Cégeps en français : un peu d’ambition, que diable !

Le débat est relancé, avec une fougue nouvelle.  Il dominera le grand colloque qu’organise le PQ en fin de semaine prochaine. Une seule

 Dawson College. 49% des étudiants ne sont pas anglos.
Dawson College. 49% des étudiants ne sont pas anglos.

proposition viable est sur la table: prolonger au niveau collégial la loi 101. En clair: enlever aux allophones arrivés après la loi 101 (en 1977) et à tous les francophones  le droit d’envoyer leurs ados aux Cégeps anglophones. Les anglos et les allos pré-1977 continueraient de se collégialiser dans la langue de Shakespeare sans jamais avoir mis les pieds dans un établissement scolaire francophone.

Ce n’est pas anodin. Les cégeps sont l’endroit où se forment et transitent toutes nos élites de demain: futurs leaders, ingénieurs, médecins, professionnels, techniciens et tutti quanti. A l’heure actuelle, presque 100% des cégépiens anglophones, 50% des allophones et 4% des francophones sont formés dans les institutions de la minorité. Voilà le problème que l’extension de la loi 101 ne réglerait nullement. Il y a une autre option.

1. Fusionnons les cégeps en un seul réseau de la prédominance du français. Partout où c’est possible, et totalement dans la région montréalaise, faisons en sorte que tous les cégépiens reçoivent les trois-quarts de leurs formation en français et le quart, en anglais.

Ainsi, on donnerait un coup de barre structurel majeur, osons dire historique, un bain francophone réel pour la totalité de nos élites de demain et on répondrait simultanément à la demande massive des parents francophones et allophones de voir leurs enfants bien connaître leur langue seconde, l’anglais.

2. En détails: tous les étudiants, de toutes origines, auraient accès à tout le réseau. À la filière générale, menant à l’université, les francophones  suivraient leurs cours en français pendant les trois premières sessions (avec leurs cours d’anglais hebdomadaire, déjà obligatoire), puis auraient un enseignement intensif en anglais dans la dernière session, y compris sur leurs sujets d’étude. Même topo pour les techniques, mais réparti sur trois ans.

Les anglophones et allophones anglicisés auraient également les trois-quart de leur enseignement en français, mais on pourrait moduler pour que leur quart en anglais se donne pendant leur première année de cégep, étant entendu qu’ils continuent de prendre leur cours de français hebdomadaire, obligatoire, pendant tout le parcours.

Résultat: des cohortes ayant vécu une expérience francophone, avec des profs et des collègues francophones, un accès aux réseaux de travail francophones. En prime, une acquisition opérationnelle de la seconde langue pour tous.

3. La marche linguistique serait-elle trop haute pour les étudiants? Elle suppose en effet qu’on devienne sérieux pour l’apprentissage de la langue seconde au secondaire, en introduisant ce qui fait consensus chez les pédagogues: des sessions intensives de langue seconde en fin de secondaire III et V dans les deux réseaux, anglais et français.

4. Quel impact en termes de nombre ? Voyons simplement le cas du plus gros cégep au Québec. Vous pouvez le nommer ? C’est Dawson, anglophone à 100%, dont les inscriptions sont en hausse de 12% par an, le triple de la moyenne, comme le signale Pierre Dubuc, dans L’aut’Journal. À Dawson, 59% des étudiants sont anglos, 25% allos et 16% francos. Avec la réforme proposée ici, tous auront leur enseignement principalement en français. Voyons maintenant les chiffres globaux: une fois en place, la simple extension de la loi 101 au collégial n’intégrerait au système francophone que 3 à 4000 cégépiens. Le cégep de la prédominance du français en intégrerait dix fois plus: environ 30 000.

4. N’est-ce pas bilingualiser les cégeps ? Non. L’institution est et reste francophone. Elle répond simplement, en augmentant la dose, au besoin d’enseignement de la langue seconde. L’anglais et le français sont des matières obligatoires. On prend les moyens de les enseigner correctement aux cohortes d’études supérieures. On vise une connaissance fonctionnelle de la langue seconde, pas un bilinguisme parfait. Et cela se fait dans un réseau qui affirme clairement la prédominance du français pour tous, dans une réforme qui est un gain linguistique net pour le français.

5. Comment réagiraient les francophones ? On le sait déjà, grâce à un sondage Léger Marketing publié après la sortie de mon livre Nous, qui abordait la question. 76% des francophones sont favorables à la proposition.

6. La communauté anglophone ne serait-t-elle pas en furie ? The Gazette et Alliance Québec, oui, c’est dans leur code génétique. Mais 61% des non-francophones y sont favorables, selon Léger Marketing, ce qui est considérable. Les parents anglophones sont aussi intéressés que leurs voisins francophones à voir leurs enfants bien maîtriser leur langue seconde.

