Chercher le courant: Les castors contre-attaquent !

Le film « Chercher le courant » et les billets que j’y ai consacrés ont poussé plusieurs alertinternautes à participer au débat.

L'argument de la durée...
L'argument de la durée...

Je rends compte ici des contributions qui m’ont semblé, jusqu’ici,  les plus riches en information. Elles vont principalement dans le sens d’une défense économique et parfois écologique de la construction de La Romaine. Et offrent, à mon avis de généraliste, une meilleure défense du projet que ce qu’en a fait jusqu’à maintenant Hydro-Québec.

Mais le débat est ouvert et j’ai l’impression qu’il y aura une contre-contre attaque…

Pierre-Olivier Pineau, spécialiste  en énergie aux HEC, envoie la contribution suivante:

Ce documentaire est excellent, mais je ne crois cependant pas qu’il aura l’impact de L’erreur boréale, ni même que la principale conclusion qu’il suggère (que La Romaine est une erreur) soit correcte.

Il n’aura pas l’impact de L’erreur boréale parce que les dommages (environnementaux) que La Romaine cause restent limités et sont compensés par certaines mesures locales et, surtout, par les Gaz à effets de serre (GES) évités lorsqu’on exportera sa production.

De plus, les problèmes soulignés par le film ne sont pas que des problèmes dont le gouvernement est responsable: nos médiocres ambitions en efficacité énergétique ne sont pas que le résultat d’un gouvernement sans politique énergétique cohérente. C’est plutôt la conséquence du fait que la grande majorité des consommateurs ne cherche pas à consommer moins d’électricité, ce que les bas prix permettent de faire sans problème. Or la plupart des Québécois veulent maintenir des bas prix… et les gouvernements écoutent les électeurs (sur ce point là).

Les énergies renouvelables, brillamment présentées dans le film sont encore malheureusement soit trop chères, soit pas assez contrôlables pour permettre d’exporter aux meilleurs moments, soit les deux. La Romaine vise clairement l’exportation dans un statu quo d’efficacité des prix (voulu par les Québécois): un projet éolien ne serait donc pas un substitut direct acceptable d’un point de vue commercial.

Le dernier point à traiter, central, est celui de la rentabilité du projet. À 9,2¢/kWh, tout le monde fait de l’argent (Hydro-Québec et les redevances hydrauliques sont payées). Le seuil de rentabilité est en fait à 6,4¢/kWh – ce qui est raisonnable parce que les principaux coûts de La Romaine sont le paiement des intérêts sur la dette. À 5% d’intérêt, le prix de revient serait en fait moindre – et Hydro-Québec vient d’emprunter 500$ millions à 5%, pour 40 ans. Le risque de taux variables est donc largement absent par la longueur des échéances des obligations.

Pour qu’Hydro-Québec ne puisse pas vendre la production de La Romaine à profit à partir de 2014, il faudrait que le prix du gaz naturel reste inférieur à 6 de 2014 à 2074 (si on utilise un horizon de 60 ans pour l’amortissement). (Le prix du gaz naturel est important parce que c’est la source d’énergie utilisée pour produire de l’électricité à défaut d’avoir de l’hydroélectricité, c’est donc la base des estimés pour le prix à l’exportation). Or on observe déjà ce prix [de 6]sur les marchés des “futures” pour 2015. De plus, les scénarios de bas prix du gaz sur de longues périodes (comme ceux que croient Jean-Thomas Bernard) impliquent les choses suivantes: (1) l’offre de gaz de schiste restera abondante et croissante, sans être contrainte; (2) la demande de gaz naturel restera stable; et (3) peu ou pas de contraintes sur les GES vont être mises en place. Il serait extrêmement étonnant que ces trois prémisses se réalisent, et que le gaz naturel entre dans une période prolongée de bas prix (comme ce n’est jamais arrivé, malgré ce qu’on croyait autour de l’an 2000, lors que le Suroit était prévu).

Pour que La Romaine soit rentable, il faut donc que l’électricité alternative -sur les marchés d’exportation- se vendent à au moins 6,4¢/kWh… une chose hautement probable dans les années à venir.

