Ceux que le gouvernement Harper fait taire

Depuis leur élection en 2006, on a pu constater l’agacement des conservateurs à l’égard de tout ce qui peut représenter une opinion divergente. Ils n’ont pas changé et le dernier budget, comme d’autres auparavant, ne fait pas que réduire les dépenses, il réduit des organisations au silence.

Cette façon de faire a commencé dès septembre 2006. Même si Ottawa affiche alors un surplus de 13 milliards $, les conservateurs annoncent eux qu’ils coupent les vivres à la Commission du droit du Canada et aux groupes de femmes  consacrant trop de temps à leur goût à l’action politique.

Au fil du temps, ce fut les juristes du ministère de la Justice qui ont été ignorés, puis les scientifiques surveillant les changements climatiques et la couche d’ozone qui ont vu leurs ressources réduites. Le formulaire long du recensement a été passé à la trappe et les organisations de développement international au discours trop politique ont perdu leur financement. Je pourrais continuer, mais faisons un bond dans le temps. Jusqu’au budget de jeudi dernier.

Un budget un peu cachottier, mais qui a annoncé sans détour la fin de la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE), pour des économies récurrentes de 5,2 millions. Le choix est assez ironique pour un gouvernement qui nie ignorer l’environnement pour privilégier l’économie. La «raison d’être» de la TRNEE, selon les crédits budgétaires présentés en mars, est précisément de se pencher «stratégiquement sur des enjeux d’intérêt national liés à la fois à l’environnement et à l’économie» et, grâce à ses travaux, «d’influer sur l’élaboration des politiques et la prise de décisions sur des enjeux relevant de l’environnement et de l’économie. Ainsi, elle favorise la prospérité économique de tous les Canadiens tout en préservant l’environnement pour les générations actuelles et futures».

Mais les derniers membres de la Table, même ceux conservateurs, ont eu la mauvaise idée de rappeler le gouvernement à l’ordre en matière de changements climatiques et de développement durable des ressources naturelles.

Le budget fait spécifiquement mention de la disparition de la TRNEE, mais n’explique nulle part qu’il met la clé dans la porte d’autres organismes qui lui prodiguent données et conseils. Dans leur cas, il se contente d’inscrire la réduction de leur budget dans des tableaux en annexe.

Il en est ainsi de l’Institut de la statistique des Premières nations, un organisme qui avait «pour mandat de recueillir, de compiler, d’analyser et de publier des renseignements statistiques sur la société et l’économie des Premières nations, d’autres groupes autochtones et d’autres personnes résidant sur des réserves ou des terres des autres groupes autochtones». Le budget indique seulement que l’Institut devra générer des économies récurrentes de 5 millions de dollars à partir de la prochaine année financière. Ce qu’il ne dit pas, c’est que le budget annuel de l’Institut, selon les crédits budgétaires présentés en mars, est précisément de 5 millions. Pour faire sa part, l’Institut doit donc disparaître.

Il en va de même pour le Conseil national du bien-être social, un organisme créé en 1969 pour «conseiller la ministre sur les questions relatives à la pauvreté, les réalités des Canadiens à faible revenu ainsi que des programmes et des politiques connexes». Dans un tableau du budget, on note que le Conseil générera 1,1 million d’économies, sans plus de détails. Cela permet d’éviter de dire qu’il s’agit de la totalité des crédits versés au Conseil chaque année.

Cette décision est toutefois cohérente avec l’essentiel du budget qui fait bien peu de cas des plus démunis. En fait, les changements à l’assurance-emploi et ceux apportés à la Sécurité de la vieillesse les desservent carrément, comme je l’explique dans ma dernière chronique du Devoir. En faisant disparaître du Conseil, le gouvernement s’épargne, non seulement des dollars, mais des rappels à l’ordre gênants.

 

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Ils ne font qu’employer des méthodes déjà éprouvées par d’autres régimes dans d’autres contrés à d’autres époques.

Je vais cesser ici mes réflexions de peur d’être censuré, de subir des représailles ou de me faire traiter de toutes sortes d’épithètes se terminant par …sistes …

Vous avez tout à fait raison. Et c’est très déprimant. J’aimerais tellement quitter ce pays qui n’est plus le mien mais celui d’une bande d’extremiste religieux.