7. La constitution le permettrait-elle ? Au point de vue constitutionnel, rien n’interdit cette réforme. Rien n’empêche non plus qu’au point de vue institutionnel, les établissements collégiaux anglophones soient toujours gérés par la communauté anglo.  Cependant, comme le soulignait Christian Rioux dans Le Devoir, l’idée qu’une minorité linguistique puisse faire tout son parcours dans la langue minoritaire est simplement sans équivalent en Europe (et, pourrais-t-on ajouter, aux États-Unis).

8. N’y aurait-t-il pas de grands problèmes de mise en oeuvre ? Il y en aurait 10 000, comme pour toute grande réforme. Qu’on fasse un projet pilote, qu’on échelonne l’implantation sur 10 ans.

9. Quel réel impact linguistique ? Le mathématicien de la langue Charles Castonguay écrit très justement , non au sujet de cette proposition mais en général,  que:

Pour un allophone, étudier en français prépare à travailler en français. Et travailler en français dispose à adopter le français plutôt que l’anglais comme nouvelle langue d’usage à la maison. Et à élever ses enfants éventuels dans la même langue, contribution insigne à l’avenir du français au Québec.

J’ajoute que cette réforme permettrait la création de réseaux réels entre Québécois de toutes origines, réseaux forgés sur les bancs d’école, à une période essentielle de la jeune vie adulte. Elle induirait également une saine exogamie. Elle dirigerait davantage d’allophones, ensuite, vers les universités francophones. Il s’agirait d’un pas important, à la fois pour la prédominance du français et pour le nationalisme civique, sans compter une augmentation de la rétention des jeunes non-francophones québécois, mieux préparés à réussir, en français, au Québec.

La proposition d’étendre la loi 101 aux cégeps est compréhensive. Mais elle me semble frileuse et défensive. Pour relancer le français au Québec maintenant, il faut être audacieux et offensifs.

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32 commentaires
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C’est pas mal comme plan, mais ce qui serait beaucoup plus ambitieux serait de faire le même genre de réformes dans l’ensemble du système d’éducation. Mettre fin à la ségrégation linguistique, asseoir fermement le français comme langue d’instruction et renforcer l’apprentissage de l’anglais.

Je pense que ça pourrait tenir la route politiquement au Québec, mais je ne sais pas si la Constitution le permettrait et évidemment ça créerait un précédent difficile pour les communautés francophones hors-Québec. Et je ne parle même pas de la réaction de la communauté anglophone…

«l’idée qu’une minorité linguistique puisse faire tout son parcours dans la langue minoritaire est simplement sans équivalent en Europe (et, pourrais-t-on ajouter, aux États-Unis).» Celle qu’on connait tous dirait certainement que c’est …tivident.

Le réseau scolaire anglophone est destiné en principe essentiellement à la minorité luinguistique anglophone. Si le plus gros CEGEP du Québec esn Dawson, c’est parce que manifestement il n’est pas destiné à la minorité démographique, mais que s’y enfouit aussi la minorité psychologique. Les nous jhustement.

Et si c’est le cas, c’est parce que flotte dans le paysage l’idée saugrenue que c’est la langue de la minorité démographique du Québec qui est la clé du succès après que l’étudiant ait compété ses études.

Je ne suis pas certtain quIl serait nécessaire de mettre en place une solution comme celle que vous préconiséz et qui est à mon avis alambiquée, si il était clair que la langue française est la clé du marché du travail et du succès professionnel.

Former tout le monde selon la formule que vous préconisez comporte une bonne dose de séduction et je suis persuadé que vous allez avoir bien du succès avec ça.

Mais après jean-François, après, qu’est-ce qui se passe…? À quoi ça sert si on continue d’exiger que la moindre téléphoniste embauchée à Victoriaville soit belingue.

De toutes façons la bilinguisation du réseau des CEGEPS est commencée. Récemment on a tansféré une formation en anglais au CEPEG de Longueuil pour pouvoir apprendre les techniques d’aviatique. Pourquoi d’après vous? Parce que même chez Bombardier aéraunotaique me dit une amie qui y a travaillé, une réunion d’une dizaine de personnes, 9 francophones et un anglo, ça se passe en anglais.

Vous crouyez vraiment ça vous, qu’une fois tout le monde bilinguisé ça va changer les choses au point où que ça va éteindre le feu?

Je ne sais pas quelle est la solution et votre mérite est certainement de proposer quelque chose.

