«Charlie Hebdo» : pourra-t-on encore demain rire de tout ?

L’attentat perpétré au sein de la salle de rédaction de Charlie Hebdo, le plus meurtrier depuis 180 ans, marquera sans aucun doute un tournant. Reste à voir dans quelle direction.

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PolitiqueNOTE : Vous avez été nombreux à nous le dire, et nous sommes d’accord avec vous : le titre original de ce billet, «Charlie Hebdo et le long déclin de la France», est malhabile. Nous voulions évoquer les maux qui rongent la France, mais c’est une citation de Cabu (voir image plus bas), en forme de symbole de lendemains incertains, qui correspond davantage à l’essence du billet : «Pourra-t-on encore demain rire de tout ?»

La France est malade. Elle n’est pas au bord du suicide, comme certains veulent bien le faire croire. Tout au plus, elle souffre d’alzheimer. Elle ne se reconnaît plus dans le miroir. Elle vit dans la nostalgie, mais elle en perd des bouts. Malgré tout, elle restait cette bonne vieille France. Jusqu’à cet attentat du 7 janvier 2015, le plus meurtrier depuis 180 ans, qui marquera sans aucun doute un tournant. Reste à voir dans quelle direction.

En ce jour noir, la France saigne. L’attentat perpétré au sein de la salle de rédaction du journal satirique Charlie Hebdo l’a touchée dans sa chair : la démocratie et la liberté, en l’occurrence de presse, de pensée et d’expression. En France, personne n’ignore que la liberté a un prix. Cet état de conscience a sûrement inspiré le regretté Stéphane Charbonnier, alias Charb, directeur de la publication de Charlie, à lancer au Monde voilà deux ans : « C’est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux. » Au lieu de simplement pleurer les 12 disparus – dont Charb, mais aussi d’autres géants du dessin de presse, comme Cabu, Wolinski et Tignous –, des citoyens ont brandi leur stylo en guise de soutien, un geste dont la portée est aussi terrifiante que magnifique.

Source : @i_car
Source : @i_car

Dans son message de soutien à Charlie Hebdo, Le Monde frappe juste en rappelant qu’il est « plus que jamais indispensable de rappeler que la liberté de la presse ne se négocie pas ». Une ligne de conduite que peu de publications ont respecté autant que Charlie Hebdo, et ce, malgré les menaces constantes et l’incendie volontaire du journal en 2011, à la suite de la publication de caricatures de Mahomet qui ont valu à Charb de se coltiner une protection policière de tous les instants (ou presque) depuis lors.

Rien n’a jamais arrêté la rédaction, ni les célébrités, ni les politiques, et surtout pas le tabou entourant les pratiques religieuses. Trois rouleaux de papier hygiénique étiquetés Bible, Coran et Torah et coiffés d’un «Aux chiottes toutes les religions», Jésus sodomisant Dieu le Père pour évoquer la levée de boucliers de la droite catholique au sujet du mariage homosexuel… Dans le journal, l’humour ne connaît pas la frontière de la grossièreté.

Charlie Hebdo n’a pas d’équivalent au Québec. À bien des égards, il est de toute façon indissociable de la société française. Charlie, c’est un cri social et contestataire dans un habit caustique, frondeur et libre. Charlie, dont le nom est à la fois une référence à Charlie Brown et une pichenette à Charles de Gaulle, est le type de publication qui, peu après la mort à Colombey-les-Deux-Églises de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand Français de tous les temps, s’est permis de barrer sa une avec ce titre incroyable : « Bal tragique à Colombey – un mort ». Charlie, c’est cette voix discordante que certains pays cherchent à faire taire, mais qui, à l’inverse, nourrit le débat public dans l’Hexagone. Cette voix, je l’ai entendue pour la première fois grâce à mon grand frère, qui avait l’habitude d’emballer ses cadeaux de Noël dans des dessins savamment choisis dans les pages de Charlie Hebdo. Je les ai gardés précieusement.

