Candidats-vedettes: nouveauté, crédibilité et gaffes (prévisibles)

L’arrivée de Jacques Duchesneau et Jean-François Lisée vient compléter une cuvée de candidats-vedettes particulièrement riche lors de ces élections. La CAQ et le PQ (dans une moindre mesure le PLQ) ont déniché des gros canons qui ont accepté de se lancer en politique. En cette ère de cynisme exacerbé où les politiciens n’ont pas la cote, c’est un exploit. Et c’est encourageant.

Mais avant de faire une petite liste qui démontre le potentiel des «petits nouveaux», je fais un léger détour sur la première gaffe politique de Jacques Duchesneau, ce matin.

L’ancien policier a dit avoir pris un «raccourci» en affirmant qu’il nommerait des ministres, alors qu’en réalité, il ne serait que consulté par François Legault.

Ce n’est pas le premier candidat-vedette à donner des cheveux blancs à son chef.

En début de campagne, Pauline Marois était debout à côté de son candidat-vedette dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Daniel Breton, lorsqu’il a affirmé que Jean Charest était un «lâche». Elle s’est dissociée des propos de son candidat, affirmant vouloir faire une campagne positive.

Les candidats-vedettes sont propices aux gaffes, aux exagérations, aux déclarations improvisées. Et vous savez quoi? C’est normal et bien parfait!

Et pas seulement pour les journalistes qui couvrent la politique, dont plusieurs (trop?) raffolent de ces écarts de conduite. Pour la santé de notre démocratie, il faut vivre avec ce type de gaffe.

Pourquoi? Parce ce que si on veut de nouveaux visages en politique, des gens qui proviennent de milieux qui ne sont pas habitués aux codes rigides d’une campagne électorale ou aux rouages du système parlementaire, il faut accepter qu’ils mettent les pieds hors des sentiers battus.

Je sais, en cette ère surmédiatisée où la moindre phrase est scrutée à la loupe, c’est un défi. Je ne dis pas d’arrêter d’en parler.

Simplement de garder en tête que ces candidats, peu importe le parti, compensent leur manque d’expérience politique par une authenticité rafraîchissante. Une gaffe ne signifie pas une incompétence. Ils apportent un bagage dont la politique a bien besoin. Une expertise en affaires, en santé, en sécurité publique, en environnement… dont l’Assemblée nationale ne peut pas se passer si elle prétend vouloir (et pouvoir) s’attaquer aux défis de notre société, tout en représentant la diversité de la population.

Sinon, on se retrouve avec des politiciens de carrière qui sont lisses, sages, qui ne trébuchent jamais, mais qui n’ont rien vécu d’autre que la joute de l’Assemblée nationale.

C’est au chef qui réussit à attirer des candidats-vedettes de gérer leur égo et d’imposer le travail d’équipe. Une tâche qui existe de tout temps, dans tous les partis, comme le rappelle ma collègue Chantal Hébert dans son blogue.

Ceci dit, revenons à la qualité de la cuvée 2012. Visiblement, le goût du changement a poussé des personnalités importantes à tenter leur chance en politique.

Pour Pauline Marois et François Legault, qui doivent démontrer qu’ils sont prêts à gouverner et à remplacer le gouvernement de Jean Charest dès maintenant, la qualité de l’équipe est cruciale pour établir leur crédibilité. (À chaque élection, c’est un enjeu central. Ce n’est pas pour rien que le PLQ avait choisi «Nous sommes prêts» comme slogan en 2003 pour déloger le PQ de Bernard Landry…)

Un effet «équipe» doublement important quand le chef ne suscite pas un enthousiasme délirant, comme c’est le cas pour Marois et Legault. «Qui aime mon équipe me suive!» semble le slogan caché de cette campagne pour le PQ et la CAQ.

Les candidats-vedettes de Pauline Marois sont d’ailleurs avant tout des communicateurs, habiles avec les médias et donc moins sujets aux gaffes que la brochette de candidats de François Legault, qui vient de plusieurs secteurs où les médias ne sont pas aussi présents.

On peut débattre de la définition de candidats-vedettes, à savoir quand et pourquoi une personne mérite ce titre. À chacun sa définition. Je ne prétends pas détenir LA liste exhaustive (vos suggestions sont bienvenues!), mais voici des noms qui m’apparaissent comme intéressants, rafraîchissants et dignes de mention parmi les nouveaux venus dans les trois partis qui aspirent au pouvoir.

