Charte: les jeunes et les retraités dans le même camp

On a beaucoup parlé de l’appui ou de l’opposition à la charte en fonction de la langue. Mais celui en fonction de l’âge est aussi intéressant.

Dix jours après le dévoilement de la Charte des valeurs proposée par le gouvernement Marois et près d’un mois après les premières fuites dans les médias, trois sondages menés par les deux grandes firmes du Québec, Léger et Crop, nous renseigne sur l’état de l’opinion publique dans ce débat qui se poursuit.

Voici des chiffres intéressants et quelques réflexions:

(Si vous voulez scruter les documents plus détaillés, celui de Léger est ici, alors que celui de Crop n’est pas encore en ligne, mais j’ai obtenu les détails pour ce blogue)

 On a beaucoup parlé de l’appui ou de l’opposition à la charte en fonction de la langue. Mais celui en fonction de l’âge est aussi intéressant. Il réunit deux camps qui ne sont pas toujours au diapason: les jeunes et les retraités.

(Si vous avez plus de 65 ans et que vous n’êtes pas retraité, inutile de m’envoyer un courriel. C’est une figure de style, pour simplifier la comparaison. Merci.)

Ainsi, les sondages de Crop et de Léger confirment la même tendance: il y a une fracture autour de la mi-quarantaine. Puis un retour du balancier après 65 ans.

Plus on est jeune, plus on s’oppose à la charte. Dans le Léger, la tranche des 18-24 ans s’y oppose à 42 % (favorable à 34 %). Chez les 25-34 ans, 43 % sont contre (33 % sont pour).

Dans le Crop, les 18-24 ans sont contre à 53 % (favorables à 29 %). Et sans nuance, puisque sur les 53 %, ils sont 51 % de «très défavorables». Chez les 25-34 ans, contre à 39 % (pour à 38 %).

Ensuite, l’appui à la charte augmente tranquillement, pour atteindre son sommet chez les baby-boomers. Chez Léger, les 55-64 ans y sont favorables à 56 %. Chez Crop, on mesure un appui à 52 % dans cette tranche d’âge.

Or, les 65 ans et + sont plus près de la position des jeunes. Léger constate qu’ils sont contre la charte à 48 % (pour à 43 %). Crop enregistre 62 % d’opposants chez les personnes de plus de 65 ans (37 % en faveur) .

(* La marge d’erreur est plus grande dans les sous-groupes en raison de la taille de l’échantillon, ce qui contribue à la disparité des chiffres entre les deux sondeurs. C’est la tendance qu’il convient de regarder.)

 Les jeunes votent en moins grand nombre que les baby-boomers et les personnes de plus de 65 ans. Si le taux de participation aux prochaines élections est bas dans cette tranche d’âge, ça ne fera pas une grande différence pour le PQ. Voilà pour le court terme.

Mais les dirigeants du PQ devront se poser une autre question: est-ce que le pari à long terme est le bon?

Comme pour les souverainistes opposés à la charte parce qu’ils jugent que le signal envoyé aux communautés culturelles est très mauvais et pourrait faire reculer l’option 20 ans en arrière, mener un débat où les jeunes ne sont pas à bord n’est probablement pas une stratégie payante à long terme pour un parti qui vise la souveraineté dans quelques années (faut-il rappeler qu’ils sont les voteurs de demain).

J’ai demandé une entrevue avec le président du Comité national des jeunes du Parti québécois, Frédéric St-Jean, pour lui parler de la manière dont les jeunes souverainistes voient ce débat. Je n’ai pas reçu de réponse à mon courriel. Et le CNJPQ n’a pas publié de communiqué de presse depuis le dépôt de la charte.

À suivre donc.

 Revenons aux chiffres globaux, qui méritent aussi une attention. On note une chute marquée de l’appui à la charte des valeurs. Le premier coup de sonde de Léger, le 26 août, quelques jours après la fuite, montrait que 57 % des Québécois étaient favorable à l’idée, et 65 % des francophones.

