Charte des valeurs ou laïcité à la carte?

L’éclipse politique et médiatique est indéniable. En quelques jours à peine, la Charte des «valeurs» québécoises entraîne tout ce qui bouge dans son sillage. Et ça ne tient pas du hasard.

Photo : Lucy Lambriex / Getty Images
Photo : Lucy Lambriex / Getty Images

Dans mon billet du 21 août, j’avançais que  le gouvernement Marois lance non seulement un méga «ballon» politique avec sa Charte, mais que minoritaire et à moins de 30% d’appuis dans les sondages, il espère surtout y trouver la bouée électorale dont il a tant besoin.

D’une pierre trois coups, il tente en même temps de reprendre le contrôle de l’ordre du jour politique dès avant une session parlementaire qui s’annonçait déjà houleuse. Et jusqu’à maintenant, ça fonctionne.

C’est ce qui explique la mise en scène élaborée à laquelle les Québécois assistent depuis plusieurs jours. Et ça ne fait que commencer.

1er acte : une «fuite» au Journal de Montréal – aussi providentielle que détaillée -, d’une possible interdiction massive du port de signes religieux pour les employés des secteurs public et parapublic. L’interdiction serait imposée à géométrie variable selon qu’une institution ferait ou non une demande de «retrait». Le tout, en gardant le crucifix en pleine Assemblée nationale sous prétexte qu’il serait un objet «patrimonial» et non pas religieux.

2e acte : silence radio de deux jours des ministres et première ministre. Personne ne confirme, mais personne n’infirme. Les ficelles sont aussi visibles qu’un sapin de Noël dans une synagogue.

3e acte : le silence terminé, Bernard Drainville, ministre responsable de la préparation de la Charte des valeurs québécoises, donne quelques entrevues. En fait, il amorce un lent effeuillage sur le contenu possible d’une «proposition» qu’il ne présenterait que d’«ici quelques semaines» tout en répétant qu’il faut «attendre» pour en connaître le vrai contenu.

4e acte : jeudi, à l’entrée d’un conseil des ministres très attendu, pendant que Pauline Marois passe en coup de vent et refuse de commenter, ses ministres-clés de la filière «identitaire» défilent un à un devant les caméras. Chacun livre son message bien huilé : le gouvernement fera preuve de «leadership»; les règles (qu’on ne donne pas) seront «claires»; il bravera la «tempête» comme le PQ l’avait fait en 1997 avec l’adoption de la loi 101; etc..

5e acte : vendredi, de nouvelles fuites dans les médias s’ajoutent. Citant «une source bien au fait du dossier», Le Devoir liste quatre «conditions» qui baliseraient les demandes d’accommodement raisonnable de type religieux.

The Gazette, quant à elle, fait état de rencontres privées tenues récemment entre le ministre Drainville et des leaders de quelques lobbys religieux. Ces derniers confirment que le projet de Charte pourrait contenir un «droit de retrait» – un genre de laïcité à la carte -, pouvant permettre à des institutions publiques visées – hôpital, cégep ou autre -, de se soustraire à l’interdiction de port de signes religieux par les employés.

6 e acte : cinq jours après la première fuite, Pauline Marois «commente» enfin la nouvelle. Plus précisément, elle reprend les messages lancés le jeudi d’avant par ses ministres disant que ce qui nous divise, c’est l’absence de règles claires; qu’on fera preuve de leadership; que ce sera un projet de société aussi important que la Loi 101; etc..

Puis, en cadeau, une belle cerise sur le gâteau : lundi, un énième sondage réitère trois données cruciales pour le gouvernement:

1) l’opposition marquée et amplement connue de l’électorat francophone à tout accommodement de type religieux;

2) l’appui majoritaire à la conservation du crucifix de Maurice Duplessis à l’Assemblée nationale;

3) l’appui majoritaire à l’interdiction élargie du port de signes religieux dans les secteurs publics et parapublics.

***

Le gros lot?

Pour le gouvernement, tout ça devrait normalement sentir le gros lot électoral. Après tout, pour le meilleur et pour le pire, le sujet est «consensuel» dans l’électorat francophone et c’est le PQ qui porte ce «projet».

Or, selon ce même sondage Léger/Agence QMI, seulement 30% répondent «PQ» à la question suivante : «auquel des partis politiques faites-vous le plus confiance dans le dossier des accommodements religieux?». À un ou deux points près, ce chiffre recoupe les intentions de vote au même parti dans les sondages les plus récents.

Si le PLQ n’a que 18% de taux de «confiance» à la même question contre un maigrichon 6% pour la CAQ, la donnée la plus frappante est que pour ce dossier fort délicat, un total impressionnant de 41% des répondants ne font «confiance» ni au PQ, ni au PLQ, ni à la CAQ.

Le temps et le contenu «officiel» de la «proposition» du ministre Drainville sauront bien dire si l’«opinion» publique bougera ou non dans le département des intentions de vote. Mais pour le moment, tout au moins, l’opposition dite massive des francophones aux accommodements religieux et au port des signes dits ostentatoires ne se traduit pas nécessairement en un taux équivalent de «confiance» au PQ.

***

Les Dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre

Après l’annonce du ministre Drainville faite en mai dernier voulant que le gouvernement Marois troque dorénavant sa promesse électorale d’une vraie Charte de la laïcité contre celle plus «populaire» – pour ne pas dire populiste -, d’une Charte des valeurs québécoises, je signais un billet intitulé «Retour au village des valeurs».

J’y analysais les motivations électoralistes derrière cette décision, mais j’y allais aussi sur le fond de la question. Incluant, entre autre choses, sur cette incohérence spectaculaire qu’il y a à considérer la présence d’un crucifix au parlement comme un signe de respect du «patrimoine» et non comme un signe religieux. Une incohérence tenant beaucoup, elle aussi, d’un calcul électoraliste.

Ce lundi, le chef caquiste, François Legault – dont le parti semble être irrémédiablement coincé en 3e position dans les sondages -, faisait d’ailleurs le même clin d’oeil intéressé à son électorat…

Pendant ce temps, autant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec se disent de farouches partisans de la neutralité religieuse de l’État.

Désolée, mais de laisser un crucifix trôner au-dessus de la tête du président de l’Assemblée nationale en 2013 – un crucifix de surcroît installé sous le régime Duplessis précisément pour symboliser l’alliance politique scellée à l’époque entre le haut-clergé catholique et le gouvernement ultraconservateur de l’Union nationale -, c’est en fait prôner l’antithèse même de la neutralité religieuse de l’État.

Un parlement orné d’un crucifix en même temps qu’une «charte» adoptée en son sein interdirait le port de signes religieux à certains employés des secteurs public et parapublic, ne pratiquerait pas le principe de la séparation de l’État et de l’Église. Il pratiquerait, là aussi, une laïcité à la carte.

