Cinq monologues en croisé au débat des chefs

Qu’a-t-on appris de ce débat? Très peu sur les valeurs morales et les convictions des chefs… Et beaucoup sur leur interprétation des résultats des plus récents sondages.

PolitiqueCe n’est pas faute d’avoir essayé. Yves Boisvert et Patrice Roy ont posé des questions claires et concises aux cinq chefs qui s’affrontaient jeudi soir lors du débat des chefs. De là à obtenir des réponses, il ne faut pas rêver!

L’esprit du débat se résume à cinq monologues. Qu’a-t-on appris de ce débat? Très peu sur les valeurs morales et les convictions des chefs… Et beaucoup sur leur interprétation des résultats des plus récents sondages, qui placent les conservateurs en tête au pays, avec 35,4 % des intentions de vote, suivis des libéraux (26,3 %) et des néodémocrates (24,5 %).

Le premier ministre sortant, Stephen Harper, a donc joué de prudence. Les Canadiens ne veulent pas entendre parler de référendum — «un débat passé date», selon Harper —, de Constitution, etc. Ils veulent de la stabilité économique, pour ne pas dire de la tranquillité, a-t-il martelé. Sa stratégie consistait à ne pas faire de gaffe. «Ce n’est pas le temps de jouer avec notre économie ni avec notre sécurité», a-t-il dit en conclusion du débat.

Questionné sur ses convictions «personnelles» au sujet de l’aide médicale à mourir (êtes-vous pour ou contre? lui a-t-on demandé), il ne s’est pas commis. Aucun chef ne l’a fait. C’était le moment parfait pour évoquer l’autorité des tribunaux, l’importance du débat et bla bla bla. Justin Trudeau a fait pire, en faisant dévier la discussion sur les impôts!

M. Harper a été clair sur au moins un point. En ce qui a trait au transport du pétrole, il préfère le pipeline au rail. C’est clair. C’est déjà plus ferme que la position des autres chefs, qui ont brodé sur l’environnement, la recherche d’énergies de substitution et ainsi de suite. La chef des verts, Elizabeth May, s’est démarquée dans ce segment. «Le problème, ce n’est pas le train ou le pipeline, c’est le produit.» 

M. Harper a fait au moins une grosse bévue, en présentant «son» Canada comme un pays qui a réussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre en période de croissance économique. Comprenne qui pourra. On lui rappellera ces remontrances, formulées en décembre 2014 par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. «J’exhorte le Canada à être porteur de plus grandes ambitions, à être plus visionnaire pour l’avenir de la planète», avait-il dit, en réaction à l’inaction du Canada en matière de lutte contre les changements climatiques.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a talonné le premier ministre sortant toute la soirée. «M. Harper veut que vous ayez peur […], peur de tout ce qui n’est pas comme lui», a-t-il lancé d’entrée de jeu. M. Mulcair avait ses «one liners», et il les a bien distribuées. Il n’en avait que pour Stephen Harper. «M. Harper a mis tous nos œufs économiques dans le même panier, le pétrole. Et il a échappé le panier», a-t-il lancé.

Gilles Duceppe, qui a ressuscité sa carrière politique à la dernière heure, a refait le coup des surplus de la caisse de l’assurance-emploi. Bonjour 2003. Il avait talonné l’ex-premier ministre Paul Martin à ce sujet il y a plus d’une décennie, avec un certain succès, j’en conviens. Mais c’était à une autre époque.

M. Duceppe a visé Thomas Mulcair plus que tout autre candidat. Sa stratégie semble évidente: sauver les meubles bloquistes aux dépens du vote du NPD.

Quant à Justin Trudeau, son créneau se résume à: «On peut faire mieux.» Le chef libéral a promis de baisser les impôts de la classe moyenne, de créer des emplois et de stimuler la croissance économique. Le Canada n’est pas ce pays «guerrier et pollueur» construit par Stephen Harper, a-t-il lancé en conclusion.

Et Elizabeth May? Elle a bien rempli son rôle de figurante. Un jour viendra où elle maîtrisera suffisamment la langue française pour faire preuve de répartie. Au prochain cycle électoral, peut-être.

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C’est un détail que je soulève, M. Myles. Mais quand vous écrivez «des plus récents sondages, qui placent les conservateurs en tête à travers le pays», en donnant les chiffres d’Ekos du 17 au 22 septembre, vous commettez une erreur. Ekos est simplement plus lent à publier que d’autres. Deux autres sondages plus récents ont été publié avant qu’Ekos ne le fasse (Nanos du 22 et Léger du 23), qui montrent tous deux une stricte égalité PCC et PLC.

