Comment diviser le Canada

Le libéralisme défendu par Justin Trudeau dans l’affaire du niqab illustre à quel point le Canada est devenu un pays désincarné et sans valeurs communes. 

PolitiqueDepuis que le gouvernement conservateur a annoncé qu’il porterait en appel la décision de la Cour fédérale permettant le port du niqab au moment des cérémonies de citoyenneté, Justin Trudeau accuse Stephen Harper de jouer le jeu de la division et de la peur.

En examinant l’affaire de près, pourtant, on peut retourner cette accusation contre son auteur.

D’abord, le chef libéral a comparé la politique du gouvernement fédéral à celle que le Canada pratiquait face aux Juifs européens avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que des dizaines de milliers d’entre eux tentaient de fuir la persécution du régime nazi.

Les réfugiés juifs ont heurté un mur lorsqu’ils ont voulu s’installer au Canada, qui les a refusés. Cette sombre page de notre histoire a été très bien documentée dans un livre au titre évocateur, None is Too Many (aucun, c’est encore trop) — une expression que Justin Trudeau a reprise à son compte dans ses accusations.

«Nous devrions tous frémir à l’évocation de la même logique qui a abouti à la politique d’immigration “aucun Juif, c’est encore trop” dans les années 1930 et 1940, et qui est reprise aujourd’hui pour susciter la peur envers les musulmans du monde moderne», a déclaré Justin Trudeau lors d’un discours qu’il a donné à l’Institut d’études canadiennes de McGill.

La comparaison s’inscrit parmi les manœuvres d’intimidation intellectuelle auxquelles nous ont habitués les partisans du multiculturalisme. Ceux et celles qui osent s’élever contre cette idéologie sont aussitôt taxés de racisme.

Cette tactique vise à museler toute opposition. Elle s’appuie aussi sur de multiples campagnes prônant la tolérance, l’ouverture à l’autre, la célébration de la diversité, et ainsi de suite. Le tout crée un faux sentiment de consensus et, outre le péché de xénophobie, ceux qui le contestent sont accusés de «diviser» la société.

Ensuite, évoquant la Charte des droits et libertés, Justin Trudeau a affirmé que porter le niqab est un droit. En cela, il s’inscrit dans la même ligne que son père. Et commet les mêmes erreurs.

Au moment du rapatriement de la Constitution, Trudeau père vantait son projet de Charte. Celle-ci allait donner les mêmes droits à tous les Canadiens, reconnaissait notre héritage dit «multiculturel» et devait ultimement unir le pays autour de libertés communes.

Ce libéralisme, défendu aujourd’hui par Trudeau fils dans l’affaire du niqab, illustre pourtant très bien à quel point le Canada est devenu un pays désincarné et sans valeurs communes. Tout le monde devrait pouvoir faire presque tout ce qu’il veut — sauf pour des cas très restreints de sécurité —, du moment que cela puisse être défendu sous l’angle des libertés fondamentales.

Pourtant, une société n’est pas qu’un agrégat d’individus, une somme anonyme de détenteurs de droits chapeautés par une administration désincarnée. En Occident, la conscience nationale façonne des communautés qui se sont constituées en États-nations. Ceux-ci sont porteurs de sens, de symboles et d’une culture commune qui permettent à la population d’adhérer aux institutions politiques et aux règles qui les régissent, même quand ils ne partagent pas les orientations du parti au pouvoir.

Par opposition, plusieurs pays arabes ou musulmans sont divisés en sectes ou en tribus. La ségrégation sexuelle y est souvent forte. Ils ont de la difficulté à séparer le religieux du politique, et leurs habitants peinent à s’identifier à l’État. Leur cohésion en est d’autant plus difficile.

Au nom de la tolérance, c’est ce genre de modèle que Justin Trudeau nous invite à accepter chez nous. Chacun pourra recréer dans son coin ses particularismes, même quand l’égalité des sexes est bafouée. En prônant de telles idées, ce sont les libéraux qui sèment les germes de la division.