Près de trois semaines plus tard chez Léger, le 16 septembre, l’appui était à 43 % au total, et à 49 % chez les francophones. Une baisse de 14 et 16 points. Le vice-président de Léger, Christian Bourque, a été gentil dans le Journal de Montréal en parlant «d’effritement», un terme généralement associé à une lente érosion. Perdre 14 points d’appui en trois semaines, c’est plus près de «l’effondrement».

Chez Crop, qui a terminé son enquête un peu après Léger, on mesure aussi la division, avec un appui à 42 %, et l’opposition à 45 %.

Pourquoi une telle chute depuis la fin août? Les Québécois peuvent très bien être favorables au principe, mais ne pas aimer l’application. Le diable se cache dans les détails, comme disent les Anglos.

Et il est fort possible que la très grande majorité soit d’accord avec le 3/4 du projet, mais qu’un seul volet cause des problèmes, ce qui nuit au reste de la proposition (exemples: interdiction totale des signes religieux dans la fonction publique et parapublique, ou maintien du crucifix à l’Assemblée nationale contre toute logique).

Si le projet est ajusté (si le gouvernement le souhaite, évidemment), l’appui pourrait remonter. D’ailleurs, 51 % des Québécois pensent qu’il faut encadrer les accommodements religieux, qui est l’un des volets de la charte.

*La sociologue à l’Université de Montréal, Claire Durand, a préparé un texte pour L’actualité sur les sondages et la charte, que vous pouvez consulter ici. Elle aborde notamment la fiabilité de l’opinion publique avant qu’un débat ne démarre vraiment.

L’appui chez les francophones n’est plus majoritaire. Chez Crop, les francophones appuient la charte à 48 %. Chez Léger, à 49 %.

L’argument de la majorité du ministre Bernard Drainville (déjà douteux en politique, comme je l’expliquais dans un précédent billet), ne tient plus la route. C’est une autre raison de l’inutilité de cet argument de la majorité, peu importe le parti: il peut disparaître aussi vite qu’il est apparu. Ça prend plus solide pour mener un débat politique (heureusement pour le ministre et le gouvernement, il y a de bien meilleures raisons qui existent pour appuyer la charte).

L’appui des francophones à la charte demeure supérieur aux intentions de vote de ce segment de l’électorat envers le PQ.

Dans le Crop, le PQ est crédité de 35 % des intentions de vote chez les francos. Dans le Léger, c’est 39 %. Le PQ, pour qui le vote francophone est le seul qui compte, a donc encore de la place pour grandir sur ce front.

Par contre, jusqu’à présent, le débat sur la charte ne modifie pas les intentions de vote des partis. C’est stable depuis trois semaines.

Le seul parti qui a fait des gains modestes, de 3 ou 4 points, c’est Québec Solidaire, qui semble profiter, à Montréal, de l’inconfort de beaucoup de souverainistes face au projet du PQ. La direction de QS ne doit pas être mécontente, puisque la progression du parti passe par Montréal.

Autre fait à prendre en compte: en politique, les gens se mobilisent plus facilement contre quelque chose que pour quelque chose. On peut être favorable à une idée et ne pas changer son vote. Mais si on s’oppose fortement à quelque chose, ça peut basculer plus rapidement. La colère est un moteur plus puissant à court terme que l’espoir. D’où l’expression consacrée dans le milieu politique: «on ne vote pas pour l’opposition, on défait un gouvernement». C’est le même principe.

Je ne dis pas que c’est ce qui va se produire avec la charte, qui pourrait être un sujet assez émotif pour mobiliser les gens en faveur. C’est le pari du Parti québécois. Mais ce n’est pas gagné d’avance.

Le coup de sonde de Léger montre clairement que la charte divise l’électorat dans toutes les régions du Québec, pas seulement à Montréal.

L’appui est plus fort dans les banlieues de Montréal, et l’opposition est plus prononcée sur l’île de Montréal et à Québec. Mais ailleurs, c’est coupé en deux.

L’endroit où il y aura le plus de comtés serrés en jeu lors des prochaines élections? Dans les banlieues de Montréal.

