C’est l’histoire d’une perle cachée et d’une agonie politique

Le 8 novembre, l’ordonnance de non-publication frappant certaines portions fort intéressantes du témoignage livré les 3 et 4 octobre à la commission Charbonneau par l’ex-entrepreneur en construction, Lino Zambito, était levée.

Vendredi et samedi, les médias en ont rapporté les grandes lignes. L’accent y était mis principalement sur le constat de Lino Zambito à l’effet que dans plusieurs municipalités de la couronne Nord de Montréal, le processus d’octroi de contrats publics serait en fait contrôlé par le secteur privé.

Bref, contrairement à Montréal, dans la couronne Nord, il n’y aurait ni pizzo à payer à la mafia, ni de pattes de fonctionnaires corruptibles à graisser. Selon Zambito, ici, c’est plutôt la patte de certains élus qu’il faut graisser directement.

Le pactole découlant de ces contrats publics serait alors réparti selon un modus operandi fort particulier que Zambito décrit comme étant le produit d’une «guerre de bureaux d’avocats et des guerres de bureaux d’ingénieurs».

Le tout, ajoutait-il, avec des élus qui s’en feraient les complices. Soit de manière active, soit en fermant les yeux volontairement.

Dixit Zambito :

II y avait des équipes qui était faites d’un bureau d’ingénieurs et d’un bureau d’avocats. Ça travaillait ensemble, ça trouvait un candidat à la mairie, on le mettait en place, dans le sens qu’on s’occupait de sa campagne électorale, on s’occupait de tenter de le faire élire. C’était la façon de faire dans les municipalités. (…)

En bout de ligne, ce sont les entrepreneurs, les firmes d’ingénieurs, et les bureaux d’avocats qui payaient les campagnes électorales. Donc les ingénieurs ont intérêt aussi à peu à peu augmenter les budgets, pour avoir du loose /sic/ dans les budgets, afin que l’entrepreneur fasse de l’argent et qu’il puisse donner une cut /sic/ au bureau d’ingénieurs. Ça permet de dégager de l’argent pour que l’ingénieur ne soit pas obligé de piger dans ses poches, quand on contribue à la campagne électorale d’un parti municipal.

Bref, au cœur de ce processus, on l’aura compris, on trouve encore et toujours le ver dans la pomme du financement des partis politiques. Les entrepreneurs étant sollicités par les firmes d’ingénieurs pour engraisser illégalement les caisses électorales avec des montants d’argent puisés à même les extras que la Ville leur paie pour leurs contrats.

Donc, puisés à même les fonds publics. Donc, dans la poche des contribuables.  C’est ce qu’on appelle un détournement de fonds publics à des fins illicites.

Et dans ce ver qui est dans la pomme… on trouve ces fameux retours d’ascenseur. Ceux-là mêmes où l’entrepreneur qui «donne»aux partis s’en trouve récompensé en retour par d’autres généreux contrats publics. Une espèce de cycle de la vie d’un système élaboré de fraude.

Bienvenue au MTQ… et au PLQ

Une fois l’ordonnance de non-publication levée, La Presse rapportait également d’autres extraits encore plus éclairants du témoignage de Lino Zambito. De véritables perles cachées.

Soit que les mêmes stratagèmes qu’il avait observés et auxquels il avait lui-même pris part dans la couronne Nord de Montréal, il les avaient aussi retrouvés au ministère des Transports du Québec, avec le Parti libéral du Québec comme principal bénéficiaire dans le département du financement occulte.

L’allégation est lourde. Très lourde. Ici, on quitte le terrain municipal pour celui du provincial – un terrain encore plus lucratif pour certains entrepreneurs et firmes de génie-conseil.

Extrait d’un des articles de La Presse sur le sujet:

Lino Zambito a aussi affirmé qu’un système semblable était en place pour des contrats du ministère des Transports du Québec (MTQ). Dans ce cas, c’était le Parti libéral du Québec qui en était le bénéficiaire.

«C’est exactement la même chose sur des projets du MTQ, affirme-t-il. Il y a des firmes d’ingénieurs qui sont mandatées à faire la conception, à faire la surveillance. Ces bureaux se font donner des commandes politiques, ils ont des montants à verser aux caisses électorales des partis politiques. Et je vous le dis, je vous le reconfirme: c’est très rare que ces gens-là vont piger dans leurs poches.»