* * *

À propos de Frédéric Bastien

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.

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21 commentaires
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M. Bastien, la définition des valeurs d’un pays est un exercice très difficile, rempli d’embûches, très divisif et en bout de ligne totalement inutile. Il est impensable que le reste du Canada essaie d’imiter l’approche du Québec. Harper, avec son approche, ne fait que semer l’intolérance. Personne n’avait de problème avec le niquab avant qu’il ne le soulève. Un pays ou une soi-disant nation n’a vraiment pas une très haute opinion de la force de ses valeurs et de sa culture quand elle tremble devant les habitudes différentes de quelques centaines de personnes.

Quelqu’un se rappelle-t-il de la « crise » que le turban était supposé causer en 1990 lorsqu’un Sikh membre de la GRC a demandé à le porter. Il a reçu l’autorisation et on en a jamais entendu parler par la suite. La même chose serait arrivée avec le niqab si on avait choisi de ne pas en faire tout un plat.

Pardon, le turban (et le voile) s’est multiplié dans tous les corps de police du Canada. Tu leur donnes un pouce, ils prennent un pied

Combien y a t-il de Sikhs qui portent le turban dans la GRC ou dans un autre corps de police? Je dirais qu’il y en a très peu. Et même s’il y en avait plusieurs, qu’est-ce que ça change? Moi j’en suis heureuse car ça montre qu’ils sont bien intégrés dans la vie canadienne. N’est-ce pas ce qu’on recherche? SVP laisser vos préjudices de côté.

« Moi j’en suis heureuse car ça montre qu’ils sont bien intégrés dans la vie canadienne. »

En quoi est-ce que porter un turban en étant dans un corps policier montre son intégration dans la vie canadienne?

Je vais poser la question autrement : est-ce que cet individu qui porte le turban est plus intégré, aussi intégré ou moins intégré dans la vie canadienne qu’un autre individu issu de l’immigration récente qui est aussi membre d’un corps policier, mais qui ne porte aucun vêtement/couvre-chef/accessoire de nature religieuse/ethnique ?

Si vous répondez à cette deuxième question par « aussi intégré » ou « moins intégré », alors le fait de porter le turban en étant membre d’un corps policier ne démontre pas son intégration à la vie canadienne davantage que n’importe quel autre Canadien issu de l’immigration qui occupe la même vocation.

Pourquoi ne le dites-vous pas: votre problème ne semble pas être avec l’intégration mais avec le sapré turban. Sans la connaître, je sais que cette personne portant le turban a un emploi stable, contribue à la société canadienne, parle évidemment une sinon deux langues officielles, Que voulez-vous de plus? N’est-ce pas l’objectif de l’immigartion que les nouveaux arrivants s’intègrent à la société à laquelle ils se joignent et y contribuent. Pourquoi devraient-ils tous avoir la même apparence que les québécois « de souche »? N’oubliez pas qu’avant les québécois de souche, il y avait des autochtones. Donc sauf pour les autochtones, tout le monde est immigrant!

@Gardien : je n’ai aucun problème avec le turban. J’ai un problème avec les opinions qui sont énoncés comme des faits, en l’occurrence :

« Moi j’en suis heureuse car ça [la présence de Sikhs qui portent le turban dans la GRC] montre qu’ils sont bien intégrés dans la vie canadienne. »

Pas la même chose M.Gardien de but . Non , vraiment pas la même chose, le policier qui a son turban a le visage découvert, ce qui n’est pas le cas du Niqab. On ne sait même pas à quoi ressemble cette personne sous son niqab, est ce une femme ou un homme???
si vous n’êtes pas assez intelligent pour comprendre la différence, ca donne absolument rien de vous parler.

Combien de femmes portent le niqab au Québec? Je dirais moins de 20 et possiblement moins de 10. De quoi avez-vous peur et pourquoi avez-vous besoin de savoir de quoi a l’air cette personne? Je ne peux pas savoir ce que des conducteurs d’automobile avec des vitres teintées ont l’air et ceux-ci sont 100 fois plus dangereux pour les piétons. Et il y en a des dizaines de milliers au Québec. Pourquoi ne commencez-vous pas une campagne pour faire changer cela?