(Idéalement, ils doivent se présenter dans une circonscription où ils ont une chance d’atterrir à l’Assemblée nationale, sinon, ce ne sont pas des candidats-vedettes aux yeux de leur propre parti!)

Parti québécois

Léo Bureau-Blouin (Laval-des-Rapides), ancien président de la FECQ

Daniel Breton (Sainte-Marie-Saint-Jacques), écologiste, ex-candidat du NPD et ancien porte-parole de Maîtres chez nous XXIe siècle

Pierre Duchesne (Borduas), ancien journaliste à Radio-Canada

Bernard Généreux (Blainville), ancien président de la Fédération québécoise des municipalités

Djemila Benhabib (Trois-Rivières), auteure de «Ma vie à contre-Coran»

Élaine Zakaïb (Richelieu), ex-PDG des Fonds régionaux de solidarité de la FTQ

Diane de Courcy (Crémazie), ancienne présidente de la Commission scolaire de Montréal

Raymond Archambault (Groulx), ancien journaliste à Radio-Canada

Rosette Côté (Louis-Hébert), ex-présidente de la Commission de l’équité salariale

Jean-François Lisée (Rosemont) (a-t-il vraiment besoin de présentation sur ce site internet?!)

 

Coalition avenir Québec

Jacques Duchesneau (Saint-Jérôme), ancien chef de police de la communauré urbaine de Montréal et ancien dirigeant de l’Unité anticollusion au ministère des Transports du Québec

Gaétan Barrette (Terrebonne), radiologiste, ancien président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec

Christian Dubé (Lévis), ancien PDG de Cascades Europe

Claire Sanson (Iberville), ex-PDG de l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec

Maud Cohen, ex-présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec

Hélène Daneault (Groulx), mairesse de Rosemère et médecin de famille

Chantal Longpré (Repentigny), ex-présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement

Dominique Anglade (Fabre), ingénieure, ex-consultante chez McKinsey

Claude Michaud, ex-président du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Montréal et administrateur du Théâtre du Nouveau Monde

Nathalie Roy (Montarville), ex-journaliste et cadre chez TVA, Radio-Canada et TQS

 

Parti libéral du Québec

Gérald Lemoyne (Ungava), maire de Lebel-sur-Quévillon

Lise Pelletier (Duplessis), mairesse de Fermont

Gilles Ouimet (Fabre), ex-bâtonnier du Québec

Robert Poëti (Marguerite-Bourgeoys), ancien policier Sûreté du Québec

Rita de Santis (Bourassa-Sauvé), avocate,  Top 100 des Canadiennes les plus influentes du Réseau des femmes exécutives en 2009

Carol Néron, ex-éditorialiste au Quotidien


 

 

 

 

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Comment pouvez-vous dire M.Castonguay à l’émission Les coulisses du pouvoir ou ci-haut que les trois partis offrent des candidats-vedettes et de qualité quand on voit bien que Jean Charest a fait le vide autour de lui?
D’ailleurs, sur le panel des Coulisses du pouvoir, l’harmonie semble totale depuis le départ de Pierre Duchesne.

Léo Bureau-Blouin un candidat « veudette »???

Un CÉGÉPIEN?

Faut être drôlement désespéré…

C’est un peu navrant de constamment voir l’attention des médias et des analystes mettre l’éclairage sur les candidats dits « vedettes ».

Les citoyens, il me semble, devraient être capable d’aller plus loin que le culte du vedettariat. Nous avons des partis politiques avec leur bilan, leur histoire plus ou moins court ou même absente et avec leurs idées et leur philosophie. Voilà ce que devrait prioriser nos analystes politiques. Les candidats vedettes ne sont souvent que de la poudre aux yeux, du marketing et c’est à ces vedettes que revient la responsabilité de démontrer ce qu’elles peuvent offrir aux citoyens. Elles doivent être plus qu’un animal bien dresser pour impressionner.

«Gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare!»
[Michel Audiard]

@ François 1

Si notre société comptait plus d’individus de la qualité et de l’intelligence de L B-B, sans doute elle irait beaucoup mieux et il y aurait moins de cyniques désabusés et ridicules comme on peut en lire sur nos blogues.