Autant le Crop que le Léger situent les indécis dans les mêmes eaux, à 13 % (Crop) et 14 % (Léger). Ces personnes pourraient aller grossir les rangs d’un camp ou de l’autre dans les prochaines semaines… ou pas. Un taux d’indécis autour de 10-12 % n’est pas inhabituel dans un débat. Il pourrait ne pas bouger.

Les femmes, à 17 %, sont plus indécises que les hommes (10 %), selon Léger.

Le gouvernement semble vouloir attendre en novembre pour déposer son projet de loi sur la charte, on n’a donc pas fini d’en entendre parler. Et de voir des sondages sur le sujet.



 

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Nous devrions attendre les sondages qui seront menés après la nouvelle de la perquisition de l’UPAQ aux bureaux du PLQ ainsi que l’interrogatoire du chef du PLQ par les enquêteurs de l’UPAC.

Peut-être que le tableau ne serait pas le même et représenterait certainement un portrait plus réaliste de l’opinion publique. Ne dit-on pas qu’en politique une semaine c’est une éternité ?

«Feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore, d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne pas voir ce qu’on entend; voilà toute la politique.»
[Beaumarchais]

Alec Castonguay: Merci pour votre commentaire. Il est fort possible que les intentions de vote bougent en raison de la difficile semaine du PLQ. Mais si c’est le cas, cela n’aura rien à voir avec la charte. Donc, les données ici restent pertinentes.

En effet.

«Le sondage est devenu une sorte de réalité supérieure ; ou pour le dire autrement, il est devenu la vérité.»
[Milan Kundera]

L’entre-deux, ce sont les baby boomers qui attendent tout de l’État: protection, encadrement et ingénierie sociale. Ils croient aux normes, mais très peu à la responsabilité individuelle. Ils veulent des lois, mais ne feront jamais confiance à l’idée de déléguer aux fonctionnaires l’arbitrage en matière d’accommodements raisonnables, qui seraient bien sûr conseillés et formés. Imaginer que des gens en première ligne puissent prendre des initiatives et explorer de meilleures façons d’intégrer les immigrants, vous n’y pensez-pas! Il faut interdire, sanctionner, contrôler…. On a vu où cela mène: à une fonction publique sclérosée et impuissante à se moderniser.

Ce que ces sondages montrent et ce que l’observation de la société sur le terrain démontre, c’est que bien que nous ne formions qu’on groupe assez restreint, un peu plus de 8 millions d’âmes. Les québécois sont une société toute en disparités. Je n’entrerais pas dans le détail. Je remarque simplement que les clivages ne sont pas seulement politiques, pas uniquement idéologiques, pas seulement générationnels, pas seulement géographiques, pas seulement au niveau des croyances religieuses, pas seulement au niveau de ce que nous attendons de l’État, pas seulement au niveau des sexes et encore pas uniquement au niveau de la scolarisation, pas exclusivement au niveau de la langue et encore pas seulement au niveau des origines ethniques et culturelles.

Il y a là un mélange de tout et des opinions qui divergent ou convergent un peu partout lorsque toutes les positions sont empreintes d’émotions. Ce qui nous ramène au débat : Y a-t-il au milieu de tout cela, une sorte de « juste » milieu pour paraphraser ce grand homme de science et de politique qu’était Benjamin Franklin ; y a-t-il des dénominateurs communs en dehors de la langue et de la culture qui rapprochent, unissent, favorisent l’adhésion de tous les québécois ? Ce sont sur de semblables dénominateurs que peuvent se fonder des valeurs partagées qui soient propre à réunir chaque segments de notre société.

Ce ne sont pas les fractures, donc ce qui fait mal qu’il faut alimenter par des débats stériles. Ce sont des liaisons, des ponts qu’il faut édifier pour relier ensembles tous les groupes de la société. C’est un œuvre de longue haleine.

Ce n’est pas pour rien, si la pièce maitresse de la laïcité française, voici plus d’un siècle, fut l’École publique. Car c’est à l’école que commence l’apprentissage de la vie, que se développe un sentiment partagé d’appartenance, une conscience morale et une conscience civique, tout y est lié.

