Mes cinq questions à PKP

C’est bien beau, jouer au facteur. Mais est-ce que ça fait vraiment avancer les choses ? Sur ce blogue, depuis quelque temps, Pierre Karl Péladeau et Claudette Carbonneau font mine de s’écrire. En fait, ils écrivent aux internautes et, à travers eux, à l’opinion — syndicale, patronale et publique.

Cinq "pensez-y bien" personnalisés.
Cinq « pensez-y bien » personnalisés.

Je ne suis pas dupe : mes correspondants ont un pied dans l’information et un pied dans la communication. L’employeur, en particulier, est content d’avoir trouvé une façon détournée de communiquer directement avec ses salariés. (Note : Le Code du travail empêche le patron de s’adresser directement aux salariés pendant un conflit. Une clause anachronique et infantilisante.)

Cette soif de transparence nous sourit, à Lactualite.com, qu’un collègue a récemment surnommé « la Suisse des médias québécois ». La Suisse ? Cela fait un peu neutre, non ? Or mes lecteurs savent que la neutralité n’est pas ma tasse de thé. Je vais donc relever le degré de difficulté en me réinsérant dans la discussion. Je poserai, aujourd’hui, cinq questions à Pierre Karl Péladeau et, demain, autant à Claudette Carbonneau.

Cher Pierre Karl,

Permettez-moi de vous appeler par votre prénom, car nous sommes depuis récemment correspondants, donc de moins en moins étrangers, et vous faites de même avec moi.

D’abord un mot sur mes motivations : comme journaliste, je souhaite l’existence d’une presse forte, libre, diverse. Comme tout Québécois, j’aime une bonne bagarre, mais je préfère qu’elle se termine rapidement et, si possible, en recollant le maximum de morceaux.

J’ai lu avec attention les lettres que vous m’avez fait parvenir et je vous en remercie. J’aimerais maintenant vous poser quelques questions. Sur le conflit, certes. Mais également sur votre rôle dans le monde des médias. En plus — je vous avertis tout de suite –, je vais parfois introduire des sous-questions, pour gagner du temps. On a tous des cadeaux de Noël à aller acheter.

Question n°1 – Le nombre d’artisans de l’information

Dans une lettre que vous avez envoyée au début de 2009 et dont Mme Carbonneau nous rappelait l’existence sur ce blogue, vous affirmiez ce qui suit :

« [Certains ont] indiqué que nous voulions réduire 75 postes de journalistes. C’est complètement inexact. Au contraire, le Journal de Montréal n’a aucun intérêt à réduire la qualité de l’information de sa publication dans un environnement toujours plus compétitif et où le contenu est roi. Dès le début des négociations, nous avons indiqué que nous voulions augmenter le nombre de journalistes, d’infographistes et de professionnels de l’information au Journal. »

N’est-il pas vrai que, compte tenu de votre dernière offre, Le Journal de Montréal compterait désormais moins de journalistes qu’au moment où vous vous êtes engagé à vouloir en augmenter le nombre ?

Vous me direz : j’ai changé le modèle d’affaires depuis. Je sais, je sais. Vous avez monté le régime de production de l’agence QMI, donc de réutilisation d’informations de vos autres médias. Vous avez aussi créé une cellule enquête à QMI, en embauchant l’excellent journaliste Andrew McIntosh pour la diriger (ce que j’ai applaudi ici.)

Mais je retiens votre affirmation, parfaitement exacte, selon laquelle vous n’avez « aucun intérêt à réduire la qualité de l’information […] dans un environnement toujours plus compétitif et où le contenu est roi ». Dans votre nouveau modèle d’affaires, je saisis que peu importe dans quelle branche de l’empire l’information est produite, l’important est qu’elle soit abondante et de qualité. Je note que Radio-Canada a également intégré ses journalistes radio, télé, Web, nouvelles et affaires publiques autour de pupitres thématiques communs avec pour résultat que la société d’État produit désormais davantage d’information qu’avant. Comme quoi le décloisonnement des équipes de production de l’information peut être fécond.

D’où ma sous-question : dans ce nouveau modèle d’affaires, pourquoi ne pas vous engager à respecter l’esprit, sinon la lettre, de votre engagement de 2009 en récupérant (voire en embauchant) autant de journalistes que vous en aviez au Journal de Montréal à la veille du lockout, quitte à répartir ces effectifs à QMI directement ou dans d’autres producteurs d’information de l’empire ?

Question 2 – L’avenir de RueFrontenac.com

Oui, cher Pierre Karl, je reviens avec ce sujet abordé dans ma première missive, car j’y tiens. J’ai applaudi votre décision de retirer votre exigence de fermeture de RueFrontenac.com en cas de règlement. Vous précisez vouloir le faire à « certaines conditions », dont j’ignore pour l’instant la teneur. Vous admettez d’ailleurs volontiers que la situation de RueFrontenac est différente de celle des lockoutés du Journal de Québec, qui publiaient un quotidien pendant le conflit, car vous avez réintégré beaucoup plus de ces journalistes à Québec que ce que vous proposez pour votre quotidien de Montréal.