Évidemment, aujourd’hui le prix de vente est plus souvent autour de 5¢/kWh, parce qu’on est en fin de récession. La construction de La Romaine se fait de manière précipitée – il aurait évidemment fallu faire nos efforts d’efficacité énergétique avant et attendre que les prix à l’exportation soient plus élevées. Mais le développement régional (et les entrepreneurs locaux et provinciaux) sont très contents que le gouvernement agissent de manière précipitée. On a donc une explication pour la construction hâtive. (Et sans doute des scandales encore ignorés, comme le suggère d’ailleurs le film).

À terme, cependant, La Romaine a toutes les chances d’être rentable et de faire diminuer le bilan de GES global (le seul qui compte) et personne n’en parlera plus.

Pierre Gilbert, du Groupe de recherches écologiques de La Baie, insiste sur la durée et la durabilité des barrages par rapport aux éoliennes:

L’énergie nette produite par les éoliennes: elles ont une durée de vie de 20 à 25 ans contre 50 à 100 ans pour les barrages hydroélectriques au Québec. Dans un monde qui s’affranchit progressivement du pétrole, cette notion de l’énergie nette, ou rendement énergétique, est fondamentale.

La fragilité. Les éoliennes sont les machines ancrées au sol les plus complexes que l’humain ait créé. Cet aspect n’est pas mineur au regard de la quantité d’éoliennes qu’il faudra implanter au lieu de barrages hydroélectriques.

Puis, la justification de l’hydroélectricité se passe très bien de l’adhésion idéologique au modèle de la croissance économique et énergétique perpétuelle. Au GREB, nous considérons indispensable, pour parvenir au Québec à l’indépendance au pétrole d’ici 2030, le recours à l’énergie hydroélectrique, en plus de l’éolienne, tout en réduisant de 13% notre consommation globale d’énergie en chiffres absolus par rapport à 2005, ce qui serait du jamais vu dans le monde. En d’autres termes, le dernier point fondamental dont je vous exhorte à tenir compte consiste à tenir compte des ordres de grandeur en présence lorsqu’il est questions d’énergie.

L’alertinternaute Bouchcl, lui, pointe d’abord sur la rentabilité des barrages à long terme:

A-t-on déjà perdu de l’argent en construisant des centrales hydroélectriques au Québec? Non. Avec l’hydro, presque tous les coûts sont fixes et payés sur 30 ou 40 ans alors que ces projets produiront de l’énergie pendant des décennies supplémentaires. Le projet de la Baie James est aujourd’hui très rentable, même si les coûts de construction ont triplé et que les taux d’emprunt ont parfois dépassé les 15%.

Aujourd’hui, nous avons l’avantage supplémentaire d’emprunter à des taux historiquement très bas (les plus bas depuis la construction de Bersimis) et de pouvoir financer ces projets avec 60% de dette et 40% de capital.

Avec les nouveaux projets de lignes à haute tension (le Champlain Hudson Power Express vers la ville de New York et le Northern Pass vers le New Hampshire), nous bénéficierons bientôt de débouchés supplémentaires sur les marchés les plus lucratifs des États-Unis.

Et il faut se dire les vraies affaires: personne au sud de la frontière ne peut construire 1550 MW d’énergie propre à 6,4¢/kWh ($ de 2015). Et il ne faut pas oublier que nous avons le monopole du stockage de l’énergie électrique, ce qui nous permet de choisir quand nous vendrons cette énergie pour maximiser nos profits.

Enfin, il ne faut jamais oublier que nous avons un fournisseur capricieux au Labrador et que le contrat avec ce fournisseur se terminera en 2041. Le Québec doit conserver un rapport de force pour éviter le chantage de Terre-Neuve au moment de renouveler le contrat de Churchill. La Romaine fait évidemment partie de cette équation.

Il revient ensuite sur la différence de puissance entre le projet de La Romaine et une proposition alternative de parc éolien:

Donc si je vous comprends bien M. Lisée, un projet éolien de 2200 MW installé par le privé dans la zone de plus fort verglas au Québec et où la température descend sous les -30°C est supérieur à un projet hydroélectrique de 1550 MW construit par l’État au même endroit.

En toute humilité, je vois un problème à votre argument central. Il est fréquent dans la population en général de considérer que l’hydro et l’éolien sont deux sources d’énergie renouvelable qui sont équivalentes. Or l’hydro et l’éolien ne sont pas des substituts parfaits.