Si c’est la sécurité qui vous inquiète, vous devriez regarder combien de personnes portant un niqab ont commis des meurtres ou autres crimes au Canada. Quelle différence cela ferait-il si un homme décidait de porter le niqab et il se conduisait parfaitement légalement? Est-ce que cela changerait votre vie? De toutes façons, quand une identification est nécessaire, la loi demande à celles portant un niqab de se découvrir et en autant que je sache, elles l’ont toujours fait. Cette chasse au niqab c’est un faux problème. De quoi avez-vous vraiment peur?

Peur de quoi… ben voyons, là n’est pas la question. Encore une façon de noyer le poisson… Selon les valeurs fondamentales des canadiens et des québécois, la femme est l’égale de l’homme. Tous deux ont les mêmes droits et devoirs. La question qui choque se situe davantage sur la symbolique des apparats, tels que le niqab et la burqa. Personnellement, je n’y vois qu’une manœuvre d’annihilation de l’identité propre à chacune, une façon de nier le droit à l’existence et au libre arbitre des femmes. Cela me fait l’effet d’un mur, d’un obstacle supplémentaire à l’échange, à la communication, ainsi qu’à l’intégration à la société d’accueil. Mais peut-être est-ce l’effet désiré par certains? Mais dans quels buts, à quelles fins?

Si vous faites un peu de recherche, vous verrez que les femmes qui portent le niqab au Canada le portent généralement par choix, souvent en dépit de l’opposition de leur famille ou époux. C’est la beauté du Canada car elles peuvent faire ce choix, ce qui ne leur serait pas permis en Arabie Saoudite par exemple. Donc, comme vous dites, les femmes ont les mêmes droits que les hommes, ce qui veut dire qu’elles ont entre autre le droit de choisir comment s’habiller. Si vous vous préoccupez vraiment de la situation des femmes au Canada, faites une campagne pour soutenir les femmes autochtones dans leur quête de justice. C’est un problème beaucoup plus important que les quelques femmes qui portent le niqab.

Le laxisme nous mène sur des terrains aussi dangereux que tcelui d’une trop grande austérité. Le danger prend des airs de rhétorique de la part de politiciens qui ne pensent qu’à se faire du capital et gagner ainsi des votes, soit ceux des musulmans.
À plusieurs niveaux, le risque de glissement risque de suivre la vacuité et le transfert du langage dans le milieu juridique, de l’éducation et tous les autres et donnerait carte blanche aux déraillements les plus dangereux compromettant la sécurité que nos systèmes actuels tendent à assurer. Parler en ces termes se passe des épithètes qui nous discréditent et ne fait que détourner l’attention…

Vous avez parfaitement raison , Élaine, le laxisme à la Trudeau pour le multicultiralisme.

Excellente analyse de la situation. La position de Trudeau le fils est en continuité avec celle de Trudeau le père de sa constitution et de sa charte des droits et libertés individuelles, elle est aussi en continuité avec la vision du Canada qu’ont tous les politiciens du gouvernement central peu importe l’étiquette.

Ce pays ne tient pas à des valeurs communes des canadiens « from coast to coast », ça n’existe pas, ce pays s’est formé en essayant de rassembler toute sa population autour de projets communs (faute de valeurs communes), la construction des chemins de fer d’un océan à l’autre ont été les premiers, sans ces chemins de fers il n’y aurait pas eu de Canada c’était une des conditions de fondation de la confédération.

150 ans plus tard c’est toujours la même logique, faute de valeurs communes auxquelles se raccrocher, les politiciens d’Ottawa tenant mordicus à un gouvernement central fort utilise toujours la même stratégie : arrimer tous le monde à un projet commun, un projet « from coast to coast » cette fois c’est autour d’un oléoduc qui permettrait de sortir vers l,international le pétrole des Prairies, un projet, pas des valeurs communes.