Mais à mon avis, la vraie solution ne se trouve pas vraiment au CEGEP, parce que le vrai problème n’est pas au CEGEP. Je suis plutôt d’avis que le problème c’est la langue de travail. Et pour que votre solution ait un effet significatif et durable, il faut que cela s’accompagne de mesures très précises et efficaces au plan de la langue de travail au Québec.

contrairement à ce que colportent certains, tout le monde ne va pas aller travailler à boston. Et si quelqu’un veut aller y gagner sa vie, il va s’arnger pour faire les efforts nécessaires, incluant de devenir parfaitement bilingue. La fonction crée l’organe.

Faisons du français la langue normale du travail et vous allez voir comment ça va avoir un effet significatif sur la langue d’usage au Québec.

Fusionnons tout le système d’enseignement au Québec. Un seul système public pour tout l’élémentaire. Comme dans tous les autres pays du monde. Finie l’école anglaise. Finie l’école juive. Finie l’école musulmane. Finie l’école grecque. Finie l’école italienne. Une seule et unique école publique à l’élémentaire.
(Jonahtan Roy n’a pas eu droit à l’école française à Denver. Il est allé à l’école américaine et a été assimilé)

Pour la minorité de 8% d’anglophones, on pourrait être accommodant et garantir la moitié de l’enseignement en anglais.
A la sortie de l’élémentaire, TOUS les enfants au Québec seraient québécois! Finis les ghettos!

Je suis absolument totalement d’accord avec vous!
Je vais acheminer votre article à tous mes amis péquistes et tenterai avec eux de faire du chemin là-dessus au Conseil national en fin de semaine. Merci encore une fois de collaborer à nous faire avancer collectivement.

Je ne sais pas ce que vous avez mis dans votre tisane hier soir M. Lisée, mais la « solution » proposée serait catastrophique pour les Québécois francophones en général et pour les Montréalais en particulier.

Demander au francophones (de partout au Québec!) de suivre leurs cours à 25% en anglais c’est GARANTIR notre cajeunisation!

Les francophones de Montréal parlent déjà l’anglais dès que cela leur est possible, Montréal est DÉJÀ une ville bilingue et vous proposez d’accélérer le processus d’anglicisation?

Nous sommes submergés par du contenu audiovisuel en anglais (films, musique, jeux) et nous devrions ajouter à cela que nos jeunes suivent un quart (25%) de leurs cours en anglais? Il ne savent même pas parler et écrire le français convenablement!!!

Jusqu’où pousserons-nous notre auto-assimilation à l’anglais? N’est-ce là ce que Jacques Parizeau appelait le fait de «s’auto-pelure de bananiser»?

Votre proposition participe de la même illusion que l’idée d’«une île, une ville». En intégrant nos concitoyens anglophones aux structures francophones, nous perdons le contrôle des institutions fusionnées et anglicisons davantage les générations futures.

Accorder une telle position à l’anglais alors que le français se meurt, n’est-ce pas là une sorte de suicide collectif?

La solution passe par l’imposition du Cegep en français à tous les enfants issus de l’immigration d’après 1977, car il s’agit de «sauver» le Titanic linguistique montréalais, pas de percer d’autres trous dans la coque, M. Lisée!!!

C’est pas un peu répressif cette idée? Il me semble qu’à 18 ans, on est assez vieux pour se faire convaincre d’aller à l’école en français plutôt que d’y être contraint. On ne veut pas que les meilleurs étudiants anglophones et allophones quittent le Québec pour l’Ontario parce qu’on brime leur liberté de choix. De plus, même si c’était acceptable légalement, ça ne tient pas compte des changements majeurs qui se produisent au niveau de l’éducation mondiale. Il faut davantage de flexibilité dans notre système éducatif pour attirer les meilleurs étudiants qui obtiennent une éducation à la carte en se déplaçant d’un pays à l’autre. Et aussi permettre à nos étudiants d’aller dans les meilleures universités, qui, malheureusement ou non, sont bien souvent en anglais.

Et ça règlerait quel problème? Ça améliorerait quelle situation? Si c’est un problème linguistique, on s’y prendrait du mauvais côté. Les jeunes (pas tous, je sais, il ne faut pas généraliser) ont de la difficulté à bien communiquer en français, même s’ils sont francophones et qu’ils ont fait leurs études primaires et secondaires en français, alors même s’ils sont obligés de continuer au cégep en français, je ne vois pas ce que ça changerait. Et si c’est dans un but d’affirmation nationale de « on-s’tient-d’boutte-devant-les-anglais », je pense que c’est beaucoup de chambardement pour des résultats incertains.