Vous n’êtes pas sans savoir que la concentration de la propriété de la presse entre les mains de Gesca et de Quebecor fait de notre pays, le Québec, le lieu où la concentration est la plus forte, à l’exception probable (mais je m’avance un peu) de la Corée du Nord. Un peu d’air ne ferait de mal à personne. Dans l’esprit de favoriser une diversité de la presse au Québec, êtes-vous d’accord avec le principe d’épauler, après le conflit, la survie de RueFrontenac.com, ce média que j’ai appelé l’enfant illégitime, mais l’enfant tout de même, de Quebecor ? Êtes-vous prêt à faire avec RueFrontenac le même beau geste que celui que votre prédécesseur a fait avec Le Devoir ?

Question 3 – L’équilibre des points de vue

Je sais, ce n’est pas votre faute. Avec le lockout, vos chroniqueurs de centre et de gauche ont quitté le navire du Journal — les Julius Grey, Marie-France Bazzo, Bernard Landry –, laissant derrière eux les chroniqueurs de droite. Pour remplacer les partants, vous avez puisé chez les libertariens, notamment mon ami Éric Duhaime et autres David Descoteaux. L’impact : une dose de sarahpalinisation des pages opinions.

Ma question : une fois le conflit terminé, allez-vous faire en sorte de rétablir l’équilibre idéologique dans vos pages opinions, ou êtes-vous satisfait que Le Journal de Montréal soit devenu un porte-voix de la pensée néoconservatrice au Québec ?

Question 4 – L’indépendance de l’information dans les salles

Acceptez-vous qu’on se parle franchement ? Je vous l’ai dit d’entrée de jeu : avec le pouvoir vient la responsabilité. C’est encore plus vrai lorsqu’on contrôle des médias.

Pendant la période d’ascension, lorsqu’on est l’underdog et qu’on combat les géants d’un ordre médiatique établi, la tentation est forte d’utiliser ses médias, même hors des pages d’opinions, pour vendre sa propre salade (sinon, qui le fera?), mener ses combats, régler ses comptes.

Vous savez ce qu’on voit. Des papiers d’informations très durs contre vos concurrents d’hier et d’aujourd’hui, par exemple contre ceux qui ont participé au rachat des Canadiens par les frères Molson. Je ne dis pas que les faits relatés dans les articles sont faux. Mais je constate qu’il y a beaucoup de « d’une part » et presque jamais de « d’autre part » lorsque vos concurrents sont en cause.

J’ai par exemple écrit ici qu’il appartenait aux journalistes de Gesca d’enquêter sur Quebecor et à ceux de Quebecor d’écrire sur Gesca (et au Devoir d’écrire sur les deux). Mais je dois à la vérité de vous indiquer, en tant que lecteur, que l’ampleur de la couverture critique — des doubles pages — consacrée à l’empire concurrent et, ajouterais-je, au détail des comptes de dépenses de Sylvain Lafrance, de Radio-Canada, ne semble pas découler d’une décision journalistique indépendante, mais plutôt répondre à vos batailles du moment.

Vous savez ce qu’on raconte. Tel ancien employé m’assure qu’on lui commandait des papiers orientés et que, s’il affirmait avoir une conclusion inverse, on lui disait de laisser tomber. Tel autre affirme qu’il faut se lever de bonne heure pour pouvoir dire du bien, dans vos pages ou sur vos ondes, de quelque société d’État québécoise que ce soit, sauf Loto-Québec. Ni l’un ni l’autre ne sont liés au conflit en cours. Je les crois. On me raconte aussi qu’il vous arrive d’intervenir directement dans la couverture, suggérant des angles, des critiques, des questions, notamment lorsque vos concurrents sont en cause. Est-ce anecdotique ? Est-ce systémique ? Difficile à dire.

Je vous le répète, car je crains que vous ne le saisissiez pas encore complètement : vous n’êtes plus l’homme qui monte. Vous êtes l’homme au sommet. Vous êtes à l’heure de vous méfier de votre propre pouvoir. À l’heure d’ériger, vous-même, des remparts et des contre-pouvoirs. Et de vous consacrer, non aux combats quotidiens et aux escarmouches, mais aux grands projets de développement économique dont vous êtes capable.

Ma question : une fois le conflit au JdeM derrière vous, et ayant établi votre modèle d’affaires de partage d’information via QMI et d’entreprises journalistiques communes entre vos salles, vous engagez-vous à établir une indépendance journalistique complète de la direction de vos salles de nouvelles, envers vous et entre elles  ?

Vous engagez-vous, donc, à nommer entre vous et le contenu journalistique une personnalité coupe-feu, garante de cette indépendance ? Quelqu’un qui aura le droit — non, le mandat — de vous dire non ?