Mais qu’elle est la logique pour soutenir (pire pour subir) une telle approche ? Ça profite à qui ?

La défense des droits individuels des personne doit tenir compte de la défense des droits collectifs des peuples de décider ce qu’il convient ou pas d’admettre sur leurs territoires nationaux respectifs. Or, les défenseurs des droits individuels qui se réclament des Actes constituants du Canada se trouvent à être les même qui n’ont jamais cru bon soumettre ses Actes constituants à l’aval référendaire des Peuples Souverains du Canada et du Québec, ce qui fait en sorte que ces Actes constituants s’appliquent au Québec de force et d’autorité impériale par-dessus la tête démocratique du Peuple Souverain du Québec.

En démocratie c’est Le Peuple qui doit trôner au sommet de l’État. Le Peuple Souverain trône au sommet de l’État du Peuple démocratique quand, et seulement quand, il approuve les Actes constituants de l’État qui gouvernent les gouvernements du Peuple qui gouvernent Le Peuple ; et jamais aussi clairement que par référendum, comme en Australie depuis 1901, en Islande depuis 1918, en Irlande depuis 1937, en France depuis 1946, etc.

Cela n’a jamais été le cas au Canada. Ainsi, les droits collectifs démocratiques du Peuple Souverain du Québec sont foulés aux pieds. Les Chartes des droits individuels des personnes doivent, en démocratie du moins, être approuvés par Le Peuple, en tant que parties intégrantes des Actes constituants de l’État du Peuple.

C’est en vertu de Chartes qui n’ont jamais été approuvées par Le Peuple que l’on se réclame abusivement de l’ouverture à l’autre, alors qu’il est question ici de fermeture totale quant au plus élémentaire respect de la démocratie et des droits collectifs démocratiques du Peuple. Cette claire négation de la souveraineté constituante des peuples est typique de la dissociation cognitive multi-inter-culturaliste qui prend la partie pour le tout. Qui applique aux parties singulières la qualité plurielle du tout, ce qui ne peut que rendre singulier le tout, puisque les parties sont uniformément multi-inter-culturalisées. L’altérité tant recherchée s’absout d’elle-même dans une singularité néantisée.

De l’œco-culturalisme | Pour en finir avec la norme de la multi-inter-culturalisation des cultures |

http://democratie101.unblog.fr/2015/02/19/de-l-oeco-culturalisme/

En tout cas, je ne voterai pas pour un homme qui encourage le port du niquab dans mon pays. Le niquab est une arme terroriste. Chaque fois qu’une personne revêtue de ce vêtement entre quelque part, les gens sont terrorisés et ces gens-là s’amusent ferme. Il faut être méchant pour vouloir nous imposer cela. Qand les femmes étrangàeres vont dans les pays musulmans on les force à porter un voile sinon … il serait normal d’interdire en tout temps cette horreur sadique dans tous les pays occidentaux. Que ces personnes portent leur horreur dans leur pays en occident, c’est une horreur. N’oublions pas que ce sont les extrémistes qui l’imposent pour écraser la femme.

Alors, vite, Monsieur Bastien, imposons la laïcité à la française, où chaque québécois sera tenu de se déguiser en « Tremblay Picoté », blanc/glabre, pas trop pileux, indifférencié, là-là, et pratiquant les saint-sacrements de son identité: baptême, si on a le temps, mariage, si l’église n’est pas loin, funérailles, si pas trop chères.
Pas de ceinture fléchée, pas de tuque, pas de casquette à l’envers.
Citoyens insipides, incolores et inodores pourront chasser la sorcière sans trop d’effort.