Le dernier dessin de Charb était tristement prémonitoire. « Toujours pas d’attentats en France… “Attendez ! On a jusqu’à la fin janvier pour présenter ses vœux” », y dit un kamikaze. Ils ont été nombreux à chuchoter, à la vue de cette caricature, que Charlie Hebdo avait appelé la violence. Cabu n’est plus là pour leur répondre, mais son héritage le fait pour lui :

Source @DVerloes
Source @DVerloes

Certaines des victimes tombées aujourd’hui sous les balles des kalachnikovs de leurs assaillants auraient sûrement relevé cette ironie du sort : lors de sa renaissance, en 1992, Charlie Hebdo était publié par Les Éditions Kalachnikof… Toujours est-il que l’attentat évoqué par Charb a finalement eu lieu. Et déjà, la machine politique s’est mise en marche.

« Incontestablement, après cet acte ayant traumatisé la nation tout entière, la peur est là. C’est ma responsabilité de dire que la peur doit être surmontée et de dire que cet attentat doit au contraire libérer notre parole face au fondamentalisme islamique », a déclaré Marine Le Pen, présidente du Front national.

Le choix des mots est intéressant tant il s’ancre dans la nouvelle réalité de la France. Pour le compte de l’édition 2013 de son rapport sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en France, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) constatait avec effroi ce que cette parole libérée avait fait ressurgir de nauséabond.

« En 2013 s’est étalée dans les médias une curieuse “libération de la parole”, ce racisme “décomplexé”, comme si l’idéologie raciste, antisémite et xéno­phobe était toujours là, habitant trop de Français, mais qu’elle avait enfin pu s’exprimer, se désenfouir. Curieuse terminologie : les termes de libération comme de décomplexion portent une connotation positive, la marque d’un progrès, qui témoigne d’une souffrance d’avoir gardé ces idées par devers soi. »

Le sondage de l’institut BVA qui accompagne le rapport de la CNCDH met des chiffres sur la fracture sociale qui ronge la France. L’inquiétude à l’égard de l’immigration, qui concerne 16 % des Français interrogés (échantillon représentatif de 1 026 personnes), atteint son seuil le plus élevé depuis que la CNCDH a commencé à en prendre la mesure, en 2002. Plus concrètement, ils sont 74 % à être habités par le sentiment qu’il y a trop d’immigrés en France, soit une progression de 15 points depuis 2011 et de 27 points depuis 2009.

Au travers de ces chiffres transparaît la dégradation de l’image de la religion des musulmans, « qui sont les plus considérés comme formant un groupe à part dans la société ». La « vision atomisée » de la société française décrite par la CNCDH est alimentée par l’impression que « l’intégration des personnes d’origine étrangère est en panne », près des deux tiers des Français considérant que cette dernière fonctionne mal. Ils sont tous autant à juger que les fautifs sont les étrangers eux-mêmes, accusés de ne pas se donner les moyens de bien s’intégrer.

Ce qui ressort de ce rapport, c’est que la peur de se perdre dans l’Autre, cet étranger que l’on ne veut pas connaître et que l’on repousse, c’est cette peur-là, nourrie par la crise économique, qui met peu à peu la France à genoux.

Et pourtant, il y a peu, on célébrait la France « black-blanc-beur », celle-là même qui s’est popularisée loin de l’arène politique, après la victoire de l’équipe de France de soccer à la Coupe du monde 1998. C’est fou comme l’origine, la couleur et la religion n’avaient aucune importance, à l’époque…

Quand on consulte le classement des personnalités préférées des Français, on s’aperçoit que les héros modernes s’appellent Zinedine Zidane, Yannick Noah, Omar Sy… Signe que Nelson Mandela, que la CNCDH cite en avant-propos de son rapport, n’avait peut-être pas tort quand il a déclaré :

« Personne n’est né avec de la haine envers l’autre du fait de la couleur de sa peau, ou de son origine, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à se haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer, car l’amour jaillit plus naturellement du cœur humain que son opposé. »

La France ne demande qu’à rêver. Mais demain, elle se réveillera en plein cauchemar.

Source : Joann Sfar / Instagram
Source : Joann Sfar / Instagram
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ah le vieil argument (si tu prends des coups, c’est que tu l’as cherché). En réalité, il s’agit de l’exécution programmée d’humoristes coupables, il y a 10 ans, d’avoir publié des caricatures de Mahomet. Gardez votre condescendance pour vous ….