Tous ceux et celles qui insistent pour aller étudier en anglais au CEGEP ne sont, en fait, que de futurs émigrants qui se préparent à aller travailler aux USA ou dans le Canada anglophone.
Pour un francophone non-bilingue, le CEGEP anglo est la solution idéale pour devenir «fluent» en anglais, comme dirait Elvis Gratton…
Que faire ? Jacques Parizeau répondrait : Je ne sais pas…

« En clair: enlever aux allophones arrivés après la loi 101 (en 1977) et à tous les francophones le droit d’envoyer leurs ados aux Cégeps anglophones. »

Cette formulation me semble exprimer le problème : ce ne sont pas les parents qui envoient les enfants au Cégep, mais des personnes douées de raison qui font le choix d’aller dans un établissement plutôt qu’un autre. Il me semble qu’une fois au Cégep – quand la personne a déjà choisi une branche importante de son parcours universitaire éventuel -, on peut supposer que les gens sont capables de faire un choix raisonné sur leur méthode d’apprentissage de l’anglais. Je crois que c’est au secondaire que l’enseignement de la langue seconde devrait être resserré.

Bravo, M. Lisée !

C’est ce que je répète depuis des lustres ! (J’ai 400 ans).

Et un seul CHUM !

Fini les écoles linguistiques, religieuses et ethniques.

Tous le monde dans le même système francophone avec de bons cours d’anglais et d’espagnol et des bibliothèques aux livres de toutes les langues possibles.

Mettre fin aux institutions « privées » subventionnées à 60% ! Une abhération québécoise !

Est-ce que le PQ aura le courage ? Ou est-il trop soumis à l’élite anglaise de Montréal ?

Dans un monde de la promotion des valeurs matérialistes, l’envie de l’élève à l’égard d’une réussite financière est quasi-irrésistible, spécialement lorsque cet élève provient de la classe moyenne et aisée. La langue américaine (anglaise si on veut)leur apparait alors comme la meilleure rampe de lancement pour la réalisation de cette réussite. Je ne suis donc pas surpris que 76% des francophones québécois soient favorables à une proposition de « bilinguisation » partielle des CÉGEPS québécois ( avec prépondérance de la langue française).
Or avec l’arrivée immanquable de l’érosion des valeurs matérialistes( le titanic capitaliste vient de heurter la banquise dite de la « financiarisation de l’économie réelle »), que devrons-nous obtenir comme communauté d’apprentissage post-secondaire? Quelque chose comme une école française pour tous les jeunes québécois résolument engagée dans la construction d’une nation qui met à l’avant plan le développement durable de toutes les économies locales du Québec. La motivation des allophones pour une école française devraient alors se pointer et se structurer avec le temps.
Jacques Pariseau n’a-t-il pas dit dernièrement que le Parti Québécois avait besoin d’une bonne réflexion sur les enjeux importants de notre peuple?

Comme nation il nous reste la langue et cette question est totalement incomprise même par les indépendantistes . Notre religion à été détruite par les sectaires pro protestants et ésotériques et nos enfants éliminés
1) Tout l’enseignement devrait se faire en français à la garderie, à l’école, au secondaire au cégep et à l’université .
2) Et apprendre tous une même seconde langue l’anglais c’est de l’assimilation et une fermeture au monde qui est à 90% non anglophone. Durant que les colonisés anglicisés du Québec se ferment le monde les canadians apprennent à leurs enfants les langues du monde et leur ouvre le monde
3) Si les étrangers veulent des écoles dans des langues étrangères et des croyances religieuses étrangères il doivent se les payerà 100%
4) Le Québec doit financer l’instruction que dans notre langue nationale : Le français
5) Tous les emplois au Québec doivent être francisés
6) Tous les médias au Québec doivent être francisés et comme dans toutes les autres nations les journaux et médias étrangers par la poste ou l’abonnement
7) Le gouverement du Québec et les élus des municipalités doivent communiquer avec tous les citoyens qu’en français
8) Une personne à ses frais peut apprendre autant de langues qu’elle veut mais pour usage hors Québec ou pour un emploi de traducteur payé
9) La langue c’est l’âme d’une nation c’est sa culture et sa vie et apprendre une seule et unique langue seconde à tous c’est détruire cette nation.
10) 20% des êtres humains parlent les langues asiatiques
20% des êtres humains parlent les langues Hindis
20% des êtres humains parlent les langues Arabes
20% des êtres humains parlent les langues latines ( grande majorité dans les 3 Amériques) incluant le français
10% des êtres humains parlent les langues anglos et saxonnes
10% des êtres humains parlent les langues régionales et tribales
=====Voilà ce que tous les Québecois et tous les élus au Québec devraient savoir pour éviter d’angliciser et de détruire ainsi la nation Québecoise francophone et pour permettre notre véritable ouverture au monde comme pays et nation francophone

« l’idée qu’une minorité linguistique puisse faire tout son parcours dans la langue minoritaire est simplement sans équivalent en Europe (et, pourrais-t-on ajouter, aux États-Unis). »

Dites-ça aux Franco-Ontariens et aux Acadiens !

