

L’option de rester était la meilleure et devant un choix aussi évident, on peut compter sur le vote populaire pour… faire le contraire. La capacité du peuple à voter contre ses intérêts est connue et bien documentée. Un jour, quelqu’un va promettre une claque derrière la tête à chaque électeur et il obtiendra la plus grosse majorité jamais vue.

Vox populi, vox Dei. Personne n’a envie de troquer ce principe contre une dictature.

Mais vox populi, vox Dei, ça implique d’accepter que Dieu n’est pas toujours très rationnel, qu’il a des tendances racistes et que sa parole est parfois confuse. Bref, le fameux vox Dei a parfois des airs de «vox grand-maman Cécile quand elle a commencé à en perdre des bouts».

Et c’est ainsi que les Anglais ont quitté l’UE en même temps que leur flegme légendaire, le temps de réécrire le célèbre slogan: «Keep calm and… F*ck toute!» Était-ce vraiment tout ce que ça prenait pour gagner, un nom accrocheur comme Brexit ? Plutôt que de repousser le référendum, Jean-François Lisée devrait-il promettre un Québabye?


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Depuis leur victoire, on fait un portrait bien peu flatteur des Anglais ayant voté pour quitter l’UE.

La campagne du «Leave» a dû admettre que sa promesse d’envoyer tout l’argent dépensé pour l’UE dans le système de santé anglais n’était pas vraiment une promesse. C’est évidemment pourquoi elle était… écrite en lettres géantes sur l’autobus de campagne. Ça en fait le plus gros mensonge imprimé sur un autobus depuis «On se donne Legault». Pas fort.

Quant au brexiteur moyen, on le présente dans les médias comme une personne confuse et fâchée, qui veut «take back» son pays et le rendre «great again», ce qui implique de mettre «les étrangers» dehors. Hum… Ça nous rappelle quelque chose…

Et si on changeait l’accent? Ouin, ouin, ouin… Et si on remplaçait Liverpool par le Delaware et la tasse de thé par une grosse face orange et un toupet qui beugle? Ho! Voilà. C’est ça: le brexiteur est présenté comme une version british de l’admirateur de Donald Trump.

Prétendre que 52 % des Anglais sont des bigots qui ne comprennent rien, c’est un peu fort, et des votes mal informés, il a dû y en avoir des deux côtés.

N’empêche: cet Anglais raciste et confus existe quand même bel et bien. Et depuis le vote, il est décomplexé comme grand-maman Cécile après un verre de crème de menthe.

Au pays de la deuxième Élisabeth, les incidents racistes ont augmenté de 57 % par rapport à la même période le mois précédent, et c’est sans compter les petits événements qui ne méritent pas qu’on appelle la police, mais que les Anglais tweetent avec le mot-clic #PostRefRacism.

Si les Anglais continuent d’être aussi désagréables, l’Union européenne risque bien de leur dire: «Sais-tu, Angleterre, c’est MOI qui te quitte finalement. Bye.»

Et, bien plus que les risques de crise économique, c’est ce que je trouve le plus apeurant du monde post-Brexit: il nous rappelle à quel point le pire est parmi nous.

Quelqu’un d’ordinaire, quelque part à Huntingdon, Angleterre, s’est levé un matin. Il a mangé un bol de céréales. Il a habillé son enfant pour l’école. Il a fait les mots croisés dans le journal. Puis, il est allé faire le tour d’un quartier, pour distribuer à chaque maison un petit carton traitant les Polonais de «vermine». Puis, avec le sentiment du devoir accompli, il est passé à l’épicerie acheter du pain.

Métro, boulot, distribution de tracts racistes, dodo.

«J’ai voté pour qu’on sorte de l’UE, j’ai gagné, j’ai le droit de crier des insultes aux étrangers!» s’est dit un autre Anglais ordinaire, dans le train. Il est arrivé quelques minutes en retard à son rendez-vous chez le dentiste. La secrétaire l’a appelé «monsieur».

C’est la même chose dans les rallyes de Donald Trump.

L’Américaine qui applaudit quand on tabasse un manifestant a la même vie ordinaire que vous et moi. Dans la liste des choses qu’elle n’aime pas, il y a quand le filament de céleri se prend entre ses dents, les chansons d’Abba et les Mexicains en général.

Sa soirée passée à applaudir un raciste misogyne l’a remplie d’espoir que des jours meilleurs s’en viennent.