Même s’il affirme qu’il n’était pas un acteur important au MTQ, il dit avoir été sollicité «par des bureaux d’ingénieurs, où il y avait des contributions à faire, puis on m’a dit: « Donne-moi un coup de main, donne-moi 20 000$ ou 30 000$ comptant, puis sur le contrat, je vais te le passer en extra.»

Et encore, ceci:

C’est une ingénieure et vice-présidente de la firme de génie-conseil Roche, Mme France Michaud, qui a ouvert les coulisses du pouvoir à Lino Zambito en l’invitant dans l’entourage politique immédiat de la vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, à l’automne de 2006.

Lors de son passage devant la commission Chabonneau, en octobre, l’ancien entrepreneur en construction a affirmé avoir versé 3000$, en 2006, 6000$, en 2007, et 10 000$ l’année suivante, pour participer à des activités de financement du Parti libéral du Québec (PLQ), organisées par Roche, et auxquelles il fut invité par Mme Michaud. (…)

«Eux (Roche), ils avaient des montants de financement à ramasser, ils avaient des obligations envers le Parti libéral. On m’a demandé si j’étais prêt à donner un coup de main.»

La même firme Roche dont provenait Sam Hamad qui, au gouvernement Charest fut, entre autres, ministre des Transports. Jusqu’à sa première élection en 2003 sous la bannière du Parti libéral, il était chez Roche.

La même firme Roche qui, selon Gilles Cloutier – démarcheur pendant 10 ans pour Roche, affirmait cette année à Radio-Canada, avoir «multiplié les cadeaux aux élus», avoir «produit de fausses factures afin de donner aux partis municipaux» et avoir «trouvé des centaines de prête-noms pour les partis provinciaux».

La même firme Roche chez qui l’escouade Marteau faisait des perquisitions en 2010.

La même firme Roche qui, selon une recherche du parti Québec solidaire rapportée dans ce communiqué, savait se montrer fort généreuse:

Dans la foulée du reportage d’enquête sur les agissements de la firme de génie-conseil Roche, Québec solidaire a révélé aujourd’hui les résultats mis à jour d’une recherche portant sur les contributions de la firme et de ses entreprises associées au financement des partis politiques. Entre 2000 et 2011, Roche a donné plus de 370 000 $ au Parti libéral, au Parti québécois et à l’Action démocratique du Québec.

Les chiffres de Québec solidaire démontrent que le Parti libéral et, dans une moindre mesure, le Parti québécois sont les partis qui ont reçu le plus d’argent de Roche entre 2000 et 2011 (282 820$ et 81 160$ respectivement).

Bref, si la firme a contribué au PQ, et encore plus lorsqu’il était au pouvoir, sa main, principalement par le biais présumé de prête-noms, semble s’être montrée nettement plus généreuse pour le PLQ.

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Dans la même lignée, Le Devoir rapporte ce lundi matin une énième histoire où on retrouve le PLQ, un entrepreneur puissant et généreux pour ses coffres… et l’UPAC…

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L’agonie politique se poursuit

Maintenant que la longue et lente agonie politique de Gérald Tremblay est enfin terminée, celle d’Union Montréal, son parti, se poursuit…  Et les règlements de compte se multiplient.

Vendredi, après qu’il n’ait pas été choisi par Union Montréal comme candidat à la mairie par intérim, le bras droit de Gérald Tremblay, Michael Applebaum, démissionnait de la présidence du Comité exécutif de la Ville en dénonçant le même budget de la Ville qu’il défendait pourtant il y a de cela à peine une semaine.

Il partait, certes, mais il le faisait aussi en s’assurant de brandir, disait-il, un rapport datant de 2004 et montrant que les coûts des contrats de construction à Montréal dépasseraient de 30% à 40% ceux des autres villes. Aujourd’hui, ce serait tout simplement un autre secret de Polichinelle…

Et Applebaum d’accuser certains de ses collègues d’avoir refusé de rendre ce rapport public à l’époque et de ne pas en avoir informé le maire. Etc. etc. etc..

Puis, dimanche soir, nouveau coup de théâtre.

TVA rapporte que selon Robert Abdallah, l’ex-directeur général de la Ville, le Comité exécutif de la Ville de Montréal et le maire Tremblay lui-même auraient connu, dès 2004, l’existence de ces mêmes dépassements de coûts.

