Charte: la piste d’atterrissage pour s’entendre

La polarisation n’est pas aussi forte qu’il n’y parait. Il y a des points d’accrochage et «d’écorchage», mais ils sont faciles à voir et à contourner si le gouvernement s’en donne la peine.

crucifix

Dans le débat sur la charte des valeurs, la piste d’atterrissage pour le gouvernement est immense, autant dans l’opinion publique que sur le plan politique. La piste est belle, grosse, dégagée et les lumières sont visibles comme un aéroport dans la nuit. Il reste à faire atterrir le coucou dans la joie et l’allégresse. Si le gouvernement en a envie, bien sûr…

Car la polarisation n’est pas aussi forte qu’il n’y parait. Il y a des points d’accrochage et «d’écorchage», mais ils sont faciles à voir et à contourner si le gouvernement s’en donne la peine.

En fait, il y a très peu de gens contre la totalité de la charte… et très peu de citoyens pour la totalité de la charte.

Un sondage mené par la firme Segma-Recherche du 16 au 20 septembre dernier, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour le compte de Progrès-Dimanche et du Quotidien, est d’ailleurs révélateur. Le sondeur a posé des questions tout en nuance qui éclaire le débat. Vous trouverez les articles, publiés dimanche et lundi, ici.

Le coup de sonde résume l’opinion des gens de cette région très francophone, mais j’estime que c’est assez représentatif de la population en général, si je me fie aux commentaires, aux textes et autres coups de sonde depuis quelques semaines.

On y apprend que 10,2 % des répondants sont «d’accord avec tous les éléments» de la charte, alors que 41,4 % se disent en accord avec «certains éléments» de la charte. Le total fait 51,6 %, mais on le voit, il y une zone grise.

Dans l’autre camp, ils sont également peu nombreux à s’opposer à «tous les éléments» de la charte, soit 8 %. Ils sont 21,5 % en désaccord avec «la majorité» des éléments de la charte. Le total fait 29,5 %, mais là encore, il y a une zone floue dans le rejet de la charte.

Et la majorité est écrasante, à plus de 80 %, contre le fait de mettre des gens à la porte de leur emploi parce qu’ils portent des signes religieux, que ce soit en garderie, à l’hôpital, etc.

À la lumière de ces chiffres, mais aussi du débat depuis quelques jours, la piste d’atterrissage pour le gouvernement est de plus en plus évidente:

Le gouvernement peut facilement inscrire la laïcité de l’État dans la Charte québécoise des droits et libertés. Tous les partis politiques à l’Assemblée nationale sont d’accord, tout comme la population.

Le gouvernement peut sans difficulté obliger de donner et recevoir un service public à visage découvert. Unanimité dans la population et dans la sphère politique.

Le gouvernement peut sans problème exiger de ses fonctionnaires qu’ils s’abstiennent de tout prosélytisme. Tous les partis politiques au Québec sont d’accord.

Le gouvernement peut baliser les accommodements religieux (les congés en fonction des fêtes religieuses, les horaires de piscine, les locaux de prières, etc.), avec une série de critères à respecter pour les administrateurs publics, en exigeant le respect de l’égalité homme-femme et le côté raisonnable de la demande.

C’est ce que souhaitent les gestionnaires depuis un bon moment, et c’est ce qui embête le plus les citoyens. C’est le noeud du problème, la source du malaise depuis 2007. Certains disent qu’il n’y a pas de crise. C’est vrai. Mais le malaise existe. Et depuis quelques années, on assiste à des accommodements à géométrie variable, à la pièce, sans grande cohérence dans l’appareil public. Il est temps d’encadrer le tout.

Sur ce front, encore une fois (j’ai l’impression de me répéter, mais que voulez-vous…), tous les partis politiques à l’Assemblée nationale sont sur la même longueur d’onde. Tous sont prêts à bouger pour baliser les accommodements religieux.

Jusqu’à maintenant, pour un débat qui divise et déchire, ça va plutôt bien, non?

Le gouvernement peut faire adopter ces morceaux de la charte, soit 4 éléments sur les 5 présentés par Bernard Drainville, en claquant des doigts. Et ainsi faire oeuvre utile pour le Québec.

La portion qui enflamme les esprits et fait décoller la tapisserie des murs, c’est le volet sur le port des signes religieux ostentatoires dans la fonction publique et parapublique. Et c’est normal, on touche des droits fondamentaux.

C’est le volet qui rend inconfortable la vaste majorité des gens, autant ceux qui se définissent comme «pro» ou «anti» charte.

C’est la nuance qu’on perçoit dans les réponses au sondage de la firme Segma (Crop avait aussi documenté ce malaise dans son coup de sonde il y a une semaine).

C’est là que le gouvernement doit manoeuvrer.

Il a différentes options à l’approche de la piste:

Option 1: le gouvernement repousse ce volet controversé, le temps d’approfondir le sujet.

Ce ne serait pas une défaite, puisque (faut-il le répéter?) le problème à corriger se situe dans les accommodements religieux, pas dans l’habillement des employés de l’État.

N’empêche, si le gouvernement Marois y tient, il devrait avoir au moins les informations factuelles pour convaincre la population du bien-fondé d’une proposition aussi explosive, qui a très peu de chance de survivre devant les tribunaux.

Le gouvernement Marois s’est lancé dans un débat délicat qui touche les droits individuels, comme la liberté de religion, la liberté d’expression, le droit au travail, etc. sans avoir fait d’études sur l’impact d’une interdiction des signes religieux auprès des minorités concernées.

Il existe des études sur les accommodements religieux (le rapport Bouchard-Taylor en est un exemple), mais rien sur  les conséquences de l’interdiction totale des signes religieux dans la fonction publique et parapublique. Une position qui va très loin, de sorte que rien n’a été étudié en profondeur.

Un sondage n’est pas une recherche fouillée.

(En passant, lors de la très décriée réforme de l’assurance-emploi annoncée par Stephen Harper le printemps dernier, le gouvernement Marois était le premier à demander au gouvernement fédéral s’il avait fait des études d’impact auprès des chômeurs afin de mesurer les répercussions de cette décision idéologique sur certaines régions…)

On entend souvent le chiffre de 2 % de minorités culturelles dans la fonction publique, un chiffre qui provient de l’ancien président du Conseil des relations interculturelles, Arlindo Vieira (voir le texte du Devoir ici). Un organisme qui se préoccupe de la diversité ethnique dans la fonction publique, qui est déjà très faible. Mais ce chiffre ne concerne que les 68 000 employés de la fonction publique (ministères), et non pas les plus de 400 000 employés de la fonction publique ET parapublique (cégeps, écoles, universités, hôpitaux, CPE, etc.), où l’impact serait plus grand, car les communautés culturelles y sont plus nombreuses.