Je pense que vous avez mal lu cet article. Il n’y a pas de condescendance , il n’y a qu’une analyse factuelle et réaliste. Reveillez-vous. Ouvrez les yeux. Nous ne sommes plus les maitres du monde. D’ailleurs nous ne l’avons jamais été. C’est une illusion, un reve de domination de nos élites.

La problematique posée par cet acte est la dichotomie croissante entre un monde de liberté, de science et de réflexion et un autre de domination de l’homme par l’homme, de l’inculte et de la terreur.

Tu charris Gris. La vérité choque. Reconnaitre ce que l’on est c’est le premier pas vers une solution

«Charlie Hebdo» et le long déclin de la France !!!

Mais c’est un titre qui ressemble au «suicide français» du méchant et raciste Zemmour !
La liberté d’expression, c’est fou ce qu’on en parle !

Pourquoi parle-t-on tant de cette liberté d’expression qui est pourtant bafouée quotidiennement par tous les grands médias ?
Voyez un article comme celui-ci est automatiquement censuré partout et ce n’est pas à cause du gros mot qui le coiffe pour la circonstance.
Un gros mot qui résume un tout petit volet de la censure.
On ne censure pas vraiment ni les gros mots, ni les absurdités, ni les attaques personnelles si courantes, mais on censure tout ce qui pousse la réflexion hors de la pensée permise.

Ce sont les discours divergents qui sont censurés.
Dans notre monde ceux qui disent autrement, qui pensent autrement et qui observent ce qu’il ne faut pas dire sont rapidement étiquetés de racistes, xénophobes, islamophobes, antisémites, d’intégristes (sic) laïcs) ou de complotistes, conspirationnistes, anti-américanistes « primaires ».
L’étiquetage est toujours fort utile et facilite la vie de ceux qui n’ont aucun argument solide pour débattre.
D’ailleurs, le débat est interdit.
Les débats intellectuels n’existent plus, ce ne sont que des dialogues de sourds ou le clan des bons affronte des méchants.

Et on parle de « liberté d’expression », on s’en gargarise allègrement !
Quelle hypocrisie de la part de ces censeurs qui obligent à la pensée unique !

Je vous invite à lire
«Assassinats massifs au Charlie Hebdo, je suis en «Tabarnak» »
https://www.facebook.com/notes/1033753893307873/

Salutations
et que la Paix et la liberté d’expression soient avec vous.
allah wakbar

Serge Charbonneau
Québec

C’est visiblement vous qui ne connaissez pas les frontières de la grossièreté et de l’indécence. Si vous n’aviez pas suivi les événements d’hier par le petit bout de votre petite lorgnette, vous n’évoqueriez pas les propos de Le Pen. Père et fille ont été parfaitement inaudibles hier. Des dizaines de milliers de Français sont descendus dans la rue, sans un mot de haine à l’égard des musulmans, pour des manifestations muettes de soutien à la liberté de la presse. Quand je vois ce que vous en faites, à instrumentaliser ce drame pour votre minable diatribe xénophobe, j’ai honte pour vous et votre magazine.

Marine Le Pen s’est adressée à l’heure dite, hier après-midi pour réclamer que l’on s’attaque une fois pour toutes au fondamentalisme islamique, entendez tout ce qui est musulman. Son ton était aux antipodes de celui, rassembleur, exprime par les autres chefs-de-fil politique. Madame Le Pen est une championne de l’extension verbale et du non-dit. Elle est très habile, et dangereuse.

Le long déclin de la France??? Que signifie cet amalgame?
L’Actualité me déçoit beaucoup.
Je vous cite : Charlie Hebdo n’a pas d’équivalent au Québec
Dommage

Vous avez raison, la France ne décline pas, mais elle se cherche, au milieu d’une crise identitaire qui devient inquiétante (Le Pen, Houellebecq, Zemmour, Finkielkraut, Dieudonné…). Le Québec tente d’y échapper et le sort réservé à la Charte des valeurs québecoises de M. Drainville m’est d’une grande consolation.
Vous avez également raison, la satire n’est pas très fréquente au Québec. Il faut reconnaître que la satire, méchante, incisive et impitoyable, relève d’une grande tradition française, depuis Honoré Daumier et bien d’autres. Mais le Québec, qui n’aime pas l’entendre, est plus proche des anglo-saxons. L’humour est aux anglais ce que la satire est aux français. Dans ces deux-cas, on se rit d’abord de l’autre, qui nous en fin de compte nous ressemble. Le québécois, toujours coincé entre les deux cultures, me semble avoir trouvé: il se rit de lui-même.