Analysons froidement chacune des deux propositions. Les deux appels d’offre éoliens (2845 MW de puissance installée) produiront 9 TWh en 2016 (Voir ici, tableau 3-1-1, page 23, (pdf)). On s’attend à ce que leur contribution en puissance atteigne 30% (voir ici, pdf). Des estimations de 2500 $/kW sont fréquemment citées, ce qui nous donne un total d’environ 7 G$ pour une série d’installations dont la durée de vie estimée est de 25 ans.

De l’autre côté, on a [avec La Romaine] quatre centrales hydroélectriques avec une puissance de 1550 MW et une production de 8,5 TWh qu’on construira pour 6,5 G$ et qui devraient durer entre 75 et 100 ans.

La grande différence entre les deux options, c’est la contribution en puissance de ces deux scénarios. Et au Québec, la puissance de pointe c’est quelque chose d’important lorsque la température descend à -28°C, comme le 24 janvier dernier entre 7h30 et 8h du matin, où nous avons collectivement demandé 38 289 MW au réseau. Nos radiateurs électriques nécessitent 11 000 MW au moment des pointes et les chauffe-eau ajoutent au-delà de 2000 MW. Qui plus est, la demande en puissance (les MW) à la pointe augmente plus rapidement que notre demande d’énergie (les kWh).

La vraie question à se poser les la suivante: laquelle des deux options sera plus adaptée afin de répondre à la demande de pointe? Éolien: 30% de 2845 MW (853 MW) ou hydro: 100% de 1550 MW?

Il n’y a pas de comparaison possible. Construire des projets hydroélectriques c’est vraiment de faire du développement durable (dans tous les sens du terme) au meilleur coût.

Finalement, l’alertinternaute Pierre Couture prend la défense du couplage Hydro/Éolien:

M. Lisée vous avez entièrement raison. La filière éolienne est chère, inefficace et sans aucune fiabilité. Ce manque de fiabilité la rend d’ailleurs d’une utilité à peu près nulle contre les émissions de gaz à effet de serre dans les pays où l’électricité est produite principalement par des usines thermiques au charbon ou au gaz. Puisque ces mécaniques géantes ne fonctionnent – en moyenne – que 20% du temps, il faut pouvoir rapidement suppléer à leur défaillance le cas échéant. Puisque les centrales thermiques sont très longues à remettre en service une fois éteintes, on les laisse tourner au ralenti au cas où. Elles tournent et elles émettent des gaz à effet de serre sans produire d’électricité. Où est le gain?

Ici, la situation est différente, car Hydro-Québec est en mesure, grâce à ses barrages, de stocker de l’énergie. Si elle installait des centrales éoliennes à côté de ses barrages, elle pourrait turbiner de l’air lorsqu’il vente et stocker de l’eau derrière ses barrages. Inversement, en temps de calme plat, elle pourrait turbiner de l’eau. C’est un mariage idéal qui profiterait à toute la population et non pas seulement à des multinationales étrangères, qui préserverait la démocratie si malmenée par la politique éolienne actuelle et qui ne détruirait pas nos meilleures terres agricoles. J’espère de tout cœur que vous serez entendu.

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Tous ces arguments peuvent sembler très sensés… à court et à moyen terme. Car je ne suis pas un spécialiste en énergie ni en coût de revient. Mais je crois tout de même pouvoir me demander ce qu’il en sera sur le long et le très long terme en prenant acte du passé et du présent…

Ainsi, pourquoi devons-nous ENCORE construire une série de barrages et consommer toujours plus de pétrole et de gaz? Sans compter l’uranium dont certains aimeraient bien «réanimer la filière».

Nos gouvernants sont toujours heureux de nous apprendre que «Le taux de croissance de notre économie fut de X % en 20XX.» Ils semblent ignorer ou sciemment négliger que ce taux est exponentiel et qu’il nous mène droit dans le mur. Car que ferons-nous quand le dernier ruisseau aura été «harnaché par Hydro-Québec afin de répondre à la demande croissante»?

