Citation de la semaine : «rendez-nous notre butin!»

Photo: ©CEIC
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Le sujet du remboursement au trésor public par les entreprises ayant trempé pendant des années dans la collusion et la corruption est fortement dans l’air du temps.

Alors que Maurice Duplessis criait au fédéral son fameux «rendez-vous notre butin!», aujourd’hui, des contribuables floués et les partis politiques lancent en choeur aux dites entreprises un retentissant «remboursez-nous!».

Les montants totaux en jeu pouvant aller dans les centaines de millions de dollars et possiblement le milliard et plus, on parle ici de détournements massifs et orchestrés de fonds publics. Y compris par le crime organisé.

On ne badine pas avec un tel sujet.

Face à une opinion publique dégoûtée avec raison et en concurrence en vue d’une élection générale pouvant venir d’ici moins d’un an, les partis politiques rivalisent d’exigences en la matière.

Or, malheureusement, la frontière entre une prise essentielle de responsabilité et la tentation de démagogie est parfois mince. Car si les contribuables sont tout à fait en droit de s’attendre à une réparation financière substantielle pour toutes ces années de vol, le diable risque en même temps de se cacher dans les détails.

Alors que la Coalition avenir Québec (CAQ) continue d’exiger du gouvernement Marois qu’il fasse tout en son pouvoir pour obtenir ces remboursements, ce dernier invite les firmes concernées à faire leur propre évaluation des sommes détournées pendant qu’en même temps, il fera la sienne. On parle non seulement des firmes d’ingénirie concernées, mais aussi des entreprises en construction qui seraient trouvées fautives.

Comment toutefois évaluer ce qu’aura coûté en dollars publics toutes ces pratiques maintenant connues de collusion, de corruption et de financement illégal des partis? Quelle période sera couverte? Quelles firmes auront les moyens de tout rembourser sans faire elles-mêmes faillite?

Cette semaine, le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, excluait d’office toute «amnistie» possible des firmes fautives. Or, amnistie et remboursement ne sont pas incompatibles – la première découlant habituellement du second.

De son côté, l’Association des ingénieurs-conseils du Québec (AICQ) n’a plus le choix. Elle doit maintenant plancher sur divers scénarios de remboursement. Face à des sommes possiblement astronomiques, l’AICQ cherche en même temps une forme ou autre de porte de sortie de nature non financière. Or, le «travail communautaire» d’ingénieurs serait-il une compensation satisfaisante dans les circonstances? Il y a fortement lieu d’en douter…

***

Bref, rien ne sera simple dans ce dossier. Il est d’une grande complexité. Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois veut aussi s’assurer de montrer «quelque chose» de plus tangible aux Québécois d’ici la prochaine élection.

Ce qui nous amène à notre citation de la semaine, courtoisie du président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard :

«Ce que les Québécois veulent, c’est que justice soit faite. Et ce sera fait.»

***

Et les partis politiques?

L’intention est bien entendu louable et nécessaire, mais tout dépend ici de ce que l’on entend par «justice»…

En 2015, la commission Charbonneau doit accoucher d’un rapport final. On peut s’attendre, j’ose croire, à ce qu’elle y fasse des recommandations extrêmement précises quant aux processus d’octroi de contrats publics et le financement des partis. S’ils ont été passablement resserrés, l’impossibilité absolue de pratiques collusoires ou de corruption est encore loin d’être garantie.

En attendant 2015, si «justice» doit être faite et l’être avec sérieux, dans la mesure où on exigera des remboursements complets ou partiels des firmes fautives, il faudra également se tourner vers les partis politiques eux-mêmes.

De nombeux témoins l’ont dit et redit à la commission Charbonneau : au cœur même de ce «système» de collusion et de corruption se trouve le financement politique des partis. Soit pour obtenir des contrats publics, soit par espoir réel ou vain d’en avoir ou encore, soit par reconnaissance d’en avoir eus, des firmes d’ingénierie et des entreprises en construction ont souvent surfacturé le trésor public pour les aider à contribuer aux partis de même qu’offrir des «cadeaux» à certains élus et hauts-fonctionnaires. Et, dans certains cas, pour payer son «pizzo» à la mafia.

Comme on disait à l’époque de Duplessis : ceux qui donnent beaucoup aux partis reçoivent beaucoup et ceux qui donnent peu, reçoivent peu.

Ou, comme le résumait si bien un des témoins de la commission Charbonneau : «Si vous êtes bons avec le politique, le politique va être bon avec vous

Or, si comme le dit le président du Conseil du trésor, «la ligne directrice demeure la probité» en ce qui concerne ces remboursements possibles par les firmes fautives, comment ne pas inclure les partis politiques dans ce même processus «colossal» d’analyse?