Vous faites dans votre billet référence à un article du quotidien Nice-Matin qui pèche en grande partie par inexactitude et à tout le moins par omission. Puisque ce journal ne fait état que des attentats perpétrés sur le territoire français métropolitain et ne tient compte que du nombre de mort et non complémentairement du nombre des blessés.

Ainsi un attentat commis le 14 janvier 1858 contre Napoléon III à Paris avait fait morts 12 et 144 blessés.

De nombreux attentats perpétrés pendant la guerre d’Algérie qui était alors un département français à part entière ont causé au total des morts et des blessés qui se comptent par milliers.

Entre 1956 et 1962 plusieurs attentats ont causé des pertes considérables par plusieurs dizaines de victimes quelquefois.

À cet effet, il convient de préciser que la répression policière peut également avoir des conséquences tragiques.

Ainsi à Paris le 17 octobre 1961, une manifestation pacifique a dégénéré, causant la mort de 30 à 57 manifestants (chiffres officiels exacts jamais publiés) tous massacrés par des policiers. La plupart des victimes étaient à toute fin pratique des nord-africains.

La Libre-Belgique titrait hier :
« Les attentats terroristes les plus meurtriers en France depuis 40 ans » dont voici le lien ci-dessous :
http://www.lalibre.be/actu/international/les-attentats-terroristes-les-plus-meurtriers-en-france-depuis-40-ans-54ad334f3570d587e328f0f4
Cette publication offre ici des informations plus précises sur ce sujet.

Quoiqu’il en soit, je pense qu’il est malhabile d’établir une sorte de parallélisme entre un déclin supposé de la France et l’attentat perpétré hier contre Charlie au nom d’Allah. D’ailleurs faut-il parler d’attentat terroriste et non de massacre ou de de tuerie dans le sens le plus sauvage du terme ? Puisqu’ici c’est bien de cela dont il s’agit !

Faut-il encore parler de déclin ? Ne devrait-on pas plutôt parler de décadence de la civilisation occidentale ? Le mot dans ce cas me semblerait plus juste ; on constate que cette décrépitude touche à divers degrés tout le bloc que forme l’occident, incluant bien sûr le Canada.

Il n’est pas impossible en effet que la dégradation des mœurs toujours croissante. La recherche sans frein de plaisirs sous toutes ses formes, soient également porteurs de toutes les déviations et de toutes les formes de déviances ; ce qui inclut des déviants religieux qui ne voient dans la religion qu’un objet permettant d’assouvir des pulsions archaïques. Ainsi ces déviances sont du même acabit que toutes les formes perverses et cruelles qui peuvent être associées aux pratiques sexuelles notamment. Crime et châtiment pour paraphraser Fiodor Dostoïevski.

— En somme on pourrait peut-être alors dire et observer que dans ce monde tout se trouve comme lié de manière inextricable, invisible, irrévocablement.

@ Jack2,
Je pense que vous faites référence au film : « Nuit noire 17 octobre 1961 » sorti en 2005 et réalisé par Alain Tasma. Mais il y a aussi deux documentaires qui abordent le même sujet : « Octobre à Paris » et « Ici on noie les Algériens » qui ont été réalisés en 2010 et 2011.

Il y a un article du journal Le Monde sur le sujet. Voir le lien ci-dessous :
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/14/octobre-a-paris-et-ici-on-noie-les-algeriens-le-17-octobre-1961-la-justice-se-noya-dans-la-seine_1587857_3476.html

Le Monde fait état de 80 à 200 tués. Comme il n’y a pas de décompte officiel. Je m’en tiens à mes chiffres plus conservateurs, faute de mieux….