M. Duceppe, comme MM Harper, Mulcair et Trudeau, a dit qu’il faut, en période de récession, investir dans les infrastructures. Par ailleurs il fut le seul à proposer la création d’une société des infrastructures pour faire en sorte que l’argent emprunté à un taux aujourd’hui très bas soit amorti sur trente ans.
Une suggestion fort importante qui a des chances d’être reprise par celui qui formera le gouvernement.
Sur l’aide à morir, M. Duceppe a bien dit que la question au Québec était réglée et que le ROC devrait s’inspirer de la démarche suivie ici.
Finalement M. Duceppe, malgbré qu’il fut très souvent ignoré par Mme Dussault, est celui qui a apporté le ,plus au débat.

Vous aussi l’avez remarqué. Elle l’a tout simplement mis de coté et à quelques occasions il a bien fallu qu’elle lui cède la parole…

M. Duceppe était souvent ignoré par Mme Dussault qui avait un faible marqué pour MM Mulcair et Trudeau. Par exemple combien de fois n’a-t-elle pas permis à M. Trudeau de répondre à une question précise par une cassette apprise d,avance qui était, en fait, une pub? Sans lui demander de répondre à la question. Par au moins deux fois, elle a dit à M. Duceppe d’attendre pour intervenir puis, plutôt que de revenir à M. Duceppe comme elle avait indiqué qu’elle le ferait, elle cédait la parole à quelqu’un d’autre ou passait tout simplement à un autre sujet.

À part cela M »Duceppe a t’ il autre chose à dire???? M »Duceppe,M »Duceppe , il ne sera pas élu et ne formera jamais un gouvernement de sa vie! On passe à autre appel OK!

Quand le seul espoir m. Mulcair pense que sa meilleure statégie est d’empêcher les gens d’entendre ce que m. Harper dit en parlant par dessus-lui, j’ai peur.

très déçu mr Mulcair et mr Trudeau ne répondaient aux questions, quand à mr Trudeau il avait bien appris sa cassette que mr…… lui a remis Pour mr Mulcair
il manque de savoir vivre il est un grossier personnage ne laissant pas me Harper répondre quand c’était à lui de parler par contre mr Harper était en contrôle, calme il était le seul a avoir confiance il ne s’énervait pas comme un certain mr Mulcair j’espère qu’il ne nous représenteras pas se serait une honte pour le pays il est incapable de garder son calme il crie. Pour mr Duceppe il a bien défendu son parti il représente bien le Québec Malheureusement comme nous ne pouvons voté pour un député et un premier ministre Si je vote pour le
bloc qui sera le premier ministre? mr Mulcair? ?? j’espère que non, et mr Trudeau il n’est pas encore près il lui manque l’expérience, donc mon choix sera de voter mr Harpeur Il a bien conduit le pays il est contre le niqab se qui très important pour le Québec car il n’est pas contrairement a ce que dit certain musulman il y a beaucoup de femmes cachée sous ce vêtement Rappelez-vous nous avons vu à la télé plusieurs femmes habillées en noir des pieds à la tête qui amenaient en promenade des enfants d’une garderie ….
Pourquoi au Québec on entend certaines personnes dire qu’ils veulent du changement si nous leurs demandons pourquoi? ben…….

Nous avons appris que le niqab, porté par quelques dizaines de femmes, était au centre des préoccupations de nos chefs. Quel leadership !

Ah bon! quelques dizaines au Canada ; en êtes-vous sûr? En tout cas c’ est une des plus grande préocupation des citoyens canadiens!!

Trudeau répétait sa cassette que ses handlers lui ont fait apprendre sans aucun rapport avec la question posée. Mulcair était le bon vieux angry Tom grossier qu’on connaît au naturel. J’ai remarqué que Mulcair aime bien garrocher des chiffres sans rapport simplement pour se donner l’air d’un gars qui sait compter (il a ré-hypothéqué sa maison une dizaine de fois). Elizabeth May ne sait tout simplement parler français. Duceppe radotait ses vieilles histoires du temps de René Lévesque (assurance-chômage, droit de retrait…. passé date!). Harper avait l’heure du seul adulte dans la salle.

Ceci dit, le français était pas mal massacré et les chefs faisaient souvent toutes sortes de références et de name-dropping qui ont probablement perdu l’auditoire qui ne suit pas la politique de façon assidue.

Ces débats ne sont qu’un spectacle où la forme est plus importante que le fond. Ils nous permettent de déterminer qui réussira à mieux invectiver l’autre lors de la période des questions à l’Assemblée nationale ou aux Communes
Ce qui serait bien plus valable, c’est que, pendant une heure, à tour de rôle, chaque chef de parti soit amené à nous exposer son programme pendant 10 minutes pour ensuite répondre aux questions du public. Pas un public trié sur le volet mais un public tiré au sort parmi ceux qui auront exprimé le désir d’y être.
Nous n’avons pas besoin d’un spectacle. Nous avons besoin d’information.