Une ou des recherches qui permettraient de répondre à des questions du genre:

Les femmes et les hommes touchés par l’interdiction seraient-ils nombreux?

Quitteraient-ils leur emploi?

Est-ce qu’on créerait un nouveau problème avec cette interdiction, c’est-à-dire reléguer des femmes à la maison, dans un état de dépendance financière envers leur conjoint, alors qu’on souhaite au contraire les sortir de l’exclusion et de cette dépendance? C’est l’argument de beaucoup de féministes qui s’opposent à ce volet de la charte: une femme sans argent n’est pas tout à fait libre. Ou est-ce qu’au contraire, on exagère cette possibilité?

Est-ce que le gouvernement pourrait produire l’effet inverse de celui recherché, en donnant des arguments aux radicaux de la religion, qui pourraient y prendre prétexte pour endoctriner des jeunes contre l’État québécois «intolérant»?

Ainsi de suite.

Je n’ai pas de réponse à ces questions. Mais dans un tel débat, il serait bon de les avoir.

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, souhaite justement commander des études sur le sujet, pour approfondir avant de décider.

Depuis que le sujet a fait surface, certains citoyens repoussent tout ce qui ressemble à un expert, comme si c’était une calamité d’avoir fouillé un domaine au point d’en savoir plus que le commun des mortels. J’estime au contraire que c’est dans les moments importants, celui des débats de société, très émotifs, qu’on a le plus besoin de ceux qui maitrisent les dossiers. De ceux qui amènent de la raison, des chiffres, de la jurisprudence, des exemples d’ailleurs… Ils empêchent de sombrer dans les préjugés et l’anecdote.

Bref, si le gouvernement choisi l’option 1, il peut faire adopter les 3/4 de son projet de charte et commander des études (à plusieurs organismes, pourquoi pas?) pour approfondir le volet sur les signes religieux ostentatoires et y voir plus clair.

Option 2: limiter l’interdiction des signes religieux ostentatoires à certains employés de l’État.

Depuis que le débat a démarré, il semble y avoir un glissement de sens aux mots «représentants de l’État». Qui «représente» l’État et qui «travaille au service de l’État»?

La différence peut sembler bien mince, mais dans un débat où tous les détails comptent, où il est question de droits fondamentaux, il n’en est rien. Et c’est l’un des aspects du problème et de la controverse actuelle.

Le gouvernement affirme que les représentants de l’État doivent afficher la neutralité de l’État dans leur code vestimentaire.

Est-ce qu’un professeur à l’université, un médecin ou un fonctionnaire qui pousse un crayon au 8e étage d’un édifice gouvernemental sont des «représentants de l’État»? Ou ne sont-ils pas plutôt payé par l’État pour servir leurs citoyens, de manière autonome, sans être le gardien de l’État ou le représenter officiellement?

Je connais des profs et des médecins, jamais ils ne vont prétendre incarner l’État. Ils sont payés par l’État pour aider leurs prochains, ce qui est différent.

Par contre, les élus, les ministres, les juges, les policiers, les procureurs, les gardiens de prison… eux, ils incarnent l’autorité de l’État, son caractère coercitif. Ils «sont» l’État, ils le représente officiellement dans la vie de tous les jours.

Imposer à ces représentants une obligation de neutralité vestimentaire est défendable en raison de leur rôle spécifique dans la société. Un rôle que ne joue pas le médecin, l’infirmière ou le professeur d’université. C’était d’ailleurs ce que le rapport Bouchard-Taylor soutenait.

Utiliser ce type de définition permettrait de laisser intacts les droits individuels de davantage de citoyens. Cela permettrait aussi de meilleures chances de succès devant les tribunaux.

Et, là encore, un accord politique rapide, puisque la Coalition avenir Québec et Québec Solidaire sont favorables au bannissement des signes religieux ostentatoires aux personnes qui incarnent l’autorité de l’État. Il n’y a que le PLQ qui est contre.

La vaste majorité des citoyens se rallierait à cette idée.

Bref, si le gouvernement ne veut pas attendre des études sur le volet de la charte qui touche les signes religieux ostentatoires, il pourrait en limiter la portée (et donc, les conséquences possibles). Et tout de même envoyer le message qu’il souhaite à la population sur la neutralité de l’État.

Les avantages des options 1 et 2 sont non seulement de calmer le débat, de régler le malaise des accommodements religieux et de conclure une entente politique pour que ça bouge enfin, mais également de retirer une autre épine au pied du gouvernement: celui du droit de retrait de cinq ans renouvelable.

Si le gouvernement va en ce sens, les employés des hôpitaux, des universités, des CPE, des cégeps… et des dizaines de milliers de fonctionnaires qui n’incarnent pas l’État, mais oeuvre à son service, ne seraient plus concernés par la charte. Inutile de mettre en vigueur un droit de retrait de cinq ans ou une clause de transition. On éviterait ainsi la mise en place de deux catégories de citoyens, et une division profonde entre Montréal et les autres régions du Québec.

Par contre, même avec les options 1 ou 2, le gouvernement devrait tout de même retirer le crucifix de l’Assemblée nationale. Par souci de cohérence, de logique, et de responsabilité suprême de l’État, qui demande des sacrifices à ses citoyens et doit donc donner l’exemple.

Bernard Drainville peut répéter tant qu’il veut que le crucifix à l’Assemblée nationale est un objet patrimonial, ce ne sera pas plus vrai pour autant. Les évêques catholiques du Québec ont dû rappeler au gouvernement que c’est un symbole religieux. Ils ne s’opposent d’ailleurs pas à son retrait de l’Assemblée nationale.

Une incohérence flagrante qui mine tout le débat et ramène des odeurs d’opportunisme politique. (Opportunisme partagé par tous les partis politiques à l’Assemblée nationale, sauf Québec solidaire.)

J’oubliais, il y a une option 3: ne rien modifier, s’entêter, ne pas faire atterrir le débat même si la piste est bien visible et que le gouvernement peut facilement atteindre les 3/4 de ses objectifs, notamment les plus importants… et mener une campagne électorale hautement divisive sur la charte des valeurs.