EN QUOI ? En quoi le propos de Marine Le Pen, qui affirme que cet attentat doit « libérer notre parole face au fondamentalisme islamique » glace-t-il le sang dans les veines ? Indépendamment de sa position de droite, il faudrait m’expliquer en quoi notre refus de tous les fondamentalismes religieux et leur critique raisonnée devraient-il faire peur ? À moins d’être habité soi-même par une crainte personnelle… ou encore d’être porteur de rectitude politique, denrée fort répandue dans notre société québécoise où l’important, c’est d’être gentil à tout prix. Mais, de toute façon, il y aura, un jour pas si
loin, où il y aura un prix à payer pour notre indolence.

Encore faudrait-il avoir le courage de désigner ces fondamentalistes de l’islam. Or ce ne sont pas, à part quelques imbéciles, les musulmans de France ou du Québec. Ces imbéciles prêts à tout abondent également dans le Midwest américain sous le nom d’évangélistes, dans le Québec profond sous le nom de catholiques, et partout ailleurs sous plusieurs dénominations.
La menace qui pèse sur nous, c’est la bêtise. Alors, quand vous vous rebellez contre une soi-disant obligation d’être gentil à tout prix, vous m’inquiétez, car ceux que vous sembler viser ne sont pas ces cons qui pullulent et que visait Charlie Hebdo, mais une communauté bien ciblée. Vous raisonnez comme Marine LePen.

Vous auriez aussi pu citer la partie du discours de Marine Le Pen où elle mentionne qu’il faut à tout prix éviter les amalgames entre les patriotes français de confession musulmane et les islamistes (à la toute fin de sa déclaration télévisuelle). À vouloir diaboliser à tout prix, vous décridibilisez votre parole…

Et pourquoi les morceaux que vous citez vous »glacent »-ils le sang ? La grande majorité des commentateurs politiques le constatent maintenant (pas juste ceux que vous qualifiriez de réac), la gauche a péché d’aveuglement volontaire dans les dernières années, se refusant à dénoncer l’islamisme radical de peur de se faire accuser de discrimination, pavant ainsi la voie au FN qui lui, était décomplexé… J’ai l’impression qu’il vous manque quelques notions d’histoire et de politique française.

Le déclin de la France? Faut pas charrier. La France, comme les autres puissances coloniales, doit faire face à son passé esclavagiste et colonial mais la soif de liberté (y compris d’expression) a souvent pris le dessus, y compris la critique de la mère-patrie. Intégrer l’immigrant n’est pas une tâche facile pour le pays qui se considérait la fille aînée de l’église catholique… Même si depuis la révolution elle se dit laïque, elle a quand même un longue tradition culturelle chrétienne (dont le Québec a entre autres héritée) et l’intransigeance de certaines religions rend « l’intégration » un peu illusoire surtout si on y pense avec un bagage chrétien. La France ne décline pas; elle fait face à son passé et tente de trouver la voie de son avenir, y compris avec ses minorités qui proviennent souvent de ses anciennes colonies qu’elle a subjuguées et pillées.

Oui, on peut rire de tout, mais surtout de la bêtise. Mais il faut du courage.
Ici, au Québec comme ailleurs, on laisse le plus souvent passer la connerie, ou on l’excuse par des facteurs sociaux ou culturels. La liberté de se taire est appliquée beaucoup plus souvent dans les médias que l’inverse. On passe sous silence tout ce qui choque, gêne, insulte ou ridiculise des individus ou des communautés. On s’en remet aux humoristes pour faire le travail, lors d’une revue annuelle où la satire reste bien campée politiquement, dans les limites du raisonnable. Sinon, nos humoristes s’en tiennent au « toto, pipi, caca ». La presse, comme on l’a vu au Québec durant le débat sur la Charte des valeurs, marche sur des oeufs et évite ainsi de s’en prendre aux plus cons d’entre nous. Un jour un quidam cria au général De Gaulle, « Mort aux cons » et le président français répondit: « vaste programme »! La connerie est un état d’esprit largement partagé et les français n’en ont pas le monopole. Les cons, pour moi, sont tous ceux-là qui, fanatiques de conviction, se referment sur eux-mêmes et marinent dans leur jus jusqu’au moment où la rage les dépasse et les amène à la violence, que ce soit pour défendre le Christ, Mahomet, Raël, les animaux de boucherie, le végétalisme, le blé d’Inde non modifié génétiquement, les embryons, les cordons ombilicaux, les lois sacro-saintes du marché ou les valeurs ethniques ou raciales qualifiées de « nationales » ou d’authentiques.
Vive Charlie Hebdo et longue vie, même si leur satire ressemble fort à celle de potaches. Au moins, ils visent juste.

