C-10 oublie les vraies victimes de crime

Le gouvernement a beau dire qu’il serre la vis aux criminels pour mieux aider les victimes, son projet de loi omnibus en matière de justice, le projet C-10, les oublient. Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’ancien ombudsman des victimes, Steve Sullivan, le premier à avoir occupé ce poste créé par les conservateurs de Stephen Harper. Il a lancé son cri du coeur dans un texte paru dans le National Post et qui mérite un détour. En voici un résumé.

M. Sullivan explique qu’après avoir étudié en détails le projet de loi, il n’y a trouvé que quelques mesures qui répondent réellement aux besoins des victimes. Il cite en particulier les multiples dispositions qui améliorent les droits des victimes au sein du système correctionnel et celui des libérations conditionnelles. «Ces mesures sont importantes, mais elles ont été présentées une première fois en 2005 sous le gouvernement libéral de Paul Martin», rappelle-t-il.

Il poursuit en avouant que personne ne proteste contre des peines plus sévères pour les agresseurs sexuels et ceux qui abusent des enfants. Il ajoute cependant que des peines plus sévères pour les délinquants peu dangereux ou à faible risque de récidive n’amélioreront en rien la sécurité des enfants, mais coûteront cinq fois plus cher que ce qui est investi actuellement dans les centres d’aide pour enfants victimes d’abus. Ces mesures ne feront rien pour aider les victimes d’agression sexuelle qui, en grande majorité, ne portent pas plainte. La fin des peines avec sursis sera un soulagement pour les victimes qui dénoncent leur agresseur, mais pour les autres, aucune mesure n’est prévue pour les encourager à briser le silence.

Sullivan fait état d’une étude du ministère de la Justice auprès de victimes d’agression sexuelle. Peu d’entre elles demandaient des sentences plus sévères. Elles souhaitaient par contre plus de soutien et plus de prévention. Certaines voulaient aussi davantage de services pour soigner les agresseurs ayant été victimes d’abus durant l’enfance.

« Les prétentions du gouvernement au sujet de ce que fait C-10 pour les victimes a peu avoir avec la réalité. Ce projet n’aidera pas la femme terrorisée dans sa maison. Il ne mènera pas à la construction d’un seul centre d’aide pour les enfants victimes d’abus. Il ne facilitera pas les décisions des jeunes à risque et il n’offrira aucun soutien aux victimes d’agression sexuelle.»

Pire, dit M. Sullivan, ce projet risque d’engorger davantage le système judiciaire. Les milliards que coûtera cette réforme, dit-il, ne feront rien pour rendre justice aux victimes.

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Ce que M. Sullivan discute n’est que la pointe de l’iceberg et il est évident que non seulement les victimes n’y trouvent pas leur compte mais ce projet de loi va générer beaucoup d’autres victimes car il est maintenant établi que plus on incarcère les auteurs de crimes moins graves, plus les taux de récidive et de criminalité augmentent. Ce que les tenants de l’emprisonnement à outrance ne vous disent pas c’est qu’à tous les jours des gens sortent de prison et sont relâchés dans la société bien pires qu’ils étaient quand ils y sont entrés. Qu’ils purgent 3 mois, 6 mois ou 3 ans, ils vont sortir et vont la plupart du temps être pires.

Qui plus est, le système pénal canadien ne reconnaît pas la victime comme partie intégrante et elle ne peut pas participer au processus pénal sauf comme témoin. Cela engendre beaucoup de frustrations chez elles et augmente la « victimisation », les rendant souvent victimes du système judiciaire même. Dans bien d’autres pays où on a un système accusatoire comme le nôtre, les victimes peuvent être représentées devant la cour et participent aux poursuites pénales en tant que partie civile. On y voit un bien plus grande satisfaction des victimes sans pour autant briser le nécessaire équilibre entre la poursuite et la défense.

Les conservateurs sont de dangereux apprenti-sorciers qui vont plonger le pays dans la criminalité, augmentant le nombre de victimes sans pour autant les aider à travers ce processus pénal souvent très hostile pour elles. C’est pathétique.

Au risque de me répéter. Ce projet de loi C-10 repose sur des illusions ou plutôt sur l’impression de ce que la justice devrait être ou plus précisément sur le postulat que la justice n’est pas assez sévère pour certains criminels.

Évidemment, tout cela ne supporte pas l’épreuve des faits, la seule chose que cela supporte c’est le fait que cela rassure une partie de l’opinion publique, ce qui inclus évidemment un certain nombre d’électeurs du Parti conservateur. Et je dirais à ces électeurs qu’ils soutiennent les valeurs conservatrices pour les mauvaises raisons car le but du conservatisme est de garder tout ce qui est bon et non de détruire les valeurs fondamentales qui ont forgé le Canada, ce qui signifie des valeurs de tolérance et de liberté.

Bien sûr, je l’ai écrit dans d’autres commentaires. Ce qui est important c’est le respect des droits des victimes et le fait qu’on réserve assez de subsides pour les soutenir, c’est le cas des agressions sexuelles, pour faire en sorte que les personnes agressées puisse définir leur place dans la société. Hors, s’il faut aussi des moyens, il faut aussi de l’ouverture d’esprit de la part des citoyens, accepter de parler ouvertement de toutes ces choses sans devoir prendre le risque de se retrouver devant un juge dès lors qu’une personne est identifiée comme agresseur pour autant qu’elle consente à s’ouvrir de ses travers.

C’est en ce sens que la loi C-10 ne sera jamais complète, si on ne prend pas les dispositions politiques et sociales qui permettront de se défaire de ces méchants travers une bonne fois pour toute dans au moins près de 90% des cas. Si on ne donne pas la chance aux victimes de se libérer du fardeau une bonne fois pour toute ; car le sentiment de la culpabilité qu’il faut endurer à vie est souvent pire pour l’être blessée que seul le châtiment pour les agresseurs.

Des réponses idéologiques, d’un parti idéologique, par un gouvernement idéologique, pour leurs électeurs idéologiques.

Mais pas de logique…

Ne pas confondre idéologique et dogmatique quand on fait le critique de ce gouvernement dogmatique.
Nous partageons tous une idéologie quelconque mais le piège se trouve dans le dogmatisme qui conduit un gouvernement à proposer des lois ou des politiques basés sur son dogmatisme qui fait fi de la réalité au profit de ses dogmes qui sont de la droite radicale dans le cas de Harper.Goebbels et Hitler ont aussi empruntés ces voies pour instaurer le national socialisme en Allemagne avec les horreurs qui ont suivies.

Je suis travailleuse sociale. Je travaille avec ces jeunes marginalisés et incompris. Pour moi, la différence ce fait dans l’écoute et l’action direct avec ces jeunes. Sur ce, comme certain devrait faire … je vais me taire et aller faire mon travail, la différence. Impliquez-vous!

Harper et sa suite se foutent complètement de nos critiques. Ils ne croient même pas en leur propre action à part peut-être le sénateur Boisvenu (sinistre instrument non élu au service du PC). Leur seul intérêt est de se maintenir au pouvoir en adoptant des mesures bassement démagogiques. Les intérêts derrière eux devraient titiller notre curiosité.

Merci à Mireille de parler d’implication..
Merci à Pierre de relever la faille du système
qui augmente la victimisation.
Et bien sûr, merci à Manon de souvlever la
question du C-10, car elle permet aux gens de
conscientiser la problématique pour finir par apporter des solutions réelles et durables.

Je serais cynique. Plus il y aura de la violence, plus la société sera inéquitable, et plus les chances de rester au pouvoir seront bonnes pour le parti de Stephen Harper. Tant pis pour la rationalité et le bon sens.

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