Question 5 – Regagner en crédibilité

Vous allez me trouver dur. Mais je dois à la vérité de vous dire les choses telles qu’on les perçoit de l’extérieur. La crédibilité de l’indépendance de l’information dans vos médias n’atteint pas le niveau d’excellence auquel vous devez tendre.

Certes, cela n’a pas d’impact sur les cotes d’écoute et les tirages. Du moins, pas encore. (Mais un analyste me disait ces jours derniers que le conflit au JdeM freinait les ventes de votre sans-fil, chez des clients qui, sans être hostiles, ressentent une petite gêne.) Laissons cela. Vous connaissant un peu, cher correspondant, je sais que vous visez l’excellence. Or, en matière de qualité de l’information, on n’est jamais totalement bien servi par soi-même.

J’ai noté, avec d’autres, que vos représentants Luc Lavoie et Pierre Francoeur s’étaient engagés en votre nom, devant une Commission de l’Assemblée nationale, en février 2001, à ce que Quebecor Media intègre le Conseil de Presse du Québec et participe à son renforcement.

Les rapports difficiles entre Quebecor et le Conseil ne sont pas nouveaux. Mais en retirant du Conseil TVA en 2009, puis vos journaux en juin dernier, vous n’avez pas respecté votre engagement, c’est la seule lecture possible.

Le fait que vous soyez insatisfait du traitement qu’a fait le Conseil de presse des plaintes parfois dirigées contre vos quotidiens, ou que vous soyez irrité du mode de fonctionnement de l’organisme dirigé hier par Michel Roy, aujourd’hui par John Gomery, n’est pas une défense réconfortante pour les personnes qui, comme moi, jugent important l’existence de contre-pouvoirs.

Votre attitude dans l’affaire du Conseil de presse me semble symptomatique d’une sous-estimation de votre importance dans la société. On a l’impression que vous et votre entourage vous sentez personnellement pris à partie si le Conseil de presse, ou un  média, critique un reportage, une couverture, une décision. Un Lilliputien, oui, risque de tomber au moindre coup porté. Mais vous êtes un géant. Vous êtes désormais en position d’encaisser, sans broncher, la critique malvenue ou malveillante. Vous êtes — ou devriez être — désormais en position de profiter de la critique constructive (même si parfois, à la première lecture, on ne l’estime pas telle).

Je conçois que vous ne puissiez faire rapidement marche arrière. Mais puisque, j’insiste, vous êtes à une nouvelle étape de la consolidation et de la légitimation de votre pouvoir, ma question sera formulée sous forme de suggestion.

Si vous acceptez d’établir le coupe-feu dont je parle plus haut, et que vous prenez donc de la distance par rapport à la couverture, pourquoi ne pas annoncer que vous allez reconsidérer votre participation au Conseil de presse dans, disons, 18 mois, et que dans l’intervalle vous allez nommer un ombudsman indépendant pour Quebecor Media ?

Voilà, mon cher Pierre Karl, les questions qui me viennent en tête. Je sais les avoir formulées sans fard, comme il se doit lorsqu’on s’adresse à un homme de valeur. Je vous quitte sur un dernier mot. Plus un voeu qu’une question :

vous engagez-vous à faire un ultime effort de négociation pour que le conflit au Journal de Montréal soit terminé avant le réveillon de Noël ?

Bien cordialement.

Votre correspondant,

Jean-François

(demain : Mes cinq questions à Mme CSN)

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Ma perception de la stratégie de la CSN, est la même dans ce cas-ci que celle que cette centrale syndicale a utilisée dans de très nombreux autres conflits de travail dans lesquels elle a été impliquée depuis une bonne quarantaine d’années.

La CSN, à l’encontre des autres grands syndicats, n’a souvent pas hésité à aller jusqu’à faire fermer des entreprises et sacrifier de très nombreux emplois pour, dans chaque cas, ne satisfaire et asseoir sa soif de puissance.

On dirait qu’elle ne connaît pas d’autre modus vivendi (ou mode d’opération).

Lorsqu’elle ne réussit pas à faire plier une entreprise avec des exigences outrancières c’est qu’elle n’y parvient tout simplement pas.

Lorsque ça devient trop coûteux pour elle cependant, elle se résigne à contre-coeur à recommander la signature d’un contrat de travail en cherchant, dans une telle situation d’obligation, à s’en attribuer quand même le mérite exclusif.

Il y a longtemps que la CSN, comme les autres grands syndicats d’ailleurs, ne se préoccupe plus de l’intérêt des travailleurs qu’elle représente, sinon en apparence, pour se donner bonne figure redorer son auréole médiatique et dégager une image de puissance au service des travailleurs.

Les relations patronales / syndicales, qui ne sont malheureusement la majeure partie du temps que des jeux de pouvoir, gagneraient beaucoup à se faire de plus en plus sur la place publique.