 

***

Le marchandage a commencé

En listant à son tour ses propres critères de ce qu’une telle Charte pourrait interdire ou permettre quant aux demandes d’accommodement religieux et au port de signes ostentatoires dans les secteurs publics et parapublics, M. Legault officialisait en fait l’ouverture de la négociation de la CAQ avec le PQ.

Le gouvernement Marois étant minoritaire, l’appui éventuel de la CAQ pour l’adoption de sa Charte lui est essentiel. De son côté, pour ne pas effaroucher ce qui lui reste d’appuis chez les francophones, M. Legault reprend les vieux réflexes d’une ADQ tombée en 2007 dans la marmite du dossier des accommodements raisonnables.

Ce qui laisse à Philippe Couillard le défi de trouver pour le Parti libéral une position capable de rallier à la fois les anglophones et les allophones opposés au projet du gouvernement en ne perdant pas les appuis qu’il commence à récupérer en partie du côté francophone. Ouf…

Bref, pour les trois principaux partis, la jeu ici est éminemment et malheureusement très partisan.

Malheureusement, parce que la question des accommodements et de la neutralité religieuse de l’État sont des sujets suffisamment importants à travers l’Occident pour mériter mieux comme lancée de «débat». Des inquiétudes tout à fait légitimes s’expriment ici comme ailleurs quant à la montée, à des degrés divers, des pouvoirs et des dogmes religieux dans les sociétés démocratiques.

Le problème est qu’ici, le «débat» est fort mal parti. Il s’annonce électoraliste et partisan au point d’éclipser une discussion élargie et authentique.

Le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, lançait d’ailleurs les hostilités dès la fin de semaine.

Alors que la première ministre appelait les fédéralistes à appuyer son projet de Charte des «valeurs», il en profitait pour s’en prendre au NPD et mousser le Bloc du même coup.

Non sans ironie, le Parti québécois tenait en fin de semaine un événement partisan dont le thème était pourtant «Pourquoi le Québec devrait être un pays au XXIe siècle?».  Comme quoi, au PQ, le sujet de la souveraineté se discute de plus en plus en vase clos, dans ses «instances».

Pendant ce temps, de bouée électorale espérée par le gouvernement, le projet d’une Charte des «valeurs» québécoises lui tient aussi lieu à l’interne d’énième succédané post-référendaire à la promotion de sa propre option.

***

Un débat serein?

Le ministre Drainville dit vouloir appeler à un débat serein et respectueux, autant sur la forme que sur le fond. Soit.

Or, le premier geste de respect qu’aurait pourtant pu poser le gouvernement dans un dossier aussi délicat était de procéder avec les Québécois dans la transparence et la rigueur au lieu de sa mise en scène évidente, ses silences sélectifs et des fuites aptes à mesurer l’opinion publique autant que de l’aiguiller.

Ce qui manque également de respect, c’est cet étiquettage aussi préventif que pavlovien de toute critique sérieuse des contours plus ou moins mystérieux de cette Charte des «valeurs» ou de ses motivations préélectorales. Tenter de discréditer illico ces critiques en les faisant passer pour le produit de dangereux suppôts du multiculturalisme à la Trudeau n’ouvre pas à un débat très «serein».

Pour citer Caroline Fourest, auteure du livre La dernière utopie. Menaces sur l’universalisme : «partout on se déchire pour savoir concilier respect des valeurs communes et respect des particularismes». Ces «valeurs communes», rappelle-t-elle toutefois, sont «universelles». Elles ne sont pas spécifiquement québécoises.

Sur la nécessité d’un vrai débat sur la montée du religieux, de la laïcité et de la neutralité de l’État, elle souligne aussi que chaque société le mène selon des paramètres qui reflètent sa réalité.

Ainsi, le Québec n’étant pas un État laïc comme l’est la France – en plus du crucifix de l’Assemblée nationale, rappelons qu’il est aussi la seule province à subventionner des écoles privées confessionnelles jusqu’à hauteur de 60% -, ses attentes et ses problématiques, pourrait-on avancer, ne sont pas les mêmes qu’en France.

Elle observe également ceci :

«La laïcité ne doit pas se confondre avec l’antireligieux, l’égalité avec l’uniformité, l’intégration avec l’assimilation, ni la nation avec la tradition. La raison, et non la passion, sera notre meilleure conseillère. Assurément, il faudra beaucoup d’énergie, de tâtonnements et de volonté commune pour mettre au point cette philosophie politique où le multiculturel puisse s’épanouir sans tuer l’universel.»

C’est pourquoi lancer un vaste chantier – dans un contexte essentiellement électoraliste -, sur une Charte des «valeurs» québécoises et non sur la laïcité, risque de faire déraper des débats pourtant essentiels en Occident.

Qui plus est, de tels débats prennent du temps, beaucoup de temps. Nettement plus que les quelques mois d’ici la prochaine élection générale. Ils exigent aussi nettement plus de profondeur que le marchandage PQ-CAQ appelé à dominer cette joute. Et nettement plus de finesse que cette possibilité d’une laîcité à géométrie variable couronnée d’un crucifix trônant en pleine Assemblée nationale – le siège de la démocratie québécoise.

***

Mais de quoi parle-t-on, au juste?

Or, pour le moment, dans cette joute politique, ce qu’on laisse «couler» dans les médias laisse appréhender un grand buffet où certains mangeront ce qu’ils veulent, d’autres pas. Bref, tout et son contraire en cette matière risque de se confondre.

Va-t-on s’entêter à confondre espace public et espace civique? Ou la neutralité religieuse de l’État avec le «patrimoine» dont la place est dans les cours d’histoire et les musées? Ou les accommodements religieux dans les institutions civiques et le port de signes dits ostentatoires dans les institutions publiques? Ou la neutralité de l’État avec celle de ses employés? Ou les calendriers scolaires avec le port d’un hijab ou d’une kippa par des enseignants? Et tutti quanti.

Non seulement parle-t-on d’un possible «droit de retrait» aléatoire d’une interdiction élargie de port de signes religieux remettant déjà en cause certaines libertés fondamentales, mais le ministre Drainville donne aussi quelques exemples étonnants lorsqu’il aborde le sujet des accommodements de type religieux.

Promettant un «cadre» et des «balises claires» pour décider si une demande d’accommodement est «raisonnable» ou non – ce que le gouvernement Charest n’a jamais voulu faire pour ses propres raisons électoralistes -, Bernard Drainville cite entre autres choses le fameux épisode des vitres givrées. Eh oui, celles qu’un YMCA montréalais avait jadis «givrées» à la demande de membres de la communauté hassidique qui ne voulaient plus voir, oh horreur des horreurs!, des femmes s’y entraîner.