Gérald Tremblay, le «faux naïf» chronique, aurait donc tout su depuis des années.

En d’autres termes, les règlements de compte se poursuivent au sommet de l’administration de la Ville de Montréal.

À ce grand classique de jeu politique, mieux connu sous le nom de «sauve qui peut», reste à savoir qui dit vrai et qui  dit faux?

Or, bien franchement, bien des Montréalais savent déjà que leur ex-maire savait.

Par conséquent, ils ont déjà amplement tourné cette page – la page de l’ère Tremblay et de ses acolytes, présents ou passés.

Le vrai problème politique ici est que face au refus du gouvernement du Québec d’intervenir de quelque façon que ce soit, à Montréal comme à Laval d’ailleurs, on se demande pendant combien de temps cette charade pourra  encore durer à l’hôtel de Ville de Montréal?

Cette administration est encore dirigée par Union Montréal, lequel avec zéro crédibilité aux yeux de la population, s’entredéchire de surcroît sur la place publique depuis le départ de son chef.

De toute évidence en pleine implosion, ce parti, ou ce qu’il en restera, devra-t-il bientôt changer son nom pour Désunion Montréal?

L’élection municipale n’ayant lieu qu’en novembre 2013, combien de temps ce mauvais vaudeville pourra-t-il tenir sans que Montréal n’en souffre des conséquences majeures?

Bref, le gouvernement Marois pourra-t-il se contenter encore longtemps d’«accompagner» simplement, comme il le dit, une administration complètement discréditée de ce qui est, après tout, la métropole économique du Québec?

À suivre.

 

 

 

 

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Du temps qu’il était ingénieur, Sam Hamad avait donné aux Libéraux sous deux noms la même année: S. Hamad et Sam Hamad.
2500$ chaque fois pour un total de 5,000$ alors que la limite était de 3,000$
Il avait plaidé…la distraction.

Complètement discréditée, Union Montréal ? Ils sont passé très près de garder Rivière-des-Prairies, hier.

Visiblement, beaucoup de Montréalais (et peut-être plus encore de Lavallois) sont encore assez satisfaits de leur administration municipale.

Bonjour Mne Legault
J’ai beaucoup de difficulté à comprendre qu’un simple citoyen pris par le ministère du revenu à tricher à cause du travail au noir qu’il exerce sous la table se fasse vider son compte en banque sans préavis par un fonctionnaire zélé qui a agit souvent grâce à des délateurs anonymes.
Alors qu’un autre fonctionnaire bandit à cravate à l’emploi de Montréal ou Laval qui vit au-dessus de ses moyens en empochant des pots de vin au vu et au su de tous s’en tire à bon compte et a même le loisir de céder sa résidence de luxe à son épouse pour 1$ pour éviter la saisie et ceci juste après s’être excusé à la Commission Charbonneau d’avoir trompé la population.

Un témoin vedette de la Commission Charbonneau vend sa maison un dollar.
Luc Leclerc est un collègue et ami de Gilles Surprenant qui se prépare à témoigner devant la Commission Charbonneau et comme son copain ripou, il vient de céder sa maison pour un dollar.
http://lesnews.ca/politique/29188-u

Que faire avec une entreprise comme Roche qui, si les allégations s’avèrent, a une culture criminelle bien enracinée ?

Roche est une organisation importante qui, mis à part son expertise peut-être criminelle, a des compétences certaines dans le domaine du génie civile. Beaucoup des ses employés sont sans aucun doute très compétents et sont également loin d’être des criminels.

Sommes-nous obligés, comme société civile, de nous priver de l’actif que représente Roche ? Mais sommes nous obligés pour cette raison de passer l’éponge ?

J’ai déjà proposé de nationaliser les entreprises criminelles convaincues de fraude, de collusion et de corruption. Imaginons que le gouvernement se donne le pouvoir de faire une telle nationalisation. Dans le cas de Roche, le gouvernement deviendrait de plein droit propriétaire de l’entreprise, nommerait la haute direction et établirait un plan de gestion conforme à nos lois et à nos valeurs sociales.

Après un certain temps, prévu dans le processus de nationalisation, par décret ou autrement, le gouvernement offrirait aux employés de Roche en poste, de former une coopérative de travailleurs puis d’acquérir toutes les actions de Roche détenues par le gouvernement, c’est à dire par nous les citoyens. Le gouvernement accompagnerait la coopérative dans le processus afin de minimiser les risques inhérents à une telle démarche.