Le financement «occulte» de plusieurs partis n’est pas une lubie. La commission Charbonneau et de nombreuses enquêtes journalistiques en ont fait largement la démonstration. Dans ce cas, force est d’inclure dans le calcul les montants reçus illégalement par certains partis pendant la même période.

Que les sommes «données» ainsi par des firmes en contravention de la loi leur aient ou non permis d’obtenir tel ou tel contrat n’a guère d’importance. Lorsqu’une firme contribue illégalement à un parti par le biais de prête-noms, de «cadeaux» ou d’enveloppes brunes, elle le fait nécessairement en lien avec un contrat public, souhaité ou obtenu.

Bref, peut-il y avoir ici des remboursements à géométrie variable?

Québec solidaire propose d’ailleurs que le Directeur général des élections puisse «récupérer toute contribution contrevenant à la loi électorale dans un délai de 15 ans, soit la période couverte par la Commission Charbonneau» :

«Aujourd’hui, ces partis (PLQ et PQ) refusent encore de s’engager à rembourser tous les dons illégaux recueillis depuis 15 ans. Ils veulent limiter leur responsabilité aux cinq dernières années. Leurs dirigeants continuent à nier toute connaissance de ces pratiques.»

En juin 2006, le rapport Moisan – commandé sous le gouvernement Charest -, faisait pourtant état d’un cas documenté. Soit la réception au Parti québécois de 96 400$ de la firme Groupaction – une des firmes les plus actives dans le scandale fédéral des commandites -, par le biais de l’usage illégal de prête-noms. Le même rapport concluait aussi que «le parti connaissait cette situation et il fermait les yeux».

Après avoir nié la chose, le chef péquiste de l’époque, André Boisclair, avait accepté de rembourser cette somme.

Selon les témoignages à la commission Charbonneau, le PQ ne serait pourtant pas le seul à avoir profité à des degrés divers de l’apport de ce système généralisé de prête-noms. Loin s’en faut. Sans compter, il va sans dire, les partis municipaux.

Bref, force ici est de constater l’énorme difficulté – mathématique, financière et politique -, que représente ce projet de faire «rembourser» les filous. D’autant que le financement occulte des partis politiques en était souvent le principal ressort.

Ce qui ne rend pas la chose impossible ou non souhaitable pour autant. Au contraire. Il doit y avoir une forme ou autre de compensation pour les contribuables floués. Le mieux étant parfois l’ennemi du bien, si «remboursements» au trésor public il doit y avoir, il devront être calculés et répartis de manière aussi réaliste qu’équitable. Ce qui veut dire qu’ils devront toucher tous les acteurs concernés – y compris les partis politiques -, sans pour autant «tuer» des entreprises viables.

Réparer le passé est une chose importante tout comme doit l’être à l’avenir la multiplication des obstacles concrets à la collusion, la corruption, les dépassements de coûts injustifiés, l’influence du crime organisé et le financement illégal des partis.

Les sommes étant fort importantes, rembourser les contribuables, même en partie, est un geste de réparation essentiel. Y compris par les partis politiques fautifs. Les formules possibles sont d’ailleurs nombreuses.

Vous avez sûrement vos propres suggestions à formuler. Si oui, je vous invite à les faire ici.

Si, toutefois, ce processus devait finir essentiellement en ballon préélectoral pour les partis – soit pour se disculper eux-mêmes ou se présenter aux élections en uniforme populaire de Monsieur Net -, «justice» ne pourra être faite entièrement dans ce dossier.

***

Sur ce, vous me permettrez de prendre quelques semaines de repos. Je vous reviendrai au mois d’août sur ce blogue et le ferai avec grand plaisir. Un très bel et doux été à vous toutes et vous tous!

L’automne politique promet d’être particulièrement chaud. Autant au Québec qu’à Ottawa. Sans oublier les élections municipales du 3 novembre…

 

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Québec solidaire a toutes les raisons de tenter d’affaiblir les partis politiques qui dominent au Québec, afin de se renforcir pour accélérer sa prise de pouvoir. Pas toujours aux mêmes, l’assiette au beurre ou l’auge à …….

On sait tous que la principale raison (en fait, LA raison!!!) des problèmes de corruption et de collusion auxquels fait face la province de Québec actuellement est le présence doctrinaire des monopoles étatiques et syndicaux sans comparaison en Amérique du Nord.

Moins il y aura d’omniprésence étatique et syndicale tentaculaires et moins ces problèmes chroniques nous accablerons et comme extra, mieux et pus LIBRES se sentiront les citoyens du Québec de plus en plus écrasés par ces poids morts.