Ou encore, cette histoire sans fin de «turbans» sikhs sur les terrains de soccer.

Ces exemples sont étonnants parce qu’ils débordent de l’espace civique. Le cas du YMCA relevait en fait de sa direction, laquelle avait tout à fait le droit de refuser cette demande.

Quant à la décision de permettre ou non le port du turban sur les terrains de soccer, ne relève-t-elle pas ultimement des fédérations sportives, lesquelles sont libres d’édicter leurs propres paramètres?

Au-delà de son numéro d’effeuillage d’un projet aux contours plus ou moins mystérieux, le gouvernement Marois pense-t-il sérieusement s’immiscer dans le processus décisionnel d’une fédération sportive ou d’un centre d’entraînement?

Alors, mal parti, ce débat? Hélas, tous les signes y sont. Et ils ne sont pas de nature religieuse…

 

 

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Merci encore pour l’analyse.

Allons un peu plus loin « …… à subventionner des écoles privées confessionnelles jusqu’à hauteur de 60% -….. » ? Le prochain pas ne sera-t-il pas L’ABOLITION des écoles privées confessionnelles : écoles commanditées par les juifs, les arabes , les grecques . Désolé, je ne connais pas les noms de toutes les religions vécues par ces nationnalités.

J’ai encore comme impression que la « rigueur intellectuelle, la rigueur morale » n’appartient pas à ce gouvernement péquiste. J’ai encore cette étrange impression de me faire mentir en pleine face. Comment se fait -il que je sois un des seuls à ressentir ce sentiment là ?

Attendons donc pour voir ce qu’il en retourne exactement, avant de déchirer nos chemises en public..me semble..

La démarche du gouvernement du PQ est très très habile. Qui va lui reprocher de tenter de se faire réélire avec une majorité, cette fois ? Même chose pour la CAQ et le PLQ.

Va pour le voile islamique qui découvre le visage de la porteuse mais, le voile intégral qui cache la face, devrait être interdit partout, même sur le trottoir, sauf dans les endroits privés. Les employés de l’état devrait éliminer leurs signes religieux, au travail…simplement.

Dites-nous Gilles, quand avez-vous vu pour la dernière fois des personnes avec un « voile intégral qui cache sa face » se balader dans les rues de Montréal?

Également, en quoi et de quelle le fait que qu’une poignée de fonfons qui arboreraient de discrets signes religieux fragiliserait-il votre identité?

Soyez simple dans votre réponse vu que je suis un « primate »…

C’est bien rare en effet, et heureusement. Bien rare aussi que quelqu’un entre dans une banque avec un masque sur le visage, ce serait téméraire. Mais allons plus loin, une personne portant un turban sur un chantier de construction et qui ne veut pas mettre un casque de protection. Une entreprise qui interdit à ses machinistes de porter des bijoux(bagues, colliers) crucifix aussi? en cherchant bien vous saurez en trouver aussi… C’est un peu partout qu’on voudrait agir, mais on ne le peut, par bienséance.

« Ce qui manque également de respect, c’est cet étiquettage aussi préventif que pavlovien de toute critique sérieuse des contours plus ou moins mystérieux de cette Charte des «valeurs» ou de ses motivations préélectorales. Tenter de discréditer illico ces critiques en les faisant passer pour le produit de dangereux suppôts du multiculturalisme à la Trudeau n’ouvre pas à un débat très «serein». »

Vous êtes un peu malhonnête Mme. Legault. Les membres du gouvernement ont depuis le début demandé un débat serein. Par contre, les multiculturalistes ont immédiatement sorti les enflures verbales pour parler d’une charte qui est malgré tout parfaitement acceptable. N’est-ce pas M.Taylor qui a fait une comparaison complètement absurde avec la Russie de Vladimir Poutine dès les premiers instants du débat?

C’est l’évidence même, une « Charte des valeurs québécoises » proclamant la neutralité religieuse de l’État serait nulle en crédibilité pour ne ps dire loufoque si le crucifix, prédominant actuellement au-dessus de la tête de la présidence, demeurait dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, la toute première institution démocratique québécoise en importance représentant tous les citoyens du Québec.

Effectivement, nous avons tous les signes avant-coureurs d’un projet de charte québécoise des valeurs universelles à variables géométriques ou de la laïcité ouverte à la carte d’un État neutre religieusement; la chatte n’y retrouverait plus ses petits. Devons-nous en être étonnés ? Suite au flou artistique du projet souverainiste péquiste autonomiste-provincialiste s’ajoute celui d’un projet sur une soi-disant neutralité religieuse à la carte de l.État. Le PQ serait-il l’instigateur d’une nouvelle idéologie politique, le péquisme floualacartistique ?

À mon humble avis, l’État du Québec se voulant neutre religieusement ferait preuve de plus de cohérence s’il remisait tout objet ostentatoire du patrimoine religieux de ses institutions dans un « Musée de l’histoire religieuse du Québec ».

Il y a tout de même des limites à nous prendre collectivement pour des demeurés. Lorsque j’entends les politiciens hypocrites nous raconter, la main sur le cœur, qu’une des valeurs fondamentales de la société Québécoise serait le sacro-saint principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, mon sang se met à bouillir. Il s’agit sans doute du plus gros mensonge d’état depuis l’imposture féministe du désormais célèbre 300 000 femmes battues chaque année au Québec.

Il importe ici de savoir qu’en vertu des dispositions de la ‘politique d’intervention en matière de violence conjugale’ qui, comme son nom l’indique n’est pas une loi, mais bel et bien une politique, adoptée dans le milieu des années ‘80 sans la moindre discussion sur la base du grossier mensonge à l’effet qu’il y avait pas moins de 300 000 femmes battues chaque année au Québec. Depuis, il est désormais possible pour une femme d’expédier en prison n’importe quel homme vivant en situation de couple à ses côtés sur la seule base d’une parole dont la véracité ne sera JAMAIS évaluée. Par ailleurs, les féministes à la source de ce monument de propagande mensongère nous envoient la message pas trop subtil que tous les hommes sont des batteurs de femme. Depuis, les hommes de cette province ont moins de droit que les animaux domestiques.

Notez en passant que cette ‘politique’ contrevient à de nombreuses reprises aux dispositions du code criminel canadien qui couvre déjà les infractions visées par la ‘politique’ en question. Depuis l’adoption de cette ‘politique’, les arrestations sans mandat sont désormais non seulement possibles, mais ces pratiques illégales sont devenues la norme tout autant que les périodes de détentions arbitraires qui s’ensuivent. Et, comme pour ajouter l’injure à l’insulte, les sentences avant jugement sont administrées sur une base quotidienne. Il s’agit sans doute de la plus grave atteinte à l’intégrité du processus judiciaire qu’il faudra nécessairement corriger avant de rétablir l’ordre au sein de nos institutions. Avant de nous proposer une autre charte, le gouvernement doit cesser de nous mentir effrontément et abolir cette politique digne des pires dictatures que cette terre a connues.