Le pire d’entre nous, ce sont aussi nos cousins, nos voisins, la madame au centre commercial et l’ami d’enfance qu’on retrouve sur Facebook (surtout lui, si je me fie à mon expérience…).

Le pire, il est terriblement ordinaire en Angleterre, aux États-Unis… et ici aussi. On n’y échappe pas, c’est sûr. Et le pire, il vote aussi. Pour paraphraser la National Rifle Association: la seule chose qui peut freiner un Pire avec un bulletin de vote, c’est un Mieux avec un bulletin de vote. Faudra s’en souvenir.

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En fait lors de la plénière du 23 juin dernier, le parlement européen a voté pour qu’une demande officielle soit envoyée à la Grande Bretagne de déposer sa demande de sortie dans les plus brefs délais.

Le gouvernement Écossait qui représente 17.6% de l’économie de la Grande Bretagne a signifié à l’UE et le parlement de Westminster qu’elle prendrait les moyens constitutionnels pour bloquer la sortie de l’UE et prépare déjà un référendum pour que l’Écosse puisse se séparer de la GB et demeurer dans l’UE.

Il en est de même pour l’Irlande.

L’Angleterre se retrouve en moins d’une semaine, esseulée puisque près de 30% des sièges sociaux situés en Angleterre désire maintenant quitter et s’établir en Union Européenne. Les fabricants japonais de l’automobile ont démontrer un vif désir d’aller installer ses opérations de fabrication de pièces en dehors de l’Angleterre. Il s’agit d’au moins 370,000 employé(e)s.

Le séparatiste Farage et ses nombreuses insultes envers ses confrères au parlement de l’UE lui a valu deux expulsions dont l’une a dû exiger le service de sécurité. Les membres de l’UE ont demandé qu’un vote de non confiance soit votée prochainement afin que monsieur Farage soit expulsé définitivement pour être remplacé par une autre personne.

Le président de l’assemblée et les membres de son cabinet ont choisi de prendre la chose en délibérée et se prononcer d’ici le 8 juillet prochain.

Avec une population de 54 millions d’habitants, l’Angleterre est reconnue comme étant économiquement viable et procurer un environnement économique stable. Malgré sa présence économique partout sur le globe, il n’en demeure pas moins que se séparer d’une entité qui est composée de 21 pays dénombrant 450,000 d’habitants demeure un coup de dés qu’elle vient de perdre dans tous les sens du jeu économique et diplomatique.

Avec la dette faramineuse du Québec et son économie de ressources naturelles nous demande tous de bien regarder ce qui se passe ailleurs avant de continuer à faire des idioties.