Par contre, fusionner seulement les cégeps serait catastrophique, car les universités anglophones sont bien mieux financées que les universités francophones. Nous formerions de très bons franco-bilingues qui suivraient les anglos-bilingues vers les universités anglophones.

C’est tout le système qui doit être fusionné en un système à 3/4 francophone.

M. Lisée.

J’ai la ferme impression que les anglos québécois sont beaucoup plus québécois qu’ils ne sont canadiens. Même s’ils ne s’en rendent compte que tard dans leur vie, malheureusement.

Autant je respecte votre intellect, autant votre solution me paraît bureaucratique et bureaucratique (ou idéologique). Avec plein de papiers jaunes ou bleus, nommés 124-5 ou M447.

Je fais parti de la plèbe et j’ai tendance à penser que les patentes mixtes ne fonctionnent pas quand une maudite marge des étudiants ne baragouinent que quelques mots de l’autre langue. Par contre, je seconde l’idée d’obliger l’apprentissage de l’autre langue. Ça me fait penser à un ministère qui fait ça…

Nous conviendrons que votre but est d’assimiler les O’, les Mc et les Mac. Je suis contre.

C’est fucké mais ce sont eux qui font des programmes scolaires qui sont axés vers l’extérieur et qui font fonctionner leurs institutions (scolaires ou sanitaires) correctement.
Nous obligeants à l’excellence.

Je veux qu’on les dépasse.
Et pas par défaut.

Y’a pas personne qui a peur d’immigrer à Amsterdam, Stockholm ou Copenhague à cause de leur langue.

Et ce sont des cultures monolithiques.
Soyons l’exemple de demain.

Le problème n’est pas à 18 ans.
J’ose espérer qu’à cet âge, l’étudiant puisse choisir sa matière et sa langue.

L’UdeM doit battre McGill.
On a fair fight.

C’est ça…tout le monde égal et dans le même moule. Tous en rang d’oignon et tous peignés du même bord. La base du nivellement par le bas. Vive la gauche! On enseigne et on maîtrise tellement bien le français au Québec… Pourquoi ne pas étendre notre impressionnant haut savoir à tout le monde résidant dans la province de Québec:

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/200911/04/01-918539-francais-au-secondaire-les-eleves-pas-a-la-hauteur.php

Tout ça pour finalement déclamer mon total désaccord avec votre idée. Au niveau du CEGEP, les rares qui n’ont pas encore décroché de votre système québécois de l’éducation ont eu 11 à 12 ans pour l’évaluer et il est du ressort individuel de choisir la langue d’enseignement. L’État tentaculaire n’a rien à y foutre.

Mais qu’avez-vous donc, Monsieur Lisée, contre le libre choix pour les Québécois? Sont-ils trop stupides, sots ou pas suffisamment matures pour faire les bons choix pour eux-mêmes et pour leur progéniture qu’il faille que vous vous sentiez pénétré de la mission auguste de leur imposer les vôtres de force? Qu’avez-vous de mieux ou de plus que les autres Québécois n’ont pas? Ne voyez-vous pas que le système que vous défendez est un fiasco et un ratage complets? 45 ans après la révolution tranquille qui a nous apporté toutes les interventions imaginables et concevables par la gauche, tout en se gardant tout de même un minimum de décence démocratique, on pourrait croire que le tout s’est soldé par un quelconque succès. Mais non. Voilà que vous voulez rajouter une autre couche pour corriger les autres couches…et une autre…et une autre!!!

Au lieu de vous prétendre plus raisonnable que le reste de la province, faites confiance aux Québécois et aux Québécoises. Ils trouveront bien eux-mêmes les chemins qui les mèneront à LEUR idéal et qu’il soit anglophone ou francophone, vous verrez, vous ne serez pas déçu.

La proposition est belle sur papier (elle figurait dans « Nous » si mes souvenirs sont bons). Elle a le grand mérite de contourner l’éternel problème de « l’obligation » (qu’imposerait un nouveau recours à la Loi 101). Je vois assez bien comment les cégeps franco se plieraient à la mesure (dans l’enthousiasme pour certains!). Mais je peine à voir comment s’appliquerait la mesure aux cégeps anglo où, à tout coup, une culture de résistance ouverte ou passive se développerait. Est-ce que ce serait la mise au rancart des profs unilingues anglophones qui deviendraient « excédentaires »?

