Comment le PLQ domine les intentions de vote

Le contexte politique crée des conditions gagnantes pour le Parti libéral du Québec, mais potentiellement perdantes pour le Québec, croit l’économiste Pierre Fortin.

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard pose, entouré du nouveau ministre des Transports Laurent Lessard et du nouveau ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs Luc Blanchette, après le remaniement ministériel du 20 août. (Photo: La Presse Canadienne/Clément Allard)
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pose entouré du nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, et du nouveau ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, après le remaniement ministériel du 20 août. (Photo: La Presse Canadienne / Clément Allard)

Un sondage réalisé par la maison Léger du 29 août au 1er septembre derniers a révélé que 80 % de la majorité linguistique francophone du Québec est défavorable au Parti libéral du Québec et qu’au total, les deux tiers de tous les Québécois rejettent l’idée de voter pour lui. Néanmoins, le PLQ recueille plus d’appuis que n’importe laquelle des quatre autres formations politiques provinciales (le Parti québécois, la Coalition Avenir Québec, Québec solidaire et le Parti vert).

Deux facteurs expliquent ce paradoxe. Le premier est que les non-francophones appuient massivement le PLQ. Le second est que l’opposition des francophones au PLQ, qui est tout aussi massive, est répartie entre les quatre autres formations de telle manière qu’aucune d’elles n’obtient plus que 30 % des intentions de vote. L’appui massif des non-francophones au PLQ et le fractionnement des intentions des francophones se combinent de façon à permettre au PLQ de se faufiler en tête.


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Le tableau ci-dessous permet de bien visualiser la situation. Il montre comment, lors du sondage Léger, les Québécois répartissaient leurs appuis entre les cinq formations politiques: PLQ, PQ, CAQ, QS et verts.

Répartition des intentions de vote des Québécois à la fin de l’été 2016

Parti Francophones Non-francophones Total
PLQ 16 18 34
Autres partis 61 5 66
                PQ 28 1 29
                CAQ 22 1 23
                 QS 9 1 10
                 Verts, etc. 2 2 4
Total 77 23 100

Source: Sondage Léger auprès de 1 006 répondants. Pourcentages des intentions exprimées. Chiffres arrondis.

La dernière ligne du tableau indique tout d’abord que, sur 100 Québécois, 77 sont francophones et 23, non-francophones (anglophones ou allophones). Les deux premières lignes vont ensuite droit au cœur des résultats du sondage: les francophones n’aiment pas beaucoup le PLQ (16 sur 77 = 21 %) et appuient plutôt l’un ou l’autre des quatre autres partis; les non-francophones, eux, aiment beaucoup le PLQ (18 sur 23 = 78 %) et se tiennent à l’écart des autres formations. Les comportements des deux groupes linguistiques se situent à des pôles extrêmes et opposés l’un à l’autre : les francophones rejettent tout aussi décisivement le PLQ que les non-francophones l’appuient. Deux solitudes.

Il y a deux conséquences observables. Premièrement, une majorité des intentions de votes accordées au PLQ provient du groupe minoritaire des non-francophones (18 intentions sur 34). Deuxièmement, grâce à l’appui massif du groupe majoritaire des francophones aux quatre partis autres que le PLQ (61 sur 77), les Québécois, dans l’ensemble, sont deux fois plus nombreux à rejeter le PLQ qu’à l’appuyer (66 contre 34).

Les quatre lignes suivantes du tableau montrent pourquoi cela n’empêche pas le PLQ de récolter plus d’intentions de vote que n’importe quel autre parti dans l’ensemble du Québec. C’est que les 61 francophones sur 77 et les 66 Québécois sur 100 qui rejettent le PLQ ne concentrent pas leurs appuis sur un parti en particulier, mais les répartissent entre les quatre autres partis de façon qu’aucun d’eux n’attire plus que 30 % des intentions de vote. Le plus haut score revient au PQ, mais, à 29 sur 100, ce score est inférieur à celui de 34 sur 100 obtenu par le PLQ.

Est-ce que les deux facteurs qui viennent d’être soulignés sont là pour rester? En ce qui concerne l’appui massif des non-francophones au PLQ, il est peu probable qu’il diminue en intensité dans les années à venir. Cet appui ne date pas d’hier. Il repose sur le soutien ferme et stable du PLQ au fédéralisme canadien tel qu’il existe et aux droits de la culture et des institutions de langue anglaise au Québec.