Madame Legault,

Jamais le PQ ne pourra vous satisfaire. Vous auriez souhaité une conférence de presse pour plus de clarté étalant le projet, alors que tous les gouvernements intelligents lance des ballons pour ajuster le tir. Vous dites que c’est purement électoraliste alors que c’était un sujet majeur aux dernières élections : madame BÉNABIB n’était-elle pas candidate avec ce discours? Vous n’écoutiez pas, trop en colère contre vos anciens amis?

La position du PQ est connue depuis longtemps, la seule chose qu’il restait à voir était s’ils auraient le courage d’aller de l’avant. Je crois qu’ils y sont. Avant de pouvoir appuyer ce projet, il faudra toutefois, et je me range vers votre opinion, retirer le crucifix de l’Assemblée Nationale, question de cohérence. On ne peut pas évoquer le patrimoine quand ça nous plaît… Personne ne s’en portera plus mal (combien reste-t-il de catholiques pratiquants au Québec?).

Finalement, pour apporter une petite correction, je crois qu’il y a en France aussi le problème (et l’incohérence) de subventionner quelques écoles confessionnelles.

Je me questionne encore : tellement proche de votre opinion ce PQ mais tellement agressive dans votre analyse de chacun de leurs gestes. Je ne comprends pas.

le Pq n’a été un parti depuis sa naissance qu’un parti qui évoluait vers le nationalisme a l’union nationale. Ce parti a leurrer les Québécois avec ses propositions nationalistes , et maintenant ce sont les valeurs et le patrimoine qui font l’objet d’une campagne a la Duplessis. C’est le PQ sous René Levesque qui a ressorti la statut de Duplessis sur la place publique. ils vont nous dire que celui-ci était le grand défenseur du patrimoine en mettant sur les murs du parlement le crucifix pendant qu’il gouvernait le Québec d’une façon dictatoriale et corrompu. Le passé de la chrétienté, et surtout du catholicisme est une aberration une vrai honte pour son peuple, un moment dans notre histoire que le Québec devrait oublier et a tout moins débarrasser la place publique de ces vestiges comme le crucifix et la statue de Duplessis. Les citoyens d’un pays devraient avoir le droit de s’habiller, de porter les bijoux qu’ils veulent sauf si la réglementation demande de porter un uniforme réglementaire. mais les murs des institution démocratique devraient être et non les individus devraient être dépourvus de signe qui font la promotion d’une certaine religion. Pourquoi les Québécois ressentent un inconfort quad ils viennent en contact avec des individus qui ne portent pas le même genre de vêtement qu’eux? En passant un représentant a la chambre des représentants de la Georgie a voulu faire adopter une motion qui ferait en sorte qu’une représentation de la chaise électrique utilisé en Georgie (usa) soit installé sur le mur de la chambre, pour signifier le passé et les valeurs qui ont régis cet état. Aux journalistes qui l’interrogeait, il a dit s’être inspiré du Québec qui affichait sur le mur de sa chambre un tel objet soit le crucifix.

C’est l’évidence même, une « Charte des valeurs québécoises » proclamant la neutralité religieuse de l’État serait nulle en crédibilité, pour ne pas dire loufoque, si le crucifix prédominant actuellement au-dessus de la tête de la présidence demeurait dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, la toute première institution démocratique québécoise en importance représentant tous les citoyens du Québec.

Effectivement, nous avons tous les signes avant-coureurs d’un projet de charte québécoise des valeurs universelles à géométrie variable ou de la laïcité ouverte à la carte d’un État religieusement « neutre » – la chatte n’y retrouverait plus ses petits. Devons-nous en être étonnés ? Suite au flou artistique du projet souverainiste péquiste autonomiste-provincialiste s’ajouterait celui d’un projet de loi portant sur une soi-disant neutralité religieuse de l’État. Le PQ serait-il l’instigateur d’une nouvelle idéologie politique, le péquisme floualacartistique ?

À mon humble avis, l’État québécois devra être cohérent s’il veut atteindre l’objectif de la neutralité religieuse de ses institutions. Il doit d’abord et avant tout remiser tout objet ostentatoire du patrimoine religieux de ses institutions au « Musée de l’histoire religieuse du Québec ».

Pour l’essentiel, je partage vos propos et votre analyse. Je relève en passant que si une majorité de québécois francophones sont plutôt en faveur d’une charte des valeurs, la plupart pensent que ce sont les signes ostentatoires « non chrétiens » qui devraient être éliminés de l’espace public. Radio-Canada nous apprenait hier que la plupart des gens ignorent qu’une croix au bout d’une chaine ou même une image de la Sainte-Vierge seraient aussi visés parmi les signes ostentatoires.

Ainsi, on confond adroitement — le tout sous-tendu comme vous le précisez par le crucifix de Maurice Duplessis qui trône au salon Bleu de l’Assemblée nationale —, le libelle antireligieux du type : « La croisade contre les infidèles » d’avec une charte universelle et laïque bien faite qui précisément se devrait plutôt de reléguer aux oubliettes l’image de la gentille Québec comme petite sœur cadette dûment soumise à notre Sainte-Mère l’Église.

Ce que je trouve déplaisant, c’est le caractère belliqueux des débats, y compris dans ces mêmes colonnes qui obligent certains participants comme moi-même à choisir de prendre désormais le parti d’une position radicale et finalement inflexible qui commande :

1. L’urgence d’élections générales.

2. Qu’on en finisse une bonne fois pour toute avec le débat sur la souveraineté puisque ici il n’est aucunement question de laïcité. Je suis un enfant de l’École laïque, je sais de quoi je parle.

3. Que le Québec s’engage à signer la Constitution du Canada dans les meilleurs délais.

4. Qu’on s’inspire avec intelligence et avec esprit des travaux de la Commission Bouchard-Taylor qui dans le respect des valeurs québécoises contribuent à produire une intégration harmonieuse de toutes les composantes passées, présentes, futures et diversifiées de la société civile québécoise conformément à la révérence et aux soins que tout un chacun se doit de porter à la personne dans tous les aspects de son intégrité. Pas seulement basée sur l’abolition ou l’attrition des signes d’appartenances qui n’ont de valeur comme symbole qu’un ensemble de considérations faites d’un empirisme sous-jacent empruntées aux poncifs de la dévotion catholique romaine laquelle n’est même plus en vigueur depuis le concile de Vatican II.