Moi j’ai bien ri quand Duceppe a fait un hiatus en disant qu’on devrait interdire aux gens de voter à visage découvert!

Hier soir, débat des chefs, en français. Lamentable, le français. Des sujets par ailleurs brûlants: le visage découvert plutôt que le niqab, un enjeu planétaire. La main dans la caisse de l’assurance-emploi doit être coupée et, à ce propos, l’Arabie Saoudite qui mutile les mécréants est un allié gênant. On préfère le pipeline au train, mais on ne veut pas de pétrole dedans. L’indépendance sera gagnée par une majorité étroite, ferme ou velléitaire ? On choisira par référendum.

Je remarque que l’auteur de ce blogue ne fait pas grand cas de madame Elizabeth May. Ce qui n’a rien de stupéfiant, puisqu’on trouve se quasi « silence-radio » sur d’autres plates-formes comme celles d’Ici-Radio-Canada. Pourtant sur divers segments du débat, madame May a exprimé des points très pertinents, tout particulièrement d’ailleurs au niveau des segments économiques.

Elle a développé une argumentation très solide sur les questions qui relève du port du niqab et j’ai été particulièrement étonné de constater — une fois de plus — que ce sont nos politiciens et non nos politiciennes qui en savent le plus sur la condition féminine, jusqu’à tous parler en même temps sur le sujet pour ne pas permettre à madame May de pouvoir faire entendre sa voix.

En termes de qualité de débat et d’égalité entre les hommes et les femmes, il me semble qu’on pourrait peut-être faire « un peu » mieux ! Ce débat à tout le moins aura eu le mérite de réunir tous les chefs en même temps. Ce qui est absolument prodigieux lorsqu’on regarde tous ces « ego » surdimensionnés qui entendent dès le 20 octobre prochains tous (en même temps ?) présider à nos destinées.

Ma seule source de déception réside plutôt dans le fait que tous ensemble nous avons comme cessés de rêver. Les chefs politiques ne sont plus les porteurs du « rêve collectifs », ce ne sont plus des porteurs d’eau pour nous abreuver d’un vivant espoir aussi universel que commun. C’est devenu le portrait d’hommes et d’une femme qui luttent activement pour leur propre survie politique. Tout dépendamment des résultats du 19 octobre prochains, plusieurs d’entre eux presque assurément quitteront l’avant-scène politique.

@ Pierre Simard,

Merci de venir corriger mes fautes de grammaire régulièrement, cela veut dire que vous me lisez. Je vous ai déjà dit qu’il m’arrive de faire assez régulièrement de commettre des fautes comme celles-ci, que je corrige usuellement après que le texte soit en ligne. S’il y avait une fonction de correction, je me chargerais de corriger les fautes moi-même.

Vous avez d’ailleurs oublié de mentionner une autre faute de grammaire dans ce texte, la voici : « Elle a développé une argumentation très solide sur les questions qui relève du port du niqab (…), j’aurais dû bien sûr mettre « relèvent » à la troisième personne du pluriel et non au singulier puisque cela s’accorde avec questions au pluriel.

Permettez-moi de vous faire remarquer enfin que lorsqu’il m’arrive de lire vos propres commentaires. Vous commettez vous aussi, çà et là des petites fautes, incluant des fautes de frappes. Aussi vous n’êtes pas sans ignorer qu’on voit souvent plus aisément la paille qui se trouve dans l’œil du voisin plutôt que la poutre qui se trouve dans son œil à soi.

Et sans vouloir me vanter, je trouve que compte-tenu du volume de mes interventions sur les blogues, mon pourcentage de fautes reste encore assez bas. Mais bien sûr je vais faire tout mon possible pour encore améliorer mes performances dans ce segment grammairien 🙂

**** Correction :
« Je vous ai déjà dit qu’il m’arrive de faire assez régulièrement de commettre des fautes (…) »
Ici le « de faire » était superflu ! Oubli de ma part de retirer ces deux mots. Peut-être suis-je fatigué après tout en ce vendredi.

Ce que j’ ai appris de ce débat , est que Anne-Marie Dussault est nulle pour animer un débat ! À certains moments c’ était une cacophonie insuportable à mes oreilles; autre chose lorsqu’ on pose une question , on ne récite pas une cassette qui n’ a rien à voir avec la question comme ce fut le cas de Trudeau. On le sait qu’ il a un plan mais explique-le ton plan!!
Mulcair était agressif et coupait souvent la parole aux autres interlocuteurs! M. Duceppe était le seul qui parlait bien français et que l’ on comprenait très bien; mais de kessé que le référendum et la loi pour l’ aide à mourir vient faire dans ce débat, ça n, intéresse absolument pas personne!!!
Trudeau devrait apprendre à réfléchir en français ! Mme May était absolument pas compréhensible et a pris beaucoup de temps pour le nombre de personnes qu’ elle représente! M.Harper a été très calme et ne s’ est pas commis d’ aucune façon; il n’ avait rien à gagner! Il a sacré une claque sur la gueule à Mulcair lorsqu’ il lui a dit qu’ il ne laisserait pas sa fille porter un niqab pendant que Mulcair essayait de l’ enterrer!