Il serait alors possible, comme dans le cas exceptionnel qui nous préoccupe ici, d’être témoin du détail des propositions et des tactiques des belligérants.

Il deviendrait ainsi très difficile d’avoir un agenda caché ou simplement de cacher son jeu.

Encore bravo à monsieur Lisée pour avoir ouvert le bal des négociations publiques et des règlements de conflits de travail plus avantageux pour les parties parce que fort probablement moins longs et moins coûteux et sûrement plus équitables et plus satisfaisants pour tous, en plus d’être particulièrement instructifs pour la population.

Claude Pelletier
Montréal, QC

Je fais actuellement un post-doctorat en communications. Je m’intéresse particulièrement à la convergence des empires de presse. Je pense que monsieur Lisée que vous omettez deux questions importantes: quelle position défendra PKP et son empire en commission parlementaire? et surtout, quelle sera la position, au bout du compte des élus?

Je suis suffisamment l’actualité en général pour savoir que ce sera dans cette enceinte que se jouera réellement la conclusion de cette négociation. Si PKP réussit à convaincre les élus que du lest doit être jeté en matière de relation de travail, notamment dans le domaine des nouvelles technologies de l’information, il continuera à s’obstiner et à user de ses fonds sans fin à côté de ceux de la CSN. Et la CSN devra plier.

Si j’étais stratège d’un côté ou de l’autre du conflit, je m’empresserais à tisser des alliances du côté des élus.

Pour ma part, pour avoir étudié d’autres cas, notamment dans les pays scandinaves et en Italie, si PKP gagne et se dote d’une marge de manoeuvre en s’alliant une majorité d’élus (ce qui semble plausible, avec le PLQ et l’ADQ se positionnant de la même façon, soit plus à droite) sur la question des relations de travail en matière des nouvelles technologies de l’information, s’en est fini de la liberté de presse, du moins telle qu’on la connaît. Imaginez si PKP avait des velléités politiques!!!

Vous posez de bonnes questions monsieur Lisée, c’est peut-être vous au fond l’homme des vraies questions!

Une citoyenne inquiète pour la liberté de presse

Dieu fasse que les deux partis vous entendent. S’il s’avérait que se soit le cas, je ne serais pas surpris qu’on vous canonise tout de go.

Saint Jean-Francois, parlez pour nous ! (Répétée trois fois, cette incantation vous octroie un crédit de dix minutes au purgatoire.)

«La haine rend non seulement aveugle et sourd mais incroyablement bête.» [Konrad Lorenz]

Bonsoir,
Contrairement à la FTQ, la CSN n’a pas autant de crédibilité avec son FONDS de SOLIDARITÉ des Travailleurs ! Et des guerres larvées, la CSN, elle connait ça ! Et le Fond de Grève est ouvert at large car, contrairement à la FTQ, la CSN est de loin plus dogmatique, la même chose que tous les syndicats militants dans le reste du Canada….. Oh Boy ! Au plaisir, John Bull.

Bravo monsieur Lisée pour l’ensemble de vos questions à Pierre Karl Péladeau.

Je les ai toutes appréciées avec un surcroît d’intérêt pour les questions 4 et 5.

Cependant lorsque vous terminez votre intervention en demandant à Pierre Karl Péladeau :

»Vous engagez-vous à faire un ultime effort de négociation pour que le conflit au Journal de Montréal soit terminé avant le réveillon de Noël ? »,

j’espère fortement que vous ferez dans votre intervention de ce dimanche la même insistante demande à Claudette Carbonneau.

Encore bravo pour ces heureuses initiatives monsieur Lisée, et au plaisir de lire vos questions aussi directes et sans fard à la dirigeante de l’autre partie aux négociations.

@ Mélanie Dubreuil

Très bon point. Je me suis demandé si le conflit n’était pas un prélude machiavélique de la part de PKP et Cie pour avoir gain de cause.

Serait-il possible que la réponse soit déjà inscrite dans le ciel. Étant donné que les libéraux sont au pouvoir, les élus iront dans le sens de PKP. Peut-être même une autre occasion d’enveloppes brunes ?

@ JFL

J’ai hâte de lire les réponses de PKP.

Vous soulevez un point majeur au sujet de PKP. Devenu maitre du jeu, il se comporte encore comme un aspirant et c’est là le fond du problème.

Il y a plusieurs années, visitant des amis, nous discutions assis sur le plancher de la cuisine. J’avais les jambes croisées.

Tout à coup, un gros chien fait son entrée et vient se coucher sur mes jambes comme s’il avait 3 mois. Évidemment, le chien manquait de place.

La propriétaire m’explique que son chien qui était rendu à 35 kg (environ 70 lbs) ne savait pas qu’il était devenu un gros chien. Cette expérience semble se répéter chez les humains.