5. Enfin, s’il devait apparoir que cette charte des valeurs québécoises — destinée de toute évidence à contrer « l’infidèle qui sommeille en nous » au nom d’un Nouvel Ordre Laïque destiné à former prestissimo « l’homoquebeciens nŏvum » (formule latinisée) —, qu’elle soit finalement avalisée par notre Parlement souverainement élu ; il conviendrait alors de la soumettre à referendum sur le champ, afin de savoir si c’est vraiment ce que veulent les québécois. Ou si plus précisément ce que nous voulons toutes et tous après tout, c’est avoir droit de partager avec le moins d’entraves possibles une petite place au soleil peu importe les conditions dont nous sommes issus.

— Est-ce demander trop à notre société d’accueil ? Ou pour avoir cela faut-il voguer vers d’autres provinces ou bien encore vers d’autres cieux?

Je ne vois pas comment vos droits fondamentaux seraient brimés, parce que l’État exige de ses fonctionnaires un code vestimentaire (d’autant qu’on aurait droit à un « opting out »). En ce sens, votre dernière remarque n’a pas de fondement.

@ Marc Sauvageau,

Vous touchez à une définition de droit un peu complexe, celle « des droits fondamentaux », ce qui sans doute fait avancer le débat et qui mériterait certainement de plus longs développements. Cependant, allons droit à la pratique : les droits fondamentaux au Canada s’inscrivent dans « la Charte canadienne des droits et libertés ; en corrélation au Québec c’est « la Charte des droits et libertés de la personne. »

Ici ce qui nous retiendrons, c’est (Charte canadienne) :
— Libertés fondamentales
« a) liberté de conscience et de religion;
« b) liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression, y compris la liberté de la presse et des autres moyens de communication; »

— Droits à l’égalité
« 15. (1) La loi ne fait acception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l’âge ou les déficiences mentales ou physiques. »

La Charte des droits et libertés québécoises quant à elle précise ceci :
— Libertés et droits fondamentaux
« 3. Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association.
« 4. Toute personne a droit à la sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation.
« 6. Toute personne a droit à la jouissance paisible et à la libre disposition de ses biens, sauf dans la mesure prévue par la loi. »

Nota : Quand vous allez au boulot, vous ne vous départissez pas de tous vos biens. On ne vous interdit pas de porter votre ordinateur, les vêtements que vous voulez, votre téléphone, vos bijoux si vous en avez, une kippa si vous en portez une ou votre bréviaire si vous pratiquez le catholicisme.

— Droit à l’égalité dans la reconnaissance et l’exercice des droits et libertés
« 10. Toute personne a droit à la reconnaissance et à l’exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.
« Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit. »

*******
Je n’irai pas plus loin, je vous propose simplement d’observer cette dernière phrase. Vous noterez par vous-même deux mots : « exclusion » ou « préférence »

Qu’est-ce qu’un « opting out » d’après vous ? C’est un renoncement ou un droit de retrait. En d’autres termes vous donnez la possibilité à un groupe de se retirer d’une charte (ici celle des valeurs québécoise) en principe un texte fondamental, en d’autres termes vous avalisez le droit de dissidence et celui de faire des exclusions. Ainsi vous allez compromettre… ou pire détruire ce droit.

Ici dans ce cas, le « opting out » s’applique pour des groupes constitués, exemples : l’Hôpital général juif de Mtl ou des écoles confessionnelles. — Qu’en est-il pour les individus isolés ? À ma connaissance jusqu’à nouvel ordre, c’est silence radio, il existerait d’après ce que j’ai lu, une éventuelle procédure de retrait individuelle qui devrait répondre à au moins quatre critères prévus par la loi. Si vous ne répondez pas aux critères… ce sera niet.

Qu’advient-il si une personne, par exemple une employée d’un CPE qui porte le voile refuse de retirer son foulard ? Même si c’est une employée modèle pour tout le reste. Est-ce que des sanctions sont applicables ? Est-ce que c’est la porte ? Est-ce que c’est un procès ? Est-ce que cela ne contrevient pas à la loi du travail attendu que le port du foulard dans un CPE ne devrait pas représenter un danger professionnel pour la santé et puis la sécurité ? — On fait quoi avec ça ?

Si personnellement, je pense que ce projet de Charte des valeurs, n’apporte à ce qu’on en sait, strictement aucun avantage pour la population québécoise en général. Je pense que ce droit de retrait est contraire aux principes d’une charte conforme à l’universalité qui se doit de prévaloir dans tout le mouvement laïque.

D’autre part, on accorde beaucoup trop d’importance aux attributs (les symboles) et pas assez aux personnes. Si vous retirez un crucifix un peu voyant à une infirmière, vous lui retirez un outil de travail qui pour une infirmière croyante est indissociable de sa mission, en d’autres termes au lieu de reconnaître la beauté de cette mission, vous la sanctionnez, vous allez l’immoler sur l’autel de la laïcité. Croyez-vous qu’une personne souffrante se fiche pas mal de ces détails là ? Ce qui compte c’est que la personne soit bonne, charitable et qu’elle fasse bien son travail.

Alors même ce « opting out » que vous chérissez ; pour moi c’est du purin… Ni plus ! Ni moins !

« La dignité humaine est inviolable. Elle doit être respectée et protégée. » — Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne

Références :
http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/const/page-15.html (Canada)
http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/C_12/C12.HTM (Québec)
http://eur-lex.europa.eu/fr/treaties/dat/32007X1214/htm/C2007303FR.01000101.htm (Europe)

@ Serge Drouginsky

Dans toutes ces déclinaisons de droits fondamentaux, il vous manque l’article 1 de la charte canadienne ainsi que l’article 9,1 de la charte québécoise qui permettent dans la mesure du raisonnable de restreindre ces droits.

La neutralité de l’État est une valeur assez puissante pour qu’on puisse permettre de restreindre certaines libertés dont jouissent les citoyen(ne)s canadien(ne)s et québécois(es). La cour Suprême du Canada a confirmé dans ses jugements que la fonction publique doit être loyale, intègre, impartiale, efficace et neutre. Elle a aussi affirmé que la liberté d’expression d’un fonctionnaire n’est pas une valeur absolue et inconditionnelle et peut être tempérer avec d’autres intérêts, (la même limite s’appliquerait à la liberté de religion). Un fonctionnaire ne peut tout simplement pas se permettre, au nom de la liberté de parole (au nom de la liberté de religion, les mêmes causes donneraient les mêmes effets), de discréditer l’employeur auprès de la population qu’il sert. Un fonctionnaire en affichant des symboles religieux fait la promotion de sa religion qui, couramment, va à l’encontre des principes soutenus par l’État (égalité des sexes, mariage de même sexe, divorce etc), il se met ainsi en conflit d’intérêt et discrédite l’État. On voit mal comment un fonctionnaire pourrait, au nom de sa liberté de religion, afficher des symboles religieux et montrer du même coup son impartialité et sa neutralité. D’ailleurs la cour Suprême a déclaré qu’« [u]n emploi dans la fonction publique comporte deux dimensions, l’une se rapportant aux tâches de l’employé et à la manière dont il les accomplit, l’autre se rapportant à la manière dont le public perçoit l’emploi. » ( Fraser c. C.R.T.F.P., [1985] 2 R.C.S. 455 ).