Bof, voici un article avec très peu de profondeur et rempli d’amalgames qui associent Brexit, Trump, séparatisme à du racisme. Il faudrait que l’auteur argumente un peu plus le contenu de l’article.Si l’auteur expliquerait un peu plus certains tenants et aboutissants comme par exemple, pourquoi les Anglais ont un problème avec les 800,000 polonais qui s’y sont installés et qui ont droit à des allocations familliales pour leur famille qui est encore en pologne… c’est comme payer du bien-être social à du monde installé en Nouvelle-Écosse. C’est facile d’avoir l’air intelligent quand on utilise juste les amalgames lancés par les grand médias sans expliquer le fond de l’histoire ainsi que les pour et les contre. Je n’ose pas m’autoriser à émettre une opinion sur le Brexit parce que ce n’est pas mon pays, c’est en fait mon conquérant et mon envahisseur mais je ne connais pas vraiment bien sa culture, alors je préfère laisser les gens qui sont au Royaume-Uni voter démocratiquement selon leur compréhension de leur propre réalité et de leur propre culture. Parce que si je ne respecterais pas l’opinion d’une autre culture et que je les insulterais sur leurs choix légitimes et démocratiques sur la base d’argument sans profondeur et basé sur des almagames, et bien je pense que je pourrais dire que je suis un raciste. C’est comme si j’exprimerais mon opinion sur le référendum qui a eu lieu en Suisse contre l’immigration massive en 2014, référendum qu’ils ont gagné par ailleurs. Et je ne veux pas être un raciste alors je respecte les autres cultures et leurs choix légitimes et démocratiques. Ce n’est pas parce qu’au Canada il n’y a pas ça des référendum ou on consulte la population, ce n’est pas parce que le Canada est ariéré démocratiquement comparativement aux USA ou à la Suisse ou on consulte la population régulièrement sur plusieurs sujets, ce n’est pas parce qu’au Québec on a peur des référendums, que je vais me mettre à croire que j’ai raison de laisser des supposés experts me dicter quoi faire et que je vais donc préfuger que les peuples qui ne suivent pas leurs experts ont tort. Pourquoi je ne vais pas faire ça, parce que je respecte la multiculture mondiale et que je comprend qu’il y a des peuples plus évolués démocratiquement et que c’est leur droit d’être plus évolués démocratiquement qu mon peuple. En passant l’auteur n’explique même pas l’importante différence culturelle entre Écossais, Irlandais du Nord et Anglais. Comme pour les votes et les sondages d’opinion ici au Québec, ou on voit des différences marquées entre francophones, anglophones et allophones, là-bas on a pu voir une différence marquée entre les nations historiquement conquises (Irlande, Écosse) qui voulaient rester dans l’union européenne, et les Anglais (le peuple conquérant) qui veut garder sa culture, garder son système de justice common law et contrôller l’immigration. Le vote Anglais était fortement plus séparatiste que le vote Écossais et Irlandais. D’ailleurs dans les années 70 on avait vendu l’idée d’une union européenne qui était seulement une alliance économique mais qui s’est transformé tranquillement en un gouvernement central qui commence à resssembler à une fédération ou même comme certains politiciens européens aiment l’appeler, un United States of Europe. Wow! Est-ce qu’on est train de dire que les Anglais, le peuple qui a conquis le monde incluant le Québec et qui a implanter des fédérations centralisatrices un peu partout dans le monde avec son common law et créer le common wealth et nommer ses rois et ses reines (dont notre reine) Pape d’une église anglicane qui voulait se démarquer de l’église catholique historiquement dominante, là ou on doncuit encore à l’envers de tout le monde… est-ce qu’on est en train de demander à ce peuple d’entrer dans un Unites States of Europe avec un code civil qui va transformer l’angleterre essentiellement en une province? N’est-ce pas normal que cette culture dominatrice et qui cherche à se différencier depuis des siècles ne soit pas capable d’entrer dans le moule d’un gouvernement centralisateur? Qui est raciste ici? Les anglais qui veulent protégér leur culture? Les anglais qui ont voulu conquérir le monde? Les Québécois qui ont raté à s’en séparer? Gandhi et les indiens qui ont réussi à s’en séparer? Les Américains qui ont réussi a dominer le monde après avoir déclarer leur indépendances? Est-ce que les américains devraient cesser de fêter leur indépendance le 4 juillet au nom du racisme? Je suis épuisé des auteurs d’article qui parlent de racisme et de xénophobie sans jamais expliquer le fond de leur idée. Protéger sa culture c’est raciste? Ne pas protéger sa culture et s’assimler à une autre culture c’est raciste? Rester dans son pays ou sa culture est bien établie c’est raciste? Immigrer dans un autre pays sans vouloir s’intégrer c’est raciste? Le monde est trop compliqué pour l’expliquer seulement par le racisme. S’il-te-plaît, refaites un article basé sur une compréhension holistique et beaucoup mieux informée de ce monde. Le monde multiculturel est complexe et si vous vous intéressez réellement aux autres cultures et que vous n’êtes pas raciste, commencez par démontrer que vous comprennez les autres cultures, les désaccords entre les culture, et le fait que rien n’est blanc et noir et que le fait qu’il y ait des désaccords c’est normal, c’est un phénomène naturel. C’est pour ça que la démocratie existe, pour essayer de faire les meilleurs compromis possibles dans la diversité culturelle et individuelle de nos sociétés. Ton article me fait penser à quelqu’un qui écrirait sur ses voisins qui viennent de divorcer et qui ont passé par un médiateur pour faire une entente à l’amiable, mais parce que toi tu n’es pas d’accord avec l’entente tu traites l’un ou l’autre des parties d’égoïste. Le point n’est pas que tu as raison ou pas, le point c’est que tu ne sais pas par quoi ils sont passés et tu utilises ta vision égocentrique et mal informée en utilisant des généralités du genre « On sait bien, à cause du féminisme c’est toujours la femme qui a les enfants et qui garde la maison » ou « On sait bien, les hommes font plus d’argent que les femmes parce qu’ils travaillent plus, ils ont donc moins le temps de s’occuper des enfants. » Moi parce que je veux m’éloigner le plus possible du racisme, j’observe les autres cultures et j’essaie d’apprendre et de comprendre. Le racisme vient toujours d’une incompréhension des autres. Tu oublies tout simplement de te poser la question à savoir si tu n’es pas incompréhensif et raciste toi-même en traitant de racistes des gens qui ont une autre culture et un autre contexte que le tiens. C’est long comme commentaire mais sérieusement, j’en ai marre des amalgames qui tournent autour du racisme de nos jours. Et non, je ne pense pas que tu sois racistes. Je pense juste qu’il faut mettre de l’eau dans son vin avec les accusations racistes pour s’assurer de comprendre les autres avant tout. Je le redis, la raison du racisme c’est l’incompréhension. Cessont de juger trop rapidement et prenons le temps de comprendre, ou sinon taisons nous et laissons vivre les autres et respectons leurs choix légitimes et démocratiques.

