Citation de la semaine : les hôpitaux nous rendent-ils malades ?

Comme à tous les vendredis, c’est jour de ma «citation de la semaine».

Ces citations, vous le savez, sont choisies pour ouvrir le débat à vos observations et vos analyses.

Le sujet de cette semaine n’est peut-être pas très jojo, mais à travers les scandales, les commissions d’enquête, les ex-maires faussement naïfs, l’arrivée imminente d’un Denis Coderre dans la course à la mairie de Montréal ou des manifestations de plus en plus réprimées, malheureusement, il fait encore beaucoup trop de victimes. Je parle ici des infections nosocomiales…

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Dans les médias canadiens-anglais, le sujet opère un retour dans l’actualité depuis le décès de la chanteuse Rita MacNeil.

Âgée de 68 ans, la vedette canadienne de la chanson country, on rapporte qu’elle serait décédée récemment d’une infection contractée à l’hôpital régional du Cape Breton. (Plus tard aujourd’hui, l’hôpital émettait cette mise au point niant cette nouvelle.)

Rappelons qu’une «nosocomiale» est une infection «clinique et/ou microbiologique contractée dans des établissements de soins par tout patient n’ayant pas cette infection lors de son admission». Ces infections, on peut donc les contracter dans un hôpital, mais aussi dans n’importe quel établissement de soins, incluant ceux de longue durée.

La plus connue est la Clostridium difficile, dont l’abréviation plus familière est C. difficile.

Potentiellement fatale, je vous en épargne la description que vous trouverez ici. Notons seulement que nous sommes de plus en plus nombreux à connaître quelqu’un qui en a été victime, à moins de l’avoir subie soi-même.

Depuis plusieurs années, les nosocomiales sévissent dans les établissements de soins, ici et ailleurs en Occident. À un point tel où les autorités politiques ne savent plus trop quoi en faire. Quel ministre de la Santé n’a pas été pris à répéter mécaniquement que ces infections sont plus ou moins inévitables?

Si les causes possibles sont multiples, une chose est connue : sa cause principale est le manque d’hygiène de base dans les établissements de soins, les salles de bain partagées, les coupures imposées aux budgets d’entretien (dont le ménage en soi , de même que l’entretien des systèmes d’aération et d’approvisionnement d’eau).

Même si on note dans les grands hôpitaux une sensibilisation accrue aux questions d’hygiène, y contribuent aussi la prise répandue d’antibiotiques, de même que le manque de vigilance qu’on retrouve parfois au sein même du personnel soignant, des patients et des visiteurs pour des choses aussi simples que de se laver les mains.

Bref, ce n’est pas que ça,  mais c’est aussi beaucoup une question d’hygiène et donc, de budget, de consignes et d’éducation. Or, l’entretien ménager est trop souvent le poste budgétaire grugé en premier par des administrateurs soit incompétents, soit aux prises avec des compressions les obligeant à des arbitrages potentiellement risqués pour la santé publique.

Ce long reportage de l’émission Marketplace de la CBC sur le sujet de la propreté dans les hôpitaux a de quoi à faire réfléchir… Pour le visionner, c’est ici.

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Maintenant, de retour à Rita MacNeil. Parce qu’elle était une personnalité connue et aimée au Canada anglais, la nouvelle en a choqué plusieurs.

Or, au-delà de ce cas spécifique – contesté pour le moment par l’hôpital -, il reste que son décès prématuré réveille en même temps l’inquiétude croissante devant les interventions et les ressources toujours insuffisantes pour mieux combattre les infections nosocomiales.

Ce qui nous amène à la citation de la semaine.

Elle est tirée d’un article signé par le journaliste André Picard dans les pages du Globe and Mail. Je traduis :

«Les infections nosocomiales frappent 250 000 patients et tuent de 8 000 à 12 000 Canadiens par année. Les infections contractées par les patients en établissements de soins est une des premières causes de décès dans ce pays : elles tuent deux fois plus de personnes que le cancer du sein.»

Ouch…

Partant encore du cas de Rita McNeil, André Picard pose la question qui tue – si vous me passez l’expression dans les circonstances:

«Comment se fait-il que ces 8 000 à 12 000 morts annuelles provoquées par les nosocomiales ne nous mettent pas plus en colère? Au Canada, nous nous taisons trop face aux problèmes de notre système de santé et hésitons trop à exiger des institutions et des individus responsables qu’ils soient imputables pour leurs échecs. (…)

Chaque homme et chaque femme devrait exiger de savoir pourquoi nos hôpitaux ne sont pas plus propres et plus sécuritaires.»

En effet…

Ce qui, disons-le clairement, ne remet pas en question le travail admirable qu’y font le personnel médical souvent dans des conditions extrêmement exigeantes. Ce dont il est question ici est le manque de volonté politique et de ressources adéquates pour assurer une hygiène nettement plus optimale dans nos établissements de soins.