Ce n’est pas un hasard si les français ont mis les communes à la base de l’administration publique. Ce qui contribue à mettre l’emphase sur le citoyen. Pas à nous considérer comme une sorte d’objet biologique (pour ne pas dire animal) qu’il faut ou bien encadrer ou bien administrer ou bien punir ou bien réprimer.

Cette indépendance au niveau du communal et des collectivités locales n’existe pas ici au Québec puisque les communes, les villes et toutes les structures administratives proches du citoyen sont directement subordonnées au gouvernement provincial. Ainsi les principes mêmes de laïcité qui devraient par la responsabilité partagée réunir toute la société québécoise, sont-ils un peu partout biaisés.

La séparation bien réelle de tous les corps de l’État n’existe pas. C’est pourquoi on ne peut exiger d’un employé de l’État qu’il se métamorphose en une entité neutre quand c’est la structure de l’État qui ne l’est pas. De la même façon, on ne peut pas se mettre au-dessus des religions lorsqu’on ne tolère plus dans l’espace social la liberté de choix pour chacun de vivre en harmonie et en communion avec ce qu’il est. Ici la neutralité apparente, refoule l’individu dans son caractère le plus sacré, lorsque l’objectif d’une société évoluée se doit d’être bien ancrée dans le développement de l’humain.

— Dans ce cas la recherche de la neutralité dans l’absolu devient un facteur accroissant de déséquilibre.

Il n’est pas possible dans ce contexte de révéler quelque consensus que ce soit. Pour obtenir la cohésion sociale et l’adhésion de toutes et de tous, ce sont les structures administratives elles-mêmes qu’il faudrait réformer pour unique fin d’assurer les citoyens qu’ils soient en tous temps traités également, surtout en toute équité. Au terme de l’exercice, Il faudrait un service public qui mette au sommet de sa mission le devoir d’écouter comme celui de nous entendre.

Surprenant votre discours sur la beauté de la société française reconnue comme étant probablement administrée par le système gouvernemental démocratique le plus centralisé (la métropole étant le lieux de tous les pouvoirs, de tous les projets et de toutes les réussites politiques ou artistiques), où le fonctionnarisme à les racines les plus profondes et où les classes sociales jouent toujours un rôle extrêmement important.

Il est vrai que l’idée républicaine est extrêmement puissante dans l’Hexagone.

je vous propose ce texte de Mona Azouf

(Mona Ozouf est un chercheur, philosophe de formation, qui s’est ensuite redirigé vers l’histoire. Membre du Centre de recherches politiques Raymond Aron à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), elle est, aujourd’hui, directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Elle écrit également pour le Nouvel Observateur et participe à la revue Le Débat. )

*****
«
École et République
Évoquer la République et l’école, c’est toucher à la plus éclatante des singularités
françaises. Aucun autre pays n’a mobilisé autour de la question scolaire des pas-
sions aussi fortes. Aucun non plus n’a célébré de manière plus exaltée le lien qui
unit l’école et le régime républicain.
Pour le comprendre, il faut revenir à la Révolution française. Les hommes de la
Révolution n’ont inventé ni les salles de classe ni les écoliers, qui existaient bien
avant eux, mais ils ont mis l’école au centre de leur ambition. Pourquoi ? C’est d’a-
bord qu’ils font dépendre la liberté du peuple de l’instruction, seule capable de
former des citoyens éclairés et des hommes libres. C’est aussi qu’ils voient dans
une instruction unifiée la condition de la cohésion nationale. Ils élaborent donc une
nouvelle image de l’école, qui doit être à la fois le lieu de l’émancipation individuelle
et de l’unité collective, identique d’un bout à l’autre du territoire de la République :
mêmes maîtres, mêmes programmes, mêmes livres.
Ce rêve éducatif a beau être emporté par la défaite rapide de notre premier régime républicain, il continue à
cheminer souterrainement tout au long du XIXe siècle, jusqu’à ce que l’installation,
dans les années 1880, d’une République durable, permette enfin de l’incarner.