Cette demande croissante en énergie résulte-t-elle d’un gaspillage croissant? Ou d’une orientation industrielle énergivore croissante? Ou d’une croissance de notre démographie? Je ne serais pas surpris d’apprendre qu’il y a une très forte corrélation entre notre croissance démographique et notre croissance énergétique… Ce qui serait logique, malgré tous nos «programmes d’économie d’énergie». On peut d’ailleurs se demander si, pour nous assurer d’une croissance de notre PIB, nos gouvernants ne s’assurent pas d’une croissance démographique via l’immigration… En tous les cas, qu’il s’agisse de barrages, de bungalows et de routes pour les desservir, «les gars de la construction» sont «b’en contents» de «notre croissance démographique» ! 😉

Toujours est-il que tôt ou tard, il nous faudra bien «passer» à d’autres sources d’énergie puisque le pétrole, le gaz et l’uranium s’épuisent à vitesse grand V et que les rivières «commercialement exploitables» ne sont pas innombrables. Et sans nul doute aussi stopper notre croissance démographique.

Inévitablement… un jour… nous et nos gouvernants devront bien accepter qu’il est «b’en normal» d’avoir une croissance nulle. Ce qui ne veut pas dire que nous ne puissions pas alors augmenter notre efficience en bien des domaines et augmenter notre qualité de vie.

En regard de quoi, il serait sage d’anticiper, de planifier et de poser les gestes politiques qui s’imposent le plus tôt possible.

CORRECTION pour L’alertinternaute Bouchcl:

L’éolien proposé dans le film est le projet de Réal Reid, expert en éolien à la retraite de Hydro-Québec et il a été conçu comme un parc éolien nationalisé dont le cadre financier est identique au projet Romaine. Si le prix du kWh de la Romaine diminue à cause des taux d’intérêts, le prix du kWh de ce parc éolien devrait diminuer aussi. Ce projet comprend tous les aspects techniques afin de le raccorder au réseau actuel afin qu’il soit efficace et rentable.

À moins de me tromper, seulement M. Lisée et M. Pineau ont vu le film (je le sais, j’étais dans la même salle qu’eux).

Cordialement,

-Denis McCready
Producteur
« Chercher le courant »

bonjour , j’habite le nord de la France et votre article coule de source. J’espère pouvoir me faire entendre pour défendre les énergies renouvelables. Je vous souhaite une bonne continuation et vous adresse toute ma sympathie

L’idée que l’on serait de moins gros consommateur d’électricité si elle coûtait plus chère est très relative.
Plusieurs se tourneraient vers le chauffage au bois, malgré le réchauffement de la planète, on reste un pays nordique. (Il est vrai qu’à Montréal, c’est interdit, mais non en région.)

Il y a les principes économique douteux et il y a notre culpabilité entretenue de comportement de consommateur. Nous ne sommes pas coupable de vivre et de consommer. Cette propagande psychologique fausse notre jugement. Les arbres, les oiseaux et les poissons n’ont rien fait de mal. Surveillons les activités dans l’atmosphère. Je doute que le soleil puisse être autant coupable qu’on veut nous le faire croire. L’activité électrique (Haarp, ondes scalaires)) dans notre atmosphère peut briser les conduites de gaz et d’eau, il n’y a pas que la variation de température même si elle résulte parfois de l’activité atmosphérique.

Je suis physicien avec une formation en génie. Les Joules, je connais…

Que l’on justifie le bétonnage de rivières par la nécessité de pourvoir à la consommation de crête de quelques matins d’hiver est irrecevable: le stockage peut se faire là où l’énergie est consommée, dans les villes.

Rechercher « inertial energy storage grid » …

Les alternatives existent et donneraient de l’emploi dans des secteurs à qualification élevée (secteur de la haute-technologie, industrie du savoir etc…) mais le lobby du béton et les gros bras de la FTQ sont plus puissants… Petites gens.

Bonjour,

Je crois qu’il est très important d’établir un plan de match à long terme pour le Québec.
J’ai toujours su qu’il est très important, sur le plan économique, de ne jamais mettre tous nos œufs dans le même panier. De plus, tant que l’électricité au Québec sera à un prix très bas, aucun effort ne sera fait pour diminuer notre consommation d’électricité. Nous le constatons avec la fermeture de l’Agence de l’efficacité énergétique du Québec. Nous manquons là une occasion importante. La mise en valeur et l’installation des panneaux solaires sont encore très marginales au Québec. Pourtant, plusieurs pays européens installent un nombre important de ces panneaux qui réduisent grandement la consommation d’électricité pour chauffer l’eau.