ACTION RÉACTION, si je donne un coup de poing à mon voisin, il y a de grosses chances qu`il me réponde par un coup de poing. DIVISER POUR MIEUX RÉGNER, je met feu à la maison de mon voisin et je vais le voir et lui dit, c`est ton voisin d`en face qui a allumé le feu et c`est partis la guerre est commencé. J`ai connu le temps ou les gros méchant était les COMMUNISTES, si tu te présentais comme un communiste tu étais banni, en politique si on voulait détruire l`autre parti on avait qu`à dire ce sont des communistes, si on avait besoin de l`accord de la population pour aller faire la guerre à la
grandeur de la planète on avait qu`à dire qu`il y avait des gros méchants communistes et c`est parti, les fabricants d`armes et les « faiseux » de guerre en mettaient plein leur poches.

Ça n`a pas changer d`un maudit poil, de nos jours on a changer le mot COMMUNISTE par le mot TERRORISTE, et vogue la galère, le jardin de l`industrie des fabricants d`armes et de guerres est en pleine floraison Pour ces monstres, les terroristes c`est une bénédiction, une mine d`or, il peut y en avoir partout sur la planète, même dans les pays capitalistes et si il n`y en a pas ils peuvent les fabriquer à foison il n`ont qu`a semer la zizanie entre les peuples et la machine fonctionne à plein rendement, les médiats embarquent avec leurs images de peur et de terreur et l`argent roule.
Ce que j`ai toujours trouvé curieux c`est que ce soit les évènements du World trade center ou de la tuerie à Charlie Hebdo, ou tous autres attentats dans le monde, les agents des services secrets, la police et tout ceux qui sont payer pour nous protéger savent quelques minutes après les attentats qui à fait le coup et leur nom ??? Si ils les connaissent ils devraient leur mettre un bracelet ou une puce pour les suivre à la trace et prévenir les coups, on vit au 21iem siècle non…la peur de l`autre c`est la nourriture des tordus.

Est-ce un gag? Quel » drôle » de titre. Si la France est en déclin c’est certainement pas au niveau des libertés d’expression. Remarquez que bien des médias ont refusé de publier les caricatures qui sont pourtant le fondement du crime ui a été perpétré. De l’autocensure?

À monsieur Jacques Saint-Cyr,

Quelle chance! Au moins dans le Québec « civilisé » nous avons un SAGE, VOUS. Vous êtes le citoyen n’appartenant pas, et je vous cite, à « ces imbéciles prêts à tout qui abondent également dans le Midwest américain sous le nom d’évangélistes, dans le Québec profond sous le nom de catholiques, et partout ailleurs sous plusieurs dénominations ».
Quelle prétention! J’espère seulement que vous ne vous prenez pas pour le PAPE de l’intelligentsia. Je suis catholique, je demeure dans le Québec profond et je ne prétends surtout pas avoir LA SOLUTION aux problèmes tellement complexes du fondamentalisme. Et je ne dirais surtout pas « Vive Charlie Hebdo et longue vie, même si leur satire ressemble fort à celle de potaches. Au moins, ils visent juste. » Sinon, tous les caricaturistes qui visent juste, selon votre opinion, auraient déjà depuis fort longtemps trouver solution pour évacuer tous les imbéciles de notre monde.
La caricature ne représente qu’une opinion d’un dessinateur et sert, comme beaucoup de commentaires laissés ici,
d’évacuation de rage, de déception de la nature humaine, de défouloir personnel. Si nous sommes si friands de ces caricatures parfois et souvent très offensantes, c’est que ça répond à notre incapacité de changer les choses aussi vite que l’on aimerait et surtout, de les changer selon nos critères de valeurs.