Traitez-moi de naïf si vous voulez, mais je pense encore que le sens des responsabilités et de l’État va prendre le dessus, et que le gouvernement va faire atterrir son avion politique sur les pistes 1 ou 2. Il suffit de laisser l’orgueil de côté et d’avoir un peu de volonté.



 

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31 commentaires
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Un employé représente son employeur. De plus, un professeur est en position d’autorité face à ses étudiants. Pourquoi refuserait-on le port de symboles politiques mais on accepterait le port de signes religieux?

La religion fait potentiellement partie de l’identité profonde de l’individu. Ses positions politiques sont clairement d’un autre ordre et leur expression vise à convaincre, d’où leur côté déplacé lorsqu’ostentatoire.

Le crucifix à l’Assemblée nationale est un objet patrimonial? Est-ce que cet objet est là depuis 300 ans? Non, en fait, seulelment depuis 1936, installé par Maurice Duplessis.

Achetez-vous un bon livre d’histoire du Québec. La première croix a été plantée par JC en 1534 à Gaspé. Y’en a planté une autre à Stadaconé. Ca va faire bientot 500 ans.

La croix de l’Assemblée nationale, tellement controversée, est devenue patrimoniale. Elle incarne maintenant ces 5 siècles de catholicisme. VOUS N’Y TOUCHEREZ PAS. C’est-y clair?

En 1534, la France était une monarchie absolue et le catholicisme était la religion dominante. Depuis, le Canada est devenu une démocratie parlementaire où la séparation de l’Église et de l’État est en vigueur. L’installation du crucifix en 1936 par Duplessis voulait au contraire souligner l’alliance de l’Église catholique et de l’État. Ce faisant, on a mis en place un symbole fort en plein coeur de l’Assemblée nationale, lieu du pouvoir politique exécutif et législatif. Convenez que nous sommes loin de la laïcité, de la neutralité et de la séparation de l’Église et de l’État ici. Même l’épiscopat québécois refuse que l’on relègue le crucifix, symbole par excellence du christianisme, au rang de simple objet patrimonial. Retirons-le de l’enceinte de l’Assemblée nationale et exposons-le dans une salle à vocation patrimoniale si l’on y tient, mais, de grâce, ne réclamons pas des autres la laïcité pour mieux afficher des symboles religieux du christianisme.

Bravo !

Que voilà du gros bon sens !

La religion est la maladie honteuse de l’humanité. La politique en est le cancer.
[Henry de Montherlant]

Les grands artistes du passé ont souvent peint des scènes religieuses: des saints, la Vierge Marie et même le Christ… Faudrait-il enlever ces tableaux sous prétexte de laïcité? A propos du Crucifix de l’Assemblée nationale, pourquoi faut-il l’ôter si les Québécois y tiennent.? La religion catholique a été la leur au départ et ils sont chez eux, après tout. Si quelqu’un vous reçoit chez lui, allez vous lui dire que tel tableau vous déplaît et lui demander de l’enlever de votre vue? Je suis athée mais j’ai conservé le rosaire de ma grand-mère qui
est beau. La mauvaise foi de ceux qui sont contre la charte des valeurs québécoises est inouïe! Ils ont le culot de réclamer la liberté pour les musulmanes qui arborent le jihab alors que ce « fichu foulard » ( comme le chante un Belge) est un signe de soumission. Même si elles ont « librement » choisi de le porter, c’est tout de même un signe de soumission exigé des femmes seulement? Où est la
cohérence dans les propos de ceux qui rejettent la charte? Nadine Magloire

Je vous remercie pour votre respect envers votre nouvelle nation. Mais selon moi, le crucifix devrait se retrouver en bonne place dans un musée pour les mêmes raisons que vous évoquez. Mais pas au-dessus du président de l’Assemblée nationale.

«Ôtez la crainte de l’enfer à un chrétien, et vous lui ôterez sa croyance.»
[Denis Diderot]

« Nec audiendi qui solent dicere, Vox populi, vox Dei, quum tumultuositas vulgi semper insaniae proxima sit » — Alcuin d’York

— Traduction libre : On ne devrait pas écouter ceux qui ont l’habitude de dire, Voix du peuple, voix de Dieu, lorsque c’est le [caractère] confus de la gente commune qui soit toujours le plus proche de l’insanité.

Est-ce que l’adoption d’une Charte aura pour effet d’améliorer les conditions de vies des québécoises et des québécois ? Pourtant c’est ce à quoi servent les chartes en principe. Non ? Pourquoi vouloir imposer l’intitulé d’une charte qui reflèterait les valeurs à nous les québécois ? Lorsque l’exercice initialement demandé était de trouver un cadre qui reflète la laïcité dans un sens plus actuel et surtout plus ouvert qui réponde congrument aux principes d’universalité qui plaisent aux formes de pluralismes.

Ce qui est problématique, ce n’est pas que certains points répondent à un souci de bien faire. Ce qui est, reste et demeure problématique, c’est la rhétorique et l’imagerie employées par les membres du gouvernement qui quant à elles ne conviennent nullement, quoique tout cela soit supporté par une partie de la population.

Si cette charte devait être adoptée par le Parlement peu importe la tournure qu’elle prendra, elle rendrait désormais pleinement justifiable toutes les formes de fondamentalismes, le durcissement des positions citoyennes dans la société civile, quand cela sera susceptible de produira tous faits de rivalités qui mèneraient invariablement à toutes sortes d’affrontements. Ici la problématique ne relèvera pas seulement du juridique, elle est transférable par la fièvre et par la passion à tous corps physiques. La fracture sociale sera indélébile.

En plus, s’il devait apparoir que tous les partis s’entendent sur un texte commun. Cela nuira à tous les partis car d’un cynisme déjà ambiant, il faudra renoncer à toute forme de relation de confiance entre les citoyens et sa classe politique dans son intégralité. Lorsque presque tout le monde aura tourné le dos à la politique. L’État sera peut-être devenu neutre ; alors simultanément, il sera devenu rigide, une sorte de corps sans âme vidé en quelque sorte de toute chaleur humaine.

En ce qui me concerne, je vais continuer de m’opposer à cette « Charte » tel une « force tranquille », joindre mes deux mains en signe prière (nullement besoin de porter des signes ostensibles quand on a la foi) ; pour qu’en ce déploiement de la folie humaine, le ciel nous épargne du pire ; pour que la lumière descende dans les parlements ; pour qu’enfin elle inspirât pour le bien tous nos honorables élus représentants de « nous » les humbles citoyens. Car oui, nous en avons bien besoin, qu’on s’occupe de « nous » pour les vraies affaires.