Donald Trump est pour le Brexit.
Marine Le Pen est pour le Brexit.
Le Parti québécois est pour le Brexit.

Bravo!!!

Si il y a une chose qui est évidente c’est qu’une partie de la population anglaise on voter pour la sortie de l’Europe pour les mauvaises raisons. Et c’est tout à fait normal on les a inondé de mensonge, de part et autre, tout le long de la campagne.
Alors quelque soit le résulta la réaction fut celle de la peur.
Mais ce qui est le plus marrant dans toute cette manipulation c’est que le hasard a fait que les anglais ont pris la bonne décision.
Pourquoi? Voudriez-vous être gouverné par un noyau de gens qui sont de parfait criminel à cravate?
Jean-claude Juncker, président de la commission européenne, est tout simplement, le responsable de l’évasion fiscale du Luxembourg. C’est lui, qui a tripoter les règles, pendant qu’il était le premier ministre de ce pays, pour que des centaines de multinationales puissent profiter de cette terre d’asile pour le club sélect du 1%.
L’union européen devrait être aboli et ces gens devraient être foutu en prison.
Il faut déclarer la guerre au neo libéralisme et à l’exploitation de masse et aux iniquités sociales.

Quelle incroyable condescendance, non mais quelle incroyable condescendance!!! Pour qui vous prenez-vous monsieur? Moi-même je trouve que la démocratie est une bonne blague mais tout de même je ne crois pas qu’il soit de votre ressort de juger le droit de s’exprimer de tout un peuple qui n’est surtout pas le vôtre. Si vous-même croyez que la démocratie vaut quelque chose alors votre discours est vraiment, je ne saurais assez le répéter, CONDESCENDANT!

Je crois que 52% des personnes qui ont votées en faveur sont des gens qui en ont assez de se faire exploiter et qui disent aux multinationale ainsi qu’au banques et aux dirigeant qui nous disent de se serrer la ceinture d’aller se faire foutre.

Salut Mathieu! Je t’en prie ne parle pas de ce que tu ne connaît pas,par exemple ,traiter Dieu de Dieu vengeur. Je vais te suivre dans l’Actualité ét si tu dérapes, je vais te corriger comme on corrige un ignare comme toi!

Une chance qu’on a des élites éclairées pour informer les citoyens peuple qu’ils ne sont que des brutes épaisses et racistes depuis leurs journaux !

Dans ce vidéo, on voit très bien la gang antiaméricaine du journaliste attaquer des électeurs pro-américains et brûler des drapeaux américains. C’est sa gang, l’avenir des Etats-Unis selon lui, tous drapés de drapeaux mexicains mais surtout pas américains. Brûler un drapeau américain c’est encore mieux! Qu’il doit être fier de sa gang d’érudits!
https://www.youtube.com/watch?v=FvBH7f6KJeU

Si les Américains se donnent un président pro-États-Unis, imaginez le désarroi des journalistes québécois qu ne demandent pas mieux que les États-Unis continuent avec un autre président anti-américain comme Obama et Clinton.

C’est fou de voir tous les détracteur de cet article qui n’y on rien compris!
C’est une satyre qui dénonce le populisme et le racisme ordinaire que l’on voit de plus en plus souvent et qui est attisé par les radios-poubelles et les Martineaux de ce monde.
Malheureusement, il y aura toujours des esprit faible qui se raidiront et défendront bec et ongle leur droit à la haine et l’exclusion. 🙁