«Quel dommage que les imbéciles soient des gens si pleins d’assurance et les gens intelligents, si pleins de doutes.»
[Jean-Michel Wyl]

@ François 1

Une vedette c’est quoi? C’est quelqu’un de connu. LBB est mieux connu que 90% des candidats.
Qu’on l’aime ou non, c’est un candidat vedette.

Si on regarde le côté « glamor », éclat et prestige, c’est la Coalition qui est allée chercher les meilleurs candidats. Si on regarde l’aspect pragmatisme et efficacité, on peut envisager que c’est le Parti Québécois qui est allé chercher les meilleurs, je pense notamment à Pierre Duchesne qui est un homme de grande qualité. Si on regarde pour les Libéraux, on relève que ce sont des choix plus stratégiques destinés à faire des gains plus locaux. Si ce n’est que ce parti a perdu au fil du temps des poids lourds de son gouvernement. On ne remplace pas les Monique Jérôme-Forget, ni les Michelle Courchesne du jour au lendemain.

Cela dit, dans un souci d’objectivité, je dirais qu’il y a de bons candidats dans tous les partis, ce qui montre au fond que les citoyens ne sont pas si bien servis que ça puisque nous ne pouvons pas réunir tous les meilleurs en même temps. Et pour se libérer de cette problématique, il faudrait abolir les partis, ainsi on ne voterait plus que pour des gens, pour tout le mérite qu’ils nous inspirent.

Les maires candidats du PLQ sont vraiment pas à plaindre…Le salaire complet de maire durant la campagne, les attachés politiques communaux travailles aussi pour le PLQ gratuitement, et si on perd on reste maire…
JF Lisée a du quitter son emploi, comme beaucoup d’autres…

Charest ne garde jamais personne autour de lui car il s’acharne à manipuler les Yvettes et Legault le faux indépendantiste n’est pas mieux . Duchesneau pour sa part comme Police à passé sa vie à mentir et c’est ce qu’il croit pouvoir faire en politique

@ Denis Drouin (# 4):

Vous êtes sérieux là?

LBB est un « grand sage » sur votre planète?

Eh ben…

Moi je me souviens plutôt de lui comme l’un des carrés rouges instigateurs de la violence et du pillage dans nos rues refusant obstinément de se dissocier de la CLASSE et étant appuyé en ceci par Pauline Marois et par tout le Parti québécois sauf UN député: Sylvain Simard qui finalement a eu raison du manque de jugement de la cheffe qui, étrangement, ne porte plus ce carré rouge…

@ bob (# 5):

Bon, je croyais personnellement qu’un minimum de sagesse, de vécu, et d’expérience étaient requis pour nommer un candidat une « veudette » (ex.: Jacques Duchesneau, Gaétan Barrette) mais vous avez peut-être raison car dans l’univers ésotérique péquiste, seule la popularité semble être nécessaire.

D’ailleurs, croyant les micros fermés, Pauline Marois a affirmé que LBB n’était pas ministrable.

Pourquoi diable est-elle venue chercher cette « veudette » si ce n’est que pour des raisons bassement électoralistes et opportunistes?

Pauvre LBB qui ne semble pas se rendre compte qu’il n’est devenu qu’une simple marionnette entre les mains des péquistes…

@ François 1

Vous n’avez pas encore fait mention de la super vedette du parti de John James, le bateau de Tony Acurso ? Pourquoi taisez-vous ce trésor de votre parti ?

On pourrait quand même rajouter les personnes suivantes, qui sont – il est vrai – candidat d’un plus petit mouvement (Québec solidaire), mais qui ne manque pas de gens implantés :
– Will Prosper, ex-policier et réalisateur, dans Bourassa-Sauvé.
– Bill Clennett, syndicaliste et militant québécois, célèbres pour ses lutte pour le logement, contre Loto-Québec, et son empoignade avec Jean Chrétien (le syndicaliste pris à la gorge, c’est lui), dans Hull.
– Serge Roy, ex-président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) de 1996 à 2001, dans Taschereau.

Il est vrai que les deux derniers sont des militants de longue date du parti, pas des surprises, mais pas des gens du sérails non plus.