Vous êtes donc curé ! Il ne manque que le Amen. En fait vous vous entendez très bien avec le prosélytisme religieux. Allez-vous vous joindre aux croisés de ce monde ou aux salafistes de l’autre monde ?

Quelle misère ! Vous voulez convertir tous ceux que vous rencontrez. En fait vous n’êtes ni mieux ni pire que moi qui honnit toutes les religions quand elles se déversent sur la place publique. Historiquement chaque fois que des religions différentes se rencontrent, ça aboutit à des morts par milliers, par millions. Vous me direz que ça aide à contrer la surpopulation ! Évidemment je ne crois pas que vous iriez dans une telle absurdité mais honnêtement j’ai l’impression que c’est la seule excuse possible à la présence des religions sur la planète.

Rappelons-nous les croisades et surtout, essayons de ne pas oublier.

« Tuez-les tous ! Dieu reconnaîtra les siens ! »
[Arnaud Amalric]

Il était pourtant certain qu’ainsi il s’assurait une place au paradis et è la droite de SON dieu ! Quelle misère !

« L’homme est responsable de Dieu. »
[André Gide]

@ Denis Drouin,

Le mot « Amen » nous vient de l’hébreu et signifie : « En vérité ». Pour moi ce qui donne un sens à la vie, c’est une recherche de vérité ; sans quoi la vie n’a pas le moindre sens, il serait inapproprié de la vivre.

C’était aussi le credo de Léon Trosky, preuve que la vérité est universelle, révolutionnaire et détachée de toute forme de carcan quel qu’il soit.

Comme il en est d’ailleurs la laïcité qui se fonde dans les principes de l’universalité dont les origines se trouvent dans la construction du premier temple de Jérusalem, une tradition conservée vivante par les Templiers puis par les Francs-maçons qui dans les faits sont les pères fondateurs du mouvement laïc.

En ce sens, il ne peut pas y avoir de neutralité de l’État puisque nous ne sommes pas gouvernés par l’État mais par la Lumière (ou si vous préférez les lois de la physique), ce que les voltairiens appellent volontiers : « l’Être suprême » ; en ce sens encore le rôle de l’État est d’être la cheville ouvrière, ce qui consiste à garantir « la Liberté » en général par une bonne administration, lorsque tout cela englobe le respect d’autrui incluant la liberté de croyance et de culte.

Le rôle de l’État n’est précisément pas de se tenir à l’écart. Moins encore au-dessus de la mêlée comme une force immanente. Si bien que ce projet de charte est ridicule, frivole, imbécile, établit la vanité de ses concepteurs.

Je ne comprends vraiment pas Denis, qu’un « homme de science » — comme vous prétendez que vous êtes — puisse se laisser aussi facilement berner par des politiciens qui ne recherchent évidemment pas ce qui relève en tout premier lieu du maintient de la paix, de la cohésion sociale et du bien commun.

D’abord nuançons votre affirmation à sens unique :
«Ce mot hébreu se rattache à une racine qui signifie : solidité, fermeté.
Il était largement utilisé dans le culte juif, non seulement au sens d’un souhait: « Ainsi soit-il », mais beaucoup plus comme une affirmation: « C’est vrai, d’accord! ». Jésus l’emploie souvent dans l’Evangile, parfois en le redoublant pour accentuer la solennité de l’affirmation : Amen, amen; « En vérité ». La tradition chrétienne a gardé le mot pour exprimer la pleine adhésion de foi.»
(http://www.eglise.catholique.fr/ressources-annuaires/lexique/definition.html?lexiqueID=155)

Maintenant je remarque que de votre premier paragraphe nous pourrions comprendre que la vertu de ce que vous dites croire tiendrait plus au processus qu’à la réponse elle-même. En cela vous êtes assez proche de ma façon de voir. Personnellement je crois (mais je n’affirme rien car je ne me crois pas le dépositaire de LA vérité) que le bénéfice pour un croyant ne tient pas à l’objet de sa foi mais bien dans le processus même de sa croyance. C’est ce qui expliquerait le nombre important de religions et même que différentes religions ont leurs propres « saints » et leurs miracles en fonction des paramètres des dites religions.

Alors M. Drouginsky, quelle vérité recherchez-vous ? À quelle vérité adhèrerez-vous si jamais vous pensez l’avoir trouvée ?

Mais expliquez-moi maintenant comment Léon Trosky peut bien devenir la « preuve que la vérité est universelle, révolutionnaire et détachée de toute forme de carcan quel qu’il soit.» Bon, bien que je ne me considère pas comme un homme de science comme vous semblez le laissez croire, le XXème siècle a permis à Einstein de démontrer que nous vivons dans un monde régit par la relativité. Plus encore, la physique quantique nous enseigne qu’une particule peut exister en deux endroits en même temps et qu’elle peut être à la fois de nature ondulatoire ou être une particule. Je vous propose M. Drouginsky de faire une mise à jour de vos connaissances et qu’à la lumière de ces nouvelles données vous fassiez également une mise à jour de votre système de référence générant vos convictions.

Ne vous en faites pas M. Drouginsky ceci n’est pas une tâche trop ardue même pour un non scientifique car je me considère pas comme un esprit scientifique pourtant je pense être quelque peu à jour avec le XXIème siècle.

Donc même si ça risque de vous chagriner, je dois vous inviter à mettre quelques bémols sur les convictions de vos « voltariens » préférés. Cessez de vivre dans les vérités factices du passé cher M.Drouginsky. Soyez de votre siècle nom de Dieu.

Enfin, être neutre ce n’est pas de se tenir à l’écart évidemment. La neutralité de l’État n’implique pas nécessairement l’imbécilité ni la frivolité. Et je ne peux pas comprendre qu’une personne intelligente ne puisse se rendre compte que d’accuser quelqu’un de vanité nécessite que l’accusateur se voit comme compétent pour porter péremptoirement un tel jugement. N’est-ce pas là un trait hautement vaniteux, monsieur Drouginsky ?

Je terminerai en vous soumettant que comme je n’adhère à aucun système religieux je me sens beaucoup plus à l’abri d’être berné par une quelconque foi religieuse.

« L’homme est-il une erreur de Dieu, ou Dieu une erreur de l’homme ? »
[Friedrich Nietzsch]

« Si cette charte devait être adoptée par le Parlement peu importe la tournure qu’elle prendra, elle rendrait désormais pleinement justifiable toutes les formes de fondamentalismes, le durcissement des positions citoyennes dans la société civile, quand cela sera susceptible de produira tous faits de rivalités qui mèneraient invariablement à toutes sortes d’affrontements… »
Charte ou pas Charte, je pense que c’est déjà ce qui se passe au niveau international et tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, le Québec passera à la moulinette comme la plupart des pays occidentaux. Ce n’est que le début ! Le péril n’est pas jaune.