Bonjour,
Nonobstant la demande que vous faites Monsieur Jean François Lisée concernant le simple fait que Le Journal de Montréal embauche à nouveau les journalistes mis à pied avec le lock out, est-ce que vos autres questions trouveront une réponse adéquate à votre questionnement, je n’en suis point sûr. Je veux bien accorder que Québécor avec TVA et ses quotidiens réintègrent à nouveau le Conseil de Presse, un voeu pieux peut-être car au niveau de l’information, il me semble que Québécor avec sa convergence veut bien faire cavalier seul sans aucunes balises car il est bien évident que pour eux, le Conseil de Presse est une épine au pied en étant plutôt réticent à cette convergence, cet auto-promotion par médias interposés.
Tant qu’au contenu concernant les nouvelles internationales, comme bien d’autres, Québécor se procure cette information via les agences de Presse, souvent de la Presse Canadienne, Agence France Presse, l’American Press quand Monsieur Richard Latendresse n’est pas sur les lieux.
Tant qu’aux pages économiques, il est vrai que des libertariens ont envahi la demeure probablement pour se faire la main en vue de l’ouverture de la Chaîne de Nouvelles Continues style Fox News, mais vous savez bien, le droit de gérance.Tant qu’à la politique éditoriale, il semble que le tout soit laissé at large car à peu tous dans ce bateau, soit TVA et le Journal de Montréal, avec bien évidemment des balises off the record font de l’éditorial sans en avoir un ou des éditorialistes officiels. Qui ne se souvient pas des élucubrations de Monsieur Claude Charron dans le bon vieux de la dette d’honneur au Parti Québécois et à la Caisse de Dépôts et Placements du Québec !
Finalement, que dire du reste ? Une dizaine de pages de faits divers sanglants si possible, le tout avec du gros populisme et beaucoup d’Human Interest ! Quand les ¾ du Journal sont consacrés aux annonces classées et au amateurs de sports et bonsoir, des redondances de Dernières Heures avec des artissssses qui font le beau et la belle et les prouesses de Star Académie car la foule en redemande, le reste et Martineau avec sont de la bouillie pour les chats, non pas écrasés ceux-là ! Au plaisir, John Bull.

Après avoir tout lu je ne vois qu’une solution ou personne ne perderait la face = deux journaux au lieu d’un
Le Journal de Montréal ( rondement indépendantiste)
Le journal Rue Frontenac ( carrément fédéraliste)
Car avec une telle option, Gesca prendrait avec ses entreprises son trou, et tous les emplois seraient sauvés .

J’appuie à cent pour cent la lutte que mènent les travailleurs/euses du J.de M. présentement en « lock-out ».

Pourquoi?

Parce que j’ai un préjugé favorable envers les travailleurs.

Pourquoi?

Parce que ce sont elles et eux qui sont le vrai moteur de l’économie. Les patrons profitent de leur talents, de leur labeur, de leurs compétences et de leur engagement. Très souvent aussi de leurs sacrifices! Sans les travailleurs, les patrons ne peuvent rien. Ils s’enrichissent grâce à leurs efforts.

Ce que nous appelons aujourd’hui « l’information », est de plus en plus contrôlée, concentrée dans les mains des propriétaires de réseaux, médias. Au Québec, je constate qu’il en existe deux, majeurs. Gesca et Québécor Média. Sauf erreur, ça se résume pas mal à cela.

Qui contrôle les médias, contrôle le message. Est-ce que nous prenons bien conscience du pouvoir que détiennent les deux plus grosses boîtes dans le domaine de « l’information » au Québec?

Les journalistes se battent présentement bec et ongles pour nous toutes et tous, afin que la liberté de presse, donc, la liberté d’expression ne soient pas complètement et irrémediablement anéanties par les monopoles qui tendent, par définition, à tout contrôler, tout, incluant évidemment le message.

Quand l’empire des médias décide d’appuyer une option au détriment d’une autre, on ne peut même plus déclarer que la lutte est inégale, puisque le contrôle du message est quasi-total!

Ce qui me fait écrire que ce qui est en cause dans cette lutte épique, entre David et Goliath, dépasse éminemment les considérations salariales, voire même les conditions de travail.

Ce qui est en cause est essentiel, c’est la liberté de presse, donc la liberté d’expression, ainsi que du droit d’accès à une information digne de ce nom, pour le public.

Là M. Lisée, je crois que l’on commence à déborder largement la discussion des relations employés/employeurs. Nous tombons plutôt dans le contrôle de l’information.

La plus grosse et la plus puissante entreprise de l’information au Canada est sûrement Radio-Canada qui occupe des ondes radio et de télévision, coast to coast.

De plus, si les médias privés doivent être rentables et payer un dividende annuel à ses investisseurs, il en est autrement pour Radio-Canada qui peut se permettre de dépenser tous ses revenus de publicité et en plus, 1,1 milliards de $ en subvention, chaque année.