Dans un endroit logique et sensé, l’argent que les contribuables ont versé en trop serait, suite à un verdict d’un tribunal, remis directement à ces mêmes contribuables. Mais pas au Québec. ici, l’argent sera transféré d’une groupe d’escrocs à un autre groupe d’escrocs: les politiciens qui s’en serviront pour acheter des votes. D’ailleurs, les factures de construction de ponts et chaussées sont supposées être diminuées de plus de 30% depuis 2 ou 3 ans (depuis que Jean Charest s’est attaqué courageusement à la corruption!!!), or, quelqu’un a vu sa facture de taxes et d’impôt diminuer dans cette proportion?

C’est ce que je pensais!

Cet argent disparaîtra dans les limbes étatiques et les politiciens et les fonctionnaires syndiqués mur-à-mur se partageront le butin.

Il est LÀ le VRAI scandale!

Cette certitude, c’est la votre. N’essayez pas de faire passer vos croyances pour des vérités universelles. À la longue votre expertise en sophisme devient évidente.

Une autre hypothèse qui tient très bien la route et qui correspond à ce que plusieurs experts disent c’est que depuis que les gouvernements ont remis leur expertise aux entreprise privées, ils n’ont plus été en mesure de porter un jugement professionnel éclairé sur la qualité des grands travaux d’ingénieries. Ce qui a ouvert la porte à tous les abus et toutes les malversations qui nous sautent aujourd’hui aux yeux. Autrement dit, l’opinion de ceux qui connaissent les dossiers est exactement le contraire de ce que vous affirmez.

«Les chiens aboient. La caravane passe.»
[Proverbe ]

Vous savez autant que moi et autant que la plupart des Québécois que la corruption qui mine notre pauvre province, et qui en fait maintenant l’endroit le plus corrompu en Amérique-du-Nord, date de bien avant que « l’expertise » étatique québécoise en matière d’ingénierie n’ait été ajustée aux besoins réels.

D’ailleurs, toutes les structures actuellement brinquebalantes et/ou qui sont déjà tombées, (TOUTES!!!) ont été construites alors que cette « expertise » était fortement présente au sein du gouvernement québécois.

De plus, les « experts » dont vous faites mention et qui ont donné une opinion favorable à l’augmentation et à l’enflure de la bureaucratie étatique sont, comme par « hasard », tous employée syndiqués de ce même gouvernement…

Pas beau ça? Hein?

Primo, je ne crois pas que le Québec soit le seul endroit en Amérique du Nord où la corruption fleurit. Mais peut-être sommes-nous le seul endroit où on s’y attaque sérieusement. Je déteste votre attitude, comme celle de quelques autres d’ailleurs, à continuellement dépeindre le Québec comme le pire endroit où vivre.

Secondo, je vous cite une source d’information qui n’a rien à voir avec des syndiqués : Éditions Vie Économique (http://www.eve.coop/?a=167) , qui est une coopérative de solidarité. Et tant qu’à faire voici ce qu’écrivait La Presse :«Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, s’inquiète de l’effritement des compétences de l’État dans de nombreux domaines d’activités.» (http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201110/11/01-4456264-la-perte-dexpertise-de-letat-inquiete-le-conseil-du-patronat.php). On ne peut tout de même pas prétendre que le Conseil du patronat est une centrale syndicale. Alors quand vous écrivez : «De plus, les « experts » dont vous faites mention […] sont, comme par « hasard », tous employée syndiqués de ce même gouvernement…», vous êtes, encore une fois, complètement dans le champ. Encore une fois vous faites passer vos propres idées personnelles pour des vérités universelles. Où est votre honêteté intellectuelle ? Êtes-vous en mesure de faire la différence entre vous et le reste du monde ? À l’évidence vous pensez comme un ado qui est incapable de mettre en doute sa propre pensée.

«L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit.»
[Aristote]

Notre pays, le Canada est l’endroit où il fait le mieux vivre dans le MONDE pour la TROISIÈME ANNÉE CONSÉCUTIVE. Pas le Québec:

http://www.antagoniste.net/2013/07/01/le-canada-de-stephen-harper/

et

http://www.reputationinstitute.com/

Imaginez-vous si le Québec n’attirait pas le Canada vers le bas…

Secondo, vous me donnez raison: la source de votre référence est EXACTEMENT un fon-fon (un autre!) de l’État québécois:

Moktar Lamari [1], Ph.D.
Professeur et Directeur du Centre de recherche et d’expertise en évaluation (CREXE)
École nationale d’administration publique; Université du Québec, Canada

De plus, vous devez être particulièrement désespéré pour me donner en référence le gros méchant Conseil du PATRONNAT du Québec non?