Vous avez oublié la solution consistant à permettre les symboles pour les employés actuels, tout en l’interdisant pour les futurs…
Ceci dit, cette idée de faire des études concernant l’impact sur les femmes… J’en comprends la logique, et c’est certain qu’on ne voudrait pas renvoyer des femmes à la maison. Mais il y a trois problèmes, disons, conceptuels à aborder les choses de cet angle :

-Au moment de voter la loi interdisant les symboles religieux à l’école en France, tous les leaders religieux ainsi que les intellectuels progressistes prédisaient un retrait massif des jeunes musulmanes de l’école publique. Idem pour les parents et élèves elles-mêmes qui menaçaient de s’en retirer tant cette loi leur était discriminatoire, islamophobe et tutti quanti. Or, ça n’est pas arrivé ! C’est qu’il y a souvent une grande marge entre l’énonciation de tels principes et valeurs par les individus et à quel point ils iront réellement pour les mettre en pratique. Ensuite, il arrive souvent que, le fait accompli, celles qui s’y opposaient par principe aient fini par ne plus y voir un si grand inconvénient, voire y trouver des avantages. (Pensons à la loi 101, ce qui en était dit avant et ce qu’on en dit aujourd’hui…) Par ailleurs, des femmes ont rapporté y avoir vu une bonne raison pour enlever leur voile alors qu’elles n’osaient pas avant s’exprimer contre à cause des pressions de leurs familles et communautés…
Bref, à quel point ces études seront-elles fiables si, après tout, on ne pourra se fier que sur ce que les gens prétendront qu’ils feront, et dans un contexte où ce sont les individus religieux les plus intégristes qui déterminent souvent les termes du débat, souvent en intimidant les plus modérés?…

-De manière plus essentielle que le point précédent, la laïcité n’a pas a priori pour but d’offrir une solution à l’égalité des femmes. De manière beaucoup plus large, la laïcité traite de citoyenneté civique, d’égalité citoyenne, de valeurs humanistes et de cohésion intercommunautaire : des valeurs que l’on voudrait être représentée et promue par l’état et les institutions publiques. Faire achopper un volet important de la laïcité sur la seule question des femmes, c’est mal comprendre la problématique. Ceci dit, je répète qu’on ne souhaite pas que le résultat soit de renvoyer les femmes au foyer (même si, personnellement, je doute que ça arrive). On peut légitimement essayer d’analyser cet aspect, mais déterminer l’issu de ce chapitre sur cette seule question, c’est manquer complètement le point et ça ne fera que fausser encore plus le débat. (Par ailleurs, qui se soucie de renvoyer des hommes catholiques qui désireraient travailler avec une grande croix ostentatoire au foyer?…)

-Enfin, la laïcité ne cherche pas à régler un problème urgent de discrimination, ni celui d’une société québécoise au bord d’une guerre confessionnelle civile. C’est ici avant tout l’affirmation d’un principe : celui de la citoyenneté civique, pour laquelle on demande aux individus de faire preuve de modération sur certains aspects identitaires différentiels (religieux, politiques, idéologiques, etc.) dans le cadre de leurs activités au sein des institutions publiques. Ces aspects tendent autrement — l’Histoire et la géopolitique le prouvent — à créer des divisions intercommunautaires, en plus d’être l’outil de contrôle par les communautés sur les consciences individuelles.
L’idée de faire des études pour voir s’il y a péril en la demeure, encore une fois, démontre qu’on se goure dans l’appréciation des finalités du projet, ce qui n’aide en rien au débat. À quoi on peut ajouter que les individus qui menacent de se retirer de leurs fonctions publiques sur la base d’un tel principe démontrent qu’ils ont une vision très anticivique et communautariste de la citoyenneté… C’est en soit ce qui est inquiétant, un vrai retour en arrière!, et ce contre quoi un principe comme la laïcité tente de s’opposer… Bref, on tente ici de mieux définir et de solidifier un aspect du contrat social : on ne cherche pas à régler un problème urgent ou à régler la question du patriarcat dans une religion comme l’islam. Or, affirmer un principe et en faire un élément du contrat social, c’est aussi une action légitime pour une société. Une qui doit être débattue et démontrée plus que mesurée.

Bonjour,

Diantre ce que vous débordez d’optimisme, Monsieur Alex Castonguay ? Certes, cela peut se justifier par votre jeune âge, tout frais émoulu de milieu universitaire et « garroché » tout bonnement en journalisme avec bien sûr les yeux tout grand ouverts pour l’apprentissage de terrain. Car, il est bien beau d’avoir de la rhétorique tout en n’ayant pas ce regard de « loin » sur la société d’ici qui pour souvent se montrer moderne et se faire une belle jambe se pète les bretelles en se disant laïcs mais en baignant encore dans de puissants réflexes rétrogrades de ce passé toujours omniprésent « baignant » encore dans l’eau bénite de par ses comportements.

En effet, n’écoutant jamais cette émission de Radio Canada qui incarne tout à fait la messe dominicale de nos Pure Laine, j’eus ce réflexe hier d’aller écouter en différé en ce lundi après midi pluvieux cet entretien de Monsieur Bernard Draiville avec Monsieur Gérard Bouchard . Un segment d’émission outre deux « jets publicitaires » au début. Soit d’essayer de me mettre au parfum de notre Ti Peuple car n’étant pas du tout au courant de ce que le Pure Laine parlait en ce lundi matin pluvieux en n’ayant pas écouté cette messe du dimanche qui assoit tout ce grouille de Pure Laine devant la TIVI avec l’autre gang qui « argorde » le Banquier je crois. Toutefois, ces deux gangs de québécois se permettent d’enrégistrer l’Une ou l’Autre de ces émissions pour les écouter en différé. En voulant regarder un combat de coq entre deux belligérants, je fus obligé de constater un combat inégal entre un politicien « populiste à l’os » et un intellectuel qui s’en gargarisait à plein écran . Un combat entre la démagogie du nationalisme et la certitude tranquille de l’intellectuel qui se « gaussait avec outrance » dans son non verbal . Beau moment de vérité tout de même entre ces deux « races de monde » qui habitent le Québec, soit pour paraphraser le rat des villes et celui des champs, nous pûmes observer dans ce segment de 17 minutes deux spécimens de québécois, soit le nationaliste des champs et l’intello de la Cité tout à fait au parfum des échanges de haute voltige.

