Clip UMP: Luc Plamondon n’était pas au courant…

ump
Une chanson québécoise de gauche pour la droite française

Depuis quelques jours, la France rit de bon coeur du nouveau clip-vidéo des jeunes de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy. Sur la chanson de Plamondon Tout ceux qui veulent changer le monde, jeunes conservateurs et ministres de droite rivalisent de fausse spontanéité pour appeler les jeunes français à, heu, à… changer la société !

Allo ? Vous êtes conservateurs ! Quand la chanson dit « J’entends la révolte qui gronde », elle ne fait pas référence à la révolte des hauts salariés réclamant une baisse de leurs impôts. Notre Luc Plamondon national a écrit la ritournelle dans le bouillonnement nationalo-social des années 1970 pour la belle Renée Claude.  Sait-il que ses paroles sont aujourd’hui détournées par la droite française ? La réponse de son assistante québécoise, Marlène Paradis, est non. « Il n’était pas au courant, c’est l’éditeur français qui a vendu les droits, » a-t-elle dit à votre blogueur.

Voici le clip:

Vous avez vu le caméo d’Obama ? Je suis certain que, comme Plamondon, il n’était pas au courant !

Voici les paroles dans la version récente de Marie Mai et Martin Giroux :

En vadrouille à l’étranger, le parolier ne commente pas pour l’instant. Mais au nombre de fois ou le clip tourne sur toutes les radios et les sites internets français en ce moment, on serait curieux de connaître le montant des droits d’auteurs ainsi cumulés.Une suggestion à M. Plamondon: qu’il fasse le calcul et qu’il verse la somme à une cause anti-Sarko. Les sans-papiers, par exemple…

Pour se consoler, on peut se dire au moins que le talent québécois est encore reconnu !

Pour voir la liste des participants à ce clip, lisez ce billet du blogue Monde.

Les commentaires sont fermés.

Belle trouvaille M. Lisée.
La vidéo est bien faible: la syncho des « faux chanteurs » est pas au point, les images s’enchainent mal, l’interprétation est plus faible que celle de Marie Mai… Ils auraient dû demander l’aide des jeunes de l’Uqam, pas mal plus forts en prod!
Merci, vous m’avez bien fait rire!

Rendons à César ce qui est à César.C’est le talent artistique et culturel du Québec qui sort à nouveau grandi par ce coup.L’UMP aurait pu emprunter à leur Jonhny national une chanson, voire Gilbert Montagnier, le secrétaire d’Etat de Sarkozy.
Il faut surtout saluer votre perspicacité en trouvant l’origine et en faisant le paralèlle avec Plamondon.Châpeau pour la trouvaille.

Mon cher Jean françois,
Le « talent québécois » n’est pas dans cette petite ritournelle publicitaire sans âme ,éphémère.Les publicistes ne savent pas flairer le talent ,ils ne sentent que les profis.
A.P.

Merci de m’avoir fait découvrir ce chef d’oeuvre de la chanson .on comme on dit en France ! Comme l’avait compris Alain Juppé, il faut aller chercher les ressourcements au Canada.

C’est certain que la droite française va changer le monde avec de beaux monsieurs bien cravatés et des jeunes bien propres et dociles. De quoi s’ennuyer profondément de mai 68

La droite l’utilise et la gauche s’en réclâme ! 🙂

Le ridicule politique moderne !

Ce n’est plus des partis, ce sont des sectes ! 🙂

N’oublions pas que Sarkozy est informé par un des pires désinformateur au Québec l’ontarien Paul Desmarais chef de file de propagande Canada avec Gesca Pratte et Dubuc .
Donc cette récupération n’est pas du tout surprenante

« Pour se consoler, on peut se dire au moins que le talent québécois est encore reconnu ! »

Québécois??? Il y a longtemps que cet individu paie ses impôts ailleurs qu’au Québec.

Il a compris, LUI!!!

Hillary Clinton avait pris du Céline un bout de temps pour sa pub. Je ne pense pas qu’elle avait consulté René

Je dois dire que cette chanson ne m’inspire pas du tout. Mais que, dans tout ce que cette campagne a de kitsch, ça marche drôlement bien comme propagande. C’est un peu comme Sham Wow, les meilleurs pubs sont les pires.

L’écho se fait entendre même chez les britanniques:
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/6798053/Nicolas-Sarkozys-UMP-releases-MTV-style-music-video-to-win-votes.html
http://timescorrespondents.typepad.com/charles_bremner/2009/12/sarkozys-rocking-ministers.html

De le bonne pub pour Plamondon aussi.

En effet, je constate que la porte-parole de M Plamondon à Montréal, Mme Marlène Paradis, m’a donné une fausse information, que j’ai relayée en toute bonne foi. Je lui laisse le bénéfice du doute, elle était probablement elle-même mal informée. J’ai voulu vérifier auprès de M. Plamondon lui-même, mais Mme Paradis m’a indiqué qu’il n’était pas joignable. J’ai quand même laissé un message. Toutes nos excuses.

Correction de la correction. Il appert que la Camarade Petrowski a été un peu rapide dans son enquête. Dans Le Devoir de ce matin, Christian Rioux affirme que l’affaire est beaucoup plus compliqué que ce que Nathalie (et moi) rapportions:

«On a été mis devant le fait accompli, dit l’avocate de Musicor, Christine Maestracci, jointe à Montréal. En octobre 2009, la demande avait été refusée conformément à notre politique qui est de ne pas associer les artistes de Musicor à de la politique partisane.» Voyant que le clip allait sortir malgré son désaccord, Musicor a donc adressé une mise en demeure aux auteurs vendredi dernier.

Hier, c’était le branle-bas de combat chez les jeunes de l’UMP, où l’on évitait de mentionner le refus opposé en octobre par Musicor à l’utilisation de l’enregistrement. S’il fallait en croire le président des Jeunes UMP du Nord, Benjamin Lancar, il s’agirait d’une simple erreur. Les droits patrimoniaux et moraux avaient, dit-il, été achetés à Luc Plamondon et Christian Saint-Roch. Mais pas ceux de la chanteuse Marie-Mai. «Nous étions vraiment de bonne foi, dit le responsable du bureau des jeunes à Paris, Martin Aurenche. Nous nous excusons auprès de Marie-Mai et de sa maison de production. Il s’agit vraiment d’un malentendu.»

Le Devoir a cependant appris que Luc Plamondon et son éditeur Georges Mary n’auraient jamais vendu leurs droits comme on le prétendait hier à l’UMP. Ils les auraient accordés gracieusement pour la réalisation d’une simple version acoustique de la chanson et non pas pour l’utilisation de l’enregistrement de Marie-Mai.

A suivre, donc…