Ainsi Roche aurait conservé son expertise mais dans un contexte social acceptable. Les anciens propriétaires ne seraient pas récompensés pour leur félonie envers la nation québécoise et les honnêtes employés de la firme ne subiraient pas les dommages collatéraux excessifs d’une faillite ou d’une fermeture.

Si il y avait impossibilité de création d’une coopérative d’employés, Roche serait démantelée et vendue à la pièce. Les sommes recueillies pourraient alors être versées à un fonds dédié de lutte anti-corruption, sinon au fonds consolidé du Québec.

L’Italie utilise avec un certain succès cette approche où les biens mafieux sont saisis et remis à la société italienne. Or il semble que les mafieux en sont très fâchés. On le serait à moins …

Si une telle approche de nationalisation s’actualisait, je suis persuadé que beaucoup d’entreprises y penseraient par deux fois avant de s’embarquer dans des magouilles.

Mais je serais surpris que nos politiciens, toujours un peu poltrons, osent emprunter ce sentier. Je me demande même si le chevalier sans peur et sans reproche Duchesneau oserait le faire.

«Je hais les cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir n’osent rien entreprendre»
[Molière]

@ Monsieur Mario Goyette: il faudrait cesser de ne vous en prendre qu’aux fonctionnaires, car tout ce système impliquait AUSSI des élus ET des FIRMES PRIVÉES, ainsi qu’en fait fait foi le témoignage de Zambito, rapporté ici par Mme Legault. Les corrupteurs ont besoin de gens faciles à corrompre, et ils guettent leurs proies! Ils en trouvent malheureusement, trop souvent.

Climat religieux

Jean Tremblay en colère contre Gérard Bouchard

Le maire de Saguenay est furieux contre l’historien et sociologue Gérard Bouchard, qui l’a accusé de faire preuve d’intégrisme religieux lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, dimanche.
http://quebec.huffingtonpost.ca/201

Un seul Dieu, c’est bien peu et, de surcroît, il est absent ; on le retrouvera après la mort. Quelle misère !

Jean- Christophe Ruffin
Rouge Brésil

Madame Legault.

Je suis vos interventions depuis des années. À mon avis, vous êtes la meilleure pour analyser ce qui se passe en politique, que ce soit au fédéral, au provincial ou au municipal. Votre discours en est un sensé, humaniste, et qui met toujours le doigt sur le bobo, sans faire de cadeau à qui que ce soit. SVP, continuez à éclairer notre lanterne de belle façon comme vous le faites si bien depuis plusieurs années!

Un fan fini! 🙂

Bonjours et mercis Madame Legault.
Ex-bagnard ayant connu et expérimenté, avec justice, justesse (un minimum dans mon cas) prison et pénitenciers, je vous avoue qu’un certain cynisme frappe très fort à ma «porte» à la lecture ou à l’écoute des «histoires de perle cachée…» Quant à «l’agonie politique», je préfère attendre. Pourquoi? Plus le temps et les expériences passées se succèdent, plus je crois à l’existence structurée de l’impunité. Impunité qui, lorsque plus viciée, mieux (ouf!) structurée se métamorphose (Oh! Surprise! sic…) en IMMUNITÉ. Ce qui est, par certains gens appelée : Intouchable. Votre consoeur du «Le Devoir», Madame Marie-Andrée Chouinard, hier, nous conviait à un rendez-vous avec Monsieur Dominic Martin. Un spécialiste en éthique. Pour avoir brassé intentionnés malpropres CERTAINS millions de chiffre d’affaires, je me suis reconnu dans les propos de cet éthicien. Je ne suis pas né «criminel». Je le suis devenu avec la «collaboration», la coopération d’un système. Un système bâti, construit par d’autres êtres humains. J’ai connu, j’ai pratiqué l’élasticité de la conscience. Le milieu carcéral m’a été bouée de sauvetage aux sens des prises de conscience et des torts causés. Des gens ont souffert et, je le soupçonne, souffrent encore des conséquences de mes inqualifiables irresponsables incuries. La morale et son «sous-produit», la moralité sont si facilement vulnérables et fragiles face aux attaques du vice…
Quotidiennement ou presque, je demande «à ma perle» de rester vigilante. Un partie de mon histoire de vie m’incite, m’invite à rester en contacts avec ce joyau….question d’éviter, le plus possible,l’élasticité.
Mes respects à vous et à vos nombreux(ses) lecteursTrices.
Gaston Bourdages
Simple citoyen – ex-bagnard
Saint-Mathieu de Rioux

