Chefferie du PQ : Gilles Duceppe passe son tour, et on comprend pourquoi

L’heure est aux débats de fond, selon Gilles Duceppe, qui a annoncé qu’il ne sera pas candidat à la chefferie du PQ. Ça tombe bien : le parti ayant touché le fond avec la Charte et la dernière élection, il ne lui reste plus que la partie «débats» à régler. 

Trop long, 18 mois ?
Photo : La Presse Canadienne

Gilles Duceppe a annoncé, mardi, qu’il ne sera pas candidat à la chefferie du PQ — sans doute par l’entremise d’un communiqué disant simplement «ÊTES-VOUS MALADES ?!?»

PolitiqueLa décision de l’ancien chef du Bloc québécois est facile à comprendre. Lui qui a passé près de 20 ans dans le tourbillon de la vie politique, il commence finalement à être à jour dans ses séries télévisées. Surtout, ne lui dites pas comment se termine Lost : il entame la deuxième saison.

Mais aussi, Duceppe risquait de se retrouver à la tête d’un parti si mal en point qu’il se fait dépasser par Québec solidaire dans certaines tranches de la population. Il y a quelques semaines seulement, ça aurait été la même chose que d’annoncer que le Canadien perd des «fans» au profit de l’équipe de ringuette de Sainte-Agathe.

Qui pourrait donc vouloir le poste de chef du PQ ? Imaginez : vous vous présentez à la chefferie, et vous êtes choisi par les mêmes personnes qui ont choisi Pauline Marois. Et André Boisclair avant elle. Bonjour l’angoisse. «Mais qu’est-ce que ça dit sur moi ?», vous demanderiez-vous. « Suis-je un échec politique ? Ai-je moi aussi un manque total d’instinct ?»

L’heure est aux débats de fond, selon Gilles Duceppe. Ça tombe bien : le PQ ayant touché le fond avec la Charte et la dernière élection, il ne lui reste plus que la partie «débats» à régler. Le parti de René Lévesque a bien besoin de se déchirer un peu. Ils sont «dus». Après tout, la crise perpétuelle est bien souvent la seule chose qui différencie vraiment le PQ du PLQ.

Mais surtout, le Parti québécois a besoin de renouveau : un nouveau chef, de nouvelles idées, de nouveaux membres, de nouveaux candidats… Un nouveau programme, un nouveau logo et un nouveau nom, ça pourrait aussi l’aider.

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. Il est aussi chroniqueur musique pour le magazine L’actualité depuis 2011 et collabore au webmagazine culturel Ma mère était hipster, en plus d’avoir participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut le suivre sur Twitter : @OursMathieu.

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Dommage!!!

Après avoir fait couler le Bloc, il aurait fait couler le PQ définitivement…

Mais…bon…l’option péquiste étant totalement désiquilibrée par rapport aux valeurs québécoises, ils peuvent bien mettre qui ils veulent à leur tête, les résultats demeureront les mêmes: out le PQ!!!

Je vois que les dents sont toujours bien enfoncées dans l’os péquiste. Je ne crois pas que vous avez répondu à la question posée il y a quelque temps – êtes-vous sûr que les pitbulls sont permis dans votre région?

Au sujet de Duceppe, du Bloc et du PQ: « La folie, c’est se comporter de répéter les mêmes gestes et s’attendre à un résultat différent. »

Cré Albert!!!

Ça va faire du bien de ne plus les entendre brailler à-propos de nos soi-disant malheurs, que nos problèmes viennent toujours des autres. Espérons une très longue période de réflexion pour le PQ et le Bloc. Enfin la paix!

Le PQ n’est plus en synchronisation avec la population depuis un bon moment; c’est terminé.

J’ai entendu Duceppe en entrevue il y a quelques semaines et son ouverture d’esprit face aux communautés culturelles m’avait convaincu qu’il serait un candidat intéressant pour la suite des choses. Nous ne ferons pas la souveraineté entre « de souche » seulement. C’est illusoire de croire cela. Je veux bien croire que le PLQ a presque le monopole du vote ethnique, mais il doit bien y en avoir parmi eux qui seraient fiers d’habiter un Québec libre. Il faut savoir les courtiser et je suis déçu de voir que Gilles Duceppe ne sera pas de la course à la chefferie. J’ose espérer que nous saurons choisir un chef « inclusif ». Pour ce qui est de ces quelques lignes de Mathieu Charlebois, je les trouve plutôt dépourvues de bon sens. Mais bon, après tout, il s’agit d’un simple blogue, pas d’un réel article journalistique.

« Nous ne ferons pas la souveraineté entre « de souche » seulement», ça ne se fera donc pas puisque jamais il n’y aura de majorité chez les immigrants pour une telle option, et c’est bien normal. Non?

« ça ne se fera donc pas puisque jamais il n’y aura de majorité chez les immigrants pour une telle option »

Il n’est pas nécessaire d’obtenir une majorité chez les immigrants, mais il s’agit d’obtenir un nombre suffisant. Chaque vote issu d’une communauté ethnique vaut deux votes soit un de plus pour le oui et un de moins pour le non. Si chaque Québécois souverainiste réussissait à convaincre un fédéraliste, ça passerait aisément. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais si on en parlait davantage et avec de arguments convaincants (Dieu sait qu’il y en a des tonnes), nous serions enfin souverains et ce serait pour le mieux. Nous pourrions passer à autre chose et progresser comme il se doit.

Ceux qui ne se sentent pas libre dans le Canada, ont tout simplement un problème d’attitude!

Le PQ a besoin de nouveaux visages. Un mélange d’homme d’affaire, d’économiste, professionnel sérieux de la santé. Ce n’est pas avec Lisée qu’ils vont se refaire une place. Seulement d’avoir pensé à Gilles Duceppe est tellement ridicule. Je respecte M. Duceppe, mais svp, resté à la maison.