Changer de ton ne suffira pas

Les députés fédéraux ont élu le nouveau président de la Chambre des communes. Après six tours de scrutin, le conservateur Andrew Scheer est devenu, à 32 ans, le plus jeune député à occuper ce fauteuil. Le défi qui l’attend va toutefois au-delà de la nécessité de rétablir un atmosphère de respect et de civilité aux Communes.

Ce thème a dominé la campagne pour la présidence. Depuis des années, les parlementaires se plaignent du manque de décorum, en particulier durant la période des questions. Le problème est réel, d’autant plus que ces 45 minutes d’échanges quotidiens sont la principale vitrine du travail des députés. C’est à travers ce qu’en retiennent les médias que les citoyens se forgent une opinion. Et elle est plutôt mauvaise actuellement.

Plus de courtoisie serait bienvenu, mais cela ne règlera toujours qu’un problème d’image. Le problème de fond depuis quelques années est plus grave. Le Parlement est souvent dysfonctionnel et cela persistera si le manque de respect à l’endroit de l’institution elle-même se perpétue. Un manque de respect qui vient surtout du gouvernement Harper.

Sous Stephen Harper, le Parlement a été prorogé à deux reprises pour sauver la peau du gouvernement ou encore lui épargner quelques embarras. En 2007, son parti a fourni aux députés conservateurs présidant des comités parlementaires un guide de plus de 200 pages leur expliquant comment perturber et même paralyser les dits comités. Le gouvernement a contesté le pouvoir du Parlement d’exiger des documents gouvernementaux et celui des comités de convoquer les témoins de leur choix (une affaire restée en suspens). Les ministres de M. Harper ont souvent bousculé les parlementaires pour qu’ils étudient les projets de loi à toute vapeur ou pour que les comités escamotent leur travail. C’est parce que le gouvernement était minoritaire, qu’il n’a pas pu en faire entièrement à sa tête.

Fera-t-il preuve de plus de souplesse maintenant qu’il a quatre ans devant lui? Sinon, le nouveau président sera-t-il capable de le rappeler à l’ordre? Face à un gouvernement majoritaire, rien n’est moins sûr. Un des premiers tests pourrait être l’étude du projet de loi omnibus en matière de justice. Le premier ministre Stephen Harper a déjà promis qu’il voulait boucler le tout en 100 jours, avant même de savoir combien d’experts, de juristes et de citoyens voudront se faire entendre en comité.

 

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Un président de la Chambre provenant des rangs conservateurs.

John Baird leader parlementaire du gouvernement Harper.

Un gouvernement conservateur «fort, stable et majoritaire» implique une majorité de députés conservateurs siégeant à chacun des comités.

Vous croyez que ça va changer pour le mieux?

Bienvenu dans l’univers du « new, improved and totally redesign Harper majority government »…

Peut-être parce que je ne suis pas né au Canada et parce que j’ai goûté à d’autres formes de démocraties, j’ai toujours trouvé qu’on donnait au premier ministre du Canada trop de pouvoir. Stephen Harper a profité de ce qui se trouvait dans son coffre à outil et cela lui a souri. Désormais, le Parti Conservateur a les coudées franches pour accomplir « sa » politique et je pense que l’opposition officielle sera bien docile, ce qui rendra probablement la période des questions et le travail des commissions plus paisibles.

Qu’il plaise ou ne plaise pas, c’est ainsi que fonctionne la démocratie ici. Ce qui se produit actuellement répond à la demande de la majorité des canadiens qui étaient lassés du climat de tension qui existait à Ottawa.

Désormais nous avons ce qu’il nous faut pour voir si le conservatisme peut avec ordre et sérénité relever les défis de la société canadienne de ce début du 21ième siècle ou s’il faudra attendre la faillite de cette démocratie pour s’apercevoir que le temps sera venu pour vivre dans la lumière et s’inscrire dans la véritable dimension du changement.

L’histoire est parfois inattendue. Et peut-être que la structure de la population canadienne est telle qu’une minorité de la population sache vraiment ce qu’est le goût de la liberté. Comme tout s’apprend, il suffit d’un simple nuage technologique pour changer le cours du temps. Finalement la question est plutôt de savoir si Stephen Harper saura faire usage de ce temps à bon escient.

Fera-t-il preuve de plus de souplesse maintenant qu’il a quatre ans devant lui? Non, certainement pas.

Mais il fera clairement ce qu’il veut en toute transparence, puisqu’il n’a pas besoin de ruser avec une opposition majoritaire.

Et il sera réélu dans quatre ans.

Et monsieur Drouginsky voit maintenant que le type de parlementarisme Britanique qui sévit ici n’est pas vraiment ce qui favorise la démocratie d’aujourd’hui. Une démocratie moderne qui s’inspirerait de plusieurs courants de pensée.

Laisser mr harper gouverne pour un mandat complet et on verra ce qu’il vaut vraiment enfin on pourra se faire une vraie idée de ses réformes qui chocque quelque un mais font plaisir a d’autres merci

Le « gouvernement Harper »…lorque minoritaire, on l’a oublié…, a été l’objet d’un outrage au Parlement, faute grave, s’il en est et si on la compare à un « simple outrage au Tribunal » dans les petites cours de justice, avec santions sévères.
Le PCC a, minoritaire, commis un tel délit…
et il a été… »puni » (?) en étant…élu majoritaire! WOW!
Maintenant qu’il a sa majorité, il devrait présenter un projet de loi interdisant et…punissant, au Parlement, l’Outrage au Parlement…
Faut-il en rire? Le problème serait de déterminer la ou les sanctions et qui sanctionner… Est-ce si utopique de suggérer une telle idée? On aura le goouvernement qu’on mérite durant les…8 prochaines années. Espérons seulement que le Québec ne vive pas une autre « période noire …duplessiste ».
Amen
HOMOCALCULUS
MOMO de Québec

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