C’est alors, entre 1881 et 1886, l’époque des grandes lois qui organisent, aujourd’hui encore, notre enseignement : gratuité, car comment, sans elle, garantir le droit de tout petit Français à l’instruction ? Obligation, car comment, sans cette
contrainte apparente, protéger la liberté enfantine ? Laïcité enfin, et c’est elle qui
fait la singularité de notre pays. L’école républicaine se donne une mission unificatrice et civique, et doit donc enseigner une morale commune, exempte de tout ce qui particularise et divise les individus, et donc acceptable par chacun, quelles
que soient par ailleurs ses convictions religieuses. C’est dire que la religion doit
être tenue hors de l’école républicaine, qu’il s’agisse de ses représentants (les
prêtres), de ses emblèmes (à cette époque, ce sont les crucifix), de son contenu
(le catéchisme). Une entreprise qui a réussi dans la mesure où elle a progressivement amené l’Église catholique elle-même à admettre la neutralité en matière religieuse.
[….]
Aujourd’hui, où la République trouve en face d’elle des communautés qui refusent de disjoindre l’opinion religieuse et le comportement public, le très difficile problème qui lui est posé est de rester fidèle à cette conception libérale de la laïcité.
Mona Ozouf
»
(http://www2.cndp.fr/laicite/pdf/guideabecedaire.pdf)
*****
À cette adresse on retrouve d’autres textes extrêmement intéressants par différents auteurs de haut niveaux.

Mais pour revenir spécifiquement à votre texte, je ne crois pas que ce soit en comptant chaque arbre qu’on pourra réussir à comprendre « LA » foret.

«La multitude qui ne se réduit pas à l’unité est confusion; l’unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie.»
[Blaise Pascal]

Choisir entre la charte et la charia. Où les musulmans deviennent majoritaires, l’Islam embarque avec sa Charria.

Nos artistes qui prennent partie pour le voile islamiste devraient se rappeler que ces religieux supportent peu, pour ses fidèles, ou sont carrément contre les arts en général, comme l’était notre Sainte Mère, l’Église catholique de nos ancêtres.

Bonjour,

Certainement que bien des choses se métamorphosent dans la caboche où le cabochon de nos nationalistes lorsque ceux ci en vieillissant s’aperçoivent sur le tard d’avoir avalé bien des couleuvres toute leur vie durant sous les lourdes chaînes du nationalisme québécois. Tout en recevant à l’Age vénérable de 65 ans le premier chèque de la Pension Fédérale pour aînés ainsi que pour la plupart de nos nationalistes du Québec le supplément de revenu garanti pour éviter que nos nationalistes tirent le diable par la queue avec les « deux mains ». Un nationaliste québécois en recevant ses premiers chèques de pension Fédérale ainsi que son supplément de revenu garanti s’aperçoit rien que d’une claque n’avoir jamais été « riche de même » toute sa vie durant à se prosterner devant son Fleurdelisé.

En terminant, en réalisant de ne jamais avoir été riche comme ça toute sa vie durant grâce au Gouvernement d’Ottawa et des ses riches mesures sociales, le nationaliste québécois en y réfléchissant bien en profite alors pour retourner sa veste. En réalisant sur le tard que ses relents d’adolescent, les effluves du pays imaginaire tant fantasmé n’était que pacotille, que roupie de sansonnet…….. Avec plaisir, John Bull.