Elle ajoutait « Une personne qui entre dans la fonction publique ou une qui y est déjà employée doit savoir, ou du moins est présumée savoir, que l’emploi dans la fonction publique comporte l’acceptation de certaines restrictions. ». Dans un autre jugement la Cour déclarait que le devoir de fidélité d’un fonctionnaire à son employeur (l’État) était une limite raisonnable en vertu de l’article 1 de la charte.

@ Marc Sauvageau,

Merci pour votre réponse plutôt intéressante pour laquelle je dois néanmoins répliquer :

Vos propos établissent hors de tout doute, qu’il existe bien un débat judiciaire dans la province du Québec, établissant en passant qu’il existe encore une noblesse « dite » de robe qui ici exerce une sorte de pouvoir occulte et discrétionnaire, solidement attachée à ses prérogatives héritées de la « Nouvelle France ».

Dès lors qu’il existe un pouvoir policier et juridique établi de facto, issu principalement de la « majorité » québécoise pure laine, laquelle peut dicter et édicter sa règle à la minorité et même exercer sa prédominance sur certains pouvoirs politiques, je ne vois pas comment vous pouvez faire l’apologie de la neutralité de l’État, puisque dans ce cas l’État est justement tout sauf neutre. En somme vous voulez produire l’apparence de neutralité pour assoir un pouvoir québécois peu ouvert aux communautés culturelles. Une sorte d’apartheid sans en porter le nom.

Vous faites mention d’un jugement de la Cour suprême à l’effet entre autre : « qu’« [u]n emploi dans la fonction publique comporte deux dimensions, l’une se rapportant aux tâches de l’employé et à la manière dont il les accomplit, l’autre se rapportant à la manière dont le public perçoit l’emploi. » » — Je ne vois rien dans ces extraits qui se rapporte aux signes d’appartenances religieuses.

Je ne comprends toujours pas pourquoi l’urgence d’une charte pour tous les québécois et les québécoises (qui reflète nos valeurs), lorsque ce qu’on sait jusqu’à présent vise surtout à « baliser » la fonction publique. Autant dans ce cas établir une code d’éthique et de déontologie pour les employés des fonctions publiques et parapubliques municipales, des fonctions publiques provinciales et parapubliques avec pour seule exemption les employés de la fonction publique fédérale qui exercent au Québec lesquels devraient en principe se plier néanmoins de bonne grâce à la loi.

Restons sur mon exemple antérieur d’une infirmière qui arbore un crucifix. Expliquez-moi en quoi, le fait qu’elle arbore un crucifix dans son emploi, change ma perception de l’emploi en tant que membre du public ? Réellement, je ne vous suis pas. Pourquoi un droit de retrait serait-il recevable pour l’Hôpital général juif de Mtl et ne le serait pas pour l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont ? Est-ce à dire que la perception peut varier d’un établissement à l’autre et qu’en termes de neutralité de l’État, c’est bien correct de s’ajuster au cas par cas ?

Vous extrapolez la portée de jugements de la Cour suprême, sans doute parce que cela vous arrange. J’aimerais pour conclure, établir aussi une distinction très simple entre deux mots : porter et arborer. Je vous laisse le soin de chercher les synonymes pour l’un et l’autre des mots.

Dans un premier cas, porter relève de la nature et en principe du droit. Dans le second cas arborer est en effet une perversion du droit. Dans certains cas la ligne de démarcation entre ce qui relève du droit et ce qui relève de l’acharnement juridique est très mince. Très mince. Personnellement je croix dans un État de droit, pas dans un état qui exerce des droits sur une base subsidiaire. Et vous cher Marc, quelle est votre vision de l’État de droit ?

Je passe le début de votre réplique car, rien de mon commentaire laisse entendre ou sous entendre ce que vous avez écrit.

Comme il semble que vous n’avez pas compris mes explications, je vais essayer d’être plus clair. Les tribunaux ont mis le devoir de loyauté au rang de droit quasi constitutionnel. C’est ainsi qu’en vertu de ce devoir et de celui du principe d’intégrité et d’impartialité de la fonction publique, le droit d’expression d’un fonctionnaire, qui est un droit aussi fondamental que celui de la liberté de religion, a presque été réduit au silence. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, j’en déduis que le port de signes distinctifs religieux peut aussi être restreint dans la fonction publique. Les symboles religieux étant dans la hiérarchie de la foi et des croyances religieuses des valeurs négligeables, les tribunaux pourraient y voir ici, un motif raisonnable de restriction de la liberté religieuse conforme à l’article 1 de la charte.

En ce qui concerne la situation de cette infirmière que vous suggérez, quel message l’établissement (présumé laïc) et cette infirmière envoient aux patients ? Que cet établissement favorise une religion ou plutôt cette religion, que cette infirmière privilégie les dogmes de sa foi avant l’éthique de son métier ? Ce comportement pourrait susciter des inquiétudes, de la gêne ou de la méfiance de la part du public à l’égard de son aptitude à accomplir ses fonctions. Si un patient est athée ou d’une autre foi, il se pourrait que sa conduite soit perçue comme un geste de provocation. Je vous le répète, les tribunaux sont clairs à ce sujet, « les employés de la fonction publique sont censés agir avec toute la neutralité possible et respecter des apparences de neutralité. » (Grant c. Canada, ,juge Reed).

Ma vision d’un État de droit est ici : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1493

Pourquoi signer la Constitution du Canada ? Où est la nécessité ? Nous aurait-on par l’usure ?

J’imagine mon petit-fils dire à ses enfants ou ses petits-enfants : « On est demeuré Canadiens car ils étaient fatigués de se battre. Ils ont jeté la serviette comme des mauviettes.»

Elle serait belle notre histoire ! Évidemment si pour vous ça n’a pas d’importance, ça se comprend.

Mais moi, avant qu’on me fasse signer une constitution, il ne faudra pas que ce soit à l’usure.

«Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.»
[ Winston Churchill ]

Plus je lis sur ce sujet et plus je me demande ce qu’elle a de « québécoise » cette dite charte (la QUATRIÈME après la Charte canadienne des droits et libertés, la Charte des droits et libertés québécoise et la Charte sur la langue française…ça nous en prend combien pour être rassurés sur notre personnalité?).

Tous ses articles font partie de « l’identité » d’à peu près TOUS les pays occidentaux et en plus, l’égalité homme/femme tant proclamée par Drainville fait DÉJÀ PARTIE de nos « valeurs » depuis longtemps. Elle apparaît dans l’une des 3 autres chartes depuis…1973!!!

Caroline Fourest, dont j’ai lu le livre, est une républicaine à la française, avec ses lubies du mur-à-mur et du citoyen inodore, incolore et insipide. Il n’y a pas de bretons, ni de bohémiens dans cette vision, mais des citoyens anonymes ou des « gens du voyage ». C’est ainsi que la République française demeure interloquée devant les comportements de ses banlieues, dont les réalités lui échappent.
Je préfère la société libérale, qui se contenterait de publier un guide portant sur l’application des accommodements raisonnables dans notre société (recommandation de Bouchard-Taylor par ailleurs) et ferait confiance aux citoyens pour établir, chacun à son poste et selon ses responsabilités, dans l’école, les hopîtaux, les services sociaux, les agences gouvernementales, des rapports avec les immigrants qui reflèteraient nos valeurs communes. C’est ainsi qu’un société fait l’apprentissage, dans la pratique, de la tolérance et du respect. C’est ainsi que des immigrants apprendraient sur le tas ce qu’est une société démocratique et pluraliste. C’est la seule façon de bâtir une société juste. Ce n’est pas en déléguant à un État obèse qui s’empêtre déjà dans ses fonctions, de nouvelles fonctions de police et de surveillance.
Avant de se lancer en guerre contre les nouveaux « mécréants », ceux qui agiraient en contradiction avec nos « valeurs » dont tout le monde se gargarise, nos chefs politiques feraient bien de relire Voltaire.
Voltaire, vous dîtes? C’est quoi, une société de sondage d’opinion?

Gilles Bousquet, dans son commentaire, utilise la phrase: « déchirer nos chemises en public ». Cette expression a son origine dans les textes juifs de l’Ancien Testament, donc de la Bible et a donc son origine dans un livre religieux, la Bible. De telles expressions dans la langue française, ayant leur origine dans les textes mêmes des Évangiles, sont nombreuses et tout à fait intégrées dans notre langage quotidien. En tant que culture, nous devons énormément à la religion judéo-chrétienne, y inclus nos valeurs dites laïques. Jean-Claude Guillebaud, Frédéric Lenoir pour nommer que ceux-ci soutiennent que ces valeurs que nous attribuons à la laïcité ont tous leur origine dans cette foi que nous avons abandonnée et nul part ailleurs.

Ma question : dans une démarche rigoureuse sur la question,de vouloir séparer état et église, devrions-nous pas aussi éliminer ces phrases clairement religieuses et en créer de nouvelles ? Et que dire des soi-disant valeurs comme « aimer son prochain comme soi-même ? » On abandonne ça aussi ?

Je comprend bien la nécessité de la laïcité dans une société cosmopolite mais je m’inquiéte des fondamentalistes de la sécularité.

Je crois que ce que les québécois ont surtout besoin, c’est d’une « charte de la morale et de l’éthique chez les politiciens Québécois ». Une fois cette charte adoptée et que les différents politiciens y auront prêté serment, on pourra ouvrir à nouveau le dossier d’une charte des valeurs. Peut-être qu’alors on pourra avoir un réel débat à l’abris des préoccupations et stratégies bassement électoralistes.

Comment peut-on respecter nos politiciens lorsqu’ils se conduisent avec une telle pusillanimité?

Cette névrose chrétienne indécrottable au sujet du crucifix à l’Assemblée nationale donne froid dans le dos. La logique n’est pas au rendez-vous, comme plusieurs l’ont souligné. D’abord le ménage chez-nous, à l’A N, ensuite dans le reste de la fonction publique.

On peut très bien comprendre qu’à l’hôpital Juif le personnel affiche sa croyance, mais dans les autres hôpitaux, non. Même chose dans les écoles religieuses. Le personnel de cette croyance peut arborer des symboles religieux. Mais les autorités de ces écoles ne peuvent forcer, imposer le port de ces symboles aux employés qui ne sont pas de la confrérie. Cela n’aurait pas de sens et serait un manque flagrant de respect pour l’autre et ses croyances.

Il y a beaucoup de pleutres au Québec. Aussi bien chez les élus que dans l’électorat. Et la logique dans tout ça? Inconnue au régiment.

La Belle province! Je veux bien, mais sous quelle angle?

Une chance que le ridicule ne tue pas.

Faudrait aussi rendre illégale le port du niqab et de la burqa partout, sauf dans les endroits privés en interdisant de nous cacher le visage. Question de sécurité publique.

Nous verrons en temps et lieu les propositions de cette charte! Diaboliser le gouvernement Marois à ce point donnons lui plutôt le bénéfice du doute et attendons de voir ce qu’il en est. Les chroniques politiques devraient être autre chose qu’un véhicule du cynisme universel.

Bonjour,

Certes, que de feuilles noircies d’encre pour faire un débat tellement « ésotérique sur les bords » ? Un débat acrimonieux qui dans les faits ne réglera en rien de la plupart des problématiques du Québec. Afin de contenter une poignée de nationalistes québécois dont beaucoup sont tout simplement frustrés d’avoir tant « zigonné dans le matelas et le tapis » de la pauvre Cause Nationale pour absolument rien. Car le seul Sauveur Suprême qui pouvait amener ce petit peuple élu à la Terre Promise abandonna toute la gang de ses ouailles nationalistes sur le bord du chemin. Le DALAÏ D’ALMA voulait bien sûr être capable de « continuer de se regarder dans son miroir sans être obligé de se fermer les yeux de honte ». Et voilà encore que le manège recommence, ce triste manège qui laissera des séquelles et des dommages collatéraux partout au Québec.

En effet, vivre et laisser vivre n’a jamais été le leitmotiv ni la tasse de thé de certains de nos nationalistes québécois. Car cette bande d’inconséquents entretiennent le cercle « vicieux », aiment bien tourner en rond pour finalement finir par se « mordre la queue ». Après toutes ces entourloupettes, avec tous ces sparages, nos amis les nationalistes québécois viendront comme toujours « brailler comme des veaux » que le Canada veut nous assimiler car une bonne proportion des immigrants arrivant ici se sauvent vers des Cieux plus cléments.