Et il y a bien d’autres problèmes structurels à maintenir deux réseaux parallèles.

Peu le savent mais la formation générale, ce tronc commun de français ( 4 cours), de philosophie ( 3 cours) d’éducation physique et d’anglais langue seconde, souffre de disparités entre le secteur anglophone et le secteur anglophone.

Du côté francophone, le taux de réussite de l’épreuve uniforme de français est nettement inférieur au taux de réussite de l’épreuve équivalente dans le secteur anglophone. Pourquoi? J’ai souvent posé la question mais personne dans le milieu de l’enseignement collégial ne semble vouloir ouvrir cette boîte de Pandore.

Les collèges anglais réussissent-ils mieux que les collèges francophones à attirer les meilleures étudiants? Ou alors y a-t-il des exigences plus grandes, une pression politique plus forte quant à la qualité de la langue française? L’anglais est-il en soi plus facile que le français, ou encore est-on moins exigeant envers les performances des étudiants parce que cette langue est moins menacée poliquement? En ce cas, ne serions-nous pas déjà devant la possibilité qu’un nombre croissant d’étudiants ( même parmi les francophones), conscients du fait qu’ils ont statistiquement plus de chances de réussir dans un collège anglais, ne choississent d’étudier en anglais, non seulement pour parfaire leur anglais mais parce que le diplôme collégial peut y être obtenu en quelque sorte « à rabais »?!

D’autant plus que, contrairement au cégeps francophones qui offrent trois cours displininaires séquentiels de philosophie, les cégeps anglophones offrent plutôt des cours multidisciplinaires qu’on appelle « Humanities » dont il est encore tabou de supposer qu’ils ne rencontrent pas les mêmes exigences de rigueur et de cohérence que les cours de philosophie obligatoires dans le secteur anglophone.

M. Lisée,

À quoi ressemblerait aujourd’hui ma carrière si votre idée était mise en pratique?

Issu du régime transitoire — ouf, j’ai échappé à la dernière réformette de peu — et scolarisé au privé ET au public, j’ai toujours maintenu une moyenne supérieure à 85 % au secondaire, que j’ai complété dans une polyvalente estrienne.

Je fais ensuite une demande d’admission en sciences humaines au CÉGEP de Sherbrooke. Refusé.

Je fais la même demande au CÉGEP anglophone: accepté, et même réorienté vers un programme enrichi. (Passons sur le fait qu’en comparant ma charge d’études avec celle de mes copains acceptés au francophone, je constate qu’ils passent énormément de temps à apprendre où souligner et mettre les virgules et les guillemets dans une bibliographie, mais bien peu de temps à lire les classiques de la première à la dernière page, comparativement à moi, mais on s’en reparlera une autre fois)

Élève exceptionnel(!) — à en juger par le fait que j’ai complété mon CÉGEP général en (seulement!) 2 ans, dans une langue seconde, l’anglais, de surcroît, comparativement à une moyenne de trois ou quatre ans pour mes anciens condisciples du secondaire — je crois bien naïvement que ma moyenne, qui m’a fait atterrir deux années consécutives sur le « Dean’s list » (moyenne supérieure à 80 %) devrait m’ouvrir toutes grandes les portes de l’université… Sans compter que j’ai déjà commencé un baccalauréat en philosophie dans une université anglophone du Québec, où j’ai maintenu la moyenne respectable de A-.

Que non: refusé en journalisme à l’université Laval. Accueilli par contre à bras ouverts à l’université Carleton, à Ottawa, toujours en journalisme, mais avec une année de cours crédités grâce à mes études collégiales (J’ai gradué comme Bachelor of Journalism (Honours), avec mineures en philo, science politiques, et histoire).

Dix ans plus tard, après une carrière qui m’a fait signer des textes dans quelques journaux anglophones et francophones, avant de passer à un autre domaine que le journalisme, je me dis qu’il est peut-être temps de réorienter ma carrière. Je découvre un intéressant programme conjoint droit-M.B.A. sur quatre ans à l’université de Sherbrooke (je me dis que ce serait bien de profiter de l’occasion pour me rapprocher de ma famille à nouveau), je fais la demande d’admission, avec en plus de mes résultats scolaires précédents, mon expérience professionnelle relativement intéressante, et les références d’éminents concitoyens avec qui j’ai eu le plaisir de collaborer.

Si je vous disais que l’université d’Ottawa offre aussi un programme conjoint de droit-M.B.A., croyez-vous être en mesure de deviner quel accueil fut fait à ma récente demande d’admission à l’université de Sherbrooke?