Comment se fait-il que les infrastructures québécoises désuètes et qui tombent (littéralement!!!) en lambeaux qui sont actuellement en train d’être remplacées ont TOUTES, oui…oui… TOUTES! été construites alors qu’il y avait un troupeau d’ingénieurs « qualifiés et experts » dans le MDT??? Et qu’aucune, AUCUNE n’a été construite en PPP!!! Z’ont TOUTES été construites par le PUBLIC!!! Pas beau tout ça?

De plus, quels sont les « experts ingénieurs » qui défilent actuellement à la Commission Charbonneau? Eh oui,,,des employés du secteur public syndiqués mur-à-mur pour la plupart et ayant été dirigeants à la ville de Montréal ou à Laval (pour l’instant…)!!!

Ne sont-ce pas ces derniers qui avaient approuvé les devis et supervisé la construction des viaducs qui se sont effondrés à Laval? Ne sont-ce pas eux qui ont géré la construction et la réfection des routes cahoteuses qui sillonnent le Québec et qui ne sont même pas fichues d’afficher une signalisation intelligente? Ne sont-ce pas eux qui ont laissé les infrastructures municipales pourrir sur place sans lancer de signal d’alarme?

C’était à l’époque, justement, où le MTQ disposait de cette belle expertise interne. Compétence, mon œil. Intégrité, mon œil.

VOS experts étaient PRÉSENTS à l’époque Monsieur Drouin et ils ont TRAHI les Québécois.

@ François 1

Si, comme libertarien, vous vous opposez à tout ce qui s’appelle gouvernement, si votre ultime souhait serait de voir complètement disparaître toute forme d’autorité gouvernementale, alors pourquoi n’allez-vous pas vivre là où il n’y a à peu près pas de gouvernement pour vous casser les pieds ? Il y a des déserts où les gouvernements n’auront aucun impact sur votre vie. Il y a également des jungles très retirées qui ont ces mêmes caractéristiques. Bref, il y a plein d’endroits sur la planète où vous écoulerez toutes les années qui vous restent à vivre sans jamais entendre parler d’un quelconque gouvernement. Établissez-vous y, vous serez de toute évidence des plus heureux et vous y coulerez des jours très heureux.

«Une fois qu’on a passé les bornes, il n’y a plus de limites.»
[Alphonse Allais]

Je ne m’oppose pas à toute forme de gouvernement car une société a besoin d’un minimum de cohésion.

Mais je m’oppose à l’étatisation systématique dont nous, Québécois, sommes particulièrement victimes.

Voici qui pourrait vous renseigner sur mes positions:

http://www.quebecoislibre.org/philo1.htm

Extrait:

« Nous croyons que la coopération volontaire entre les individus dans un marché libre est préférable à la coercition exercée par l’État. Nous croyons que le rôle de l’État n’est pas de poursuivre des objectifs au nom de la collectivité – comme redistribuer la richesse, « promouvoir » la culture, « soutenir » le secteur agricole, ou « aider » la petite entreprise – mais bien de se limiter à protéger les droits individuels et laisser les citoyens poursuivre leurs propres objectifs de façon libre et responsable.

Bonne lecture…

Martin Masse, l’ancien adjoint à Maxime Bernier ? Je m’excuse mais moi, quand je lis quelqu’un qui a été l’adjoint de Maxime Bernier, j’ai beaucoup de difficultés à le prendre au sérieux…

Tant qu’à y être, retournons au moyen-âge. La redistribution de la richesse doit être le premier rôle de l’État.

Sauf qu’au Québec, cette « richesse » à distribuer se crée artificiellement et à CRÉDIT!!!

Les entreprises qui ont floué tous les citoyens du Québec par leurs pratiques illégales, doivent s’attendre à en payer le prix. Toutefois, au sein d’entreprises importantes il serait tout à fait illogique et exagéré de prétendre que tous les employés de ces entreprises ont une responsabilité dans ces crimes. Nous pourrions même affirmer sans trop de risque de se tromper que la grande majorité de leurs employés n’y ont aucune responsabilité.

Si le gouvernement entreprend des procédures de poursuites pour récupérer les sommes spoliées, plusieurs entreprises seront forcément placées dans une situation financière très difficile, voire même intenable. Les risques de faillite sont donc réel et même prévisible. Si cette hypothèse advenait, c’est évident que beaucoup d’honnêtes travailleurs seraient lésés en perdant leur emploi. Ce qui serait vraiment très malheureux et même injuste.

Également, si le Québec voyait disparaître certaines grandes entreprises, comme Dessau par exemple, le Québec entier serait perdant au niveau de l’expertise qui partirait aussi. Ce qui serait également très malheureux.