En outre, cette messe dominicale frappe le Québec de partout en ne laissant aucune place aux ailleurs. Tout en ayant habité dans Montréal pendant plus de 45 ans dont plus ou moins 35 ans dans la République du Plateau Mont Royal, je me permets d’affirmer haut et fort que le dimanche soir était le soir béni de recueillement pour tous les Pure Laine du Plateau. Toutes les rues ainsi que les épiceries, les bars et les restaurants étaient tout à fait vide en ce dimanche de recueillement devant la TIVI. Tellement que les circulaires des restaurants et différents commerces qui tenaient mordicus à rester ouverts spécifiait sur les pamphlets publicitaires dans les boîtes aux lettres : « Nous sommes ouvert pendant l’émission Tout le Monde en Parle » Et nous « LIVRONS ». Quel temps idéal je passais pour en profiter pour marcher et quadriller les rues du Plateau et me rendre tout bonnement marcher au Parc Lafontaine. Tout en prenant la chance de dire : Hi my friend à n’importe quelle personne rencontrée dans la rue et dans les parcs. Car à coup sûr, c’était un anglophone à 99 % des cas ou bien une anglophone. Afin de prendre une marche, aller faire ses courses dans des épiceries désertes ou bien promener le cabot. Et comble de l’ironie, certains illuminés veulent se faire « un pays avec ça » ? Un endroit où la cette tyrannie qui incarne la majorité de loin dominante s’assoie à coup sûr en très grande majorité le Q devant la TIVI pour la messe dominicale afin de « SAVOIR DE QUOI » on se parlera entre NOUS le lundi matin……..

En terminant, Monsieur Alex Castonguay, là où vous apercevez une piste d’atterrissage dans votre optimisme débordant et éthéré, le soussigné y voit un gouffre. Comment concilier un aire de vivre ensemble dans la Cité ? Comment concevoir un espace de tolérance dans l’Agora incluant les lieux de travail ? No Taxation Without Representation disait pour beaucoup moins que ça la Révolution américaine ? Serait ce que ces citoyens frappés d’ostracisation de NEUF À CINQ vont bénéficier d’une baisse d’impôt et des affriolantes taxes québécoises diverses ? BEN NON ! disent en coeur les « rats des champs » ? Non Monsieur, cela fera à coup sûr des citoyens de seconde classe qui deviennent « ÉGAUX » que lorsque ceux ci passent à la caisse pour payer les innombrables taxes diverses ou bien en passant sous les « FOURCHES CAUDINES » du Ministère du Revenu du Québec, un des plus arriéré sur la Planète entière avec la France qui n’ont pas cette « présomption d’innocence » en tant encore du Moyen Âge au niveau fiscal et sur bien d’autres plans……. Avec plaisir, John Bull.

Wow ! Ça c’est un commentaire.
Bravo !

«Gardons-nous de donner la parole aux cons. Ils ne veulent jamais la rendre.»
[Philippe Bouvard]

Ce texte présente les solutions du «gros bon sens». Solutions qui règlent 80% du problème (c’est déjà beaucoup)… et laissent le temps de réfléchir et de discuter tranquillement des points plus névralgiques. Espérons que nos élus auront cette clairvoyance.

Si vous enlevez le crucifix, notre signe religieux, donc ceux et celle qui ont leurs turbans vont les enlevez. Voyons les Québéçois réveillez-vous, nous soomes chez nous et c’est les immigrer qui décident, Ca na aucun bon sang. C’est bon pour eux donc pour nous aussi.

Le crucifix trône au-dessus de la tête du président de l’Assemblée nationale… là où les décisions de l’État sont prises. On pourrait donc conclure que les décisions ainsi prises le sont sous le signe de la religion catholique (ce qui est tout-à-fait opposé à un État laïque). Je favorise donc la disparition de ce crucifix à l’Assemblée nationale. Qu’un individu annonce sa religion personnelle (une croix, un turban, une kippa, un foulard, etc.) ne m’embête pas… moi qui suis athée, de surcroît. Le crucifix n’est pas « notre » signe religieux. Il est UN signe religieux parmis plusieurs autres. Passer une telle loi, basée sur l’énoncé de la charte en ce qui concerne les symboles religieux ostentatoires, est synonyme de dictature nationaliste ethnique, tout simplement.

Ethnique, dites-vous ! Alors là j’ai besoin de plus d’explications. Mais en ce qui concerne le crucifix, je n’ai aucun problème à le retirer et le mettre sous une cloche de verre dans un musée comme artéfact historique illustrant une des phases de notre évolution sociale.

Je pense que vous mélangez les choses. La démarche vers la souveraineté du Québec peut très bien se faire avec ou sans la neutralité religieuse de l’État. La neutralité religieuse de l’État peut très être réalisée dans l’actuel système fédéral. Qu’est-ce que vous attaquez dans votre commentaire ? Est-ce la volonté d’instaurer la neutralité religieuse de l’État ? Est-ce la démarche souverainiste d’un gouvernement souverainiste ?

Précisez votre pensée. Ainsi peut-être que vos arguments auront plus d’impact.

«Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé»
[Albert Einstein]

Faut faire reculer les religions au Québec. Elles ont souvent favorisé les tueries où elles sont solidement implantées. (Si tu ne te converties pas à ma religion, je te tue).

Fait que, faut que le gouvernement du PQ aille le plus loin possible dans la laïcité du Québec, selon le désir de la CAQ qui contrôle, avec le PQ, la majorité de notre Assemblée nationale afin de ne pas reproduire ici, ce que nos Musulmans ont fuit dans leurs pays.

Nous ne souhaitons pas nous diriger vers la charia que souhaitent les » fous de Dieu ou d’Allah », si on aime mieux.