Morale de l’histoire: oui, étudier en Ontario, c’est payer environ quatre fois plus de frais de scolarité qu’au Québec (remarquez, des fois dans la vie on a ce qu’on paie pour, je commence à voir la sagesse de ce dicton en vieilissant…). Non, le Québec ne vous donnera pas un sou de bourse d’études si vous traversez la rivière des Outaouais ou la Baie des Chaleurs. Et non, vous ne serez plus jamais le bienvenu dans le système scolaire francophone au Québec si jamais vous osez poser un orteil en dehors. (Deuxième cas à l’appui si vous voulez: celui de mon petit frère aujourd’hui à la maîtrise qui voit mystérieusement toutes ses demandes d’admission aux universités francophones systématiquement classées dans la filière 13 depuis qu’il a lui aussi osé transgresser la loi non-écrite des études supérieures au Québec en commettant le crime de s’inscrire à un CÉGEP anglophone après le secondaire).

Quel beau pays le Ministère des compétences transversales nous construit là!

1- Utiliser la clause dite nonobstant pour rétablir la loi 101 dans son intégralité et la renforcer.
2- Cesser immédiatement de subventionner toutes les écoles et tous les collèges privés. Que toute formation, excepté l’apprentissage de langues étrangères, se fasse uniquement en Français.
3- Seules le Français et les langues autochtones sont officielles et uniquement celles-ci peuvent être exigés en emploi sauf pour des emplois exigeant de communiquer avec l’étranger… C’est ce dont le Québec a besoin.

mephistau :
novembre 16, 2009 à 13:36
M. Lisée.

J’ai la ferme impression que les anglos québécois sont beaucoup plus québécois qu’ils ne sont canadiens. Même s’ils ne s’en rendent compte que tard dans leur vie, malheureusement.

C’est pas évident quand on lit The Gazette monsieur Mephistan

@Ollie
«Non, le Québec ne vous donnera pas un sou de bourse d’études si vous traversez la rivière des Outaouais ou la Baie des Chaleurs»

C’est vrai ce que vs dites et c’est hallucinant parce que l’immigrant qui débarque au Québec et qui, au lieu de travailler comme il s’est engagé de le faire auprès de l’agent d’immigration, décide de retouner aux études, aura droit à toute la gamme de bourses et de prêts possibles et imaginables.
Il y a une immense passoire de ce coté mais y’a pas un média qui en parle.
Pendant ce temps, vous, dont les parents ont payé des taxes et impots toute leur vie au Québec, n’aurez rien de Québec. Absolument rien.

J’étais pour l’application de la Loi 101 aux cégeps, mais après cet article de Lisée, je crois maintenant que la fusion des deux cégeps linguistiques avec prépondérance du français est la meilleure option, le meilleur compromis. Mais pourquoi ne fait-on pas la même chose aux universités aussi? Les universités sont plus importantes que les cégeps quant aux formations des travaux importants.

Pour détruire un des arguments menteurs des fédéralistes pour angliciser le Québec , à savoir pour protéger les Acadiens et les Francos Ontariens , il faut savoir que ces francophones vivent en anglais et que s’ils n’étaient pas à proximité du Québec il ne parleraient plus français depuis longtemps .
Et pour les protéger il faut franciser le Québec et non pas nous angliciser .
Avec internet aujourd’hui il est possible de refranciser le 16 millions de francophones devenus unilingues anglais aux USA dans les Maritimes en Ontario et dans l’ouest canadian.
Mais pour y parvenir il faut que le Québec apprenne à franciser tous ses citoyens et tous les emplois au Québec donc à vraiment franciser tout notre système d’éducation.
Et ceci est possible que par l’indépendance de notre pays le Québec car les lois canadians coloniales et les députés fédéralistes nous empèchent de franciser le Québec

C’est ce genre de raisonnement qui m’a fait débarquer de votre bateau M. Lisée. Je ne veux pas de votre société dirigiste et revancharde. Votre solution est simple et pourrait aussi être appliquée à la grandeur du pays (le Canada). On réglerait en peu de temps les confrontations actuelle. Comme le disais Johnpro un peu plus haut, dans le monde actuel, votre proposition garantirait l’exode de nos meilleures têtes à moins que vous ayez aussi une solution à cela ? Un mur peut-être ? Justement, y’en a un qui ne sert plus depuis 20 ans…