Par contre, l’idée d’une amnistie est en soi répugnante. Ça serait comme lancer le message que si vous volez l’État à un niveau suffisamment élevé, vous aurez toutes les chances de ne pas être puni, la justice épargnant les plus gros. En plus, les citoyens du Québec devront dire adieu aux sommes colossales subtilisées.

Il faut donc trouver une solution où les criminels seraient punis, les citoyens remboursés le plus possible, l’expertise maintenue. Une telle solution existe.

En effet l’État devrait nationaliser les entreprises reconnues de fraudes et de collusion. Ainsi les propriétaires de ces entreprises se verraient privés des titres (actions) de propriétés de leurs entreprises évidemment sans aucune compensation. Ces entreprises appartiendraient carrément à l’État qui en ferait la gestion pendant un certain temps. Pas de perte d’emploi, pas de perte d’expertise. Pendant la période de temps où l’État en serait propriétaire, leur saine gestion serait assurée par des professionnels reconnus.

Après un certain temps, les employés de ces entreprises nationalisées se verraient offrir la propriété de l’entrepris où ils travaillent via la création d’une COOPÉRATIVE de travailleurs. Ainsi l’entreprise serait gérée par les travailleurs et leur appartiendrait. La nature-même de coopérative imprimerait à ces entreprises un dynamisme particulier et motiverait certainement les employés à travailler au meilleur succès de leur coopérative.

Ainsi toutes les attentes seraient prises en compte et les embûches évitées. Le Québec a une histoire particulièrement riche d’expériences dans le champ des coopératives. On aurait toutes les chances de réussir.

Si les lois actuelles ne permettent pas de faire cette démarche, alors adoptons de telles lois. Je ne vois pas qui ou quoi pourrait nous empêcher d’emprunter cette voie.

«Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.»
[Mark Twain]

“Rendez-nous notre butin”. En cette demande fort légitime de la colonie Kwibek auprès du gouvernement central du Rocanada, qui alors empochait 100% des ressources publiques québécoises, Mom Le Noblet Duplessis ne sous-entendait-il pas l’existence d’associations de gangsters tenant les rênes du pouvoir à Ottawa et à Québec ? Un butin est le fruit de la criminalité, l’appropriation du bien d’autrui par le vol et l’extorsion.

Nous voilà huit décennies plus tard devant le même scénario où des associations de crapules, en l’occurrence les entreprises fautives et les argentiers des partis politiques, se disputant une “juste” part du butin de l’industrie québécoise de la collusion-corruption devant être restituée aux contribuables québécois.

De la réclamation du butin d’Ottawa par Le Noblet Duplessis les deux parties ont alors convenu de s’approprier à part égale le butin représentant 100% des ressources publiques québécoises et les déposer dans deux coffres-forts distincts, rocanadian et colonial: Revenu Rocanada et Revenu Kwibek. Le Québec se faisait ainsi flouer qu’à moitié par le Rocanada ne s’accaparant plus que de 50% des ressources publiques de sa colonie Kwibek. De cette expérience passée, est-ce dire que suite à des arrangements négociés entre les entreprises et les partis politiques, les contribuables québécois ne seront plus finalement extorqués que de 50% de leurs avoirs en ressources publiques par l’industrie de la collusion-corruption ?

J vous souhaite un beau mois de juillet et merci pour vos articles. Il est toutefois pénible de lire les commentaires de certaines personnes. Comme M. Drouin
Récupérer notre argent. Pourquoi pas donner des contrats avec un retour de disons 4% sur chacun d’eux. Ainsi les compagnies de tout acabits remetteront petit à petit leur due. préalablement calculé

Le message que vous lancerez avec votre propositionest celui-ci : fraudez, flouez ou « collosionnez » autant que vous pourrez, si vous n’êtes pas pris, tant mieux. Mais si on vous prend, tout ce que vous aurez à faire est de remettre peu à peu l’argent. On en arriverait presqu’à calculer le 4% dans le coût des travaux ou les déduire pour fin d’impôt. Pas très épeurant votre affaire, vous ne trouvez pas ?

Où est le problème à mettre en branle un processus qui donnerait une compagnie fautive à ses employés ?

Mais…que faites-vous des politiciens qui ont fraudé?

Allez-vous donner les quartiers, les municipalités, les villes, les comtés, la province en entier aux cols bleus?

N’importe quoi…

Encore une fois vous n’avez rien compris. Comme l’écrit justement une personne, ce sont les individus qui doivent payer. Pas les compagnies. Ainsi si vous enlevez à un indivdu malhonnête le tirtre de propriété qu’il détient sur une entreprise, c’est cet individu qui est ciblé.

D’autre part, rien, absolument rien n’empêhe de poursuivre et condamner les politiciens et politiciennes ayant trempé dans les magouilles. Étant que le ridicule ne tue pas, vous vivrez sans doute longtemps.