À Silicone Valley, les entreprises investissent des sommes considérables pour le développement de panneaux solaires. Allons-nous aussi, avec notre manque de vision, manquer le bateau de l’exploitation de ces énergies? Le Québec compte un grand nombre d’entrepreneurs et d’inventeurs et nous pourrions développer et produire ces panneaux qui sont une importante source de développement économique et d’exportation.

N’oublions pas l’impact environnemental que représente la construction de tels barrages, comme les arbres détruits qui ne sont même pas récoltés et les taux importants de méthane (créant 15 fois plus de GES que le CO2) qui se dégagent durant plusieurs années après les inondations. Il y a aussi les conséquences sur l’alimentation, un sujet important au 21e siècle, et sur le taux élevé de mercure chez les poissons: les océans regorgent de poissons contaminés au mercure.

Avant de détruire un patrimoine important, ne devons-nous pas étudier un peu plus les autres possibilités qui s’offrent à nous?

Éric Ferland
Projet Écosphère foire de l’environnement et de l’habitation saine

Pourquoi toujours suivre la logique du marché et limiter notre consommation ? On a le droit de vivre, de se laver autant qu’on veut, mais l’eau est sale ! De laver son linge sale à la place, pourquoi pas ? et de manger, de faire des loisirs au lieu de travailler comme des malades entraînés à accepter la maladie ! On est de plus en plus détroussés , alors pour chaque dollars disparu il faut remplacer par des énergies gratuites. On veut des physiciens,des chimistes et des ingénieurs qui savent ce que le NWO ne veut pas qu’ON SACHE ! Nous voulons des énergies libres. Voyer les travaux de Steven Greer et si vous vous demandez ou sont les moteurs qu’il a financé, des plus riches les ont probablement dans leurs maison ! Pour refinancer la production ou parce qu’ils les ont voler ?

L’avenir c’est l’énergie vraiment verte.

Les énergies fossiles représentent le passé auquel les oligarques s’accrochent, tumeurs de notre corps social anémié.

Nous devons activer, orienter nos synapses vers les énergies vraiment vertes. Utiliser, consacrer notre matière grise à leur développement accéléré, immédiatement.

Le Québec jouit d’un potentiel naturel tout-à-fait exceptionnel. Nous avons TOUT pour devenir un pays prospère, performant, efficace et électrisant.

Au fait, c’est pour quand une commission parlementaire sur la politique énergétique du Québec au vingt-et-unième sciècle?

Nous sommes capables!

J’aimerais apporter quelques points au débat:

Premièrement, on semble attribuer beaucoup de vertus à l’hydraulique, alors que presque partout ailleurs dans le monde, on considère l’hydraulique comme non fiable, parce qu’on confonds la ressource hydraulique avec le stockage. Pour pouvoir fonctionner à presque 100 % hydraulique au Québec, on a du construire une grande capacité de stockage d’énergie, sous forme de réservoirs couvrant plus de 30 000 km carrés, soit 62 fois la superficie de l’île de Montréal, ou l’équivalent du fleuve de Montréal à Québec débordant de 60 km sur les deux rives.

Presque toutes les sources d’énergie renouvelable ont besoin de stockage, l’hydraulique, l’éolien, le solaire ont tous besoins de stockage. Le nucléaire aussi a besoin de moyens de régulation de puissance, parce qu’il n’est pas assez flexible pour pouvoir suivre les variations de la demande, ce qu’on fournit par du stockage sous forme de réserve pompée (hydraulique).

Alors quelle forme le stockage doit-il prendre? Comme on l’a vu, le Québec s’est doté de 170 TWh de stockage sous forme d’énergie potentielle de l’eau que l’on retient derrière des barrages. Est-ce que ce stockage est de l’énergie hydraulique et ne doit servir qu’à régulariser l’apport hydraulique déphasé de 6 mois par rapport à le demande?

Cette capacité de stockage peut servir à régulariser l’apport éolien qui lui est en phase avec la demande (i.e. la corrélation de l’apport mensuel de l’éolien avec la demande est très élevée). En fait, dans le livre « L’éolien au coeur de l’incontournable révolution énergétique » dont je suis un des auteurs, nous démontrons que le stockage actuel du Québec peut accommoder 5 fois plus d’apport éolien que d’apport hydraulique, sans perdre sa capacité de régulariser l’apport hydraulique.