Votre solution m’apparaît comme catastrophique. Si elle était mise en application, elle n’aboutirait en définitive qu’à faire ce que Durham et ses adeptes n’ont pas encore réussi à parfaire: Angliciser les francophones en les assimilant. Ce bilinguisme institutionnalisé dans l’enseignement même, compte tenu de notre environnement fortement imprégné par la culture et la langue anglaise de plus en plus envahissantes, sera suffisant pour favoriser et justifier le passage des jeunes francophones à la langue anglaise, puisqu’il n’y aura plus de cloison protectrice entre les deux langues et culture mais, au contraire, en donnant ainsi systématiquement à tous l’accès à la langue anglaise, il n’en résultera qu’une invitation ouverte à se simplifier l’existence en passant définitivement à la langue majoritairement en usage en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde: Les Pascal Picard Band vont se multiplier et bientôt comme dans bien des familles canadiennes-françaises de l’Ouest canadien, de l’Ontario et du New-Brunswick, beaucoup de nos enfants viendront graduellement à parler et à vivre dans cette autre langue, qui n’est pas celle de leurs parents et ce jusqu’au jour où la langue française aura chez nous le statut de la nostalgie qu’elle a de nos jours en Louisianne, et cela non pas parce que les autres nous auront imposé la situation mais parce que nous aurons manqué de perspicacité en se l’imposant malancontreusement à nous-mêmes, en croyant bien faire.

On se demande encore à quoi servent les CEGEP. Tous les autres pays qui nous entourent (Canada et USA et Mexique)ne donnent pas une telle formation à leur jeunes. Ils passent du secondaire à l’université sans avoir à passé deux ans à se morfondre sur les bancs du CEGEP. Le CEGEP peut être utilisé pour les formations techniques mais pour les formations universitaires ils ne le sont pas.
Peut-être serviraient-ils à hausser le niveau de culture en exigeant que tous les étudiants voulant terminer leurs diplômes devraient démontrer des habilitetés linguistiques et écrites en français et en anglais.
Ne venez pas nous réduire à un petit peuple en nous confinant au français seulement. Nous vivons dans une monde tellement interdépendant et surtout imprégné par l’information anglophone.
Et tant qu’à y être pourquoi pas exiger aussi une connaissance minimale de l’Espagnol parlé par plus de 300 millions de personnes juste au sud de notre continent.

L’idée de rendre bilingue les cégeps anglophones parait pleine de bon sens et trouver une justification dans un état francophone. Par contre imposer la même contrainte au Cegep francophone me parait complétement irréaliste. Au nom de quel(s) principe(s) imposerez-vous un enseignement en anglais (même partiel) à des francophones dans leur propre état dont la langue officielle est le français.

Et la question à laquelle vous ne répondez pas dans cette proposition est : au nom de quoi devrait-on imposer l’apprentissage de l’anglais à tous les québécois. Pour résoudre quel problème. Si c’est pour résoudre le problème de la biliguisation de Montréal, peut être pourrait-on s’inspirer de ce que font toutes les nations du monde : financer et promouvoir leurs institutions et leur culture et non celles du voisin.

J’aurais vraiment dû lire cet article avant de répondre à l’autre. Cette idée me semble tout à fait juste.

Je me souviens de mon école secondaire. D’un bord, c’était l’école française, de l’autre l’anglaise. On ne mangeait pas au même moment, on n’avait pas les mêmes récréations et on ne rentrait et ne sortait pas de l’école aux mêmes heures. À l’époque, on pratiquait une ségrégation horaire pour nous accommoder, pour qu’on ne se bataille pas. Triste quand même quand on y pense.

C’est une bonne question, est-ce qu’aujourd’hui, dans nos écoles multiethniques, les gens peuvent bien s’entendre dans tous leurs accents ? Je pense que oui. La meilleure façon de se construire une nation solide, c’est de se parler, de vivre ensemble. Les ségrégationnistes sont autant francophones qu’anglophones dans les deux solitudes. On a qu’à écouter les lignes ouvertes du 98.5 ou celles aussi imbéciles de CJAD.

Si seulement on s’entendait les uns, les autres sans se crier des bêtises. Le pire, c’est que les deux se plaignent des mêmes maux. Les anglais du Québec se sentent opprimer par les majoritaires. Les majoritaires du Québec se sentent opprimer par le ROC.

Même séparatiste, va ben falloir apprendre à vivre avec l’autre, on a une grande tradition anglophone au Québec, est-ce qu’on ne peut pas être fier aussi d’être la terre de Leonard Cohen et d’Oscar Peterson ? Si notre monde aujourd’hui peut commencer à se reconnaître dans les deux langues, que le biculturalisme québécois se reconnaisse enfin. Que les anglais connaissent Michel Tremblay comme on apprendrait à connaître Leonard Cohen, je ne vois pas ce qu’il y aurait de mal là-dedans. On serait tous les deux grandis.