«Il te montre la Lune et tu regardes son doigt.»
[Proverbe africain]

Donc, vous êtes totalement en désaccord avec la loi anti-corruption, votée en catastrophe par votre Parti québécois pour avoir l’air d’être plus immaculés qu’un enfant qui vient de naître mais qui, au final, pénalise toute une organisation plutôt que les fraudeurs.

Ce ne sont pas les compagnies qui doivent rembourser, mais les individus, peut importe leurs tentatives pour se défiler.

Et remonter 15 ans en arrière me sourit parfaitement.

Il faut éliminer toutes les échappatoires auxquelles pourraient avoir recours ces ratoureux. Il faut les coincer et les presser comme des citrons, jusqu’à la dernière goûte qui nous est due.

Voler, c’est pas beau, chante Zacharie.

La solution la plus réaliste à mon avis est celle que préconise messieurs Allaire et Nadeau dans la rubrique Votre opinion de La Presse.

« Les firmes de génie-conseil devraient pouvoir reprendre leurs activités normales à la condition de rembourser les sommes reçues illégalement en raison des stratagèmes maintenant dévoilés. À ces sommes, on devrait ajouter une amende de 20% du montant établi.

Comment établir le montant du trop-perçu par les firmes d’ingénieur-conseil en raison de collusion ou de corruption? La méthode la plus directe pour calculer le quantum de l’extorsion dont durent (sic) victimes les citoyens-contribuables consisterait à établir la marge bénéficiaire des contrats publics obtenus de municipalités en cause par comparaison aux marges bénéficiaires réalisées pour des contrats du secteur privé ou provenant d’organismes publics au-dessus de tout soupçon.

Cette marge bénéficiaire (définie comme le bénéfice avant impôt, intérêt et amortissement en pourcentage du revenu provenant du contrat) devrait être supérieure pour les contrats publics obtenus dans le cadre de collusion ou de corruption. Ces montants excédentaires seraient additionnés (et l’on y ajouterait 20% de pénalité) pour établir le montant du remboursement à exiger de chaque société coupable de participation à la collusion. »

Comme le mentionnent les auteurs, il faudrait aussi délimiter la part de responsabilité des villes et des municipalités : « Enfin, il convient de soulever une question de principe.La gouvernance des villes et municipalités chez lesquelles ont fleuri collusion et corruption souffrait de terribles carences: des contrôles faibles ou inefficaces, un aveuglement bien commode, une absence de mesures élémentaires de supervision et de surveillance. Les villes ne portent-elles pas une part de responsabilité pour cette incurie administrative qui a favorisé et entretenu les stratagèmes de collusion? Si la réponse à cette question est affirmative, alors les villes ne devraient-elles pas assumer une part des coûts résultant de toute cette immonde affaire?

http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201307/02/01-4666988-pour-limiter-les-degats.php

Bonjour. Je ne comprends toujours pas pourquoi les actifs d’Accurso qui ont été en partie acheté à l’aide de profits générés par de la fraude soit capable de les transférer à sa famille. Ne s’agit-il tout simplement que des produits de la criminalité et pourraient être sous bonne garde par le biais d’une requête en saisie avant jugement qui permet de saisir des biens tout et aussi longtemps que des procédures pour récupérer l’argent produit par la fraude soit retourner au gouvernement ou à une ville. De cette façon Accurso et compagnies ne pourraient pas déplacer les actifs sous de nouvelles compagnies bidons qui continueront de plus belle les magouilles des 15 dernières années. Il y a une différence entre faillite et faillite frauduleuse dont les administrateurs (membres du CA et de la haute direction) ont trempé dans la criminalité pour obtenir les revenus d’une entreprise. J’ai ouï dire que le Vérificateur général prépare différent scénario en coopération avec le ministère de la justice pour parvenir à la saisie des biens personnels des dirigeants des entreprises frauduleuses. N’oubliez pas que des centaines de noms de fournisseurs s’ajoutent au panier de crabes des entrepreneurs en construction et des sociétés en ingénierie. Hors si les salaires des ingénieurs sont devenus faramineux grâce aux profits hors de l’ordinaire par le biais de la fraude bien concertée ils devraient en faire les frais en diminuant leurs salaires aussi longtemps que les dettes ne seront pas entièrement payés. Il faut préciser que les salaires des ingénieurs ont augmenté 3.1 fois plus que les autres employés des même firmes selon une étude de l’Institut C.D. Howe ou le Conseil du patronat (en 2009). Merci et bonne journée.