Le stockage québécois, qui n’est utilisée qu’à 20% de sa capacité, pourrait être mis à profit pour régulariser l’éolien ou le solaire, tant au Québec que chez ses voisins.

Rappelons qu’au Portugal, on construit des réserves pompées pour régulariser l’éolien. Aux États-Unis, dans les annéees 70, on a construit 18 000 MW de réserves pompées pour permettre au nucléaire de suivre la demande.

Donc, l’hydraulique avec stockage peut être fiable, l’éolien avec stockage peut être fiable, le solaire avec stockage peut être fiable,

Deuxièmement, lorsqu’on mentionne les prix, il est très difficile d’avoir des comparaisons valables.

Par exemple, dans un communiqué, Hydro-Québec mentionne que le complexe de « La Romaine » serait rentable à partir de 6,4 ¢/kWh, alors que l’éolien coûte 13 ¢/kWh. Ce genre de comparaison n’est pas valable, puisqu’on compare un financement par un producteur privé avec rendement sur l’avoir propre de l’ordre de 20 % à un financement par Hydro-Québec avec un rendement sur l’avoir propre de 0 %.

Dans le mémoire de Fondation Rivières, nous proposions un projet éolien de 2205 MW,à service équivalent, c’est-à-dire, fournissant la même quantité d’énergie, le même support en puissance, les mêmes infrastructures de transport que la proposition de complexe hydraulique. Nous utilisions le même modèle de financement, i.e. propriété Hydro-Québec, 40 % d’avoir propre avec rendement de 12 %.

Le résultat était qu’un projet éolien coûterait 0,5 ¢/kWh de moins que le projet hydraulique et créerait 65 % plus d’emplois dans la région, dont 5 fois plus d’emplois permanents pour l’opération et l’entretien.

Si nous appliquons les calculs du dernier communiqué d’Hydro-Québec à ce projet, le coût d’un projet éolien devient 5,2 ¢/kWh, à comparer aux 6,4 ¢/kWh du projet hydroélectrique de « La Romaine ». C’est-à-dire que le changement des conditions de financement ne change pas le classement des projets, si on les compare sur la même base.

Il est utile de préciser que selon les calculs du communiqué d’Hydro-Québec, le projet du complexe hydroélectrique de la rivière Romaine n’est pas rentable à 6,4 ¢/kWh, il procure un rendement de 0 % sur la mise d’Hydro-Québec, c’est à dire que le projet couvre ses frais sans engendrer de profits.

Réal Reid

D’abord, j’ai eu la chance de voir le film à deux reprises, une fois à Québec et une seconde fois à Laval en début de semaine. À la lecture des différents commentaires publiés, j’ai été étonné de voir que personne n’ait soulevé la vraie possibilité qui est soulevé dans le film, soit le « cocktail » d’énergies, soit que le Québec et Hydro-Québec ne privilégient pas seulement l’hydroélectricité et l’éolien, mais aussi la biomasse, l’efficacité énergétique et le solaire. Monsieur McCready semble bien avoir raison; ce n’est pas tout le monde qui l’ait vu, ce film! Pour ceux qui sont un peu plus curieux et qui voudraient en savoir plus sur ma position sur l’énergie, je leur propose la lecture de mon pamphlet « Le Parti Vert; Pour une politique du 21 e siècle » sur ma page Facebook, sous l’onglet Article..

Claude Sabourin, Chef du Parti Vert du Québec

@ Réal Reid

M. Reid vous avez écrit le meilleur texte sur le sujet jusqu’à maintenant. C’est aussi le plus réaliste.

J’aimerais ajouter que ces réservoir accumulateurs gigantesques qui sont une richesse que presque ne perçoit, peuvent aussi contenir non seulement l’énergie des éoliennes mais en plus toute les autres formes d’énergies comme par exemple le solaire.

Ma prédiction est qu’un jour il y aura installation de turbines supplémentaires au bas des réservoirs et en poussant plus loin on repompera l’eau dans le réservoir à partir d’un bassin secondaire en aval avec l’énergie irrégulière d’autres sources.

Merci pour cet excellent texte.