S’il fallait qu’elle devienne un outil de propagande, elle deviendrait considérablement plus dispendieuse pour les contribuables canadiens que le furent les commandites et faire scandale elle aussi.

Le moment est peut-être propice à une enquête par Ottawa, le plus gros investisseur dans le domaine. Les changements rapides en information qui sont loin d’être terminés pourraient profiter d’un éclairage nouveau pour l’avenir.

Salutations cordiales

Sans être parfaitement informé des enjeux reliés au conflit du JdeM, ce qui me frappe ces derniers mois dans le domaine des communications en général, même à R-C sur les 2 chaines et dans La (grosse) Presse, c’est la tendance à la «capsulisation» des infos et des actualités,c’est à dire la domination du titre (accrocheur au temps que possible),du court texte ou commentaire, de la multiplication des manchettes sur la même page ou dans la même minute…, agrémentées de pubs! Le lien avec JdeM et QMI? Et bien de l’info en capsules et en cannettes, comme celle qu’on retrouve de plus en plus dans JdeM, mais imité par les autres, tous devenant semblables aux journaux gratuits du métro (où même La Presse a été distribuée récemment, avec ses 4 pages couverture payées par Ford!) Le malaise est plus large et plus profond que PKP et, après, les journalistes s’interrogeront sur leur métier…De l’abondance (des manchettes et non pas des faits nouveaux),ne naît pas nécessairement la qualité, mais parfois la répétition de banalités.

@Claude Pelletier

Monsieur, si vous parlez d’agenda caché, votre commentaire transpire la solde commandée par le patronat… et pourquoi pas, Québécor lui-même qui désire avoir la pôle position sur ce blogue!

Votre commentaire vient catégoriser l’ensemble des centrales syndicales dans une caricature tellement réchauffée qu’on se demande combien d’argent gaspillent vos patrons pour accepter que vous leur serviez pareilles inepties, arguments si grossiers par leur faiblesse argumentative!

Message à PKP et ses sbires «experts» en communication: jetez moi aux poubelles ces interventions peu constructives pour le débat!

Kathy Beriro

M. Lisée, j’applaudis votre initiative d’avoir franchement ouvert ce conflit sur la place publique. Notre univers du travail et notre modèle socio-démocrate québécois unique mérite qu’on s’attarde à la question des relations entre employeurs et employés. Vous offrez aux québécois (et à de nombreux observateurs neutres mais intéressés) une fenêtre presque directe sur les enjeux et les acteurs. C’est une belle occasion de nous permettre de repenser le modèle, le rebalancer dans l’intérêt général et tout en gardant en tête (je le répète) la spécificité de notre modèle québécois.

Merci de votre apport

PS: Avec toutes ces suggestions, M. Lisée, je ne serais pas surpris que PKP vous offre un poste de conseiller!

*
Premièrement, il faut arrêter de juger les hommes publics sur ce qu’ils disent mais bien sur ce qu’ils font ! PKP vient de s’associer avec la pire gang de rapaces médiatiques dirigée par Robert Murdoch qu’est Fox News. L’organisation est notoirement raciste, homophobe, anti-avortement, pro-guerre et pétro-créationiste. C’est une entreprise de désinformation & de pure propagande qui se torche avec les journalistes comme Kissinger avec un chilien ou PKP avec l’argent de la caisse de dépot 😉

Le conflit en cours ne cherche qu’`éliminer le plus grand nombre de journalistes possibles pour les remplacer par des scribouilleurs avides de se rentre le nez le plus profondément possible dans le derrière du pouvoir en place : les corpo-suprémacistes du complexe militaro-indiustriel.

LA QUESTION semblerait être : La convergence de cet agenda de Robert Murdoch avec TVA & le Journal de Montréal, c’est pour quand ?

La Fédération professionnelle des journalistes avait en effet mis à l’ordre du jour un atelier intitulé «L’éléphant dans la pièce » : « Si Quebecor décidait de se mettre au service d’une cause politique ou idéologique, qui pourrait l’en empêcher? »http://www.cyberpresse.ca/arts/medias/201011/27/01-4347050-le-journal-de-montreal-au-coeur-des-debats-au-congres-de-la-fpjq.php

En prenant les guignols de FOX NEWS comme modèles PKP devient la risée de quiconque possède encore 2,3 neurones qui pétaradent et Jon Stewart en particulier…
JON STEWART À FOX NEWS… “GO [email protected]*K YOURSELVES »
http://www.mediaite.com/online/jon-stewart-to-fox-news-go-f-yourselves/

ET DEUX FOIS PLUTÔT QU’UNE 😉
“Fox News Is Truly A Terrible, Cynical News Organization” – Jon Stewart
http://www.mediaite.com/tv/epic-jon-stewart-fox-news-is-truly-a-terrible-cynical-news-organization/

AUTREMENT DIT : »Des médias cyniques, mercenaires et démagogiques produiront avec le temps un peuple aussi minable qu’eux ! » – Joseph Pulitzer

Voila une excellente occasion pour se mettre à jour au sujet de notre ‘médiacratie’ délicatement appelé Mindfuck Inc par ses détracteurs… Prenez-en la mesure dans le documentaire ORWELL SE RETOURNE DANS SA TOMBE ! (sous titres en français )http://freedocumentaries.org/teatro.php?filmID=87&lan=fr&size=big

INFO+
http://foxnewsboycott.com/

J’ai lu cette lettre à voix haute et forte. J’ai dû parfois revenir sur certaines idées, certaines subtilités.

