Changer d’idée en une étape facile, avec le député libéral Henri-François Gautrin

Lundi, le député libéral Henri-François Gautrin y est allé d’un analyse pour le moins surprenante — suivi d’un revirement qui le fut tout autant — au sujet de la composition du prochain gouvernement…

Y a juste les fous qui ne changent pas d’idée, dit-on. Cela dit, il ne faut pas abuser. Il suffit d’un changement d’idée trop radical pour que l’on se dise plutôt qu’il n’y a que ceux qui changent d’idée qui ont l’air fou.

Lundi, vers 17 h, la Presse Canadienne publiait un article où le député libéral Henri-François Gautrin y allait d’une analyse surprenante.

«Il est possible que les comtés caquistes de la grande couronne montréalaise retournent au Parti québécois. Je pense à des comtés comme Groulx, Blainville», relate l’ancien ministre.

Mme Marois aurait donc éventuellement une chance de former un gouvernement «faiblement» majoritaire, mais «ça va être serré», ou minoritaire, mais avec un nombre accru de députés péquistes, analyse M. Gautrin.

(…) L’ex-ministre libéral explique l’apparente tiédeur actuelle de l’électorat envers le PLQ par le manque d’empressement du parti à proposer des solutions concrètes aux problèmes du Québec, depuis l’élection de M. Couillard à la tête du parti, il y aura bientôt un an.

«Je ne veux pas critiquer, mais je pense qu’il est temps qu’on propose actuellement des choses plus concrètes et des réalisations potentielles», souhaite le député.

Puis, en moins de temps qu’il n’en faut pour se demander «Est-ce que je viens de lire des propos sensés tenus par un politicien ?!», un communiqué était publié.

Le député de Verdun, Henri-François Gautrin, affirme que la population du Québec élira Philippe Couillard comme premier ministre du Québec lors des prochaines élections provinciales. Les propos rapportés dans la Presse canadienne ne sont pas représentatifs de sa perception de l’issue des prochaines élections.

Ce revirement aussi soudain que complet nous place devant deux options :

1. Monsieur Gautrin vient de faire son entrée dans le club des mal cités. Une entrée assez fracassante, puisqu’on l’aurait cité incorrectement pendant plusieurs paragraphes. Ou alors, la langue lui a fourché. Longtemps. C’est une situation qui n’est pas sans rappeler la fois où Tolstoï voulait écrire une courte comédie burlesque et s’est retrouvé avec Guerre et paix.

2. Monsieur Gautrin vient de faire un «Martineau fulgurant» (*).

(*) «Faire un Martineau» : culbute intellectuelle nommée en l’honneur du chroniqueur-gymnaste Richard Martineau et qui consiste à émettre une idée, puis, après un certain laps de temps, à défendre farouchement son exact contraire. Un Martineau normal se réalise sur une période de quelques années. Vu la vitesse du cas qui nous préoccupe, on peut parler d’un Martineau fulgurant.

Le reste du communiqué est animé d’une ferveur pro-Couillard digne d’un partisan nord-coréen surpris à avoir douté de l’excellence de Kim Jong-un. On me dirait qu’on a menacé Gautrin de le livrer aux chiens affamés que j’aurais envie de le croire.

«Au cours des prochaines élections, les Québécois éliront un homme politique à l’écoute des besoins et près des réalités de nos jeunes, de nos familles et de nos aînés qui, tout comme lui, ont à cœur l’essor, la prospérité et le rayonnement du Québec. Philippe Couillard sera le futur premier ministre du Québec et dirigera un gouvernement libéral majoritaire, j’en suis convaincu! (…) Je regrette profondément les propos que j’ai tenus, alors que je suis convaincu que le prochain gouvernement sera un gouvernement libéral majoritaire», a affirmé Henri-François Gautrin.

Dans un autre paragraphe, qui aurait été coupé lors de la révision du communiqué, le député en profitait pour rectifier le tir sur d’autres sujets où sa pensée a pu être mal interprétée. En voici quelques extraits, en vrac :

«Contrairement à ce que j’ai pu déclarer en sortant du cinéma, j’ai trouvé que Hot Dog était un excellent film.»

«Google+ est le réseau social le plus excitant du Web. Je m’excuse d’avoir dit que personne ne l’utilisait.»

«Porter des sandales Crocs avec des bas est une façon de s’habiller d’une grande élégance qui sera bientôt très à la mode, j’en suis convaincu !»

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Monsieur Gautrin est d’une grande surprise dans ses propos. Il faut en rire et constater que ce parti trébuche constammant dans ses commentaires ambigüs et farfelus. Merci M. Gautrin pour votre franchise dévoilée. Attention monsieur Couillard va reculer votre siège à l’arrière… loll.

Plusieurs bons libéraux suggèrent déjà sur la place publique le départ de quelques députés de leur parti favori, monsieur Gautrin est un de ceux-ci et il ne serait pas surprenant que M.Couillard lui ait déjà soufflé la suggestion à l’oreille bien avant hier.