Le Canada un pays désincarné et sans valeurs communes, dites-vous. Alors, pourquoi le Canada est-il tant estimé à travers le monde et rêvé par tant de gens qui souhaitent y immigrer? Au-delà du débat qui entoure le niqab (un cas d’exception – car combien de femmes au pays portent aujourd’hui le niqab? quelques saintes-nitouches? ), la question est de savoir si la diversité tant redoutée brise la cohésion dans une collectivité. Ce qui fait la cohésion d’un pays, c’est la force de ses institutions et l’adhésion des citoyens à celles-ci. Il ne s’agit pas ici d’assurer la « cohésion » des habitants, mais la cohésion d’un régime démocratique. Une démocratie forte, garante des libertés, est parfaitement possible dans une société plurielle, cosmopolite, diverse. Vous êtes péquiste, à n’en pas douter, et vous rêvez d’une société homogène où les citoyens seraient identiques sur le fond (un fond ramené au plus petit commun dénominateur). C’est une société de la sorte qui devient désincarnée, refusant aux individus la possibilité d’avoir plusieurs identités. Or, c’est la règle, partout. Vouloir à tout prix identifier le citoyen canadien ou québécois à une communauté politique homogène, caractérisée par des valeurs identitaires (c’est un oxymoron: ces valeurs ne peuvent être qu’universelles) débouche sur la « miniaturisation » de l’individu. De ces individus sans caractère, on fait facilement une « majorité silencieuse », la pâte à modeler du national-populisme.
Le libéralisme n’est pas mort, ne vous en déplaise.

« Le Canada un pays désincarné et sans valeurs communes, dites-vous. Alors, pourquoi le Canada est-il tant estimé à travers le monde et rêvé par tant de gens qui souhaitent y immigrer? »

La réponse est dans la question. Ceux qui y viennent se font dire qu’ils pourront continuer de vivre comme ils le faisaient auparavant, mais sans l’instabilité politique qui prévaut dans leur pays. Ce qui, ma foi, est une erreur monumentale. Le multiculturalisme a tué les valeurs canadiennes. Un virage à 180 degré s’impose.

Il est certain que le multiculturalisme n’aide pas à la cohésion sociale et au projet « commun » de pays qu’est le Canada car il favorise plutôt la balkanisation du pays et la ghettoïsation des immigrants. Au lieu de favoriser l’intégration au pays d’accueil, on a choisi de répliquer les pays d’origine ici, dans des micro-climats où même les conflits entre groupes se perpétuent dans le pays d’accueil (l’attentat d’Air India par exemple).

C’est vrai que le Canada a de la peine à se trouver et cette balkanisation rend la tâche beaucoup plus difficile, voire peut-être impossible, ce qui fait que le Québec ayant une identité plus cohérente que le ROC pourrait facilement débarquer du bateau pour renforcer sa propre cohésion. Ceci dit, si on parle du Canada, le philosophe John Ralston Saul proposait dans son livre « Le pays métis » une forme de cohésion et d’identité collective canadienne qui repose sur notre histoire: une identité puisée dans nos racines françaises, anglaises et autochtones, d’où le pays « métis ». Cette approche est probablement la plus rassembleuse et la plus prometteuse si identité collective il y aura.

Ceci dit, qu’on ait une discussion sur le niqab et sur les limites ou l’absence de limites de la liberté de religion est très légitime et que Trudeau fils fasse son lit dans le multiculturalisme est aussi légitime – ce sera aux électeurs à faire leur choix. Mais un choix éclairé demande, voire exige que l’électeur fasse ses devoirs et se fasse une idée du pays qu’on veut avoir non seulement pour nous mais surtout pour les générations à venir.

Trudeau creuse lentement sa tombe politique. Comme Québécois, je ne peux que constater que je ne me reconnais pas dans aucun Parti fédéraliste. Bien au-delà de la chicane fédéraliste/souverainiste, force est de constater qu’il n’y a qu’un minimum de valeurs communes entre le Québécois moyen et les Partis fédéralistes canadiens. Je ne me reconnais ni dans les valeurs du Parti conservateur, ni dans celles du Parti libéral du Canada. Un peu dans certaines positions du NPD, mais son allégeance très pro-Canada fait en sorte que je ne reconnais pas non plus dans ce parti. C’est bien triste à affirmer, mais force est de constater que Stephen Harper est probablement le moins pire choix en ce moment. Ce qui n’est pas peu dire.