«Changer de changement» selon les partis politiques

Le «changement» a la cote dans les slogans électoraux. À quand un parti qui sait que le changement réel n’a pas besoin d’une campagne de marketing pour annoncer qui il est ?

PolitiqueMardi, Justin Trudeau a annoncé une partie de son programme en vue de la prochaine élection. Et pour rentabiliser la location de la scène et des micros (c’est l’austérité pour tout le monde), il n’y est pas allé de main morte.

Parmi les choses qu’il a promises : une réforme électorale, un cabinet ministériel paritaire, le maintien de la livraison du courrier à domicile… et peut-être, aussi, de venir embrasser personnellement tous les bébés du Canada pendant la campagne. On ne sait pas, le document était trop long, et on n’a pas tout lu.

Tout ça contraste joyeusement avec les engagements des conservateurs, qui sont plutôt du type «chicaner les pas gentils» ou «les taxes, c’est pas bon». On apprécie.

Pour présenter ce programme qu’ils veulent inspirant, les stratèges du Parti libéral du Canada (PLC) n’avaient pas d’autre choix que de trouver une formule tout aussi inspirante — une formule qui ferait une coupure avec le passé, qui frapperait l’imaginaire par sa nouveauté.

Comme ils ne l’ont pas trouvée, ils y sont plutôt allés avec le slogan «Du vrai changement».

Ce n’est qu’un slogan, je sais, mais il m’a enlevé toute envie de m’intéresser au contenu derrière. Le changement vient d’arriver, dans son emballage de déjà-vu et de cliché. Youpidlidou.

«Les temps, ils sont a-changeants», chantait Bob Dylan, avant que Richard Séguin ne lui propose une meilleure traduction. Sauf qu’en politique, plus ça change, plus c’est pareil : plus ça change, plus on nous promet du changement.

De Jean Lesage («C’est le temps que ça change») à François Legault («C’est assez, faut que ça change») en passant par Mario Dumont («Pour un vrai changement»), Barack Obama («Change We Can Believe In») et la madame à la caisse de l’épicerie («Pourrais-tu me faire du change pour un cinq ?»), tout le monde parle de changement.

Mélanie Joly aussi promettait du «vrai changement pour Montréal», avant d’opter pour du «vrai changement pour Mélanie» en devenant plutôt aspirante candidate-vedette au PLC. Il serait facile de prétendre que c’est elle qui a inspiré le nouveau slogan du parti, mais il n’y a rien de moins inspiré que ce slogan.

Du vrai changement. Pas que du changement générique et factice : du VRAI changement. C’est important, le vrai changement, parce que c’est avec ça qu’on va pouvoir s’occuper des vraies affaires, qui touchent le vrai monde.

Le changement du NPD ? Ce n’est pas le vrai. C’est une marque générique de changement. C’est le Choix du Président, alors qu’il n’y a même pas de président au Canada.

changement-NPD
Photo extraite de la page Facebook de Thomas Mulcair

Le Bloc québécois n’a pas encore annoncé son slogan, alors il n’est pas trop tard pour qu’il promette lui aussi du changement. Afin de souligner le retour de Gilles Duceppe, pourquoi ne pas y aller avec : «Le changement est de retour» ? Ou alors, avec un jeu de mots mécanico-politique : «Faites un changement d’Gilles».

Mais moi, je rêve d’un vrai changement.

Je rêve d’un parti politique qui sait que le changement réel n’a pas besoin d’une campagne de marketing pour annoncer qui il est. Le changement arrive, il est différent, il a de nouvelles idées, il fait… changement. Et ça, c’est bien plus puissant qu’un slogan.

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« En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai » — Charles Maurice de Talleyrand-Périgord

Voici une petite définition du changement qui colle au sujet : « Remplacement, renouvellement, fait de mettre à la place quelque chose de différent mais de même nature ou fonction » (TLFi)

Remplacer un premier ministre par un autre premier ministre, cela constitue bien un changement mais ça ne change rien aux institutions canadiennes et à la nature du Canada.

Le vrai changement selon moi serait que Thomas Mulcair rase sa barbe, qu’Harper porte des chemises bariolées comme Mandela, que Justin Trudeau apprenne enfin à faire des discours et que Gilles Duceppe reconnaisse que son grand regret dans la vie, c’est de ne pas avoir été Winston Churchill.

Ça nous rendrait vraiment tous beaucoup moins niaiseux !

Le vrai changement serait qu`il n`y ait plus aucun partis politique. C`est tellement triste, pathétique, dégradant, démoralisant, ce que tous les partis politiques font, ils disent des insignifiances, doublé de conneries pour se faire élire. Pendant ce temps, les BANQUES, LES COMPAGNIES D`ASSURANCES, LES PÉTROLIÈRES, LES FABRICANTS D`AUTOMOBILES, et j`en passe, accumulent des milliards de milliards sur le dos des travailleurs du pays, est-ce que l`on en entend parler pendant les campagnes électorales, non pas un mot. Sans partis politique, il serait probablement plus facile que les députés élu se joignent au promoteur d`une bonne idée et d`avoir un vote positif pour cette bonne idée, que d`attendre de voter pour la liqne de partis.

Tiens…en v’là un VRAI changement: Duceppe qui règne sur le Bloc!

Ce vieux politicien qui a passé le plus clair de son temps à changer son chèque de paie que lui envoyait le pays qu’il cherchait à détruire, incarnerait maintenant le « renouveau » du mouvement séparatiste…

Sont vraiment dans l’fond du baril.

By the way, pourrait me dire quand a eu lieu la course à la Chefferie du Bloc? Sinon, par quel entourloupette ce politicien démodé et banal a pu devenir chef de ce parti en perdition?

Le Canada est dans les 7 premiers pays dans tous les classements internationaux (qualité de vie, prospérité, ordre des fiannces publiques, perspectives d’avenir, etc.) donc le changement pour changer de Mulcair/Trudeau, on peut s’en passer.