En outre, le Parti Québécois en lançant ce ballon électoraliste ne pouvait s’imaginer que la Coalition Avenir Québec avec Monsieur François Legault aurait le guts de venir « souffler dans le cou » de nos péquistes. En voulant eux aussi jouer dans le terreau d’extrême droite sur l’échiquier politique québécois, soit celui que « mon père est plusse nationaliste que le tien ». Tout en se chamaillant bientôt sur ce concept car l’ADQ peut fort bien se prétendre comme les précurseurs qui jouèrent à fond la carte identitaire qui amena la Commission Bouchard Taylor. Car en plus du Crucifix de l’Assemblée Législative du Québec, n’oublions pas les épisodes des bonnes grosses « binnes québécoises de Boston qui se mangent avec du gros lard » ainsi que « L’ODEUR DU SAPINAGE » qui rend les nationalistes québécois intolérants aux autres cultures.

En terminant, toute cette saga, toutes ces entourloupettes concernant cette Charte de la Laïcité risquent de finir en queue de poisson. Nos amis les péquistes ne sont pas assez innocents pour se rendre à l’abattoir avec la CAQ qui « chausse les mêmes bottines tout en leur soufflant dans le cou » avec le peu de Ti Poils superflus qui restent des vieux militants péquistes. En flirtant avec l’extrême droite sur l’échiquier politique du Québec dans le terreau identitaire, ces deux partis nationalistes « du trognon » laissent grand ouvert tout le centre de l’échiquier politique au Parti Libéral et à Québec Solidaire ainsi que le centre gauche……. Encore une fois, merci à la CAQ de jouer ce jeu du « chien dans le jeu de quilles ». Avec plaisir, John Bull.

«Car en plus du Crucifix de l’Assemblée Législative du Québec, n’oublions pas les épisodes des bonnes grosses « binnes québécoises de Boston qui se mangent avec du gros lard » ainsi que « L’ODEUR DU SAPINAGE » qui rend les nationalistes québécois intolérants aux autres cultures.»

Que de grossièretés que de mensonges éhontés êtes-vous capables d’écrire. Êtes-vous en train de parlez de vous-mêmes ? C’est sans doute le cas car je ne me reconnais pas ni aucune de mes connaissances de près ou de loin dans l’image que vous présentez des Québécois.

Pourtant Denis, n’avons-nous pas été battus par l’argent et les ETHNIES???

M. Bull a parfaitement raison.

Encore une fois il n’y aucun rapport.

Vous êtes « pour » comme on aime ou non la couleur bleu ou jaune. Aucune explication, aucune motivation. On aime le jaune comme d’autres aiment le rouge.

Quelle profondeur ! Quelle analyse !

Sublime !

Les propos de John Bull ne me dérangent. La diversité des mots fait partie de la liberté d’expression. Si les propos de Denis sont acceptables, les propos de John le sont aussi et ceux de Serge tout pareillement. Cela fait parti de l’interculturalisme québécois, de la diversité culturelle et d’une société composite ouverte sur le monde. That’s it ! That’s all 🙂

Bonjour,

Déjà, en plus des Messieurs Justin Trudeau ainsi que Thomas Mulcair, la grande majorité des quotidiens du Canada dénoncent cette éventualité d’un Code de Vie imposé pour certains immigrants, une forme de sélection qui s’acharnera bien sûr sur les communautés les moins organisés, soit celles qui ont le moins de fric, cet essentiel pognon afin d’avoir « plus de droits » en catimini.

En effet, en regardant tout à fait par une fenêtre qui donne une autre vision de tout cet embrouillamini, nous devons bien le dire que la Révolution Américaine commença avec certains Anglais qui promurent avec raison le : « No taxation without representation » ? Dans une charge intempestive sans précédent.

En outre, si nous excluons comme de raison tous les maghrébins venant d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie sans oublier toute l’immigration francophone venant des colonies françaises de l’Afrique Noire qui écrivent et parlent la langue de Molière infiniment mieux que nos nationalistes à nous, beaucoup de nouveaux arrivants seront « doublement pénalisé » éventuellement avec ces mesures tout à fait assassines et liberticides. Soit par la LOI 101 qui fait partie du décor depuis 1977 ainsi que ces nouvelles restrictions concernant la laïcité dans l’éventualité de la mise en vigueur d’un tel projet de loi.

De plus, tout comme la LOI 101 fut « charcutée par l’ONU » il y a de cela plusieurs années pour cause de discrimination bien évidente sur certains points, ces nouvelles mesures risquent tout simplement de ne même pas se rendre à la Cour Suprême en étant invalidées bien avant en étant jugées tout à fait discriminatoires en empiétant sur les Droits et les Libertés.

Par ailleurs, regardons par cette fenêtre du : No taxation without representation, tous ces citoyens deviendraient des « individus de seconde zone » en étant privés de certains droits dont l’autochtone Pure Laine bénéficie. Est ce que ces citoyens paieraient « MOINS D’IMPÔTS » et de taxes québécoises diverses en étant des « citoyens de seconde classe » excepté lorsque l’individu « PASSE À LA CAISSE » ? Soit de contribuer de ses propres goussets par l’impôt et les nombreuses taxes du Québec en ayant moins de droits ?

En terminant, accordons aux Anglais ce qui leur revient de plein droit, ces instigateurs de la Démocratie. Donnons aux Anglais ce qui revient aux Anglais soit cette Révolution que ceux ci n’eurent jamais peur de faire comme nous vîmes lors de la Révolution Américaine. En virant tout à l’envers pour une « simple taxation de trop ». Tandis qu’icitte dans le dialecte provincial, le tout semble tout à fait dans l’ordre des choses pour le nationaliste québécois. En plus de la taxe de bienvenue lors de l’achat de toutes propriétés et de terrains au Québec, nous parlerons en plus de l’autre « taxe de bienvenue », soit celle imposée à de pauvres citoyens qui n’ont pas eu cette chance d’être des judéo chrétiens….. Au plaisir, John Bull.

Taxe Bienvenue, du nom du juge qui l’inventa, la proposa. N’a rien à voir avec souhaiter la bienvenue.

Cordialement.

S G

Bonjour,

La « taxe de bienvenue imposée aux immigrants » serait celle de « payer également tous ses impôts et taxes diverses du Québec » tout en étant un citoyen de seconde zone avec des « restrictions l’empêchant d’être l’individu dans sa propre entité jouissant de tous les droits comme le Pure Laine. Et pour faire un dessin, la « taxe de bienvenue » pour l’immigrant est le tribut à payer pour se faire accepter du Pure Laine en le privant de certains droits et libertés. Mais pour payer ses impôts et taxes au Québec,. pour ÇA essentiellement, le nouveau venu « est égal pour » PAYER « . Avec plaisir, John Bull.