Par contre, le fractionnement des intentions des francophones est un phénomène récent. Il s’est développé à partir de la création de l’Action démocratique du Québec en 1994 (fusionnée avec la CAQ en 2012) et de Québec solidaire en 2006. Ce fractionnement traduit une division 50-50 entre la droite (PLQ + CAQ = 38 appuis sur 77) et la gauche (PQ + QS + verts = 39 sur 77) parmi les francophones. De 1970 à 2000, l’attention accaparée par la question de la souveraineté au Québec avait entraîné une division bipolaire du vote francophone entre le PLQ et le PQ. Mais, depuis 15 ans, l’intérêt pour cette question a faibli et a permis la réapparition du clivage gauche-droite, qui avait toujours existé avant 1970. À moins d’un choc politique majeur qui ferait soudainement rebondir la question de la souveraineté du Québec (et qui est toujours possible), la répartition étendue des intentions de vote des francophones entre les cinq partis politiques doit être tenue pour durable.


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Il va de soi qu’à court terme les aléas de la conjoncture politique peuvent très bien modifier la répartition du vote d’une élection à l’autre, et, par exemple, ramener le PQ au pouvoir ou y installer la CAQ. Mais le fractionnement du vote francophone procure néanmoins un solide avantage au PLQ. Pour que le pourcentage du vote total obtenu par le PLQ diminue, par exemple, de 34 à 29 sur 100 sans que le vote non francophone bouge, il faudrait que l’appui que lui donnent les francophones baisse à 11 votes sur 77 (14 %). Or, cela est difficile à imaginer parce que plus le pourcentage d’appui à un parti diminue, plus l’appui qui reste provient de partisans irréductibles. Cela explique d’ailleurs en partie que l’appui au PLQ de la part des francophones se soit maintenu depuis deux ans, malgré une conjoncture politique qui lui a été plutôt défavorable.

À plus long terme, si l’appui massif des non francophones au PLQ et le morcellement du vote francophone persistent, il est clair que le PLQ va être favorisé dans l’éventualité où le poids démographique de la population non francophone augmenterait. Avec les préférences politiques que le sondage attribue aux deux groupes linguistiques, une augmentation de 23 à 28 sur 100 de la population non francophone (5 points) conjuguée à une diminution de 77 à 72 sur 100 de la population francophone, par exemple, porterait l’appui au PLQ de 34 à 37 sur 100 pour l’ensemble de l’électorat (15 francophones et 22 non-francophones) tout en affaiblissant, en contrepartie, la faveur accordée à chacun des quatre autres partis.

Une réforme du mode de scrutin qui rapprocherait le nombre de sièges occupés par chaque parti à l’Assemblée nationale de la proportion des votes qu’ils obtiendraient dans une élection pourrait évidemment changer la donne. Mais comme les partis plus faibles en suffrages obtenus en seraient avantagés et que le PLQ en serait au contraire désavantagé, il est presque certain que le PLQ y sera fermement opposé. Par conséquent, une telle réforme n’aura pas lieu.

Un contexte politique où les francophones continuent à rejeter le PLQ et où les non-francophones, à rejeter les quatre autres partis est inquiétant, surtout si à l’avenir le poids démographique du groupe des non-francophones augmente. La polarisation linguistique (francos versus anglos) et géographique (Montréal versus Québec versus régions) des préférences politiques pourrait alors s’accentuer et compromettre la cohésion sociale qui est nécessaire pour assurer notre progrès économique et social. L’antidote est que le PLQ se mette sérieusement à la tâche de rallier plus de francophones à sa vision politique, et que les autres partis cessent de considérer les non-francophones comme une clientèle électorale inaccessible.

Mais est-ce rêver?

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Ce sondage vient confirmer une tendance connue depuis déjà un certain temps par les observateurs politiques. La question ici posée par Pierre Fortin de façon assez pertinente est : « cela pourrait-il changer ? »

Ce qu’on peut observer sur la scène politique pratique de ces dernières années, c’est que les gens se déterminent aussi par rapport à des gens. Ainsi Charest était usé en 2012 avec son incapacité de régler la crise étudiante et le PLQ s’est retrouvé dans l’opposition.

Dans le même temps, un candidat CAQ dans Saint-Jérôme (anciennement Prévost) : Jacques Duchesneau effectuait une percée remarquée dans une circonscription plutôt favorable aux péquistes quoique pas systématiquement.