Je suis si triste pour mes enfants. Je leur conseil sans retenu de quitter le pays s’ils le peuvent et de s’établir ailleurs. Car ici, la gangrène est prise et l’antibiotique ne semble pas faire effet 🙁

Notre inertie, notre nombrilisme, notre « qu’est-ce que tu veux qu’on fasse » sont responsable en bonne partie de tout cela. Nous nous sommes donné une société endormie dans la consommation et l’égoisme, alors on récolte.

Harper nous plonge dans l’obscurantisme le plus opaque tout en affichant un total mépris envers l’institution parlementaire. Or nous avons appris récemment, par le biais de Pierre Poutine, que Harper avait également agit comme un véritable délinquant lors des dernières élections en mai dernier. Tous ces écarts de jugement et de conduite vont jusqu’à remettre en question la légitimité de ce gouvernement car un PM qui vole les élections après avoir été défait sur des accusations d’outrage au parlement ne saurait avoir la confiance d’une majorité de citoyens dûment informés.

Mais qu’est-ce qui se passe avec nous autres …

Jamais j’aurais cru qu’on l’aurait ré-élu … 🙁
Pis majoritaire en plus … 🙁 🙁 🙁

J’ose espérer … que le prochain coup … on va s’en rappeler …

Il faudrait voir ce que ces organismes ont à leur crédit comme réalisation. par exemple, qu’est-ce qu’un organisme avec un budget de $1.1 million peut vraiment accomplir, sinon gérer une liste de paye.

Souvent, ces « bineries » ne sont créés que pour fournir des emplois fort bien rémunérés à ses amis politiques. Si ce sont des créatures du PLC, il n’y aurait rien de surprenant à ce que le PCC les fassent disparaître, pour mieux créer les siennes.

Sur des coupures totales de 5 milliards, il me semble qu’il y aurait mieux à faire que de s’indigner sur des coupures de 1 ou 5 millions, qui ne sont probablement que des règlements de comptes politiques « normales ».

On commence a ressembler aux Americains. J’espere que les Ontariens qui sont si fiers de leur Canada vont en prendre bonne note et sortir Harper de la au P.C.(soit la prochaine élection).
Sinon, le Quebec n’aura plus de choix, sinon de se la fermer pour de bon.

Ça peut paraître gros à dire, mais c’est devenu une évidence, la gouvernance canadienne a été saisi par une bande d’escrocs entièrement dévoués aux intérêts des pétrolières. Comme une bande criminalisée, le gouvernement Conservateur n’a aucun scrupule à éliminer ses ennemis; écologistes, progressistes, gauchistes, souverainistes, ou même féministes, ils coupent les fonds sans autre logique que la méchanceté et ne cherchent même plus à sauver les apparences. Avec ce budget révoltant, ils nous poussent à la radicalisation!

Je suis triste pour les membres de ces sociétés secrètes qui vont perdre un revenu facilement gagné.

Bonjour, je suis loin d’être un spécialiste mais les actions du gouvernement en poste ressemblent à un jeux d’échec dans la but d’arrivé à une dictature à l’intérieur d’une démocratie!

Dommage cependant que les budgets secrets destinés aux blogueurs professionnels et autres trolls à gages ne puissent être identifiés et du coup supprimés. On serait certainement surpris de l’ampleur du phénomène ainsi que de la note à payer pour faire croire à la population qu’il y a du bon dans les agissements du gouvernement.

Horreur! Et moi qui rêvait de m’installer,après ma retraite, au Canada, à mes yeux: »plus meilleur pays au monde ». Je vis en Europe . Vos commentaires et surtout le commentaire n°9, peuvent s’appliquer à nos pays de la CEE en ce qui concerne le racket organisé par les politiques pour leur seul profit et les lobbies qui les arrosent.Finalement,seule la Suisse garde encore un semblant de démocratie avec ses votations populaires.C’est vraiment désespérant.Il est temps qu’on retrouve une solidarité véritable pour s’indigner massivement avant qu’il ne soit trop tard!

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