J’évalue que la démocratie est bafouée, pire éradiquée par les partis politiques. Le fait que ces politiciens peuvent se regrouper sous une bannière appelée parti, est la première cause de cet état de fait. Donc, en ce qui me concerne, tout regroupement d’élus devraient être interdit sous peine de destitution immédiate des fautifs. Chaque élu devrait représenter seulement et uniquement ses commettants. Chaque représentant étant élu pour gérer les finances publiques en bon père de famille, ses électeurs devraient avoir le pouvoir de le remercier s’ils jugent qu’il ne fait pas son travail de gestion et/ou de représentation selon leurs normes.

Et qui prendrait les décisions concernant l’ensemble des citoyens au niveau national ? Comment les lois seraient-elles adoptées dans votre système ? Comment les citoyens sauraient, avant les élections, les lois, programmes et outils globaux, pour toute la Nation, qui seront présentés ?

Non vraiment, votre proposition est indéfendable. Sans doute les très petites municipalités élisant quelques conseillers municipaux pourraient facilement s’y accommoder. Mais certainement pas les pays, les provinces ou même les grandes municipalités et les grandes villes.

«Gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare!»
[Michel Audiard]

Là-dessus, je préfère la position de François Cardinal qui n’hésite pas à défendre les partis politiques et je partage son point de vue. Notamment : « ils permettent d’accomplir plus de choses, plus efficacement. Ils permettent d’agir plus rapidement, avec plus de cohérence. Ils donnent un sens et une vision à l’engagement de chacun, qui travaille ainsi dans un but commun.[…]

Les partis ont cela de bon qu’ils relèvent habituellement le niveau du débat public et augmentent par le fait même la participation électorale en tenant des congrès, en élaborant des programmes, en faisant valoir leurs positions et en présentant aux électeurs un choix clair. »

http://blogues.lapresse.ca/avenirmtl/2013/07/04/confession-j%e2%80%99aime-les-partis-politiques%e2%80%a6/

Je suis d’accord avec vous. Toutefois, le problème ne se situe pas au niveau du principe même de l’existence des partis politiques. Le problème se situe au niveau du fonctionnement des partis politiques et des règles et procédures à l’intérieur des institutions où agissent les partis politiques.
Par exemple, devrait-on permettre plus souvent le vote libre à l’Assemblée nationale ? La question a déjà été soulevée et a suscité beaucoup de discussions. Effectivement, plus de votes libres serait de nature à enrichir le travail des députés et leur accorderait plus d’importance en minimisant du coup l’obligation de maintenir la ligne de partie. Ainsi, lors des caucus, les représentants élus des citoyens auraient plus de pouvoir pour faire valoir les opinions de ses électeurs, évidemment sans le risque constant de se faire expulser du caucus, voire même du parti.

Le député ayant plus de poids, les citoyens seraient sans doute incités à faire plus de pression sur leur député ou représentant. Aujourd’hui il est très utopique qu’un député aille contre la ligne de parti uniquement parce que quelques citoyens lui auront présenté un point de vue ou une opinion pouvant différer de celle du parti. Le sachant, les citoyens se taisent et deviennent de plus en plus cyniques face à la politique.

Si le législateur allait dans ce sens, c’est évident que certaines règles de fonctionnement des institutions devraient être modifiées. Mais le jeu en vaut la chandelle car aujourd’hui de plus en plus de citoyens ne croient plus en nos institutions politiques et balaient du revers de la main leur aspect démocratique.

«L’absence de volonté et la lâcheté devant l’action représentent de grands défauts pour les dirigeants alors condamnés à l’impuissance.»
[Jiang Zilong]

Faut jamais accepter que tout ça est normal , et la façon de changer les choses est de voter pour celui complètement en dehors du système un nouveau pas associer a la machine existante tel Harel, Bergeron et surtout Codere avec la grosse machine Libéral
JL

Des suggestions de remboursement? Comment voulez-vous que les partis politiques admettent quoi que se soit? Cest très dommage à dire mais ils niront tout car autrement c’est de se nuire et les politiciens, qui tiennent à leurs réputations, n’oseront pas admettre. Certains diront, même s’il admettrait le tout normalement, qu’il ne faut rien dire car le désenchentement sera encore plus grand.

Alors ont fait quoi? Si j’étais à la place du politique, je songerais à démontrer qu’avec les nouvelles règles de financement des partis politiques, une politique propre peut s’appliquer. Je pense que la preuve n’est pas faite, loin de là. Comment répartir les contrats et selon quelles priorités? Faut-il avoir le prix juste et comment l’appliquer? Comment faire le suivi par la suite? Comment s’assurer de l’appui du milieu?

Comment les citoyens sont consultés? Comment le rôle du député pourrait être revu pour augmenter son pouvoir de décision dans sa région? Comment avoir une démocratie plus direct?

