Briser la culture du privilège

Un comité du Sénat a finalement décidé d’envoyer à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) le dossier des dépenses de Pamela Wallin. La sénatrice conservatrice a tout intérêt à garder le silence, d’autant plus qu’elle n’a rien de convaincant à dire.

Mme Wallin juge «erroné et injuste» le rapport de vérification indépendante sur ses frais de déplacement qui a forcé le Sénat à passer à l’action. Le rapport de Deloitte recommande qu’elle rembourse plus de 121 000 $, soit le tiers de toutes ses réclamations pour des frais de déplacement depuis sa nomination, en janvier 2009. La firme recommande aussi que le Sénat examine de plus près une autre tranche de 20 000 $ en frais de déplacement sur lesquels plane l’incertitude.

Mme Wallin s’est engagée à rembourser les 121 000 $ (elle a déjà fait un premier versement de près de 40 000 $ au printemps). C’est bien là le strict minimum. Tout en clamant son innocence, elle a critiqué la méthodologie de Deloitte. La firme s’est basée sur la nouvelle politique de 2012, plus restrictive, régissant les déplacements des sénateurs, afin d’évaluer ses réclamations de 2009 à 2011.

Quoiqu’il en soit, les réclamations de la sénatrice de la Saskatchewan laissent le contribuable moyen pantois.

À titre d’exemple, Mme Wallin a demandé un remboursement pour deux activités reliées à ses fonctions de sénatrice qui n’ont jamais eu lieu! En juin 2009, elle a réclamé un peu plus de 2700 $ pour un aller-retour entre Ottawa et Toronto, prétextant des rencontres avec des représentants de la Banque mondiale et d’un organisme à but non lucratif de New York. En réalité, les contribuables ont payé pour qu’elle assiste à la cérémonie de remises des diplômes de l’Université de Guelph, où elle est chancelière.

En janvier 2010, c’est le même scénario. Mme Wallin a réclamé un remboursement de près de 1300 $ pour un aller-retour entre Ottawa et Toronto. Cette fois, elle a assisté à une réunion du conseil d’administration de Porter.

À d’autres occasions, elle s’est rendue à des activités partisanes du Parti conservateur, ou encore à des soirées mondaines dites de réseautage, toujours aux frais des contribuables.

L’enquête de la GRC dira si les faits et gestes de la sénatrice tombent sous le coup du Code criminel. Après Mike Duffy, Patrick Brazeau et Mac Harb, Pamela Wallin est la quatrième sénatrice à entrer dans le champ de vision des policiers. Ces dérives éthiques sont plutôt inquiétantes venant d’une institution dont la cote de popularité est en bas de zéro depuis des lustres.

Il faut espérer que la chasse aux coupables porte ses fruits, et vite, pour ramener un peu de discipline dans ce Sénat imbibé d’une «culture du privilège», selon l’expression de la critique du NPD, Alexandrine Latendresse.

 

 

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Parce que vous croyez qu’il n’y a qu’au Sénat que ce genre de chose prolifère?

Réveillez-vous SVP!

S’il fallait qu’une Commission d’enquête se penche sur tous les comptes de dépenses de tous les députés et fonctionnaires, le résultat serait, j’en suis assuré, hallucinant. La Commission Charbonneau nous en donne un léger aperçu.

LA solution à ce genre de gaspillage? Facile: RÉDUIRE le rôle de l’État.

« Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». Maintenant que nos petites souris sont surveillées, elles vont moins danser ou en tout cas respecter les pas.

Historiquement, les Conservateurs sont régulièrement associés au copinage, pots-de-vin, corruption & fraude. Il n’y a qu’à se rappeler l’ère Mulroney… Harper est d’ailleurs en voie de surpasser Mulroney pour ce qui est des scandales et crimes rapportés régulièrement!

Étonnant pour un parti dit de la « droite »…

L’exemple devrait TOUJOURS venir d’en haut et des leaders : éthique, moralité, responsabilité, etc. D’ailleurs n’est-ce pas ce que Harper avait promis? Au lieu de cela, non seulement c’est tout le contraire mais il rend la vie facile aux multinationales, le 1% (baisses d’impôts, évasion fiscale, etc.) et refile la facture au reste de la population (changements à l’Assurance-Emploi, déréglementation menant aux tragédies de la MMA, listériose, etc)

Réduire le rôle de l’État en coupant les inspecteurs, scientifiques, professeurs reviendrait à faire payer les autres pour ses propres erreurs. Donc contre-productif. Mais bon je crois bien que les Tea Party libertérien pensent toujours que c’est la solution magique (ironiquement eux qui sont constamment contre le « socialisme » se font subventionner àussi: par les frères Koch et crédits d’impôts!)

Mais pour le Sénat, une chose est certaine : ses jours sont comptés sous sa forme actuelle!

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