À moins d’avoir des visées purement électoralistes. Dans ce cas, souffler sur les braises aiderait peut-être, je dis bien peut-être, le PQ à faire le plein des voix nationalistes aux prochaines élections. Jusqu’à maintenant, toute la mise en scène du gouvernement conforte cette hypothèse. Un signe qui ne trompe pas a été celui de voir le ministre Drainville se dresser sur ses ergots pour sommer le « ROC » de se mêler de ses affaires concernant un « débat interne » qui ne concernerait que les québécois. Et tout le monde d’applaudir frénétiquement, ce genre de saillie faisant mouche à tout coup. Pourtant le Québec demeure jusqu’à nouvel ordre, à moins d’être de ceux qui vivent un exil intérieur (au secours, Clothaire Rapaille), une des provinces du Canada, si bien que le PQ a supporté pendant vingt ans la présence du Bloc à Ottawa expressément dans le but de peser sur les choix sociaux, économiques et politiques du pays. Rechercher l’affrontement sur une base aussi fragile, faisant feu de tout bois en dépit du bon sens, ne peut que signifier que l’on est en campagne. À mois d’être tout-à-fait déconnecté de la réalité. Qui sait.

Je ne sais pas si vos saillies font mouches à tout coup mais la logique nous inciterait à la prudence. Dans le contexte actuelle de ce dossier, j’aimerais faire remarquer que le Québec n,a rien demander au ROC et s,attend à ce que le ROc, comme ce devrait être normal, se mêle de ses affaires.

Le bons sens que vous évoquez n’est autre chose que votre bon sens. Vous devriez parler en utilisant le JE. Ainsi vous éviteriez de vous faire passer pour le détenteur de la vérité absolue.

Expliquez-moi plutôt en quoi l’opinion du ROC représenterait ce que le Québec veut. De toute évidence votre réalité est loin d’être la mienne. Tant que vous ne m’aurez pas convaincu que la votre est meilleure que la mienne, je m’en tiendrai à ma version de la réalité.

«J’aurai toujours les yeux plein d’eau mais je les aurai toujours ouverts.»
[Paul Piché]

Bonjour,

Certes, un nationaliste québécois ne peut pas comprendre ses états d’âme en étant tout à fait « possédé » par son nationalisme, ce puissant soporifique qui amène à l’extase devant un Fleurdelisé. Avec de grosses crampes dans l’estomac et le bas du corps, comment voulez vous que le nationaliste québécois comprenne son état second. Car ce n’est qu’en se libérant de ses chaînes qu’un nationaliste peut enfin se regarder de l’extérieur avec la « distance nécessaire et requise ». Un nationaliste québécois passe le plus clair de son temps à « watcher les ennemis » qui rodent autour du Québec, leur p’tit paradis terrestre à eux autres.

En terminant, comment être si déconnecté de la réalité lorsque nous observons tous ces « sujets » nationalistes au trognon ? Vouloir imposer la laïcité aux Autres tout en conservant jalousement le crucifix au mur de l’Assemblée Législative de la province de Québec. La Foi gardienne de la langue et la langue gardienne de la Foi disaient nos nationalistes en 1936 lorsque l’ultra nationaliste de droite que fut Feu Maurice Duplessis démontra l’alliance du politique et de religieux. Tout comme en 1995 lorsque les Curés pour le OUI incluant notre Cardinal Turcotte appuyèrent la Cause en presque totalité….. Déconnectés de la réalité ? Ben non répondent nos péquistes car c’est notre histoire ? Bien sûr, cette histoire qui continue de s’écrire avec le Ciel qui est BLEU et l’enfer qui est rouge….. Et comme y disent dans le Québec profond, ce refuge de nationalistes québécois, il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée. Surtout avec de telles idées fixes qui figent le péquiste sur place ? Au plaisir, John Bull.

Bonjour, il y a une option 4. Interdire les signes religieux O à tout fonctionnaire offrant un service gouvernemental de personne à personne et pour les enseignants du primaire et du secondaire. Droits acquis pour ceux qui en portent actuellement. Amélioration des mesures d’emplois et d’intégration pour les immigrants.

L’avantage qui j’y vois à ce débat c’est qu’il nous force à nous définir un peu plus, à mettre des mots sur ce qui nous ressemble, ce qui nous divise, outre bien sûr la question nationale. En quoi sommes nous attrayant pour les communautés venues d’ailleurs? Sur quoi pouvons nous compter pour qu’il adopte notre culture comme facteur d’intégration? Qui sommes-nous?

Je suis en train de lire actuellement l’excellent bouquin de Denis Monière sur l’histoire des idéologies au Québec et que de drôles d’affaires à comprendre. De voir comment, au fil des siècles, l’église a miné notre devenir en imaginant que nous avions une mission d’évangélisme pour mieux nous soumettre et laisser à d’autres le soin de prospérer. Pas facile de sortir de ce paradigme. Bien sûr que de sortir le crucifix de l’Assemblée Nationale, en plus d’être logique, serait bénéfique. Cela pourrait aussi faire partie de notre vouloir se prendre en mains.

Je suis d’accord avec vos trois options qui me semble bien représenter l’opnion générale. Pour un gouvernement minoritaire, en mal de sondages, la tentation est forte de cristalliser les opinions et de vouloir diriger, à la sauce libérale(conflit étudiant), pour diviser le vote et esprérer l’emporter. Si le PQ opte pour cette stratégie et qu’elle ne fonctionne pas, il pourrait risquer gros et se retrouver dans les bas fonds.

Je me demande des fois pourquoi on accepte de voir la communauté juive avec ses boudains et ses petits chapeaux et que nous avons autant de misère à voir ces femmes voilées, qu’on ne voit pas le visage? Notre problème se limite-t-il a croire que l’intégrisme religieux représente une bonne partie de la communauté musulmane? Pourquoi la majorité silencieuse qui pratique cette religion ne s’exprime-t-il pas? Ont-ils peur?

Je trouve vos dernières questions très intéressantes, voire même intrigantes. C’est certain que tous les actes de terrorismes perpétrés par l’une ou l’autre des nombreuses factions islamiques nous induisent à porter un jugement lourd sur les valeurs islamiques. Ajoutons à cela le silence impressionnant de l’ensemble de la communauté islamique. L’absence de condamnation nette et claire serait-elle perçue comme une approbation ? Peut-être.

Par contre, la violence de l’État hébreux envers ceux et celles qui ont été spoliés de leur terre et de leur territoire lors de la création de l’État d’Israël a toujours été noyée grâce aux ressources de la puissante diaspora juive de par le monde. Si les Palestiniens avaient pu compter sur une semblable force, je ne suis pas certain que nous aurions la même acceptation de la communauté juive. N’oublions pas que la Palestine continue à souffrir et ses enfants de mourir pour des raisons essentiellement politiques crées par les Britanniques et leurs alliés dans les années 1940-48. Et leur calvaire continu avec la bénédiction des USA et de Harper. Quelle misère !