Enfin, des sujets qui m’intéresse. Reste qu’au sujet du remboursement des deniers spoliés, j’y croirait que je le verrai. Je n’ose pas croire qu’ils se proposeront pour nous remettre notre argent. La responsabilité imcombe au gouvernement actuel des formules où justice serait faite. Oseront-îls demander des comptes et revoir tous les dossiers pertinents? Encore une fois, on verra. Probablement que la CAQ fera rappeler le tout en temps et lieu. Le PLQ, j’en doute..

De belles vacances et à plus+

Madame Legault
C’est avec un très grand intérêt que j’ai écouté votre conférence sur le Canal savoir traitant de votre profession de chroniqueure. J’ai pensé partager avec vous mes réflexions personnelles sur la réaction violente de certaines personnes sur les médias sociaux à laquelle vous avez fait allusion.
Dès que nous soulignons une incohérence, toutes les personnes qui ont intérêt à son maintien s’en offusquerons. Certaines le feront en silence, avec ressentiment, d’autres seront plus vocales. Ces personnes ont peur et une personne qui a peur ne réfléchit pas, elle est en état de survie. Cela peut être la survie d’une conviction, d’une idéologie, d’une croyance. Lorsqu’une personne s’accroche à une conviction pour me mener sa vie, lui enlever la met en danger, car elle vient de perdre son repère. Alors, de deux choses l’une. Soit elle reconnaît s’être trompée, renonce à la conviction et admet l’incohérence, soit elle donne tort à la personne qui la souligne ou la dévoile, voire la démolit. La majorité des gens choisissent la deuxième option, car il faut jouir d’une grande stabilité émotionnelle pour être en mesure de renoncer à une croyance sur laquelle nous avons bâti une partie de notre vie, reconnaissant ainsi avoir fait fausse route. Ces personnes n’ont d’autres choix que de donner tort, de s’attaquer à celle qui les prive de leur incohérence, étant incapables d’y réfléchir puisque leur survie existentielle, personnelle et émotionnelle en dépend.
En situation de danger, nous sommes biologiquement constitués pour attaquer, nous sauver ou figer. Les personnes qui attaquent sont évidemment celles que l’on remarque le plus. Attaquer la personne qui souligne l’incohérence évite de devoir y réfléchir, ce qui demande un temps d’arrêt, un questionnement, une interrogation et pour cela, il faut être libre de penser et on n’est pas libre de penser quand on a peur. Alors, les personnes qui se sentent menacées se trompent de cible, pensant ainsi défendre ce à quoi elles tentent de se rattacher.
Souligner une incohérence est toujours, toujours, un exercice périlleux, car nous nous exposons à l’ire de ceux et celles qui s’y accrochent. Mais voilà, se taire n’est pas une alternative non plus. Nous devons quelques fois choisir entre notre intégrité intellectuelle et notre sécurité émotionnelle. Je suis convaincue qu’il est possible d’avoir les deux, quand nous pouvons nous ancrer dans nos repères personnels.
Bonne continuation dans votre excellent travail!

Votre commentaire est très juste et pertinent. D’ailleurs voici ce qu’écrivait Edgar Morin dans son livre « Pour sortir du XXè siècle » : «[…] Une conviction bien assurée détruit l’information qui la dément.» D’ailleurs, je vous invite, si ce n’est déjè fait, à lire cet essai tout à fait intéressant.

Toute cette réflection m’amène à réfléchir sur la façon de présenter les choses, les idées pour justement ne pas susciter l’antagonisme que vous et Morin évoquez fort justement. Nous devons également accepter qu’un certain temps soit nécessaire pour que les nouvelles idées puissent faire leur chemin.

Mais aujourd’hui avec l’avènement d’Internet et des médias sociaux, la rapidité des échanges peut jouer un rôle important dans la dissimination des nouvelles idées. Sans que nous nous en rendions véritablement compte, un énoncé vieux de quelques semaines peut sembler déjà obsolète à plusieurs usagers des blogues, de Facebook, etc. La vitesse du changement s’est extrêmement accélérée et va bien au delà de ce qu’avait même prévu Toffler dans son « Choc du futur ». Cette vitesse accrue rend aussi disponible à tous un plus grand nombre de messages qui se compétitionne l’un l’autre. Les plus attrayants – pas nécessairement les plus importants – pourraient bien être les plus retenus.

Il s’en suit qu’il faut utiliser, pour amener les nouvelles idées à au moins être discutées, une approche cohérente avec l’univers social et technologique dans lequel nous évoluons. Répéter d’une façon appropriée le même message peut être une des manières pour le rendre plus accessible à plusieurs.

«Internet est le rendez-vous des chercheurs, mais aussi celui de tous les cinglés, de tous les voyeurs et de tous les ragots de la terre.»
[Alain Finkielkraut]