Bref la méthode de Radio Canada est ennuyante et dépassée. J’ aime mieux les face à face car l’ adversaire ne peut pas crier tout le temps et doit obligatoirement laissez parler l’ autre!

M.Myles oublie que Gilles Duceppe à plusieurs reprises a interpelé / amené les autres participant à donner clairement leur position sur des questions précises, je n’appelle pas ça un monologue; les réponses des autres chefs étaient loin d’être clairs mais ça c’est une autre affaire.

Que Gilles Duceppe ait surtout ciblé T.Mulcair est tout à fait normal, puisque au Québec c’est son principal opposant.

Au dire des plusieurs commentateurs politiques ce matin, c’est Gilles Duceppe qui a le mieux fait au débat d’hier et J.Trudeau celui qui a fait le pire; mais je dois ajouter qu’il est question ici de commentateurs francophones, parce qu’il parait que dans le ROC les commentateurs anglophones disaient que c’était J.Trudeau qui aurait fait le mieux. Ha toujours ces deux solitudes dans le décor.

Parlant des évaluations des commentateurs politiques, je me souviens très clairement qu’après le débat des chefs lors de la dernière élection provinciale où le Parti québécois a connu la pire déculottée de son histoire, que ces mêmes commentateurs politiques (surtout ceux de TVA!) avaient élu Pauline Marois comme la grande gagnante du débat en question et Philippe Couillard comme le perdant.

On connaît tous la suite…

C’était souvent cacophonique et l’animatrice a été mauvaise. De plus, il y avait deux personnes de trop dans ce débat: May et Duceppe qui n’ont en rélité que très peu ou pas de députés à la Chambre des Communes. Ça alourdissait inutilement le débat.

Peut-être devrait-il y avoir un minimum de 10 députés élus avant qu’un « chef » ne puisse venir débattre?

Genre de règle qui musellerait bien les oppositions trop dérangeantes et les chefs des « vrais partis » eux pourraient jouer à volonté de la langue de bois et jouer au « disk jockey » (faire tourner leurs cassettes préenregistrées).

Duceppe n’a que DEUX DÉPUTÉS élus. DEUX!!! Ça ne représente qu’une fraction minuscule du nombre de députés à Ottawa.

Son caucus pourrait se faire dans un garde-robe.

Tant qu’à y être, pourquoi pas les Rhinos? Ils sont à peu près aussi pertinents que le Bloc.

Il y a quand même une limite à respecter quand on veut débattre sérieusement de politique.

« Duceppe n’a que DEUX DÉPUTÉS élus. DEUX!!! Ça ne représente qu’une fraction minuscule du nombre de députés à Ottawa. » (sic)

Si l’on suit votre « logique », à l’époque (1993-1997) où le Parti progressiste-conservateur (PPC) du Canada n’avait que deux députés à Ottawa, aurait-il fallu empêcher son chef Jean Charest de participer aux débats télévisés de la campagne électorale subséquente? Le PPC était-il alors moins pertinent à cause du nombre restreint de sa députation?

OUI!

Z’avez vu le dernier débat Munk où ni Duceppe et ni May n’ont été conviés?

Ça c’était un VRAI débat!!!

Une autre incongruité: lors du débat à venir à TVA, Duceppe (2 députés) a été convié mais pas May (3 députés)…

Y aurait-il traitement de faveur envers le parti séparatiste (Bloc québécois) de la part de l’Empire du cheuf péquiste, PKP?

Si vous pensez que non, vous êtes drôlement naïf. D’ailleurs, ça nous donne un tout petit aperçu de ce que serait un pauvre Québec entre les griffes d’un PKP magna de la presse.

@ François 1

Ne vous en déplaise, Jean Charest y avait pourtant participé en 1997. Sauf erreur, personne n’avait publiquement remis en question la présence de M. Charest au débat à cette époque-là, bien au contraire.

Pour ma part, je n’ai pas encore fixé mon choix (et je n’en suis pas naïf pour autant). Cela dit, j’apprécie le fait de pouvoir prendre connaissance des philosophies, conceptions et options véhiculées par les divers partis en cause, nonobstant le nombre de leurs élus, et quitte à ce qu’il y ait un peu de cacophonie dans tout ça…

Bonne journée quand même!