Commission canadienne du blé: les contradictions conservatrices

Les conservateurs vont de l’avant avec leur projet de démantèlement du monopole que détient la Commission canadienne du blé (CCB) sur la vente de blé et autres céréales produits dans les Prairies. Le projet de loi a été présenté ce mardi 18 octobre.

Le gouvernement n’avait pas besoin de présenter un projet de loi. Il aurait pu tout simplement se plier aux exigences de la loi actuelle qui prévoit un processus pour mettre fin au monopole de la CCB sur la vente d’une céréale. La première exigence est de tenir un référendum auprès des producteurs de la denrée visée. Les conservateurs n’ont jamais voulu en entendre parler, eux qui étaient pourtant des champions de la démocratie directe lorsqu’ils se disaient réformistes. Ils doivent donc changer la loi pour procéder.

La CCB a résisté aux efforts du gouvernement Harper de mettre fin à son monopole sans consulter les agriculteurs. En désespoir de cause, elle a organisé le sien cet été et 62 % des producteurs de blé qui y ont participé ont opté pour le maintien du monopole. Cela n’a provoqué qu’un haussement d’épaule de la part des conservateurs qui n’accordent aucune crédibilité à l’exercice.  Ils ajoutent que la vraie consultation a eu lieu le 2 mai dernier lorsque la majorité des circonscriptions agricoles de l’Ouest ont élu des députés conservateurs.

La position gouvernementale, qui déchire les producteurs de céréales de l’Ouest, contredit aussi un autre crédo conservateur: la défense des familles. À peu près tous les experts en conviennent, la fin du monopole de la CCB va profiter aux grandes exploitations agricoles et aux puissants courtiers internationaux de céréales. Les plus petites fermes familiales, elles, deviendront plus vulnérables aux aléas du marché. Elles y perdront financièrement aussi car la CCB redistribue ses revenus nets aux producteurs, ce que ne font pas les courtiers.

Le gouvernement affirme que la CCB pourra poursuivre son travail en vendant le grain des fermiers qui voudront faire appel à elle. Le problème est qu’elle n’a pas les infrastructures des grandes multinationales auxquelles elle se frottera et les conditions de la transition vers un marché libre la désavantagent. L’amertume du président de la CCB, Allen Oberg, était palpable au moment du dépôt du projet de loi. Pour lui, il ne fait pas de doute que le gouvernement veut détruire la CCB.

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En êtes vous vraiement surpris?

C’est lorsque l’on est dans l’opposition que l’on peut faire la leçon à tout le monde, être un exemple de vertu et se montrer plus catholique que le pape.

Une fois arrivé au pouvoir…

La CCB, tout comme le système de quota dans l’industrie du lait au Québec, sont des mécanismes de régulation qui servent à atténuer les chocs extrêmes que le libre marché ou la météo peuvent engendrés.

Sans ces mécanismes, on pourrait assister impuissant à la destruction d’une industrie vitale pour le pays lors de turbulences sévères.

Malheureusement, il semble qu’avec le temps, on oublie la raison d’être de ces organismes. Possiblement, parce qu’ils sont trop efficaces. Survient alors un prophète qui prétend vouloir « moderniser » ces systèmes archaïques.

Rappelons-nous Bush qui a libéré l’industrie financière de toute régulation encombrante et improductive, qui avait été mise en place suite à la grande dépression de 1929. En 2008, cela nous a sauté en pleine face.

« Le gouvernement affirme que la CCB pourra poursuivre son travail en vendant le grain des fermiers qui voudront faire appel à elle. »

Les nouvelles règles régissant ce marché feront en sorte que la CCB ne pourra tout simplement pas survivre. Le gouvernement Harper sait cela mieux que quiconque.

Quand le prix mondiaux seront élevés, les producteurs indépendants feront une concurrence à à laquelle la CCB ne pourra pas répondre. Quand les prix mondiaux se seront affaissés, la CCB sera incapable de soutenir les producteurs indépendants.

C’est inscrit dans ses gènes. La CCB ne peut pas survivre dans un libre marché.

Il y a aussi la contradiction de Flaherty qui dit supporter le mouvement OWS mais qui donne toujours plus aux grandes corporations via l’abolition de cette commission.