Elle est aussi directe que respectueuse, et m’a tout simplement émue à certains endroit parce qu’elle s’adresse au meilleur de l’être humain et au meilleur de l’empire.

C’est vrai, et je ne l’avais pas encore vu ainsi, quand on réagit intensément aux attaques, c’est que l’on a pas encore réalisé sa force. Je retiens cette idée comme principale. Depuis le temps que j’essaie de comprendre cet homme qui m’apparaît de bonne souche, comment et pourquoi agit-il tellement différemment de l’idée que je m’en fais ?

Certains me traiteraient d’idéalistes finis que de croire qu’une lettre franche puisse changer les choses. J’y crois. Ce n’est pas un coup de baguette de fée des étoiles, mais ce n’est pas un coup de bâton donné derrière la tête.

Être réaliste n’implique pas de ne jamais s’adresser à l’intelligence supérieure, celle qui vole au-dessus de l’égo bêtement réactionnaire.

Merci de ce que vous faites. Pour le reste, je me laisse aller à un acte de foi envers l’intelligence supérieure de monsieur Pierre-Karl Péladeau.

Comme disait l’autre, Sérieyx en l’occurrence, «Nos organisations ont été conçues pour gérer de la permanence et de l’ordre. Brutalement, elles percutent un monde qui change vite et elles n’arrivent pas à s’y adapter.

Quand on affronte les réalités de demain avec les organisations d’hier, nous avons les drames d’aujourd’hui.»

Et si c’était ça le problème de fond? Dans le bois aujourd’hui une petite multi (multifonctionnelles) remplace 8 bûcherons.

Est-ce qu’il faudrait interdire les petites multi ? Et qu’est-ce qu’on fait avec les autres ?

Monsieur Pelletier, vous devriez vous renseigner sur le mode de relation de travail au Québec et surtout sur le processus décisionnel en vigueur à la CSN avant d’affirmer autant d’inepties que vous l’avez fait plus haut. Si tous les syndicats y compris le mien (SPGQ), étaient aussi démocratiques que l’est la CSN, nous aurions un tout autre régime de vie au travail aussi et surtout un meilleur régime de négociation collective.

Peut-on quand même espérer des réponses maintenant que le médiateur a demandé à ce qu’on ferme le robinet de l’info? Certaines ne concernent pas directement le conflit, mais il serait assez délicat de continuer à se prêter au jeu de la transparence. Questions très intéressantes par ailleurs.

J’ai bien aimé la réaction de Raynald Leblanc dans l’article de Nathalie Collard publié dans La Presse d’hier (Leblanc, c’est le président du syndicat local, le même qui racontait aux caméras en juillet 2009, la larme à l’oeil, que l’invasion de la salle de rédaction par les syndiqués était un geste spontané alors qu’il avait en fait été minutieusement planifié par la CSN, avec son aval à lui, selon la juge qui a présidé au procès pour outrage au tribunal). J’ai pris la peine d’aller lire le jugement et ça vaut vraiment la peine (www.jugements.qc.ca – mot-clé = 2010 QCCS 2426).

Le pauvre monsieur a l’air sérieusement contrarié de l’avènement d’une certaine transparence dans ce conflit, surtout que les faits exposés tant par PKP que par Claudette Carbonneau ne le définissent pas précisément comme un leader significatif. C’est bien beau de crier sur tous les toits que l’employeur ne veut pas négocier, mais ce qui ressort de tout ça, c’est surtout que l’employeur ne veut pas céder à des demandes d’un autre âge et souhaite recouvrer son droit de gérance, ce qui est assez différent et plutôt justifiable.

Je note que vous améliorez vos choix de photos de PKP. Signe d’une objectivité et d’un respect grandissants. Vos choix antérieurs étaient d’un militantisme assez patent. Vous n’auriez faits de tels choix pour vous-même.

“Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse à toi-même; maintenant, va et étudie”, disait Hillel dans Shabbat 31a à un prosélyte qui lui demandait de lui expliquer toute la Torah pendant qu’il se tenait debout sur une seule jambe.

@ Kathy Beriro, # 13,

Je regrette de vous décevoir, mais je ne suis à la solde ni le porte parole de qui que ce soit autre que moi-même.