Très bonne analyse
La Marois et ses adjoints nous préparent un nouvel holocauste sous forme d’exclusion de tous ceux qui ne leur ressemblent pas ou qui ne sont pas liés a eux par des liens de servitudes.
Ils essaient par tous les moyens de se mettre en avant en prévision des prochaines élections sans mesurer que le fait de faire appel aux sentiments de frustrations qui résident en chacun de nous ( notre côté noir ) , ils risquent d’ouvrir la boite de pandore.
Nous tous, nouveaux citoyens émigrés,nous avons, pour la plupart, fui des régimes qui, justement,asservissaient leurs concitoyens a une seule idée: : »VOUS SEREZ COMME NOUS ,VOS DIRIGEANTS , DÉCIDONS QUE VOUS SEREZ, SINON,C’EST L’EXCLUSION,LE BANNISSEMENT,LA PRISON,L’EXECUTION……etc etc etc.
Pour la plupart d’entre nous , sinon pour la majorité,nous sommes venus au Canada pour avoir cette liberté de parler librement , de donner nos opinions sans avoir peur du gendarme,de dire fièrement:JESUIS CHRÉTIEN-JE SUIS JUIF-JE SUIS MUSULMAN-JE SUIS HINDOUISTE -JE SUIS ATHÉE-en un mot je suis ce que je décide d’être et non que quelqu’un d’autre ,quel qu’il soit, décide à ma place ce que je dois être et ce que je dois porter ou non comme habit ou tout autre chose.
Bien entendu,et comme nous ,les nouveaux citoyens du canada , sommes majoritérement pacifistes, si ce genre de loi inique est promulguée,nous irons ailleurs au canada .
Comme nous ne voulons plus porter une étoile de david sur nos habits,un tatouage sur le front ou un autre signe distinctif,
nous transférerons nos biens, nos connaissances et nos expertises dans d’autres provinces encore libres de ce déploiement d’extrémisme qui ne prédit rien de bon pour l’avenir.
Nous irons enrichir les commerçants de ces provinces a qui nous verserons nos impôts et taxes.
Nous élèverons nos enfants et petits enfants pour qu’ils travaillent pour nos retraites dans ces mêmes provinces.
Je m’adresse a Mme Marois: Je me rappelle d’un écrivain autrichien qui a dit dans les années noires d’avant la 2éme guerre mondial (Je donne le sens car cela remonte aux années soixante ou je l’ai lu) :l’autre jour la milice est venu prendre mon voisin de l’autre cote de la rue ,un tsigane , mais comme je ne suis pas tzigane je ne me suis pas inquiété.
Ils sont venus chercher mon voisin du dessous,un musulman, mais comme je ne suis pas musulman je n’ai ressenti aucune inquiétude .
Hier ils sont venus chercher mon voisin du dessus ,un juif mais comme je suis un bon citoyen obéissant j’ai laissé faire.
Aujourd’hui Ils sont en train de frapper à ma porte……
ET C’EST COMME CELA QU’ONT COMMENCÉ LES PURGES PUIS LA GUERRE .
Relisez l’histoire et vous verrez que c’est par des actions paraissant sans conséquence que les pires calamités sont déclenchées.
Quand est ce que vous déciderez de remplacer la police et l’armée qui refuseront catégoriquement de tirer sur nous car ce sont nos concitoyens avant tout par des sociétés de mercenaires pour qui l’argent est le principe même de leur vie(entre parenthèses ça ne laisse aucune place aux sentiments humains)…
Vous savez , nous avons pour notre malheur l’expérience de cet état de chose dans la plupart des pays que nous avons quitté.
Si les français ont la nostalgie du colonialisme, je ne vois absolument pas pourquoi vous leur emboitez le pas avec autant d’allant et d’énergie.
Je prierai pour vous et pour que cette loi ne passe pas car je ne vous veut aucun mal.

Pour intéressantes qu’elles puissent être, ce genre d’analyse est-elle réellement utile pour le débat ? On parle ici d’établir une norme socioculturelle qui vise à permettre l’intégration et l’harmonie sociale dans un contexte de diversité culturelle où les identités confessionnelles tendent à s’exacerber et à créer de la surenchère identitaire. Ce projet sociétal, c’est ce qu’était la laïcité il y a 100 ans et c’est ce qu’elle est toujours aujourd’hui. On peut légitimement être en désaccord avec les buts comme avec les moyens. Pourtant, les opposants à cette charte ne font valoir que peu d’arguments en ce sens. Ils nous inondent plutôt de procès d’intention à la majorité, puis s’emploient à nous parler d’intolérance, d’exclusion et, comme ici, de société divisée.

