Citation du jour: Alain Dubuc

Nouveau rendez-vous épisodique, la citation. Aujourd’hui, une fois ne sera pas coutume, la conclusion de la chronique d’Alain Dubuc intitulée Les peurs de Jean Charest.

Le gouvernement Charest multiplie les gestes pour montrer qu’il a la situation bien en main et donc qu’une commission n’est pas nécessaire. En fait, les libéraux ne font que réagir après coup. Or, nous avons besoin d’un gouvernement qui agit, c’est-à-dire qui prévient les dérapages. Mais pour prévenir, il faut savoir. Pour savoir, il faut comprendre. Et pour comprendre, il faudra enquêter.

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Si même Dubuc le dit Charest est vraiment dans le trouble et devra la convoquer cette enquête publique !
D’aillieurs ce que fait notre bon premier ministre présentement est un déni de démocratie assez stupéfiant.
Quand on est élu avec à peine 42 % du vote alors que seulement 57% des gens ont cru bon de se déplaçer, il faut avoir beaucoup de culot pour refuser une commission d’enquête désirée par plus de 80% de la population.
Faudrait rappeler à Charest qu’il n’a pas été élu pour protéger un système d’attribution de contrats publics et une clique d’entreprises privilégiées, plus ou moins liées au parti Libéral,mais bien pour rendre compte à la population de l’administration des argents de ses impots.
C’est bien loin attendre les prochaines élections pour lui faire payer son entêtement.Faudra trouver une solution plus rapide,surtout avec les milliards de dollars prévus dans les prochaines années dans les différents programmes d’infrastructures.
On a tout simplement pas les moyens de payer une prime à la corruption de 20%.

Moi aussi, je suis bien content de lire ça mais, quand je vois un appui de l’apparatchik en chef à une commission, j’ai des doutes. Après tout, comme il l’a montré dans moults éditoriaux, Alain Dubuc n’est pas payé pour être objectif…
Alors surgissent des questions: Si Jean Charest tarde aussi longtemps avant de déclencher une commission, est-ce parce qu’il ne veut pas en tenir une ou est-ce qu’il se prépare à la faire déraper? Imaginez ensuite si l’opposition se plaint: « Bin quoi? Ça fait DES MOIS que vous réclamez une commission et là, vous n’êtes pas content? »
Un « guess » qui en vaut un autre: il aura trouvé un moyen de s’en sauver. Il a plein d’angles pour faire ça: limiter le mandat de la commission, envoyer plein de témoins contradictoires qui transformeront le tout en gros show où chaque citoyen trouvera sa propre histoire… Personne ne saura trop ce qui s’est passé réellement, tout le monde sera blasé comme lors de l’élection du maire Tremblay et la vie va continuer.
Cynique? Non. Je dis seulement qu’on se doit d’être vigilant. Strictement sur la base de sa performance, ça fait deux élections que ce gouvernement devrait être dehors.
Or, il est encore là.

Étant donné que les premiers posters semblent avoir oublié une partie importante, d’après-moi, de la chronique, je vais la citer:

« Dans bien des cas, les gestes semblent liés à des interactions entre entrepreneurs, à des complicités avec les appareils administratifs, à la présence d’éléments criminels, qui n’ont rien à voir avec les élus et les partis. Assez pour qu’on quitte rapidement le terrain partisan. »

Ok, je vais vous donner un indice en citant l’importante phrase du texte:

« Assez pour qu’on quitte rapidement le terrain partisan. »

Je peux me permettre?

Non. Je n’oserai pas.

En rapport avec le post de mephistau:
Alain Dubuc est un analyste Libéral. Il ne s’en cache pas, et il a lui-même pondu assez d’éditoriaux partisans merci. En fait, même si je suis assez d’accord avec son texte (ça arrive), il y a quelques points qui ressemblent davantage à des justifications qu’à de réels arguments, question de garder la foi libérale en prévision des jours difficiles qui s’en viennent.
Des exemples?
« C’est le réflexe naturel de tout gouvernement d’éviter de se lancer des aventures dont l’évolution peut lui échapper. » Traduction: Monsieur Charest est compréhensible, même pardonnable d’agir comme il le fait.
« La communauté italienne, très présente dans la construction, est traditionnellement proche des libéraux. On retrouvera donc, c’est presque mathématique, plus de rouges que de bleus. » Traduction: Ce n’est pas de notre faute, la corruption est érigée en principe mathématique.
« …une commission d’enquête dépasserait rapidement cette arithmétique simpliste. » Traduction: on ne peut pas être contre ce gouvernement juste pour des accusations de corruption, c’est « simpliste ». Qui a envie d’être simpliste? Or, excuse moi, mais la corruption, c’est grave.
« Il est assez évident qu’il existe une tradition. (…) Et tous les partis de pouvoir y participent. » Encore sur le thème de « c’est pas grave, sont tous pareil… »
Pour finir, la cerise sur le sundae de ce superbe effort de minimisation: »ce genre de favoritisme est de la petite bière. »
Comprends-moi bien, Alain Dubuc a tout à fait raison quand il parle de punir les responsables de collusion. Mais il minimise la responsabilité des élus, surtout le coût politique qui doit y être associé. C’est LE SEUL ÉLÉMENT sur lequel les électeurs ont une réelle emprise. Une entreprise fait de la collusion? Tu peux faire quoi contre? Si un parti se fait prendre la main dans le sac, tu peux au moins voter pour un autre! Les élus seraient moins enclins à accepter des enveloppes si elles avaient des conséquences.
Pour finir, laisse-moi te citer la conclusion de l’article qui résume assez bien le problème de ce gouvernement: « Les libéraux ne font que réagir après coup. Or, nous avons besoin d’un gouvernement qui agit, c’est-à-dire qui prévient les dérapages. »
Ils ne sont pas importants, ces mots-clés là?

…et dire que plusieurs intervenants d’ici accusent continuellement Gesca d’être à la solde des Libéraux…

Ça détruit un mythe tout ça!