Les cinq personnes à surveiller aux Communes

Bill Morneau est le premier ministre des Finances de l’histoire moderne fédérale à occuper ce poste stratégique sans avoir d’abord fait ses classes en politiques. 

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Qui(Photo: La Presse Canadienne)

La performance de Justin Trudeau à la période des questions se situait seulement dans la moyenne lorsqu’il était chef de la deuxième opposition aux Communes. Quand il se levait, après son bouillant collègue néo-démocrate Thomas Mulcair, pour questionner le gou­vernement, les ministres conservateurs poussaient généralement un soupir de soulagement collectif.

La faiblesse du chef libéral dans son rôle précédent pourrait devenir sa force dans celui de premier ministre. À ce titre, il donnera beaucoup le ton à la Chambre des communes. Son style, parce qu’il n’a rien de très incendiaire, devrait l’aider à remplir la promesse de débats parlementaires plus constructifs.

Selon d’ex-proches de Stephen Harper, l’ancien premier ministre avait tendance à croire qu’il était la personne la plus intelligente à la table de ses conseillers et de ses ministres. Avec le temps, le vide s’est fait autour de lui et sa perception a fini par devenir réalité.

Son successeur est plus susceptible de vouloir mettre à contribution l’intelligence des autres. On devrait logiquement assister au retour d’une plus grande collégialité ministérielle.

Mais qui dit plus grande latitude dit aussi risque accru de dérapages. À cet égard, le minis­tre des Finances, Bill Morneau, sera sous haute surveillance au cours des premiers mois du nouveau Parlement.

Nouvellement élu, ce député torontois est le premier ministre des Finances de l’histoire moderne fédérale à occuper ce poste stratégique sans avoir d’abord fait ses classes en politique.

Cela dit, le ministre actuel des Finances du Québec, Carlos Leitão, était également un novice parlementaire à son arrivée au Cabinet. Et il est loin d’être un maillon faible du gouvernement Couillard.

Avec Stéphane Dion, par contre, on est en terrain connu. Celui-ci a attendu pendant 10 ans pour revenir du côté du pouvoir. Dans ses fonctions ministérielles précédentes — aux Affaires intergouvernementales à l’époque de la loi sur la clarté référendaire, sous Jean Chrétien, et à l’Environnement, sous Paul Martin —, il a pris beaucoup de place, et il faut s’attendre à ce qu’il en prenne encore davantage aux Affaires étrangères.

Au cours de la semaine turbulente qui a suivi les attentats de Paris, il a déjà en partie sauvé la mise du gouvernement en comblant des lacunes du discours improvisé de Justin Trudeau sur le suivi libéral du dossier du terrorisme international.

Vingt ans après son arrivée en politique dans la foulée du dernier référendum, Stéphane Dion est devenu le doyen des ministres québécois de Justin Trudeau, tandis que le bloquiste Louis Plamondon est — toutes provinces confondues — le député qui a le plus d’ancienneté à la Chambre des communes !

Du côté des conservateurs, on peut également espérer des interventions plus harmonieuses que dans le passé récent.

Bien des Canadiens seraient incapables de mettre un nom sur le visage du député conservateur de la Saskatchewan Andrew Scheer. Pourtant, ils l’ont très souvent entrevu à la télévision. Dans le Parlement précédent, c’est lui qui jouait le rôle d’arbitre aux Communes.

À titre de président de la Chambre, il n’a pas participé à la dérive démagogique conservatrice, mais il a eu l’occasion d’en mesurer toute la toxicité. C’est à lui que la chef intérimaire des conservateurs, Rona Ambrose, a confié le rôle de leader parlementaire ou, en clair, de chef d’orches­tre du parti aux Communes.

Et à propos de chef d’orches­tre, Thomas Mulcair se console de la perte du titre de chef de l’opposition officielle avec l’idée que le NDP pourra facilement se distinguer de l’opposition conservatrice. Déjà, les néo-démocrates ont pris l’habitude de se décrire comme « l’opposition progressiste » aux Communes. Mais se réhabitueront-ils aussi facilement au rôle de second violon ?

Enfin, à la rentrée du nouveau Parlement, les paris sont ouverts quant à savoir si Stephen Harper deviendra le premier député à renoncer au siège qu’il a remporté le 19 octobre.

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4 commentaires
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Ça ressemble à Philippe Couillard, du moins, face aux partis d’opposition et à tous les québécois : Stephen Harper, l’ancien premier ministre avait tendance à croire qu’il était la personne la plus intelligente à la table de ses conseillers et de ses ministres.

La faiblesse de Justin Trudeau dans l’ ancien gouvernement, pourrait devenir sa force dans le nouveau comme premier ministre! Attendez Mme Hébert S.V.P ! L’ on verra cela après les Fêtes en 2016 ! La lune de miel sera terminée et notre Justin n’ aura pas assez de sa belle gueule pour gouverner.
Sa longue liste de promesses électorale va le rejoindre et la sécurité devra redevenir une priorité! Sa façon candide ,angeviliste devra revenir à la réalité de l’ activité mondiale! Est-ce que Trudeau va trancher finalement sur les terroristes musulmans à savoir: la position du Canada face à ses obligations avec l’ Otan et aussi la position des contribuables canadiens face au niqab qui n’ est pas une banalisation!

Un ministre des finances qui prend son poste avec la promesse de faire des déficits aussi longtemps qu’il sera ministre…. Tellement ridicule, si le but est de faire des déficits pour le fun, un bambin pris dans une garderie pourrait faire le même travail.