Et si l’analyse de M.Gautrin était bonne ? Après tout c’est une personne d’expérience qui a vu évoluer son parti sur toutes ses coutures depuis des décennies, il a certainement un flair que d’autres n’ont pas et il a (du moins il a pris cette fois) sa liberté de parole, ce qu’il décrit colle très bien à mon avis avec la perception de plusieurs observateurs externes qui ne font pas de politicaillerie.

M.Couillard n’est de toute évidence pas sur la même longueur d’onde que plusieurs de ses députés et de plus en plus de membres de son parti, il n’arrive pas à imposer l’orientation qu’il veut donner à son parti ou du moins c’est l’impression qu’on en a, c’est un fédéraliste inconditionnel il l’a souligné à plusieurs reprises ça ne fera pas de lui le meilleur défenseur des intérêts du Québec à un moment où, face aux attitudes et comportements du Fédéral le Québec en aurait bien besoin. Il y a bien d’autres fédéralistes inconditionnels de son parti qui le suivent aveuglément dans cette direction, ce sont les plus voyants des « cheer leader » de députés Libéraux à l’assemblée Nationale, ceux qui vont recommencer ces semaines-ci à nous pousser leurs question et réflexions alambiquées et qui sont prêts aux plus grandes bassesses pour nuire à l’adversaire.

De plus en plus de québécois réalisent que le parti Libéral est à genoux, sans nouvelles idées à proposer que la continuité avec l’ancien régime. Si la clientèle captive qu’ils ont depuis des décennies accepte de voir la réalité en face et arrivent aussi à cette conclusion, le parti Libéral sera dans l’opposition pour encore bien des années… à moins qu’il décide de se camoufler derrière une changement de nom pour reprendre du terrain…

Je crois que M,Gautrin a bien décrit la réalité.

Peut-être le temps est-il venu pour que le nouveau joueur qu’est la CAQ tire avantage des gaffes des deux »vieux » partis (un appel au PLQ: pourquoi ne pas mettre Mme Houda Pépin chef du parti? Convictions, nuance et colonne vertébrale…), des choix peu avertis de plusieurs investissements (ah oui, faut voter du bon bord… Mme Marois l’a dit) et de la piètre performance économique du PQ … À ce propos, le budget à venir pourrait bien être un cadeau empoisonné pour le prochain parti au pouvoir…

@ Robert de Montreal
La partie de poison (le déficit) qu’il y a dans le budget dont nous connaissons déjà les grandes lignes a deux causes : a) la gestion du gouvernement précédent et b) les impacts de la dernière crise économique qui se font encore sentir. Le PQ a fait des choix différents de ceux que la CAQ ferait mais ils collent plus aux choix de nôtre société et implique que le retour au déficit zéro sera un peu plus long. Le PLQ nous a emmené où nous sommes, il n’a pas de plan économique autre que ce qu’ils répètent : « nous allons ramener le Plan Nord » or nous savons maintenant que le Plan Nord de J.Charest n’était qu’un plan marketing qui avait comme seul objectif de faire « surfer » le PLQ sur une vague déjà bien amorcée par les industriels eux-mêmes.

Le PLQ est complètement désorganisé, à genoux, sa direction manque de cohérence et crédibilité, le parti (et ceux qui le tiennent en vie) a misé sur l’apparent charisme de M.Couillard pour refaire son image… tâche titanesque…, mais sans remplacer l’essentiel de l’équipe actuelle c’est pratiquement impossible. Le PLQ est en pire situation que le PLC, c’est peu dire et nous sommes rendus à minuit moins cinq avant le déclenchement des prochaines élections, leur chat est mort.

Deux partis sur quatre (PQ, QS) sont officiellement indépendantistes, le chef de la CAQ est convaincu aussi que c’est la meilleure solution si on a à coeur les intérêts du Québec mais il a décédé de mettre cette conviction en veilleuse sans déclarer que son parti était fédéraliste, seul le PLQ et M.Couillard plus particulièrement tient toujours à laisser l’avenir et de grands pans des intérêts du Québec sous le contrôle d’Ottawa. Dans un sens ça me rassure que 3 chefs de parti sur 4 soient convaincus que l’avenir du Québec passe par son indépendance, ça me rassure aussi de voir que la principale opposition à cette option politique est en train de sombrer, un jour lorsque. Le vent tourne dans la bonne direction !

» a) la gestion du gouvernement précédent et
b) les impacts de la dernière crise économique qui se font encore sentir. » (sic)

Aussi sûrement que le matin remplacera la nuit, ça revient régulièrement chez nos nationaleux comme une vieille et ancienne rengaine poussiéreuse: lorsqu’ils doivent faire face aux conséquences désastreuses de leurs propres décisions, nos gauchisto-séparatistes blâment LES AUTRES.

Z’avez remarqué? C’est jamais eux les responsables du naufrage dont ils sont les seuls vrais responsables. C’est a) l’ancien gouvernement, b) le fédéral, c) la conjoncture, c) les circonstances, d) le hasard, e) les Américains, f) le mauvais sort, g) etc…

Bref, toujours les autres.

Pas avec ça qu’on va faire un « pays »…