Ce qui dessert actuellement le PLQ, une tendance déjà initiée par Jean Charest, c’est que ce parti n’est libéral que par l’appellation. C’est plutôt le parti des fédéralistes du Québec. Le PLQ n’est plus un parti de gauche ou de centre gauche dans l’échiquier politique québécois, cela devient un parti caméléon qui cherche à embrasser toutes les tendances du paysage politique. Lequel par pure opportunisme — comme nous l’avons vu récemment — recrute dans les rangs de la CAQ.

Je ne suis pas sûr que ce genre de stratagèmes politiciens feront encore long feu dans 4 ans, dans 5 ans, dans 10 ans. Avec d’une part l’âge moyen grandissant de la population, une meilleure information et éducation des jeunes et l’accroissement du poids démographique des immigrants qui viennent ici pour vivre mieux et travailler ; et non pour vivoter sur la base de ouïs dires, de propagandes ou encore de promesses pas vraiment tenues.

Je pense que les gens se détermineront de plus en plus par rapport à ce qu’ils sont, ce dont ils ont besoin et non par rapport à toutes formes de clientélisme qui toujours sévissent actuellement. Il n’est pas sain qui plus est de se construire politiquement sur le clivage de la division linguistique. C’est contre-productif économiquement.

Beaucoup de politiciens devront apprendre à entendre, mieux répartir le bien commun et surtout écouter soigneusement ce qu’ont à leur dire tous les gens.

Les résultats de ce sondage en intention de vote absolu est indéniablement en faveur du PLQ néanmoins qu’en est-il une fois ces intentions de vote réparties en fonction de la carte électorale, le PLQ étant restreint géographiquement?

La dissension envers le Parti au pouvoir serait le même quel que soit le Parti puisque le Québec doit faire face à des choix difficiles compte tenu notamment de sa dette phénoménale mais aussi du manque de stabilité qu’engendre une possible séparation pour les entreprises étrangères qui veulent s’y installer. C’est d’ailleurs une réalité qui perdure depuis l’élection de 1976.

Nous n’avons qu’à constater le grand nombre de grandes entreprises qui sont actuellement en Grande Bretagne mais ont annoncé un très probable déménagement de siège social européen ainsi que leur centres de production.

Les banques et services financiers ont tendance à se diriger vers l’Allemagne alors que l’industrie de l’automobile japonaise, parmi d’autres, tend à s’installer dans les pays le long de la Manche et de la mer du Nord, question de logistique.

Ce que les citoyens de la Grande Bretagne, surtout en milieu urbain ne semblaient pas comprendre, est le retour aux taux douaniers et taxes d’assises reviendraient les hanter. Hors avec un taux douanier de 17% sur l’industrie automobile, les manufacturiers japonais et d’autres provenances ne sont pas intéressées à être taxé de la sorte et ne plus pouvoir entrer en concurrence avec les manufacturiers européens.

D’autre part les Britanniques pensaient que l’Union européenne ferait tout en son pouvoir pour convaincre la Grande Bretagne de renverser sa décision. Hors il n’en est rien, c’est tout à fait le contraire qui s’impose, les pays de l’UE veulent l’application de l’article 50 dans les plus brefs délais.

Il en sera de même lors d’une séparation du Québec de la fédération canadienne. Personne au Canada ne viendra pleurnicher pour que le Québec demeure dans la confédération, bien au contraire, le Québec étant le principal fardeau économique, les 9 autres provinces et 3 territoires pourront se partager les bénéfices que la confédération leur procure.

Pour ce qui est des impôts et taxes que procure le Québec à la confédération, ils sont biens en dessous des bénéfices que la province soutire de la confédération. Le Québec aura à imposer des taux douaniers pour importer des biens et en exporter pour renflouer leurs coffres. Puisque le Canada est autosuffisant en matière premières, agriculture, services financiers et tout autres biens, ils achèteront des meilleurs offrants alors que c’est loin d’être le cas pour le Québec.

Le cas de l’ancienne Tchécoslovaquie est un autre exemple, les Tchez profitent d’un PIB qui est le double de la Slovaquie qui fut un boulet durant des décennies, la séparation fut effectuée vers 1994.

Je remarque que près du tiers des non -francophones supporte un autre parti que le parti libéral.. On ne peut donc pas affirmer, comme certains, que tous les non-francophones votent toujours libéral.