J’oubliais de parler d’une catégorie fort importante de gens qui composent la toile de la mafia: les organisateurs politiques. C’est de ce côté qu’il faudra également tourner nos regards. Les organisateurs politiques, oeuvrant dans l’ombre, qui connaissent les volontés de leurs patrons sans que ceux-ci n’aient à les formuler. Ceux qui font le sale boulot mais protègent leurs patrons en taisant et cachant leurs agissements parfois douteux. De cette façon, le patron peut clamer haut et fort son intégrité puisqu’il n’est pas impliqué personnellement.

Il faudra aussi s’intéresser au personnel politique, chefs de cabinet par exemple. Ces derniers en mènent large, et protègent également leurs patrons.

Si la justice est vraiment juste, il va falloir remonter très haut car il y avait un certain individu nommé Fava, qui n’a pas encore reçu d’invitation (?) à aller à la Commission Charbonneau, mais qui se promenait dans les alentours de JJCharest alors chef du parti libéral et qui a été pendant 9 ans premier ministre du Québec.

Bien d’accord avec M. Drouin. Et sur les causes et sur les solutions.

Une grande parti du problème vient de nos politiciens qui refusent de faire ce que doit. L’Italie nous montre le chemin. Qu’attendons-nous?

Ce qui suit va tout à fait dans le sens des propos de Madame Legault :

http://www.ledevoir.com/societe/justice/364978/l-enquete-publique-tourne-en-rond

En réponse à Monsieur Côté dans Le Devoir :

« Vous avez raison, Monsieur Côté. Plusieurs révélations, dont celles de Zambito mènent jusqu’à Québec, au ministère des Transports du Québec : http://www.droit-inc.com/article8657-Zambito-parle-de-collusion-au-ministere-des-Transports

On a aussi entendu des gens mentionner que des firmes d’avocats et de génie-conseil arrangeaient le jeu, jusqu’au niveau des élections, et plusieurs là-dedans finançaient le parti libéral du Québec.

Voilà! Si la Commission devait faire son travail jusqu’au bout, elle devait aller jusqu’au financement des partis politiques, du municipal jusqu’au provincial, et à ce niveau-ci, la Commission est dans une impasse, car son mandat est limité au domaine municipal, alors que nous savons tous que ça va bien plus loin.

Et, comme c’est bien précisé plus haut, il est difficile de trouver des avocats n’ayant pas d’une manière ou d’une autre défendu les intérêts des gens cités à comparaître à la Commission.

Le crime a été commis à une si large échelle, que la saine concurrence n’existe plus, car ceux ayant participé à la collusion ont éliminé tout concurrent potentiel.

Nous sommes face à un cul-de-sac au Québec, car si nous éliminions toute la corruption, il n’y aurait plus personne pour s’occuper des travaux publics, le problème est à ce point profond, là où les seuls étant aptes à faire les travaux correctement ont participé et collaboré à cette corruption généralisée. Il y avait quelques grands joueurs qui dictaient les règles du jeu, dans une combine qu’on pourrait qualifier de presque monopole.

Comment nous sortir tous de ce bourbier politique où règnent le copinage, la collusion et la corruption à tous les échelons de la société? Sera bien malin celui qui pourra trouver une solution durable à cette gangrène.

Et comment espérer que certains avocats désirent remonter jusqu’à Québec, alors qu’ils ont côtoyé de si près le parti libéral du Québec? C’est un autre aspect dont on ne parle pas assez. »

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Et vlan! Tout juste publié dans Le Devoir, après que j’eu écrit ces quelques lignes plus haut, ce qui vient entièrement appuyer mes propos :http://www.ledevoir.com/politique/quebec/364991/commission-charbonneau-travaux-suspendus-jusqu-a-14h-pour-etudier-une-preuve

Puis savez-vous qu’ après le départ à la retraite de M.Gilles Cloutier de chez Roche il a été remplacé jusqu’à ce jour par M Daniel Brazeau ex maire

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