En quoi est-ce vraiment utile de savoir si les jeunes appuient moins la charte que les vieux? Pourquoi pas, un coup parti, se demander si les Bolduc sont plus nombreux à l’appuyer que les Simard, ou encore les gens qui vivent en montagne plus que ceux situés près d’un lac ?… C’est que ce n’est pas un concours de popularité ni une simple question de perceptions, comme ce genre d’analyse semble postuler de manière implicite.

Ce projet doit être analysé au mérite de ses prémisses et des solutions qu’il propose. Ce n’est par ailleurs pas un projet qui répond à une urgence, ni à un sentiment d’urgence, et ni à une situation de discriminations graves et généralisées à l’heure actuelle. Nous le savons. Il s’agit néanmoins d’établir une des modalités du contrat social québécois, entamée sur le tard il y a 50 ans mais encore inachevée. Pouvons-nous parler de ça un peu, plutôt que de nous ressasser toutes ces données statistiques et vox pop qui ne font que souligner des divisions dans la population : divisions somme toute assez normales concernant tout projet politique d’envergure ? Parce que là, ceux qui cherchent à diviser le Québec, eh bien ce ne sont pas vraiment ceux qui en sont accusés…
Les pro laïcité, eux, ne voient qu’une division, et elle n’est pas entre Montréal et la campagne, entre jeunes et vieux ou entre majorité et minorités. La seule division qui existe se trouve entre ceux qui croient que la religion doit autant que possible demeurer une affaire privée et ceux qui cherchent à «reconfessionnaliser» tous les comportements et relations sociales, de leurs menus à leurs identités publiques. C’est de cette division-là que j’aimerais un peu entendre débattre.

Au départ, je dois déclarer que j’espère que ma réponse vous sera accessible car je suis souvent l’objet de censure, mes propos n’ayant pas l’heur de plaire semble-t-il, au gestionnaire de ce blogue.

Donc, votre dernier paragraphe pose une question intéressante. Quelle place doit occuper la religion et ses manifestations dans l’espace de travail des personnes oeuvrant pour le gouvernement et qui ont un certain rapport d’autorité avec les citoyens ?

Étendre les échanges à toutes les activités humaines serait sans doute fort intéressant mais dépasserait le cadre de ce blogue. En effet je pense qu’on doive respecter le mieux possible les sujets qui font l’objet d’un blogue. D’autres le font allègrement ce qui ouvre la porte à toutes sortes d’excès.

Personnellement je me considère plutôt comme étant athée. Toutefois, le principe de la liberté des humains m’amène à respecter le droit de chacun d’adhérer ou non à une religion ou l’autre. Le prosélytisme général propre aux grandes religions monothéistes pose par contre un important problème quand, telles des plaques tectoniques, ces grandes religions se rencontrent. Qu’on pense aux guerres de religion d’hier et même d’aujourd’hui.

Mais dans le présent débat, on parle beaucoup de la neutralité de l’État qui par extension devrait exiger de ses employés la même neutralité. Un organisme peut-il se déclarer théoriquement neutre tout en permettant à ses mandataires, ceux et celles qui agissent en son nom, donc qui sont l’incarnation objective, « objectale » oseraie-je dire, de nier cette neutralité ? Ce serait selon moi faire indirectement ce qu’on ne veut pas faire directement. N’est-ce pas ce qu’on appel de l’hypocrisie ?

Une autre question que nous pouvons nous poser est : pour quelle raison une religion exige-t-elle de ses adeptes de manifester d’une façon ou d’une autre publiquement leur foi ? Est-ce une invitation à l’adhésion ? Certains diront que c’est là un simple témoignage. Encore ici, la question se pose et est très légitime, pourquoi une religion exigerait-elle de ses membres de témoigner ? Pour provoquer ? Pour créer des martyrs ? Pour convertir ? Je n’ai pas de réponse certaine à la nécessité de ces manifestations religieuses extérieures alors que la plupart des religions se disent toutes intérieures et intimes.

Donc ce qui me fait dire que la religion doit se vivre dans la plus grande intimité de l’individu et non sur la place publique.

«Le destin de l’homme est d’épuiser l’idée de Dieu.»
[Emil Michel Cioran ]