@ Jean Rêve, # 18,

J’apprécie particulièrement de pouvoir exprimer avec conviction, à travers ce média indépendant, ce que j’ai pu percevoir, à l’interne et de l’extérieur, par expérience personnelle en relations de travail sur une période de 13 ans, sur la ligne générale de conduite et sur les méthodes, de type copier/coller, généralement utilisées dans les milieux institutionnels publics et dans divers types d’entreprises privées.

Monsieur Lisée,

Si vous tenez tant que ça à gérer le J de M, pourquoi ne vous associez-vous pas au Fonds de la CSN et n’achetez-vous pas le journal en question?

Vous pourrez alors y faire ce que bon vous semble et co-gérer le tout avec les syndiqués mais SANS intrant étatique.

Allez…du nerf que diable et descendez de votre tour d’ivoire pour venir ici, dans le « vrai monde », nous démontrer le côté pratique de vos théories et votre de votre réthorique jusqu’ici plutôt abstraites.

@Venise Landry

Vous écrivez: «Depuis le temps que j’essaie de comprendre cet homme qui m’apparaît de bonne souche, comment et pourquoi agit-il tellement différemment de l’idée que je m’en fais ?»

Avez-vous penser à la solution simple. Il joue un rôle. Peut-être connaissez-vous le théâtre et tous les rôles qu’une même personne peut y jouer. Si c’est le cas, vous pourriez explorer cette hypothèse et mieux comprendre l’homme. Mais vous semblez donner toute la responsabilité de la situation à PKP. La réalité, pas le théâtre, nous montre qu’il en est rarement ainsi, que tous les torts et toutes les responsabilités sont du même côté. Çà serait trop facile …. ;-0

«Contentons-nous de dire que le théâtre, comme la Vie, est un songe, sans trop nous soucier du mensonge.» [Jean-Louis Barrault]

Monsieur Lisée,

Je vous remercie pour cette initiative qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Quels en seront les fruits ? Voilà la première question à laquelle nous devons répondre.

Je prédis que PKP ne se prêtera pas à votre jeu. Comme plusieurs de vos fidèles internautes, il le jugera plutôt enfantin. En effet, quelle motivation monsieur Péladeau aurait-il à laisser un polémiste, aussi brillant soit-il, lui dicter un plan d’action pour l’administration de ses affaires ? Il n’a sûrement aucune intention de justifier la position de Quebecor en se pliant aux diktats que vous avez établis, surtout que vous n’avez pas démontré posséder l’impartialité requise pour l’animation d’un débat aussi important.

Cependant, je crois que PKP pourrait devoir intervenir, ici ou ailleurs, personnellement ou autrement, si cette aventure dérapait dans le sens d’une campagne de désinformation ou d’une partisanerie malveillante. En effet, votre blogue est trop important pour être ignoré.

Si l’information est vitale à l’homme pour assurer sa survie en tant qu’individu et en tant qu’espèce, l’information est un droit.
Le droit à l’information est le droit fondamental de l’individu et de la collectivité de savoir et de faire savoir ce qui se passe et que l’on a intérêt à savoir.
Malheureusement, au nom de la liberté d’expression, on a dénaturé ce droit de savoir. La seule liberté d’expression qui existe aujourd’hui, c’est celle de publier telle ou telle publicité plutôt que telle autre.
Avec les empires Desmarais et Péladeau,la liberté de la presse n’est plus la liberté d’un individu désireux de propager ses idées, c’est la liberté de l’appareil thermodynamique maintenant possédé par des groupes d’intérêts financiers mais ce n’est pas celle du contenu, la liberté de l’information.
La liberté de presse ,c’est et c’est uniquement la liberté de publier ou non ce qu’on veut, quand on veut, où on veut et de la manière que l’on veut, pourvu que cela rapporte économiquement ou politiquement.
Et ceci n’est pas nouveau. C’est juste pire qu’avant.
À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :
« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »

M. Lisée, vous écrivez: »Vous n’ètes pas sans savoir que la concentration de la Presse entre les mains de Gesca et de Québécor fait de notre « pays » le Québec le lieu où la concentration est la plus forte à l’exception de la Corée du Nord. Je puis vous assurer, M. Lisée, que les citoyens québécois le savent aussi. Dieu merci! notre pays réel c’est le Canada. La tribune enfin laissée pour la pensée de droite par Québécor est davantage louable que condamnable. Joseph Facal, J.-Jacques Samson côtoient les Eric Duhaime, Nathalie Elgrably. J’y vois là davantage un respect envers la diversité des Québécois (la pensée unique a depuis toujours renié le revers de la médaille gauchiste). La concentration ne diffusant que la pensée gauchiste nous ferait partager la première place ex-aquo avec la Corée du Nord. Un pays du Québec vraiment démocrate? Je n’y crois pas.