Chef Harper

Le premier ministre Stephen Harper a été nommé lundi chef honoraire de la tribu des Blood d’Alberta en reconnaissance des excuses officielles offertes par son gouvernement, au nom du Canada, aux victimes des pensionnats autochtones. Le geste mémorable, posé à la Chambre des communes en 2008 dans le cadre d’une cérémonie historique, était nécessaire pour permettre à bien des victimes d’entreprendre leur guérison. Stephen Harper a, ce jour-là, pris les moyens pour aider à réparer les torts du passé. Qu’en est-il maintenant de ceux d’aujourd’hui?

L’horizon ne serait pas aussi sombre que certains pouvaient le croire après l’abandon par les conservateurs de l’Accord de Kelowna, signé en 2005 par Ottawa, les provinces et cinq organisations autochtones, dans le but d’améliorer les conditions de vie des autochtones.

Les conservateurs n’ont jamais eu de relations faciles avec les Premières Nations, mais ils comptent aujourd’hui cinq autochtones dans leur caucus, dont deux siègent au conseil des ministres. Ils ont rechigné et traîné avant d’accepter la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, mais ont accepté de procéder – dans le sens souhaité par les Premières Nations depuis des décennies – à une refonte en profondeur du système de résolution des revendications particulières. L’augmentation des fonds pour les services offerts sur les réserves a, sous les conservateurs comme sous les libéraux, été limitée à 2 % par année, malgré la croissance démographique accélérée de ces communautés. Le gouvernement a quand même accepté en juin de conclure un pacte avec les Premières Nations afin de s’attaquer à trois grands défis: la mise à niveau des programmes éducatifs dans les écoles autochtones, l’élimination de certains obstacles à la création d’emplois dans les réserves et l’amélioration de la gouvernance dans celles-ci. De plus, M. Harper serait ouvert à la tenue, d’ici la fin de l’année, d’une rencontre au sommet avec les leaders des Premières Nations.

Il y aura fort à faire cependant. En juin dernier, la vérificatrice générale Sheila Fraser soulignait dans son ultime rapport (qui ne portait pas seulement sur les dépenses du sommet du G8) que, malgré des vérifications répétées et certains efforts du gouvernement, les conditions de vie des autochtones vivant sur les réserves n’ont cessé de se détériorer et le fossé avec le reste de la population canadienne, de s’élargir.

Selon elle, on n’arrivera pas à renverser cette tendance si on ne s’attaque pas à des problèmes structurels et systémiques. Les services offerts ne bénéficient pas d’un financement gouvernemental à long terme, mais simplement annuel, et le niveau de services attendu n’est pas clair ni défini dans une loi. Les fonds sont attribués à chaque bande alors que la plupart sont trop petites pour être dotées d’organisations capables d’assurer la prestation de services.

Selon Mme Fraser,

«il faudra des efforts concertés du gouvernement fédéral et des Premières Nations pour […] remédier [à ces problèmes], avec les gouvernements provinciaux et les autres parties concernées».

Et si tous ces acteurs ne relèvent pas le défi, dit-elle,

«les conditions de vie dans les réserves des Premières Nations pourraient continuer d’être moins bonnes que dans le reste du Canada pour des générations à venir». (Je souligne)

Le leadership autochtone va encore plus loin. Aux chefs réunis depuis ce matin en assemblée générale annuelle, le grand chef de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn Atleo, a présenté  une proposition de plan d’action devant mener à la disparition de la Loi sur les Indiens et du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord. De façon ordonnée et concertée. Afin de redonner aux autochtones le contrôle de leurs communautés et de leur développement économique, social et culturel. Afin  de reconnaître réellement leur autodétermination et la nécessité d’obtenir leur consentement avant de prendre des décisions qui les touchent.

Intitulé «Vers l’autodétermination des Premières Nations: Concrétiser nos droits et nos responsabilités», le document reprend à son compte l’idée de remplacer le ministères des Affaires autochtones par deux nouvelles instances, la première centrée sur les relations entre le fédéral et les Premières Nations et la seconde, sur la prestation de services.

Parmi les objectifs poursuivis, on note l’établissement d’une nouvelle relation avec la Couronne et  de nouvelles relations financières durables et équitables avec Ottawa, la mise en place d’outils et d’institutions pour soutenir des gouvernements autochtones compétents, transparents et responsables.

Étant donné l’ampleur de la tâche, on aurait cru que le gouvernement aurait profité de l’assemblée de l’APN, qui se poursuit jusqu’à jeudi à Moncton, pour jeter des ponts. Le premier ministre et son ministre des Affaires autochtones, John Duncan, ont pourtant refusé l’invitation qui leur a été lancée de s’adresser aux chefs de tout le pays. Quant au ministre des Affaires intergouvernementales, Peter Penashue, il n’avait toujours pas répondu à l’invitation en début d’après-midi.

On ne peut tirer de conclusion de ces absences, mais elles incitent à garder l’oeil ouvert. À suivre, donc.

 

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Le problème avec les peuples autochtones au Canada c’est qu’ils sont si nombreux avec des us et coutumes si différentes qu’un front commun aborigène est pratiquement impossible.

Seulement au Québec, l’on dénombre 11 nations différentes. Mis à part les Naskapis, les Malécites et les Hurons, les autres nations sont dispersés dans plusieurs réserves sur de vastes territoires. Il est donc même difficile pour chacune des nations d’avoir une cohérence politique étant donné leurs dispersions et des réalités spécifiques à chacune des bandes.

Les gouvernements canadiens se sont toujours servis de ce manque de cohésion afin de reporter aux calendes grecques le règlement des litiges ancestraux et les réclamations territoriales en divisant pour continuer à régner.

Bien qu’ayant 5 membres des premières nations en leurs sein dont 2 ministres, les conservateurs feront-ils différemment? Le désirent-ils?

Il est si facile pour le gouvernement canadien de persister dans leurs politiques paternalistes à leurs égards.

Nous pensions avoir vu le pire avec Gilles Duceppe portant un casque en plastic mais cette photo de Harper avec son déguisement autochtone sur la tête remporte la palme. C’est encore pire que le casque de l’armée porté à l’envers par Ti-Jean « ben plusss meilleur » Chrétien.

C’est de la « culturelle » pure.

La politique de Harper envers LES multiples nations du Canada, lesdites « Premières » autant que la « dernière – Québec » toutes reconnues officiellemnt au Parlement, est de les laisser mourir à petit feux… maintenues sous le respirateur artificiel en souhaitant secrètement une panne de courant ou un orage électrique qui les élimine de sa vue, lui laissant le champ libre pour ses politiques individualistes à la CON… Pardonnez-lui, il ne sait pas ce qu’il fait !

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