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(*) Sur ce, vous me permettrez de prendre quelques jours de pause. Entre temps, la section «commentaires» sur mon blogue vous restera bien évidemment ouverte. Parions que je ne résisterai probablement pas à la tentation d’y jeter quand même un coup d’oeil attentif…

Les commentaires sont fermés.

Les grands décideurs de ces hôpitaux ont beaucoup de facilité à couper dans les équipes d’entretien ménager. Leur charge de travail augmente sans cesse. Des retraités ne sont pas remplacés, les espaces de travail à entretenir sont constamment agrandis, donc les concierges ont moins le temps pour laver, époussetter, décrasser, en d’aures mots, sécuriser l’hôpital. Résultat : non seulement les coins sont tournés rond, mais les murs, rideaux, et autres équipements anodins peuvent ne pas avoir été nettoyés pendant des semaines.

À l’hôpital, vous verrez partout des affiches vous demandant de vous laver les mains. L’intention est certes louable. Mais ces mains propres iront touchés des équipements sales pour ne pas dire souillés.

Manque de fonds, vous dira-t-on. Il faut couper. Une certaine année, au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, un grand penseur avait décidé de couper l’air climatisé pendant les fins de semaine d’été. Génial, n’est-ce pas? Fallait y penser! Car il est bien connu qu’il ne fait chaud que la semaine!

Et pendant ce temps-là, on apprend que des chirurgiens utilisent gratuitement les équipements des hôpitaux publics pour procéder à des chirurgies esthétiques qu’ils chargent à fort prix. Est-ce la meilleure? Le chef Couillard nous apprend qu’il faut faire des compromis avec ces chirurgiens si on veut qu’ils restent dans le public!

C’est-y pas beau, ce système-là, dites-moi?

Les hôpitaux nous rendent-ils malades?

Et bien oui!

C’est là où se rendent les gens malades et contaminés par une bactérie, une levure, ou un virus. On à beau laver, frotter, essuyer qu’ils en reste quelque chose. Mais ce n’est pas le plus important pour la contamination; ce sont les gens de l’extérieur.

Il est plus difficile d’entrer dans un poulailler et dans une porcherie que dans un hôpital donc de le souiller.

Imaginez la personne qui défonce un peu le papier de toilette en s’essuyant et qui ne se lave pas et qui 5 minutes après saisit la poigné de porte de l’hôpital juste avant vous et vous, vous touchez à toutes les poignées comme lui.

Imaginez un cas de grosse grippe, l’influenza qui disent, que cette personne touche le téléphone dans la chambre et toutes les poignées de portes et qui en partant donne deux ti-bec à la patiente.

Imaginez le colon qui se mouche avec les doigts et saisis la poigné de la porte de l’hôpital les doigts encore humides de sa morve. La encore une fois vous saisissez la poigné et toutes les poignés. 5 minutes après vous allez à la cantine pour vous chercher un bon sandwich.

Imaginez la personne qui passe dans le gazon qui écrase une crotte de chien et qui entre tout droit dans l’hôpital et en moins de 60 secondes est dans la chambre du patient.

Imaginez que vous entrez dans l’hôpital après avoir mis le pied près de l’entrée dans un crachat d’une personne qui a une pneumonie et contaminé par la C difficile ou encore d’une personne atteinte de tuberculose et qui tousse dans la poignée.

Mais dans ce monde où nous vivons les cochons et les poulets ont plus de valeur que la vie humaine.

Et oui dans une porcherie sérieuse on est obligé de se laver les chaussures et souvent de prendre une douche, de passer dans un sas et de changer de costume afin que les cochons ne soit pas contaminés.

Ce n’est pas d’hygiène dont il faut parler ici, mais de protocole de nettoyage et désinfection.

Les producteurs de porcs et les vétérinaires ont connu la C. difficile dans les maternité. Ils ont compris qu’il ne fallait lésiner sur le nettoyage et la désinfection des chambres de mise-bas. Mais ils ont un avantage sur les hôpitaux, c’est qu’ils peuvent vider la chambre et entreprendre le nettoyage et la désinfection.

Ces protocoles sont en place dans tous les élevages sérieux de porcs.

« Ce n’est pas d’hygiène dont il faut parler ici, mais de protocole de nettoyage et désinfection. »

Je dirais: C’est d’hygiène dont il faut parler ici, et de protocole de salissage et d’infection.

Là au moins les gens seraient conscients de leurs gestes.

« Mais ils ont un avantage sur les hôpitaux, c’est qu’ils peuvent vider la chambre et entreprendre le nettoyage et la désinfection. »

La même condition s’applique aux hôpitaux.

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