«La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l’esprit humain.»
[Voltaire]

Bonjour,

Encore une fois, quoique débordant d’optimisme sur l’éventualité d’une quelconque entente de bonne foi, tant qu’au soussigné, je me réserve ce droit inaliénable de ne pas y croire. Car, dans les faits, ce qui se devait être tout simplement un « ballon politique » pour exciter le poil des jambes des Pure Laine nationaliste au « coeur du trognon » tout comme l’ADQ se permit de faire en 2007. Toutefois, depuis 2007, la fibre nationaliste s’est grandement estompée de bien des prosélytes de la Cause qui perd de ses laudateurs, de ses thuriféraires « de l’ennui » vraiment à tous les jours qui passent.

Pourquoi en sommes nous rendus là en 2013 au Québec ? Pourquoi le nationalisme d’ici continue de se vautrer dans l’insignifiance crasse de toujours ? Serait une religion qui prit la place du catholicisme ? Pas tout à fait lorsque nous constatons que le nationalisme du Québec est tout à fait le même depuis toujours ce qui explique pourquoi la population du Canada grandit à vue d’oeil tandis que le pauvre Québec se ratatine tout en vivant de sinistres crispations identitaires à chaque décennie ou presque depuis la Nuit des Temps.

En effet, afin de perdurer et de solidifier ses assises, le nationalisme québécois doit avoir son « réservoir d’ennemis imaginaires » dont les Canadiens sont toujours les têtes de Turc pour se défouler et faire sortir le « méchant de l’Hérouxvillois » qui se traque dans chaque nationaliste québécois ou presque. Toutefois, ce qui est bon signe, nous apercevons maintenant plein de nationalistes qui osent casser leurs chaînes et sortir dans l’Agora pour dénoncer cet abrutissement national de leurs comparses et congénères tout comme les Messieurs Jean Dorion, Michel Seymour et non pas le moindre soit MONSIEUR en personne qui est sur le point de cracher son trop plein de fiel.

De plus, pourquoi cette bande de nationalistes de la religion péquistes n’apprennent ils jamais du passé ? Faudrait il en tant que Canadiens habitant notre province de Québec que nous puissions « parrainer et prendre en charge » chacun son péquiste afin de l’aider à boire enfin comme du monde à la « coupe des bien pensants » ? Et non pas ce que Monsieur Jean Charles Harvey nommait en 1934 dans son essai soit : Les Demi-Civilisés.
Aujourd’hui, en 2013, les signes ostentatoires les plus visibles passent à la moulinette. Les immigrants du Maghreb d’aujourd’hui sont les boucs émissaires depuis Septembre 2001 de nos bons nationalistes tout comme dans des décennies se suivirent à « chacun son tour » les Polonais, les Grecs et les Italiens. Sans oublier toute la diaspora Haïtienne venue ici au début des années 1960 afin de pallier à un manque flagrant de main d’oeuvre. Car obligatoirement, en n’ayant pas de « têtes de Turcs » à pointer du doigt comme danger potentiel, le nationalisme québécois s’étiolerait comme une veille peau de chagrin qu’à coup sûr la jeunesse ouverte d’esprit se refuse d’endosser.

Finalement, quelle insignifiance crasse et innommable que de vouloir garder le symbole du crucifix tout en exigeant des Autres ce que par grossière lâcheté les nationalistes se refusent de faire ? Quelle honte rejaillit sur ce Québec reculé par le tonnerre ? Tout en revenant sur un essai de Madame Catherine Mavrikakis publié au Éditions Léméac en 2002 soit : ¨ÇA VA ALLER avec sa couverture blanche et immaculée, Madame Catherine Mavrikakis est enseignante à l’Université de Montréal en littérature française. Tout à fait à la hauteur de son Doctorat en Littérature appliquée. Elle écrit ceci :qu’on ne peut qu’haïr le Québec, le détester pour sa petitesse, ses ratages, sa morosité, sa frilosité face à tout engagement, sa lâcheté. Tout en spécifiant ailleurs dans Ça va Aller soit : même en ayant grandi ici et en travaillant ici, à quatre vingt dix ans, je serai toujours une « ethnie » de ce que cette prolifique auteur affirmait en substance. Est ce que les choses ont changé depuis que Monsieur Jean Larose écrivit au milieu des années 1980 son essai : La Petite Noirceur. Avec fracas, cet ancien nationaliste comprit avec une rage intérieure dans quelles chaînes le nationalisme du Québec l’avait emmuré …… Au plaisir, John Bull.

1943 ! Ça commence à faire vieux ! M’enfin, on prend ses références où on peut. Être un dinosaure n’est pas nécessairement une tare. Ça dépend de l’ère où on vit n’est-ce pas ! Mais je comprends votre repli sur le passé. Toujours les anciens dogmes, les anciennes références, les anciennes valeurs.

Vous avez, John Bull alias Yves Rioux, la nostalgie du passé. En plus, vous êtes obnubilé par la triste idée que vous vous faites du nationalisme. Tout ce qui, à vos yeux tournés vers le passé ne trouve pas grâce, c’est nécessairement la faute des nationalistes.

En passant, malgré votre ronfleuse rhétorique vous devriez soigner votre français M. Rioux. Ainsi le verbe pallier est un verbe transitif. Ainsi quand vous écrivez : «afin de pallier à (sic) un manque flagrant de main d’œuvre» vous faites une faute. Vous auriez dû écrire : afin de pallier un manque flagrant de main d’œuvre. Mais pendant que j’y suis, les Haïtiens n’ont pas émigré afin de pallier un manque flagrant de main d’oeuvre. C’est tout à fait le contraire : c’est à cause d’un manque d’emplois, d’un manque de travail. Quand, M. Rioux une société est aux prises avec un manque d’emplois on observe alors le phénomène de l’émigration. En effet sa population quitte alors le territoire pour chercher sous des cieux plus cléments des emplois. À contrario, M. Rioux si une société manque de main d’œuvre comme vous l’écrivez faussement, nous observerons alors l’installation d’une poussée d’immigration. Donc M. Rioux vous avez tout, tout croche, Demandez à John Bull, il confirmera.

Enfin concernant madame Catherine Mavrikakis je vous dirais que la citation que vous proposez est sans doute hors de son contexte. Comment vous croire quand vous n’êtes pas capable de faire la différence entre le sens et l’implication sociale des mots « immigration » et « émigration » ? J’ajoute que malgré ses supposées paroles Mme Catherine Mavrikaki gagne toujours son pain au Québec, et c’est très bien ainsi.

«Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles.»
[Georges Bernanos]